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  • 150 ans d’impressionnisme

    L’impressionnant hommage national à l’impressionnisme Anna Boch (1848-1936) Cueillette (1890) Huile sur toile 74 x 107 cm Collection particulière © Vincent Everarts Paris 1874, première exposition impressionniste. Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley, Boudin, Bracquemond ou encore Cézanne ont la volonté en ce jour du 15 avril 1874 de s’affranchir des règles officielles et d’organiser leur propre exposition, sise 35 boulevard des Capucines. 150 ans déjà. Une occasion unique pour le Musée d’Orsay qui abrite la plus vaste collection au monde d’œuvres impressionnistes, de célébrer cette date anniversaire, considérée comme le point de départ d’une nouvelle vision artistique, le coup d’envoi d’un mouvement de rupture de la place de l’art dans son époque. À l’initiative de Christophe Leribault, cet hommage va être célébrer bien au-delà des cimaises parisiennes ; 178 chefs-d’œuvre du mouvement quitteront les quais de l’ancienne gare d’Orsay pour des musées aux 4 coins du territoire français. La grande exposition « Paris 1874. Inventer l’ impressionnisme » a lieu à Paris du 26 mars au 14 juillet 2024 sous le commissariat de Sylvie Patry et Anne Robbins du Musée d’Orsay et, du 8 septembre 2024 au 20 janvier 2025 à Washington sous le commissariat de Mary Morton et Kimberly Jones du National Gallery of Art. Elle propose de retracer l’avènement d’un mouvement artistique surgi dans un monde en pleine mutation, celui d’un après-guerre, faisant suite à deux conflits : la Guerre franco-allemande de 1870, puis une violente guerre civile. Dans ce contexte de crise, ces 31 jeunes artistes - parmi lesquels sept sont aujourd’hui renommés internationalement – se rassemblent sous forme de société anonyme coopérative pour exposer leur travail dans l’ancien atelier du photographe Nadar en une présentation qui n’a rien d’homogène : scènes de la vie moderne, des paysages croqués en plein-air, des tableaux plus conventionnels, de même que des sculptures, gravures et émaux. Comme le note un observateur de l’époque, « ce qu’ils semblent rechercher avant tout, c’est l’impression ». « Un soir avec les impressionnistes, Paris 1874 » Exposition 3D ©Excurio - Gédéon Experiences ©musée d'Orsay Grâce une « expédition immersive » en réalité virtuelle de 45 minutes, nous pouvons nous plonger dans les conditions de visite du XIXe siècle de cette mythique exposition : lueurs blafardes de l’éclairage au gaz, ambiance sonore avec les artistes, les commentaires des invités et les moqueries des critiques lors du vernissage : un voyage véritable dans le temps, fondé sur de minutieuses recherches réalisées durant 2 ans par Excurio, Gédéon Expériences. Au fil de cette déambulation, des échappées vous emmèneront plus loin, sur les lieux qui ont marqué les débuts du mouvement et inspiré les tableaux que vous avez sous les yeux. Vous explorerez ainsi les salles du Salon ; l’atelier du peintre Frédéric Bazille ; la très animée île de la Grenouillère au bord de la Seine, avec Monet et Renoir peignant côte à côte ; ou encore la chambre d’hôtel de Monet au Havre, où celui-ci travaille à son célèbre tableau Impression, Soleil Levant. De Paris à la Normandie, vous participez ainsi à un véritable voyage sur les sites de l’impressionnisme naissant, en une extraordinaire plongée au cœur de la création. Dans « Paris 1874 », une confrontation d’œuvres ayant figuré à l’exposition impressionniste de 1874 et de tableaux et sculptures montrés au même moment au Salon officiel permet de restituer le choc visuel des œuvres des impressionnistes, mais aussi de le nuancer, par des parallèles et recoupements inattendus entre la première exposition impressionniste et le Salon. Cette exposition du musée d’Orsay montre les contradictions et l’infinie richesse de la création contemporaine tout en soulignant la modernité radicale de l’art de ces jeunes artistes. « Bonne chance !», les encourage un critique, « il ressort toujours quelque chose des innovations. » Cette exposition est une nouvelle occasion de voir ou revoir La danseuse de Degas, le Bal masqué à l’opéra de Manet prêté par Washington, La loge de Renoir venue de Courtauld de Londres, Le boulevard des capucines de Monet conservé à Kansas City…mais également des artistes plus conservateurs avec Gérôme, Alma-Tadema, Ferdinand Humbert, Gervex, Detaille, Albert Maignan…Malgré un succès de scandale et malgré le soutien de quelques collectionneurs De Bellio, Choquet, Hoschedé, Caillebotte, et du critique Théodore Duret, l’exposition de 1874 fut un échec. L’exposition présentera des prêts exceptionnels, notamment Impression, soleil levant de Claude Monet, dont le titre inspire le terme d’« impressionniste » – une moquerie de journaliste qui finira pourtant par donner son nom à ce mouvement artistique et sceller son succès. Deux expositions parallèles Il est à noter qu’en cette année 1874, à quelques semaines d’écart, deux expositions vont avoir lieu à Paris, la Première exposition des artistes indépendants dans l’ancien atelier de Nadar et le Salon officiel au Palais de l’industrie. Près de 300000 visiteurs se pressent sur les Champs-élysées contre 3500 boulevard des Capucines ! On a laissé entendre que les peintres académiques exposaient au Salon officiel tandis que la future avant-garde impressionniste participait, seule, chez Nadar. Or, il n’en est rien. Douze artistes expositions simultanément leurs œuvres dans les deux lieux, certainement pour avoir une meilleure chance de trouver un public d’acheteurs. Berthe Morisot (1841 -1895) Vue du petit port de Lorient 1869 -Huile sur toile 43,5 x 73 cm Washington, The National Gallery of Art, Ailsa Mellon Bruce Collection, 1970.17.48 ©Image Courtesy of the National Gallery of Art, Washington 178 œuvres prêtées, 34 institutions participantes, 13 régions représentées. La lumière des impressionnistes a su capter tout à la fois la métamorphose des jours et les mutations du siècle. Une lumière qui portait si loin qu’elle augurait de toutes les modernités à venir, de l’expressionnisme à l’abstraction. 150 ans après, il convenait que l’écho de cet événement inaugural résonne sur tout le territoire. Le prêt de nombreuses œuvres sur tout l’hexagone se justifie par le fait que l’impressionnisme n’est pas né uniquement à Paris. Les artistes ont travaillé à la campagne, au bord de la mer, en Normandie, dans le sud de la France…La plupart des œuvres prêtées iront en Normandie (Caen, Giverny, Rouen) pour le festival Normandie Impressionnisme, mais c’est le Musée Ingres-Bourdelle à Montauban qui a ouvert le bal de ce tour de France, avec une exposition qui a débuté le 19 janvier avec deux œuvres de Gustave Caillebotte : le Parterre de Marguerites prêté par le musée des impressionnismes Giverny et Les Soleils, jardin du Petit Gennevilliers, peinte en 1885 et faisant partie des collections du musée d’Orsay. Et si nous continuons ce tour de France de cet anniversaire des 150 ans de l’impressionnisme... Amiens Ne possédant aucune œuvre impressionniste, le Musée de Picardie a sollicité le prêt du tableau Sur la plage d’Edouard Manet, peint en 1873 à Berck-sur-Mer. C’est en effet par l’angle territorial que le musée souhaite aborder la peinture impressionniste, en montrant une plage bien connue des Amiénois. La présentation du tableau sera l’occasion de montrer au public les aspects qui caractérisent l’art de Manet : liberté dans l’imitation du motif, fluidité de la touche, exécution en plein air, abandon des règles de la perspective, intimité du sujet. Bordeaux Le regard fatal de Berthe Morisot dans Le Balcon de Manet (1832-1883) et La Cabane des douaniers de Claude Monet (1840-1926) surplombera les quais bordelais de la Garonne au MusBA. La présentation de ces deux invités de marque est l’occasion de mettre en lumière les collections du musée, qui vont du pré-impressionnisme au post-impressionnisme avec Jean-Baptiste Corot et l’École de Barbizon, Eugène Boudin et son Port de Bordeaux, Auguste Renoir, Mary Cassatt et les Bordelais Louis-Auguste Auguin et Alfred Smith. Une riche programmation culturelle accompagnera l’événement… Douai Les drapeaux de La Rue Montorgueil flotteront à Douai. Le prêt de ce chef-d’œuvre de Claude Monet, qui constitue une des sources visuelles de l’art de Henri Duhem, est un évènement qui permet d’évoquer l’arrivée de la modernité dans le Nord et la personnalité attachante de cet artiste, collectionneur et mécène. Avocat de formation, puis élève de Henri Harpignies et d’Émile Breton, Henri Duhem peint toute sa vie des paysages des Flandres, du Maroc, du Boulonnais, de Paris, de Suisse ou de la Côte d’Azur – où il finit ses jours – à l’huile, comme à l’aquarelle. À la tête d’une confortable fortune familiale, il constitue une importante collection autour de Monet, Pissarro, Renoir, Corot, Carrière, Rodin, Meunier ou Claus. Il publie plusieurs articles et essais sur ces artistes, avec lesquels il correspond. Il soutient par de nombreux achats et des commandes le début de carrière de ses amis Henri Le Sidaner et Henri Martin et fut en quelque sorte le « Caillebotte » des post-impressionnistes. Actif pendant 40 ans au musée de Douai, il y fait entrer des œuvres de presque tous ces artistes. Il eut enfin une activité inédite de marchand d’art. Lille Le Palais des Beaux-Arts de Lille possède deux toiles de Claude Monet représentant le village de Vétheuil, issues toutes deux de la donation Masson datant des années 1970 : La Débâcle, peinte dans les premières semaines de 1880 et Vétheuil, le matin, réalisée vingt ans plus tard. Vétheuil occupe une place singulière dans la vie et l’œuvre de l’artiste. En rapprochant les œuvres du Palais des Beaux-Arts de Lille de quatre prêts prestigieux du musée d’Orsay sur le même sujet, tous signés Claude Monet (Les Glaçons, 1880 ; Église de Vétheuil, 1879 ; La Seine à Vétheuil, effet de soleil après la pluie, 1879 ; Vétheuil, soleil couchant, vers 1900), cette exposition permettra d’évoquer à la fois le rythme des saisons et deux périodes stylistiques de l’artiste. Limoges Cité natale du peintre Pierre-Auguste Renoir, la Ville de Limoges s’associe à l’événement avec le musée d’Orsay par le prêt exceptionnel d’une toile du peintre, Portrait de Fernand Halphen enfant, 1880. Le tableau vient rejoindre les cinq toiles de Renoir déjà exposées au Musée des Beaux-Arts. Pour l’occasion, une nouvelle salle est aménagée dans le parcours permanent, entièrement consacrée aux collections impressionnistes du musée (Armand Guillaumin, Joaquin Sorolla), dont les œuvres de Renoir forment le point central, organisées autour du portrait prêté par le musée d’Orsay. Aux côtés du Portrait de Jean (1899) du même peintre ou des Enfants de Gabriel Thomas (1894) de Berthe Morisot, le prêt d’Orsay vient conforter la spécificité d’un fonds tourné vers la représentation de l’enfance. Enfin, la toile est choisie pour être l’« œuvre doudou » du musée, ambassadrice auprès des crèches. Montpellier À Montpellier, le musée Fabre accueillera deux chefs-d’œuvre d’Édouard Manet : Le Fifre (1866) et le Portrait d’Émile Zola (1868). Les collections du musée Fabre pour cette période ont pour cœur les œuvres de Frédéric Bazille, artiste montpelliérain mort trop jeune, en 1870, pour figurer à l’exposition de 1874. Celui-ci fut néanmoins partie prenante des débuts de l’impressionnisme, entretenant une relation tant amicale que d’émulation artistique avec Alfred Sisley, Auguste Renoir, et Claude Monet. Les prêts exceptionnels du musée d’Orsay seront l’occasion d’évoquer les prémices de l’impressionnisme, et notamment la filiation de Gustave Courbet à Frédéric Bazille, deux artistes majeures des collections montpelliéraines, en mettant l’accent sur la figure centrale d’Edouard Manet. Ces deux toiles prendront place dans une salle dédiée du parcours permanent qui mettra en valeur les liens des trois artistes, ainsi que les figures critiques, littéraires et politiques, qui les ont accompagnés et ont défendu la Nouvelle Peinture. Le portait d’Émile Zola par Manet sera ainsi mis en dialogue avec le Portrait de Charles Baudelaire par Courbet ainsi que celui d’Antonin Proust par Manet, homme politique et fervent défenseur des arts, organisateur d’une des premières expositions officielles de Courbet à l’école des beaux-arts de Paris en 1882. Nantes Le trésor national Partie de bateau de Gustave Caillebotte sera présenté dans la salle « Plein air, pleine mer » du musée d’arts de Nantes. Cette salle propose un accrochage resserré sur la peinture de paysages « aquatiques » autour de l’impressionnisme, d’Eugène Boudin à Paul Signac. Les œuvres de Claude Monet, Les Nymphéas à Giverny (1917) et Gondole à Venise (1907) et celles de Johan Barthold Jongkind, Maxime Maufra, Alfred Sisley mettent en avant la manière dont la lumière se reflète sur l’eau, se diffracte dans l’air ou fait vibrer, l’espace d’un instant, l’écume blanche des vagues de Bretagne, de la côte normande ou de la Méditerranée. Pont-Aven Le Musée de Pont-Aven, en partenariat avec le Mu.ZEE d’Ostende (Belgique) rend hommage à Anna Boch (Saint-Vaast, Belgique, 1848- Ixelles, Belgique, 1936), 175 ans après sa naissance. L’exposition dresse le portrait multiple d’une artiste, mélomane, collectionneuse, mécène, voyageuse et passionnée d’architecture à la personnalité dynamique et avide de découvertes. Seule femme à avoir adhéré aux cercles artistiques Les XX (fondé en 1884, 10 ans après la première exposition impressionniste) et La Libre Esthétique, animés par son cousin Octave Maus, elle s’y est positionnée – fait rare pour l’époque – d’égale à égale avec ses confrères. Ensemble, ils se lancent dans l’aventure du néo-impressionnisme, alors incarné par Théo van Rysselberghe, Paul Signac et Georges Seurat. Dans le cadre des « 150 ans de l’impressionnisme avec le musée d’Orsay (1874-2024) », le Musée de Pont-Aven bénéficie du prêt exceptionnel d’un tableau de Van Gogh : Le Portrait d’Eugène Boch, frère d’Anna. Van Gogh fait la connaissance du peintre belge Eugène Boch (1855-1941) vers la mi-juin 1888, alors que ce dernier séjourne pour quelques semaines dans une commune toute proche d’Arles. Le 11 août, une idée a germé dans son esprit, celle de réaliser le portrait d’un ami artiste sur un fond bleu étoilé. Deux semaines plus tard, Boch pose pour Van Gogh. Bien qu’il ne la considère que comme une «esquisse», Van Gogh encadre cette œuvre qu’il nomme Le Poète. Roubaix La Piscine de Roubaix a émis l’idée de demander à sa « Joconde », La Petite Châtelaine de Camille Claudel, de convier quelques enfants impressionnistes des collections nationales. Trois tableaux, de Degas, Renoir et Pissarro, et deux sculptures de Degas seront les invités de marque du marbre élaboré par Claudel dans l’esprit de l’impressionnisme, au début des années 1890. La confrontation de La Petite Châtelaine avec l’étrange Garçon au chat de Renoir et l’ambiguë, iconique Petite danseuse de 14 ans de Degas fera résonner trois visions modernes et iconoclastes de l’enfance. Normandie : Bayeux, Caen, Giverny, Honfleur, Le Havre, Rouen, Saint-Lô et Yvetot. À Bayeux, le musée d’Art et d’Histoire Baron Gérard a pu bénéficier du prêt exceptionnel du musée d’Orsay de Port-en-Bessin, avant-port, marée haute, seule œuvre de la série conservée dans une institution publique française, offre au territoire local un accès privilégié à l’histoire de l’impressionnisme et de son évolution par la présentation inédite d’un paysage réalisé in situ. En Normandie, le Bessin et son littoral ont été une source d’inspiration pour les maîtres du néo-impressionnisme. Au cours de l’été 1888, Georges Seurat a fait de Port-en-Bessin son sujet d’étude, donnant lieu à la réalisation de huit toiles. Caen Le musée des Beaux-Arts de Caen présente une exposition consacrée aux représentations de la ville marchande de 1860 à 1914, organisée dans le cadre conjoint des « 150 ans de l’impressionnisme avec le musée d’Orsay » et du festival Normandie Impressionniste 2024. Constitué d’une vingtaine d’œuvres, le prêt exceptionnel consenti par le musée d’Orsay permet d’éclairer ces décennies marquées par un essor économique sans précédent. Les lieux de commerce se multiplient. Formes anciennes et nouvelles coexistent : l’apparition des grands magasins n’entraîne pas la disparition des boutiques traditionnelles et des échoppes, à l’exemple des étals de bouquinistes représentés par James Wilson Morrice. Les artistes s’attardent sur le mouvement des rues. Sensibles à la présence des commerçants ambulants, aux gestes des modistes, aux attitudes des garçons de café, ils relèvent encore les lettres des enseignes, des publicités et des affiches qui font de la ville un petit théâtre de la marchandise. La programmation culturelle pensée autour de l’exposition met l’accent sur les résonances contemporaines de son propos. Giverny Le projet du musée des impressionnismes Giverny souhaite donner une vision un peu décalée du thème « l’impressionnisme et la mer » en abordant la période de 1870 à 1900. L’exposition se déclinera ainsi en thématiques structurantes : les ports, mais aussi la Normandie et la Bretagne, le traitement de lumière et de la nuit, les tempêtes et les naufrages, la vie en villégiature, le goût du voyage illustreront le parcours et montreront aussi l’originalité des points de vue, le cadrage photographique ou le mode de vie des estivants à l’époque. L’ensemble des 16 prêts exceptionnels consentis par le musée d’Orsay rassembleront des peintures de Johan Barthold Jongkind, Eugène Boudin, Félix Cals, Claude Monet, Édouard Manet, Auguste Renoir, mais, aussi Philip Steer ou Charles Laval. Des œuvres méconnues dialogueront avec des peintures célèbres, créant ainsi un dialogue fécond entre peintures, dessins, estampes, mais aussi photographies et documents d’époque. Le goût des impressionnistes pour les scènes de plage, les vues maritimes ou les portraits des estivants est bien connu et toujours populaire auprès du grand public. Le mouvement impressionniste n’est pas homogène et le traitement du sujet de la marine et du bord de mer diffère selon les tempéraments, mais aussi les préoccupations propres à chaque artiste. Quoi de commun entre Monet et Renoir sur la mer ? De même Pissarro ne voit pas le Havre comme Monet. Le périmètre géographique est assez restreint : les séjours des artistes se concentrent entre la Normandie et la Bretagne. Honfleur L’exposition En compagnie d’Eugène Boudin (1824 -1898) célébre le bicentenaire de la naissance du peintre à Honfleur et le 150e anniversaire de la première exposition impressionniste. Entre Côte de Grâce et Côte Fleurie, à l’aube de l’impressionnisme proposée par le musée Eugène Boudin est centrée sur la figure du peintre et ses amitiés artistiques. Située avant l’éclosion du mouvement impressionniste, l’exposition met en relief la place du littoral normand où Isabey, Courbet, Jongkind ou encore Monet se rendent afin d’explorer, par la palette et le motif, les ciels et paysages situés autour de Honfleur dans les années 1860 et le début des années 1870. Outre le rôle de la Ferme Saint-Siméon comme lieu de rencontre et d’émulation artistique, ou l’année 1865, année phare de fréquentation par des artistes de renom du littoral normand, une attention particulière est portée sur la relation unissant Monet à ses deux mentors. Eugène Boudin, qui l’initie à la pratique en plein air, et Jongkind qui l’aide à parachever son traitement du paysage. Le prêt exceptionnel par le musée d’Orsay de la toile de Monet, La Charrette. Route sous la neige à Honfleur de 1867 ainsi qu’une sélection de toiles d’Eugène Boudin et de Jongkind permettent cette mise en regard singulière. Le Havre L’exposition du MuMa du Havre permettra de confronter des chefs-d’œuvre de la peinture, notamment impressionniste, et de la photographie et de présenter aussi des œuvres rares ou méconnues. Les toiles prêtées par le musée d’Orsay, Cathédrale de Rouen, Train dans la campagne, de Claude Monet, Port de Rouen, Saint-Sever de Camille Pissarro, ou encore la photographie d’ Edmond Bacot Partie supérieure de la façade de la Cathédrale de Rouen, viennent à l’appui des thématiques de l’exposition : le renouvellement de la représentation du paysage et de la modernité que peintres et photographes ont, à leur manière, contribué à forger. Rouen Le musée des Beaux-Arts de Rouen choisit d’élargir la focale et de faire un pas de côté en abordant la figure de Whistler et la fascination profonde et durable que celui-ci exerce entre 1874 et 1914 en France et, plus globalement, en Europe et aux États-Unis. Rassemblant plus de 180 œuvres, cette exposition donne à voir, pour la première fois, l’influence capitale de l’esthétique, de la sensibilité de Whistler sur ses contemporains. À travers le prêt de 24 œuvres (14 peintures et 10 photographies), le soutien du musée d’Orsay à ce projet est exceptionnel. Pièce majeure des collections nationales, l’œuvre la plus illustre de Whistler Arrangement en gris et noir n°1, ou la mère de l'artiste (1871) renouvelle les codes traditionnels du portrait. Le jeu de lignes verticales de la composition renforce l’aspect hiératique de la pose. En rupture avec l’idée qu’une œuvre se doit de raconter une histoire, Whistler affuble ses peintures de sous-titres musicaux, privilégiant l’harmonie colorée à consonance musicale, plutôt que le sujet de la toile. L’impact de cette peinture est immense. Nombreux sont les artistes – qu’ils soient peintres, photographes, écrivains, poètes ou compositeurs, et plus récemment cinéastes – influencés par la singularité de sa peinture, tout autant que par la personnalité hors du commun du dandy américain. Les œuvres des photographes Alfred Stieglitz et Paul Haviland, ainsi que des peintres Charles Cottet, John White Alexander et Fernand Khnopff prêtées par le musée d’Orsay illustrent parfaitement les multiples postérités de Whistler. Whistler James Abbott Mac Neil (1804-1881) Arrangement en gris et noir n° 1, ou la mère de l'artiste (1871) Paris, musée d'Orsay © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Jean Schormans Saint-Lô Le prêt de la peinture de Degas représentant les graveurs Desboutin et Lepic s’inscrit dans le projet d’exposition intitulée Degas, Manet, Pissarro, impression(s) de gravures qui se déroule au musée d’art et d’histoire de Saint-Lô du 15 juin au 15 septembre 2024. Le musée met en lumière une technique pratiquée par les artistes impressionnistes mais longtemps restée confidentielle : la gravure. Celle-ci témoigne des recherches sur la lumière, de l’intérêt que les artistes portent aux nouvelles techniques graphiques. Elle permet une histoire révisée de l’impressionnisme qui ne se cantonne pas seulement aux peintres présents aux huit expositions. L’œuvre du musée d’Orsay est intéressante à plus d’un titre car elle permet d’aborder le caractère expérimental de cette technique. C’est en effet sous la direction de Lepic que Degas s’initie au monotype. Lepic est aussi à l’origine d’un procédé, l’eau forte mobile, lui permettant de retranscrire les variations atmosphériques. De plus, cette œuvre témoigne des liens étroits entre les artistes. Ils se représentaient mutuellement dans leurs œuvres et se réunissaient aussi pour encrer ensemble et imprimer des planches chez l’éditeur Cadart. Yvetot Le Musée des Ivoires, situé à Yvetot, accueille un prêt exceptionnel du musée d’Orsay : Les Villottes de Charles Angrand. Le musée municipal présentera cette œuvre en lien avec l’exposition de Marc Desgrandchamps qui se déroulera simultanément à la galerie Duchamp, centre d’art contemporain d’intérêt national. Les 150 ans de l’impressionnisme sont l’occasion pour la Ville d’Yvetot, son musée municipal et son centre d’art contemporain d’intérêt national, de considérer le Pays de Caux – ses paysages, ses spécificités, sa lumière – comme un motif à part entière. Un territoire que les peintres, et notamment les impressionnistes et les artistes proches du mouvement, ont su saisir. Car il est bien question de saisissement : à l’image de ce tableau de Charles Angrand, Les Villottes. Artiste rouennais, qui a arpenté ce territoire et dont les préoccupations picturales, vers 1887 au moment de la réalisation de cette huile sur carton, ne sont pas – encore – éloignées des recherches de ses amis Impressionnistes, et en premier lieu de celles de Claude Monet. Manière ainsi de créer un aller-retour entre deux peintres, entre deux regards qui interrogent à 150 ans de distance, ces mêmes paysages. Extrait de la revue Post'Art n°227 (mai 2024) Chronique de Pierre Raffanel

  • Interview de Bruno BOURDET, la BD à l'honneur !

    Post de Pierre Raffanel (interviews novembre - décembre 2022) Pierre Raffanel : Bruno, tout d’abord un grand merci d’avoir répondu sans hésitation, avec bienveillance et talent à ma sollicitation de réaliser cette couverture sur mesure pour ce 9ième numéro de notre revue associative Post’Art ! Comment a démarré ta passion pour le dessin ? Bruno Bourdet : Tout simplement dès mon plus jeune âge. J’étais abonné au journal de Mickey et ça m’a donné envie de dessiner des petits Mickeys. À l’adolescence, mes parents, voyant l’intérêt que je portais au dessin, m’ont inscrit aux Beaux-arts d’Angoulême; au début à temps partiel puis j’ai continué mes études à temps complet pendant 2 ans. Durant ma scolarité mes parents m’achetaient très régulièrement des bandes dessinées… PR : Quelle coïncidence…la capitale française de la Bande dessinée ! Serait-ce une prédestination ? BB : Effectivement c’est peut-être ça qui m’a nourri, j’étais baigné dedans. J’aimais bien la B.D. mais rapidement je me suis mis à peindre car je trouvais que je pouvais m’exprimer artistiquement de manière plus libre et que la peinture m’offrait plus de possibilités. PR : Quelles techniques utilises-tu ? BB : Après une esquisse au crayon, de la peinture à l’huile mais également à l’acrylique. Pour mes tableaux, je m’inspire à la fois de l’exotisme et du fantastique, laissant libre cours à l’imaginaire, sans artifice, ni modèle. Pour la colorisation de mes illustrations de bande dessinée, j’ai 2 méthodes : la peinture à l’ancienne directement sur la planche ou la palette numérique sur écran. On peut aussi mélanger les 2 méthodes : tu travailles en direct ta peinture et tu fais quelques retouches en numérique. En numérique, je ne commence jamais avec une page blanche, je fais toujours en amont mon encrage noir et blanc, puis je scanne mon dessin pour coloriser en numérique. PR : As-tu un atelier ? BB : Oui, je travaille dans la pièce principale, la pièce de vie car j’aime bien mon petit confort, être en présence de la télévision ou avec de la musique. Je suis à l’aise quand je dessine et je peins dans l’environnement familial, entouré de mes enfants. J’aime quand mon entourage interfère, participe à mes travaux en cours…Pour l’écriture, en revanche je préfère être isolé. PR : Ta double casquette de Postier et d’artiste a-t-elle généré des obstacles durant ton parcours professionnel ? BB : Bien au contraire, mon étiquette d’artiste m’ a toujours permis d’avoir « la côte » auprès de mes collègues du Centre financier de Nantes et ce, depuis mes débuts à la Poste en 1990. Cela s’est même accentué depuis 2 ans quand je me suis mis à faire de la figuration pour des tournages de cinéma. PR : As-tu commencé ton parcours postal - passage obligé à l’époque - à Paris ? BB : Oui, au Centre financier de Paris avec des horaires de brigade. Ce rythme de travail a été et est essentiel pour mes diverses activités créatives. J’y suis resté 13 ans, habitant dans un premier temps dans le quartier montmartrois puis ensuite au cœur du Marché des Puces de Saint-Ouen parmi les antiquaires. C’était un choix personnel car j’adorais fouiner dans ces milieux et tous les week-ends étaient festifs ! Après j’ai eu une envie de verdure, de retourner à la campagne, d’avoir un contact avec la forêt…j’ai obtenu ma mutation à Nantes. PR : As-tu fait des rencontres déterminantes, as-tu eu des périodes qui ont stimulé ton parcours artistique ? BB : oui, à mes débuts je faisais du café-théâtre avec une amie qui m’a encouragé à peindre pour que je présente quelques tableaux à une artiste peintre de sa connaissance . Dans la foulée, c’était le mois septembre 1999, je me suis inscrit au Salon de la Société Artistique et j’ai été sélectionné pour exposer au Musée de La Poste en décembre de la même année. Cette nouvelle visibilité m’a permis pendant 4 ans d’exposer dans une galerie dans le quartier parisien du Marais, puis dans une autre en face du Centre Beaubourg. Cela a duré une quinzaine d’années pendant laquelle j’ai été surpris de voir l’intérêt suscité par des galeries parisiennes puis nantaises par mes peintures d’inspiration fantastique. PR : En regardant quelques-unes de tes planches de B.D. j’ai la sensation que l’humour tient une place importante ? BB : Dès mon arrivée à Nantes j’ai exposé régulièrement dans la galerie Art Mel. Un jour la gérante m’a proposé de réaliser des vaches humoristiques sous forme de tableaux de divers formats. La fraîcheur de ces réalisations a eu de suite un bel écho auprès du public et m’a redonné l’envie de faire de la bande dessinée avec l’humour en fil conducteur. Parallèlement, deux de mes projets auprès d’éditeurs n’ont finalement pas abouti. En revanche, je suis souvent sollicité pour des planches personnalisées. PR : As-tu des artistes « références » ? BB: Dans le fantastique, incontestablement Philippe Druillet pendant sa période Métal hurlant. Dans une moindre mesure, Moebius et bien évidemment Enki Bilal avec son style inimitable. Plein d’autres artistes tels Tardi, Frankin, Uderzo m’ont également « nourri ». En revanche la ligne claire d’Hergé m’a moins inspiré graphiquement. Pour la peinture, j’aime énormément les préraphaélites, les peintres issus du courant symboliste comme Böcklin, Waterhouse, Rossetti, Burne-Jones, Gustave Moreau mais aussi Gustave Doré, Klimt, Alter Holz. PR : As-tu déjà eu des collaborations pour tes créations avec d’autres artistes ? BB : oui, quelques-unes. À une époque, je m’étais mis en recherche de scénaristes pour mes illustrations mais ces réalisations n’ont finalement pas intéressé les éditeurs. Je me suis donc mis à travailler seul. J’ai plusieurs romans finalisés mais je mets un point d’honneur à ne pas les autoéditer. PR : As-tu un projet actuellement ? BB : C’est plus qu’un projet puisque mon roman jeunesse Hibiscus et la conquête de Balaou vient de paraître courant octobre. PR : Comment as-tu basculé vers l’écriture ? BB : Deux facteurs ont contribué à ce changement : une restructuration et une réorganisation des horaires concernant mon travail au Centre financier, et dans ma vie personnelle une sollicitation constante de mes deux jeunes enfants. Ne pouvant dessiner à ma guise, j’ai trouvé une nouvelle source d’inspiration et me suis tourné naturellement vers l’écriture, ai créé ce roman illustré, fais du démarchage sur internet et obtenu la validation des éditions vosgiennes Ex-Aequo. Peut-être même qu’une collection va suivre avec cette fillette créole Hibiscus… PR : Tes enfants sont-ils tes premiers lecteurs ? BB : Non, je suis un peu cachotier, c’est un peu mon jardin secret. Je partage mon travail d’écriture avec uniquement 3 à 4 personnes, enfin jusqu’à présent…puisque maintenant mon bouquin va être diffusé ! PR : Quelle est à ton avis la place de la Bande dessinée parmi les Arts ? BB : elle a vraiment sa place …je suis heureux de son évolution depuis ma jeunesse grâce, entre autres, à l’école Pilote et tous ces artistes : Druillet, Gotlib, Moebius… qui ont permis à la B.D. d’acquérir ses lettres de noblesse et d’être un moyen d’expression à part entière, un Art majeur. © Bruno Bourdet ( Le Village La Poste - Vache au café - L’Ambassadrice) le Petit dragon de Ragon ( mascotte du quartier de Ragon à Rezé, ville limitrophe de Nantes) © Bruno Bourdet "Le postillon des temps futurs" Couverture sur-mesure pour la revue Post'Art - Décembre 2022 © Bruno Bourdet   © Société Artistique de La Poste

  • Le street art s’expose sur papier

    Post de Pierre Raffanel - janvier 2026 - Paris Vernissage exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel Le Bastille Design Center a récemment fermé les portes de la 4 ième édition de «  100% Paper IV ». Plus qu’une simple exposition collective, ce projet d’envergure orchestré par Hopare et Urban Signature s’impose désormais comme le manifeste d’une scène urbaine qui n’a plus peur de l'éphémère. L’artiste plasticien Alexandre Monteiro, commissaire d’exposition pour l’événement est reconnu pour ses visages féminins fragmentés et ses fresques monumentales. Pour cette édition, il signe un collage inédit taille XXL qui accueille les visiteurs dès l'entrée. Urban Signature, spécialisé en évènements de street art "sur-mesure", apporte son expertise logistique et curatoriale avec à la manœuvre les frères Elliot et Warren Buisson. Hopare réalisant le collage taille XXL pour l'exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel Dans l'imaginaire collectif, le street art est indissociable du béton, de l'acier et des grands formats muraux. Pourtant, l'exposition 100% Paper IV  a rappelé que le papier reste la cellule souche de la création urbaine. C’est sur ce support, souvent perçu comme fragile ou préparatoire, que l’idée prend vie avant de braver les éléments extérieurs. Le choix du lieu d’exposition dans ce bâtiment industriel « le Bastille Design Center » permet un contraste saisissant entre le caractère brut, historique et métallique du bâtiment et la fragilité organique du papier créant une dynamique visuelle captivante. Exposition 100 % PAPER IV au 1er étage du Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel Environ 300 créations originales présentées, explorant toutes les facettes de ce matériau ; du petit format intime aux grandes pièces impressionnantes et aux diverses techniques : dessins à la main, encres de chine, collages complexes, sérigraphies artisanales, lithographies et techniques mixtes. L'exposition réussit le tour de force de faire cohabiter des légendes du street art et la jeune garde montante avec un casting de quelques 120 artistes. Des références : Maye, Jo Di Bona, Miss Van, Pez, Levalet, Madame, RNST, Sax, Jo Little. Des habitués  :  Horss, Raf Urban, Matt_tieu, Caroline Karenine, Graff Matt. Des nouveaux venus : Vinie, Ensemble Réel, Abys, Ador, Taroe. Habituellement organisée dans le 3e arrondissement, l'exposition monte en puissance en investissant le 74 boulevard Richard-Lenoir. Ce bâtiment du XIXe siècle offre une architecture de métal et de verre répartie sur trois niveaux : le rez-de-chaussée en espace d'accueil et point névralgique ; le sous-sol avec une ambiance plus brute et underground ; et le premier étage   avec son impressionnante verrière (12 mètres de hauteur), où la lumière naturelle sublime les textures du papier. Les « patrimoniaux » escaliers en bois qui craquent ajoutent une dimension sensorielle et historique à la visite. Exposition 100 % PAPER IV au rdc du Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel L'événement a été conçu pour être interactif et accessible, un lieu de vie et de rencontre avec un espace shop situé à l'entrée permettant d'acquérir des œuvres en édition limitée (Maye, Ardif, Ador...), des objets dérivés (livres, textiles) à des prix plus doux que les pièces originales. Un parcours famille   avec un jeu de piste a été proposé aux enfants : ils devaient retrouver des drapeaux cachés dans l'expo pour compléter leur propre affiche de collage. Également une pièce au 1 er  étage aménagée comme une classe d’école, dédiée à des ateliers de dessin et coloriage avec comme motif de base un portrait féminin d’Hopare. Atelier dessin jeune public lors de l'exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel L’exposition a également soulevé une question cruciale sur le marché de l’art actuel : comment collectionner l'inaccessible ? Le street art est par essence public et périssable. Le passage au papier permet cette transition vers l'intime. « Le papier, c’est le retour à la main, au trait brut sans l’artifice de la bombe aérosol à grande échelle. C’est une mise à nu de l’artiste. » dixit la note d’intention de l’exposition . En maintenant une entrée gratuite et en proposant des œuvres originales à des prix variés, l'événement a conservé l’ADN démocratique du mouvement urbain, évitant l'écueil de l'élitisme des galeries traditionnelles. Le succès de cette 4 ième  édition confirme que le public est en quête d'expériences physiques et tangibles. Dans un monde de plus en plus numérique, le grain du papier et l’odeur de l’encre au Bastille Design Center ont offert une parenthèse organique bienvenue. 100% Paper IV  n'était pas seulement une exposition de vente ; c'était la preuve vivante que le street art, loin d'être un effet de mode, continue de se structurer et de se réinventer. © HOPARE - exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel ©DECKTWO - exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel © VINIE -exposition 100 % PAPER IV au Bastille Design Center ©photo Pierre Raffanel

  • Street art à la Poste du Louvre

    Post de Pierre Raffanel - décembre 2025 BRUSK - 3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Retour sur la 3e édition du festival de street art et d’art contemporain orchestrée par la galerie Roussard à La Poste du Louvre avec La Poste Immobilier. Ce fût l’occasion de redécouvrir ce monument parisien, emblème de l’architecture fin XIXème siècle, récemment rénové et réouvert au public, conçu par l’architecte Julien Guadet. Brusk - 3 édition Street Art Poste Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel 18 artistes pour cette exposition de type muséal & performances live de 12 artistes dans la cour intérieure, espace semi-couvert par une architecture métallique typique, dans le plus pur style Eiffel : Anagruz, Ardif, Astro, Brusk, Patricia Casagrande, Djalouz, Ender, Ensemble Réel, Graffmatt, Clément Herrmann, Jaëraymie, Jo Di Bona, Kaldea, Levalet, Mathieu1976, Jérôme Mesnager,Nadège Dauvergne, Ninin, OneMizer, Petite Poissonne Alexis Raoult, Joachim Romain, Rafael Sliks, Shaz, Sax, Softtwix, Stoul, Tito/Mulk, Wèkup. Nadege Dauvergne - 3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Kaldea - 3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Graffmatt -c'est dans la boîte-3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Jo Di Bona - 3 édition Street Art Poste Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel SOFTTWIX -3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Rafael SLIKS- 3 édition Street Art Poste Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Onemizer -3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Djalouz -3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Anagruz -3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel Henry Blache aka SAX -3 édition Street Art Poste du Louvre - Galerie Roussard ©photo Pierre Raffanel #BilanExpo #ArtUrbain #ArtContemporain #LaPosteImmobilier #PosteLouvre #CultureÀParis #laPoste

  • La céramiste Yolande MICHELON in situ

    La Madelon « Centenaire de la guerre de 14-18 » (laque avec incrustation) ©Yolande MICHELON © 2023 Photo Pierre Raffanel À  peine arrivés dans cette charmante campagne icaunaise, nous sommes plongés illico dans les effluves de vernis et de térébenthine de l’atelier de Yolande et par l’enthousiasme contagieux de cette artiste. Il y a presque 25 ans, Yolande est tombée « en amour » de la laque. Découverte au détour d’une promenade à Prémery dans la Nièvre, elle visite une exposition dans des anciens abattoirs, elle y découvre des paravents magnifiques : la laque fut une révélation quasi-instantanée ! Dès la semaine qui suivit, elle s’inscrivit aux cours de Lièn, laqueuse et n’eût de cesse depuis, que d’apprendre ce savoir-faire ancestral. L’apprentissage fut long et ce n’est qu’après plusieurs années de pratique qu’elle commença à maîtriser les techniques et procédés de la laque. L' artiste Yolande Michelon en interview avec Pierre Raffanel ©2023 Photo Marie Bueno Mais revenons, au début de son histoire : elle naît à Paris, son père est alors menuisier-ébéniste mais sa mère souhaitant ouvrir un commerce, la famille déménage à Auxerre où Yolande y poursuivra ses études. Adolescente, elle se rêve décoratrice d’intérieur, mais son père de souche stéphanoise ne veut pas qu’elle aille à Paris pour ses études. Elle se fait alors embaucher au standard PTT. S’ensuivra une belle carrière à la Poste : dactylo à la Direction, puis secrétaire au service des Ressources Humaines. Ensuite, une antenne de documentation est créée, elle y organise les concours de facteurs et les recrutements, qui à l’époque étaient massifs ! Par la suite on lui proposera le poste de rédactrice du journal local postal Jourpost et deviendra responsable de communication. S on apprentissage artistique se fera pendant ses années « postales »,  durant ses loisirs ; au début dans son garage puis viendra la construction de son atelier, attenant à sa maison. À ses débuts, les matériaux indispensables à la fabrication de ses laques étant onéreux, Yolande pratique la porcelaine. Elle peint également des dessins sur bois, à base de caséine sur des armoires normandes… Son inspiration, elle la puise dans son quotidien, elle est insatiable, fait feu de tout bois : vue de Paris par satellite, des aurores boréales, des yeux comme motifs pour une exposition dans une clinique ophtalmologique en Allemagne, des miroirs, des bouts d’ardoise… Rien n’est aléatoire dans sa créativité : un dessin, un calque prédéterminent la composition de ses laques souvent abstraites… La discipline de la laque est complexe par la diversité des supports utilisés (bois, fer, terre…), par les diverses techniques à maîtriser (savants dosages de mélange de vernis et térébenthine ou de pigments broyés de couleurs et blanc de Meudon…) et par les nombreuses étapes successives. Beaucoup d’abnégation et « d’huile de coude » sont également indispensables : plusieurs couches successives de couleurs plus ou moins épaisses, de ponçages, de lustrages sont nécessaires pour l’obtention du résultat escompté : un aspect lisse et agréable au toucher. Ces divers étapes, maintes fois répétées pour retrouver la trace du décor composée en amont, et entrecoupées de temps de séchage vont révéler brillance, profondeur de l’œuvre ! Ses réalisations requièrent de la patience, une grande habilité manuelle, un goût du bricolage, mais aussi le sens de la débrouille : elle récupère de-ci de-là, un maximum de choses, d’objets, de cailloux… et les transforme au service de sa créativité – écolo avant l’heure d’une certaine façon. Yolande est intarissable sur les techniques de ce savoir-faire, à la fois ancestral depuis les premières utilisations en Chine, 1000 ans avant J-C et moderne par l’émergence au fil des décennies d’un style occidental qui ne cesse d’évoluer (exemple de la période Art Déco).  La technique de la laque offre un terrain d’expérimentation presque sans limite : métallisation de feuilles d’or, d’argent, de cuivre, d’aventurine ou poudre de métal ; incrustation de matériaux très fins (coquilles d’œuf, nacre) ou très épais (écaille, ivoire) et de décors avec l’inclusion et accumulation de couleurs. Enfin vous l’avez compris, le travail de la laque nécessite passion et longueur de temps. Alors n’hésitez pas à prendre un peu du vôtre pour visiter au gré de vos humeurs le LACtelier de la « sémillante »  Yolande Michelon ou de plonger votre regard dans une de ces laques au détour d’une exposition.  (chronique de Pierre Raffanel dans la revue Post'Art 11 - décembre 2023) "Rivière nacrée" Céramique de Yolande Michelon ©2023 Photo Pierre Raffanel

  • Poste Rodier : quand l’Art urbain s’empare du patrimoine Postal.

    Post de Pierre Raffanel - décembre 2025 Attorno a tutto, il mare - HITNES - Vulcano - HITNES - Baile de los americas - HITNES © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition temporaire "Échappées" Quel voyage ! L'exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine"  à la Poste Rodier vient de clore ses portes, et je suis encore sous l'impression de cette fable moderne exceptionnelle, d’une parenthèse artistique suspendue. Imaginée par l’artiste Alëxone Dizac pour la Fondation Desperados, cette exposition collective m’a permis de naviguer au travers de récits réels, imaginaires, intimes et collectifs grâce aux œuvres de 12 artistes d’Art urbain dans l’ancienne halle occupée par les facteurs. Les volumes industriels de ces espaces bétonnés ont offert une caisse de résonance inédite à ces expressions libres. A moment in time - Andrew SCHOULTZ © 2025 Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" La force de cette initiative réside dans sa capacité à nous inviter à tracer notre propre échappée. C'était un rappel puissant de la créativité et de la liberté qui peuvent émerger au cœur même de l'environnement urbain. Cet édifice postal a été réalisé avant la disparition du corps des architectes des PTT en 1973, par André CHATELIN, architecte en chef des PTT. On lui doit également le musée de La Poste. Pour Rodier, il imagine une structure aux grandes portées et volumes généreux, organisée sur 8 niveaux. Getting there - CMP ONE ©Photo Pierre Raffanel © 2025 Exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" En ouvrant ses portes de manière temporaire, le site Rodier s'inscrit dans une démarche d'urbanisme inclusif et dynamique, devenant un théâtre d’évasion, un labyrinthe narratif guidé par Julia Montauk. Ce partenariat entre la Fondation Desperados et la Poste Immobilier préfigure la future transformation du lieu : un programme immobilier mixte répondant aux nouveaux enjeux de la Ville de Paris et du Groupe La Poste. C'est ici que le « combo art et patrimoine » joue son rôle le plus noble : donner un sens nouveau à la ville et accompagner sa mutation en douceur. Cette initiative est un rappel puissant que la créativité et la liberté peuvent émerger au cœur même des structures les plus rigides. Promenons-nous dans les bois - MADAME © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine «  Echappées célèbre un art en mouvement, enraciné dans la parole, mais tendu vers l’imaginaire. Un art qui ne s’expose pas seulement : il se raconte. Ces échappées sont celles du quotidien, des cadres des théories, du réel strict, pour basculer dans un monde où les récits font œuvre, et où l’œuvre devient récit. » ICINORI - Mayumi Otero & Raphaël Urwiller © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine Le Casting de l’exposition temporaire "Échappées - récit d'une odyssée urbaine"    (Les 12 Artistes) Commissariat (Alëxone Dizac) : Pour son premier commissariat, Alëxone a composé une équipe internationale et pluridisciplinaire, mêlant peinture, sculpture, photographie et installations : 100TAUR (France) : Spécialiste des créatures hybrides et de l'art fantastique.  Andrew Schoultz (USA) :  Connu pour ses paysages dynamiques et ses motifs répétitifs complexes. Benjamin Laading (France) : Travaille sur l'esthétique du graffiti (le "fatcap") avec une précision académique. Charles Fréger (France) : Photographe de renom explorant les costumes et les rituels populaires. CMP One (Danemark) :  Figure historique du graffiti, maître du lettrage et des scènes urbaines. Duy Anh Nhan Duc (Vietnam/France) :  Artiste botaniste qui crée des œuvres délicates avec la nature. Le parloir des souhaits - DUY ANH NHAN DUC © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine Hitnes (Italie) : Muraliste fasciné par le monde animal et les sciences naturelles. Icinori (Mayumi Otero & Raphaël Urwiller - France) :  Duo d'illustrateurs et éditeurs au style graphique unique. Madame (France) :  Célèbre pour ses collages poétiques et ses jeux de mots vintage. Miss Van (France) : Pionnière de l'art urbain féminin, connue pour ses "Poupes" sensuelles et oniriques. Steph Cop (France) : Sculpteur qui redonne vie au bois mort à travers ses personnages "Aro". Yun-Jung Song (Corée/France) :  Artiste explorant l'identité et les émotions à travers des compositions oniriques. Creaturas - MISS VAN © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine

  • Sylvain AUBRY in situ

    Des phares en ligne et points de mire  «Ar men »  ©Sylvain AUBRY  (huile) © 2024 photo Pierre Raffanel Post de Pierre Raffanel - revue Post'Art #227 Un petit crachin en préambule…Nous sommes à Songy, près de Vitry-le-François. Sylvain m’a prévenu : « La plaque mentionnant le numéro de mon adresse est cachée sous la verdure. » Discrètement, un peu à l’image de cet artiste... Nous sommes sur le perron, prêts à  découvrir son atelier, son havre de tranquillité, son antre de créativité aménagée dans les combles de sa maison. Vue panoramique de l’atelier de Sylvain AUBRY avec, à ses côtés son intervieweur Pierre Raffanel ©2024 photo Marie Bueno Aux sons crépitants d’un feu de bois, une coupette de kéfir à la main, nous entamons de conviviaux échanges ; lui m’évoquant ses passions pour le sport - course, athlétisme, planche à voile, dériveur – et moi des réminiscences de manœuvres avec l’armée au camp de Suippes et d’une fourragère lors de mon service militaire. Sa passion pour la peinture est venue à la trentaine, à la fin des années 80 mais depuis longtemps une envie le taraudait : s’exprimer par l’écriture, la peinture, la sculpture…Le point de départ de ses créations et de son apprentissage : un pari avec un ami peintre lors d’un repas « arrosé entre potes », la veille du lancement d’un concours « Dessine ton village » du village de Saint-Amand sur Fion.  « Territoire Breton - Baie de Douarnenez »  ©Sylvain AUBRY  (huile) 40x90cm , création originale exposée et sélectionnée lors du 94e Salon national de la Fédération de la Société Artistique en juillet 2023 au Bastille Design Center - PARIS XIe ©2023 photo Pierre Raffanel Parallèlement Sylvain Aubry a eu un parcours de fidélité aux « PTT » : au début technicien de maintenance au centre de tri – colis de Pantin, pendant 6 ans et avec un cycle de travail de deux nuits sur quatre. Puis rapidement il déménage à Épernay, ce qui lui permet de faire des allers-retours facilement. Par la suite, il deviendra technicien informatique  à France Télécom : « à l’époque, il fallait être deux personnes pour transporter les disques durs des premiers PC (ordinateurs personnels) ». Ensuite, à Châlons-en-Champagne, il reviendra à La Poste pour être cadre chargé d’opérations (technique opérationnelle du courrier de la Champagne Ardennes et de la Picardie) : «  j’étais responsable d’une cinquantaine de techniciens, c’était très intéressant mais très prenant : dépannages des machines-courrier la nuit, le week-end aussi ! ». Son dernier « job » fût responsable au contrôle de gestion avec Xavier Moulun qui fût également président de la Société Artistique Champagne Ardenne. Et puis une demande de temps partiel aménagé sénior, toujours en cours…qui lui permet de pleinement partager avec son épouse leur passion commune de la voile et de vivre six mois par an sur leur voilier amarré au lac du Der entre Vitry Le François et Saint Dizier.  «Phare de l’Ile de Batz »  ©Sylvain AUBRY  (huile) ©Photo Pierre Raffanel L’artiste Sylvain Aubry est complétement et viscéralement autodidacte : « je suis un peu une mule, le jour où je me suis décidé à me lancer, j’ai peint tous les jours, je n’avais pas de pinceaux, je peignais avec des cotons tige, j’en ai fait des seaux ! » Au début c’était de l’aquarelle puis avec ses mélanges de pigments il réalisait des natures mortes à l’huile avec pour motif « des pots à lait ». Il a toujours trouvé amusant de produire des images qui racontent des histoires. Dès l’enfance, lors de ces vacances en Bretagne avec ses parents, il est fasciné par le phare de Tévennec situé à la pointe occidentale de la Bretagne, dans la partie nord du raz de Sein au large de la pointe du Van. Ce sera le point de départ de sa principale source d’inspiration. Plus tard, des photos dans un magazine de voile et une reproduction de ce même phare « blanc sous un ciel d’orages ». La beauté de cette vision va amorcer sa passion pour les phares en général, ce thème devient alors une récurrence pour l’artiste, un véritable ancrage d’expressions véritables, une manière sincère de peindre des histoires humaines. La liberté également de les représenter sur terre comme au milieu de l’océan, de la mer…Un de ses autres phares fétiches se situe sur la Pointe des Chats dans le Morbihan. L’artiste l’a souvent peint et exposé, permettant ainsi dans chacun de ses tableaux de rendre hommage à ce site unique, l’île de Groix, seule réserve naturelle géologique à intérêt minéralogique de France. «Phare de l’Ile de Batz »  ©Sylvain AUBRY  (huile) ©Photo Pierre Raffanel Sylvain se déplace régulièrement en Bretagne pour y puiser une inspiration tranquille et remplir des carnets d’aquarelle format A3. Des croquis sur motifs de paysages authentiques du Finistère, de Belle-Île-en-Mer. Une occasion unique de moments privilégiés et de partage avec ses trois petits-enfants. Au début, certaines de mes réalisations de paysages m’ont été inspirées par le peintre Nicolas de Staël . Puis, par l’entremise de Jean Claude Baillet, j’ai intégré la Société Artistique Champagne Ardenne et rejoint les membres du bureau en tant que secrétaire quelques temps. L’association et ses artistes adhérents m’ont permis des échanges fort utiles pour mon apprentissage en peinture. Le peintre Daniel Bigaré fût un « sacré moteur » grâce à ses conseils avisés et j’ai souvent peint sur motif en extérieur avec l’aquarelliste André Chapsal. Sylvain aime à parler des influences bénéfiques des associations qui permettent ces rencontres ; même si le but de chacun des membres est différent : pour certains la peinture est un passe-temps et pour d’autres une réelle passion. D’ailleurs, me confie-t-il, je vais te conter l’anecdote de la « confiture de nouilles » ou comment expliquer à un artiste que l’on n’aime pas son œuvre d’art même si sa réalisation a demandé beaucoup d’heures de travail : « C’est comme de la confiture de nouilles, tu prends 10 litres d’eau et 2 kilos de pates, tu fais réduire, tu égouttes. Ce qui reste, tu le mets dans 5 litres d’eau, tu le refais bouillir. C’est assez long. Tu fais réduire jusqu’à ce qu’il ne te reste qu’une masse informe : de la confiture de nouilles. Le résultat : c’est très long à faire, c’est compliqué mais c’est dégueulasse. »   «Phare de l’Ile de Batz »  ©Sylvain AUBRY  (huile) ©Photo Pierre Raffanel Aujourd’hui, le nouveau challenge de Sylvain Aubry, c’est la gravure : « J’ai toujours adoré cette technique, ce procédé de gravure douce qu’est la manière noire. Le premier travail consiste à grainer la plaque de cuivre uniformément de petits trous, à l’aide d’un outil appelé  berceau. Ensuite ces petits points vont garder le noir de l’encre et pour faire la forme, on écrase les trous. ». Pour cet apprentissage, il va appliquer la même philosophie qu’il y a trente ans lors de ses premiers pas en peinture : par étapes progressives, en faisant des erreurs, en les corrigeant, recommençant avec passion, façonnant la matière ; tranquillement, paisiblement dans sa « caverne » d’artiste, son atelier cocon en prenant le temps… Comme l’écrivait Nicolas Boileau dans l’Art poétique :“Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. »     "Sans titre" ©Sylvain AUBRY   (huile) ©photo Marie Bueno L’artiste Sylvain AUBRY dans son atelier ©photo Marie Bueno

  • Guy HELLE in situ

    Visite de l’atelier du pastelliste Guy HELLÉ à Mairy s/ Marne, village aux environs de Châlons en Champagne.   Post de Pierre Raffanel - revue Post-Art n°4 Guy Hellé dans son atelier ©2020 photo Pierre Raffanel Une allée d’arbustes bien taillés, des cotonéastres de Franchet.   Une terrasse de pierres façonnée par les mains de Guy. Une maison coquette. La déco, c’est le hobby de Ginette, sa moitié : l’ambiance est délicatement romantique, empreinte d’une douce nostalgie. Au premier étage, l’atelier est une belle pièce mansardée. Il y a plus de vingt ans, c’était la chambre de leur fille partie depuis « vivre sa vie ».  L’atelier est sobre, ordonné : tables, chevalets… une ribambelle de fusains, feutres, plumes, crayons, estompes, pinceaux, gommes mie de pain, fixatifs et une « collection » de bâtonnets de pastels secs, dans une gamme de tons doux et subtils. L’atelier mansardé de Guy Hellé ©2020 photo Pierre Raffanel   Guy Hellé a « deux amours » son pays de naissance l’Alsace et la Champagne où il réside depuis plus de quarante-cinq ans et une passion le pastel. Il a façonné sa technique, au fil des années, en autodidacte déterminé.  A l’adolescence, il a commencé à s’exprimer « au crayon » s’inspirant de lithographies commanditées sous Napoléon III pour recenser les monuments historiques. « Au lycée, je n’ai pas vraiment eu de référence culturelle ! ». C’est le « Lagarde et Michard » qui sera source de ces premières inspirations : les pastels d’Edgar Degas, les poésies du romantique Gérard de Nerval, les scènes champêtres de Jean-François Millet. Son véritable coup de cœur est indéniablement le tableau « Souvenir de Mortefontaine » de Jean Baptiste Corot. Jean Baptiste Corot « Souvenir de Mortefontaine » 65x89 cm © GrandPalaisRmn - Collection Musée du Louvre Ses influences picturales : l’école de Barbizon, les impressionnistes, le cercle de Saint Léonard avec les peintres Charles Spindler, Henri Loux, Lucien Blumer, Lothar bon Seebach et les lithographies de Jacques Rothmuller. En forêt d’Offendorf : le Rossmoerder  (pastel) Guy HELLE  ©2020 photo Pierre Raffanel Le thème de prédilection de ses tableaux est l’Alsace : sa campagne, ses paysages, ses villages, ses rieds…L’inspiration vient le plus souvent lors de ses randonnées dans le massif vosgien : « il faut savoir ressentir les choses. C’est à partir de ce moment que l’on peut construire une interprétation, un développement. Qui dit ressentir dit être séduit et c’est cette situation d’être séduit qui nous pousse à vouloir mémoriser et conserver un rêve, une atmosphère ... et aussi à les partager ».   Strasbourg : quai de la Bruche et le grand platane  (pastel) Guy HELLE ©2020 photo Pierre Raffanel Guy Hellé est un des plus fidèles peintres de la Société Artistique de Champagne Ardenne, présent depuis les débuts de l’association en 1985 où il a pu partager sa passion avec ses amis peintres « Dédé » Chapsal et Michel Denis.  Vignoble et vue sur Mittelbergheim et sur le Haut-Andlau  (pastel) Guy HELLE ©2020 photo Pierre Raffanel Le Haut-Andlau sous un coucher de soleil automnal   (pastel)   Guy HELLE ©2020 photo Pierre Raffanel

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