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- Poste Rodier : quand l’Art urbain s’empare du patrimoine Postal.
Post de Pierre Raffanel - décembre 2025 Attorno a tutto, il mare - HITNES - Vulcano - HITNES - Baile de los americas - HITNES © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition temporaire "Échappées" Quel voyage ! L'exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" à la Poste Rodier vient de clore ses portes, et je suis encore sous l'impression de cette fable moderne exceptionnelle, d’une parenthèse artistique suspendue. Imaginée par l’artiste Alëxone Dizac pour la Fondation Desperados, cette exposition collective m’a permis de naviguer au travers de récits réels, imaginaires, intimes et collectifs grâce aux œuvres de 12 artistes d’Art urbain dans l’ancienne halle occupée par les facteurs. Les volumes industriels de ces espaces bétonnés ont offert une caisse de résonance inédite à ces expressions libres. A moment in time - Andrew SCHOULTZ © 2025 Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" La force de cette initiative réside dans sa capacité à nous inviter à tracer notre propre échappée. C'était un rappel puissant de la créativité et de la liberté qui peuvent émerger au cœur même de l'environnement urbain. Cet édifice postal a été réalisé avant la disparition du corps des architectes des PTT en 1973, par André CHATELIN, architecte en chef des PTT. On lui doit également le musée de La Poste. Pour Rodier, il imagine une structure aux grandes portées et volumes généreux, organisée sur 8 niveaux. Getting there - CMP ONE ©Photo Pierre Raffanel © 2025 Exposition "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" En ouvrant ses portes de manière temporaire, le site Rodier s'inscrit dans une démarche d'urbanisme inclusif et dynamique, devenant un théâtre d’évasion, un labyrinthe narratif guidé par Julia Montauk. Ce partenariat entre la Fondation Desperados et la Poste Immobilier préfigure la future transformation du lieu : un programme immobilier mixte répondant aux nouveaux enjeux de la Ville de Paris et du Groupe La Poste. C'est ici que le « combo art et patrimoine » joue son rôle le plus noble : donner un sens nouveau à la ville et accompagner sa mutation en douceur. Cette initiative est un rappel puissant que la créativité et la liberté peuvent émerger au cœur même des structures les plus rigides. Promenons-nous dans les bois - MADAME © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine « Echappées célèbre un art en mouvement, enraciné dans la parole, mais tendu vers l’imaginaire. Un art qui ne s’expose pas seulement : il se raconte. Ces échappées sont celles du quotidien, des cadres des théories, du réel strict, pour basculer dans un monde où les récits font œuvre, et où l’œuvre devient récit. » ICINORI - Mayumi Otero & Raphaël Urwiller © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine Le Casting de l’exposition temporaire "Échappées - récit d'une odyssée urbaine" (Les 12 Artistes) Commissariat (Alëxone Dizac) : Pour son premier commissariat, Alëxone a composé une équipe internationale et pluridisciplinaire, mêlant peinture, sculpture, photographie et installations : 100TAUR (France) : Spécialiste des créatures hybrides et de l'art fantastique. Andrew Schoultz (USA) : Connu pour ses paysages dynamiques et ses motifs répétitifs complexes. Benjamin Laading (France) : Travaille sur l'esthétique du graffiti (le "fatcap") avec une précision académique. Charles Fréger (France) : Photographe de renom explorant les costumes et les rituels populaires. CMP One (Danemark) : Figure historique du graffiti, maître du lettrage et des scènes urbaines. Duy Anh Nhan Duc (Vietnam/France) : Artiste botaniste qui crée des œuvres délicates avec la nature. Le parloir des souhaits - DUY ANH NHAN DUC © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine Hitnes (Italie) : Muraliste fasciné par le monde animal et les sciences naturelles. Icinori (Mayumi Otero & Raphaël Urwiller - France) : Duo d'illustrateurs et éditeurs au style graphique unique. Madame (France) : Célèbre pour ses collages poétiques et ses jeux de mots vintage. Miss Van (France) : Pionnière de l'art urbain féminin, connue pour ses "Poupes" sensuelles et oniriques. Steph Cop (France) : Sculpteur qui redonne vie au bois mort à travers ses personnages "Aro". Yun-Jung Song (Corée/France) : Artiste explorant l'identité et les émotions à travers des compositions oniriques. Creaturas - MISS VAN © Photo Pierre Raffanel ©2025 Exposition Échappées - récit d'une odyssée urbaine
- Fresque de Roger PENDARIèS
Fresque de Roger Pendariès - tryptique situé au Crec Toulouse ©2025 photo Pierre Raffanel ¶ Patrimoine postal ¶ Clin d’œil à la fresque de Roger Pendariès lors d’une visite impromptue du Centre de Relation et Expertise Client de Toulouse, rue Palaprat lors des Journées du Patrimoine 2025. Ravi de constater la préservation de cette fresque lors des travaux de réfection de la cantine du Crec grâce à l’action concertée de Jean François Bessoles et à la mobilisation de l’association Société Artistique Midi-Pyrénées et d’Alain Aost. Le Centre régional des services financiers de Toulouse fut créé en 1956 par l’architecte toulousain, Paul de Noyers. Dès 2015 la Banque Postale lance une refonte et une restructuration de ses centres financiers qui seront renommés Centre de Relation et d’Expertise Client. ¶ Historique de la réalisation de la fresque ¶ Trois maquettes proposées par l'artiste dans les années 70 : les abords de la Garonne au cœur de Toulouse, un paysage des Pyrénées Orientales et celle choisie par le directeur des Chèques postaux : plage de Saint Cyprien / Argelès-sur-Mer . Description de la fresque : tryptique (6.84m -2.88x3- sur 1,6m) – huile sur panneau composite bois – réalisée par le peintre postier Roger Pendariès sur une période de 3 mois. ¶ Parcours de l’artiste postier Roger Pendariès ¶ Roger Pendariès, authentique toulousain et peintre de la « couleur et du chant de la vie ». En 1943, à 14 ans, après son certificat d’études il entre dans l’administration postale comme télégraphiste. Dans les années 70, commandes par les PTT de grandes fresques : Chèques Postaux de Toulouse et les Télécoms d’Albi. En 1980 il réalise avec René Bonnefont la décoration de l’Office National des Annuaires à Bordeaux. En 1986 et 2005, invité d’honneur au Salon National de la Société Artistique au Musée de la Poste à Paris. Fêtera bientôt ses 97 ans… En savoir plus > chronique de Pierre Raffanel - revue Post’Art – mai 2022 Tryptique de Roger Pendariès - restaurant d'entreprise - Crec Toulouse La Poste - La Banque Postale ©2025 photo Pierre Raffanel
- Éternel MUCHA
Chronique de Marie BUENO - mars 2023 - Revue Post'Art n°11 Exposition "Eternel MUCHA" au Grand Palais immersif ©2023 Photo Pierre Raffanel D epuis le 22 mars 2023 le Grand Palais immersif accueille une superbe exposition pleine de poésie, de douceur et d’émotions qui retrace le parcours d’un immense artiste européen, emblématique du XXe siècle : Alphonse Mucha, également connu sous le nom d'Alfons Mucha. Artiste prodigue et engagé qui semble avoir vécu cent vies à la fois : illustrateur virtuose, affichiste, graphiste, peintre monumental, architecte d’intérieur, décorateur et professeur d’art, surtout connu pour son style artistique distinctif, qui est devenu synonyme de l'Art Nouveau. La scénographie de cette exposition, d’une grande intelligence, nous permet une immersion exceptionnelle et époustouflante dans la vie de ce peintre. Dès l’entrée dans une salle grande dimension, assis ou allongé sur de grands poufs, on assiste à une projection triptyque grandiose (non sans rappeler les projections de l’Atelier des lumières) : des explosions de couleurs et de formes, une bande musicale très prenante, on en prend plein les yeux et les oreilles ! Les œuvres de l’artiste se prêtent parfaitement à ce concept d’immersion. Une balade de salle en salle nous plonge dans la vie de cet artiste humaniste, son parcours, ses techniques, sans oublier la mise en perspective avec tous les artistes influencés par Mucha. Une exposition originale qui fourmille de détails utilisant des animations variées qui rendent l’interactivité pertinente, un hologramme avec la voix originale de Mucha, le côté ludique des petits écrans qui permettent au visiteur de créer sa propre œuvre, voire de se prendre pour Mucha. Une véritable expérience sensorielle visuelle, auditive et même olfactive - une sorte de voyage à la fois intemporel et magique ! M ucha né en pleine renaissance nationale tchèque le 24 juillet 1860 à Ivancice, en Moravie (aujourd'hui République tchèque), passionné par le dessin dès son enfance, montre un talent artistique précoce. Il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Munich, en Allemagne, période où il peint des décors de théâtre avant de s'installer à Paris à 27 ans en 1887. En 1889 il poursuit ses études à l’Académie Julian et à l’Académie Colarossi. Un riche mécène l’aide le temps de sa formation mais il doit ensuite travailler comme illustrateur publicitaire pour des magazines et des journaux. Le tournant dans sa carrière : à la veille de Noël, encore peu connu, il fait un remplacement en 1894 chez l’imprimeur Lemercier et reçoit une commande urgente qui va transformer sa vie : Sarah Bernhard fait appel à lui pour l’affiche de la pièce de théâtre Gismonda . Tombant littéralement sous le charme du style original de Mucha elle signe avec lui un contrat de six ans. Elle devient sa muse et son amie proche. C’est le début du succès. Mucha devient alors l’illustrateur et dessinateur de sa génération : décors de théâtre, affiches publicitaires qui recouvrent les murs et colonnes Morris de tout Paris : Lorenzaccio, Rêverie et Automne… En 1900, tout le monde « se l’arrache », l’Art nouveau est à son apogée, Mucha devient l’artiste le plus recherché de ce style. Trois portraits d’Alphonse MUCHA - Exposition "Éternel Mucha" ©2023 Photo Pierre Raffanel L’originalité de son style surprend à plusieurs égards : Sarah Bernhardt sensuelle, quasiment en grandeur nature, femme magnifiée presque idéalisée avec des tons doux et pastels qui contrastent avec les couleurs criardes et/ou éclatantes utilisées par les autres affichistes de l’époque (Jules Chéret et Toulouse-Lautrec) . Le message, le texte informatif subtilement intégré dans les plis de la robe de Gismonda … il réitèrera la stylisation et les figures isolées dans de nombreuses autres affiches. Il transforme l’affiche descriptive en affiche séductrice qui capte tous les passants. L’affiche publicitaire devient un Art à part entière ! Bref, ces affiches pour le théâtre Bernhardt ont été très populaires dans toute l’Europe, ont contribué à la célébrité internationale de Mucha et ont popularisé le style de l'Art Nouveau. Des œuvres caractérisées par des femmes élégantes et gracieuses, souvent entourées de motifs floraux et organiques. L'utilisation de couleurs vives, de lignes courbes et harmonieuses et grand nombre de petits détails qui fourmillent pour créer des compositions harmonieuses et esthétiques. À l’occasion de l’Exposition Universelle il participe à de nombreux projets. On lui confie les décors du pavillon de la Bosnie-Herzégovine où il présente La Nature , un buste en bronze orné de malachite représentant l’idéal féminin de l’époque. En 1901, la bijouterie Fouquet (rue Royale) lui commande la réalisation des décors de sa boutique parisienne (reconstituée au sein des collections permanentes du musée Carnavalet). Il collabore avec plusieurs marques comme Lefèvre-Utile (les célèbres biscuiteries Lu), les champagnes Ruinart ou Moët & Chandon ou encore des parfums de renom. Dans cette exposition, on peut admirer une série de panneaux décoratifs intitulée "Les Quatre Saisons" représentant une saison différente et une scène féminine dans un paysage correspondant. Ces œuvres sont très appréciées pour leur beauté et leur symbolisme. En cette fin de XIX e siècle, le développement des techniques de lithographie en couleur favorise l’essor des affiches publicitaires et donc la popularité de Mucha. Pour lui, les affiches permettent d’offrir de l’art dans les rues aux personnes qui n’ont pas les moyens d’aller dans les musées. L'exposition se concentre sur son influence permanente, du mouvement pacifiste "Flower Power", des années soixante aux mangas japonais, en passant par les super-héros, les comics, les artistes de rue et même l'art du tatouage. Son style innovant et fascinant est même transposé à de nombreuses œuvres et appliqué à divers objets qui ornent les maisons des amateurs d’art dans le monde entier ! L’atelier de MUCHA - Exposition « éternel MUCHA » © Mucha Trust ©2023 Photo Pierre Raffanel En 1904 Mucha s’installe aux États-Unis et enseigne dans plusieurs universités. Dans le monde entier, il influence de nombreux artistes. Adulé au Japon (résonnance entre l’art de l’affiche de Mucha et la tradition de l’estampe ukiyo-e) , il est aussi reconnu comme le précurseur des mangas (muchamania au Japon dès 1970) . En 1910, après avoir obtenu un grand succès à Paris, Mucha revient à Prague en Tchécoslovaquie où il poursuit ses projets artistiques tout en agissant également dans le mouvement national en France. L e "style Mucha" a fasciné les amateurs du monde entier, en tant que peintre que ce soit dans ses toiles mais aussi dans ses œuvres monumentales, comme l'Épopée slave mais aussi en tant qu'illustrateur et designer lorsqu'il s'agit de l’ornement des objets de toutes sortes, ses créations de peintures, d'illustrations, de sculptures et de bijoux, ses décorations de bouteilles de champagne, flacons de parfum...Mucha a également réalisé des peintures qui reflétaient ses intérêts pour la spiritualité, la mythologie et la nature. Ces œuvres sont souvent caractérisées par des formes serpentines aux ancrages d’or ou d’argent et des symboles mystiques. Il a également créé des illustrations pour des livres, des magazines et des calendriers. Il est un artiste engagé, peintre philosophe et grand humaniste qui place l’homme au centre de ses préoccupations. Il entre en 1898 au Grand Orient de France et dans l’esprit de la franc-maçonnerie qui prône « l’amélioration de l’humanité et la conscience de la liberté », il souhaite contribuer au progrès de l’humanité à travers son art. Il rêve de réaliser un projet d’envergure retraçant la mythologie slave riche de symboles, « L’Épopée slave » un ensemble de vingt tableaux qui raconte l’histoire de ces hommes du IIIe au XXe siècle et qui développe une vision de l’histoire comme modèle pacifiste du monde. En 1901 Mucha est même nommé chevalier de La Légion d’Honneur. Entre 1904 et 1909, il fera plusieurs séjours aux États-Unis pour chercher les fonds nécessaires à l’accomplissement de ce projet, c’est finalement l’industriel Charles Richard Crane qui acceptera de le financer. En 1912, il rentre dans son pays natal et se consacre à la peinture. En 1919, l’indépendance du nouvel état de Tchécoslovaquie est confirmée par le traité de Versailles. L’artiste est persuadé que l’art peut aider les peuples à s’unir et à maintenir la paix. Malheureusement à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, en 1938, la Tchécoslovaquie perd d’importantes régions et en 1939, l’entrée à Prague des Allemands signe la fin de l’indépendance acquise seulement vingt ans plus tôt. Mucha fait partie des premières personnalités arrêtées par la Gestapo. Peu de temps après sa libération, Mucha décède d’une pneumonie à le 14 juillet 1939 (à Prague ). L'œuvre de Mucha est extrêmement influente et contribue à la redéfinition de l'art de l'époque. Son style unique a été largement imité et inspiré de nombreux artistes de l'Art Nouveau. Mucha a lui-même continué à travailler jusqu'à la fin de ses jours mais son travail a été quelque peu oublié après sa mort. Cependant et heureusement, dans les années 1960, il est lié à un regain d'intérêt et est de nouveau considéré. "Éternel Mucha" : un visiteur crée sa propre œuvre à l’aide d’un écran tactile ©2023 Photo Marie Bueno
- David DECOBERT, le pastel à l'honneur
Le pastelliste - David DECOBERT (pastel) À la rencontre de David DECOBERT, artiste pastelliste talentueux et facteur, postier à Roissy-en– Brie en banlieue parisienne. Interview de Pierre Raffanel pour la revue POST’ART # 229 - juin 2025 Pierre Raffanel : « Il était une fois… Un Roi ! s'écrieront aussitôt mes petits lecteurs. Non, les enfants, vous vous trompez. Il était une fois un morceau de bois. » …ainsi commence l'interview. Ces mots sont en préambule de l’histoire de Pinocchio, ce personnage de fiction du livre éponyme du journaliste et écrivain italien Carlo Collodi. Peux-tu m’expliquer la récurrence de Pinocchio dans tes oeuvres ? Est-ce un choix délibéré ? David Decobert : Pas vraiment. C’est une marionnette que m’a offerte mon père quand j’étais enfant, dans ma dixième année. Je ne jouais pas spécialement avec et « à la limite, elle me faisait presque peur ! » Puis j’ai commencé à dessiner, je cherchais un sujet et naturellement elle m’a servi de modèle une première fois...ensuite, elle est devenue une source inépuisable d’inspiration. Au fil du temps et au gré de mes envies, Pinocchio revient régulièrement. PR : Tes débuts d’artiste, très jeune apparemment ? DD : J’ai toujours dessiné. Mais tu ne me poses pas la bonne question. La bonne question c’est : « Vous, c’est quand que vous vous êtes arrêté ! ». En fait, tous les enfants dessinent, certains ne s’arrêtent jamais. Avec plus ou moins d’assiduité, j’ai toujours été attiré par l’artistique et la chose créative. PR : Et le déclic de ta passion du pastel ? DD : A la fin des années 90. J’étais facteur et sur ma tournée il y avait un pastelliste de métier, Chris. Il faisait partie de la Société des Pastellistes de France qui avait organisé cette année-là une exposition à la Grande Halle de Roissy-en-Brie. J’ai été impressionné par cette technique, j’ai acheté ma première boîte de pastels et j’ai commencé, seul, mon apprentissage. PR : Tes premiers tableaux ont-ils été réalisés avec minutie dès le début ? DD : Oui car je suis minutieux de nature, exigeant et perfectionniste. J’ai toujours fait des oeuvres très précises, je me suis juste amélioré au fur et à mesure de ma pratique. Je me suis également documenté et j’ai pas mal fréquenté les musées. PR : En parallèle de ton métier de postier ? DD : Exactement, facteur. Enfin pour quelques mois encore, car je suis en temps partiel aménagé sénior (TPAS en « sigle postal ») et mon activité de distribution va s’arrêter complètement fin août. Je serai en préretraite et je pourrai me consacrer pleinement à mon activité artistique. J’ai eu un bac de comptabilité gestion. J’ai pratiqué deux semaines ! J’ai passé en 1990 le concours de facteur à La Poste et celui de contrôleur auquel j’ai eu une note éliminatoire. Avec du recul, je m’en réjouis maintenant car je n’aurais pas aimé l’évolution de ce métier. En étant facteur, j’ai pu, jusqu’à récemment, avoir une activité épanouissante. Au fil des années, les tournées sont devenues de plus en plus longues à cause de la baisse du trafic courrier, et ces derniers mois, l’arrêt du tri le matin et le passage en méridienne ont rendu ce métier plus difficile à mon goût. PR : As-tu toujours eu ta tournée de facteur sur la commune de Roissy-en-Brie ? DD : Quasiment. J’ai été nommé à Noisy-le Grand en Seine-Saint-Denis. Au début, j’étais remplaçant sur les tournées à découvert, puis j’ai été titulaire d’une même tournée. Puis après mes 2 ans d’affectation, j’ai demandé une mutation à Roissy-en-Brie. Double goutte pour double pente - David DECOBERT (pastel) PR : As-tu « acheté » un quartier et peux-tu m’expliquer comment cela s’est déroulé ? DD : A l’époque, deux fois par an, il y avait une « vente de quartiers ». Des quartiers se libéraient suite à des départs en retraites, des mutations…et à l’ancienneté, on postulait pour l’acheter. « Acheter » était le terme consacré car il n’y avait pas de réelle monétisation, juste un peu d’excitation provoquée par le souhait d’avoir la tournée désirée. PR : Ton temps passé à peindre a-t-il évolué avec le temps ? DD : Oui dès le moment où j’ai commencé à faire des salons dédiés au pastel en plus des expositions locales, encouragé par une amie pastelliste Nathalie Murat. Mon premier salon fut celui de Giverny en 2015, qui depuis a déménagé à Berric dans le Morbihan. Par la suite, j’ai été sollicité par différents organisateurs. PR : Tu utilises des pastels secs, peux-tu m’expliquer ta manière de les usiter ? DD : J’ai une particularité : je taille mes bâtons de pastel en pointe ou du moins de façon à avoir une arête tranchante pour obtenir une netteté dans mon trait. Ensuite je récupère la poudre que j’ai taillée, je la broie, je la passe au tamis, je remets un peu d’eau, je la roule et ainsi je reconstitue des bâtonnets plus fins de pastel. PR : Tu rajoutes un peu de fixatif ? DD : Légèrement à la fin de mes réalisations pour stabiliser la poudre. PR : As-tu des formats de prédilection pour tes tableaux ? DD : Plus c’est petit, plus je suis à l’aise. Mais depuis quelque temps je fais des formats plus grands : des 70x70cm. J’utilise une loupe pour les réaliser. PR : Ton inspiration porte sur deux thèmes génériques : des natures mortes que tu nommes « les vies silencieuses » et des tableaux avec Pinocchio comme personnage récurrent ? Le périlleux temps des cerises - David DECOBERT (pastel) DD : Oui je préfère le terme anglo-saxon Still life au terme nature morte. PR : Peux-tu m’expliquer la récurrence de tes références dans tes oeuvres : le tableau dans le tableau, la coccinelle, des bouts de scotch, des bougies, une goutte d’eau, des volutes de fumée, des déchirures … ? DD : Oui ce sont des références à des vanités qui sont des allusions au temps qui passe. La bougie, les déchirures sur le papier sont des memento mori (en latin : « souviens-toi que tu vas mourir »). Ils représentent différents éléments symboliques dont l'association évoque le caractère éphémère de la vie et la fragilité des choses matérielles. Le scotch, le tableau dans le tableau sont des clins d’oeil à la peinture trompe-l’ oeil. PR : Je trouve que tes œuvres que tu qualifies de « minimalistes poétiques » ont la qualité d’être immédiatement identifiables ? DD : Ce titre a été trouvé par la journaliste Stéphanie Portal qui a eu la gentillesse de m’autoriser à le réemployer pour mon site internet. Je vais effectivement à l’essentiel : palette de couleurs assez réduite, utilisation d’objets « simples » du quotidien (verres ordinaires, tasses), peu d’éléments exposés et épure de la mise en scène. PR : Le choix des titres de tes réalisations sont-ils poétiques, emprunts de dérision, d’humour, d’ironie et veux-tu nous transmettre des messages ? DD : Ma réponse va être décevante. Je peins plutôt au gré de ma perception du moment présent, de mes envies sans rechercher vraiment un sens, un message. Ce sont les visiteurs qui me confient que mes tableaux leur racontent des histoires, se les approprient et me livrent des interprétations que je n’aurais même pas soupçonnées ou peut-être inconsciemment. Bien souvent, le point de départ de mes créations est une envie d’utiliser une couleur, une harmonie ou une association de couleurs. PR : As-tu une organisation millimétrée de travail ? DD : Au départ c’est une envie qui va guider une idée, une couleur. Puis une fois le tableau commencé, tout est sous contrôle dans la mise en place. En revanche le temps passé n’a pas d’importance, je ne compte pas les heures, à contre-courant de notre société qui veut « que tout soit fini avant de commencer », je prends le temps qu’il faut pour mes réalisations. Ce sont certainement mes Pinocchio qui sont le plus exigeant en temporalité car plus de détails dans le personnage. PR : Ton tableau « Mon Girault 58 » est-il une référence à la marque ? DD : Oui et 58 une référence à la couleur bistre que j’utilise fréquemment. C’est un tableau qui leur était destiné et qui est d’ailleurs exposé dans leur boutique galerie à Montignac-Lascaux. Leurs pastels et ceux de la marque Rembrandt conviennent à ma pratique. Pinocchiaravaggio - David DECOBERT (pastel) PR : Comment es-tu devenu membre de la Société des Pastellistes de France ? DD : Lors d’une rencontre dans un salon de pastels. PR : La notion d’amateur dans ta pratique artistique, comment la définirais-tu ? DD : C’est une question que je ne me pose pas mais j’aurais envie de te répondre : « Je suis un peintre du dimanche qui peint tous les jours ». Peindre et m’exprimer par la créativité sont des besoins vitaux. Être artiste est plus important que la notion d’amateur ou professionnel. J’ai eu quelquefois la sensation durant ma carrière d’avoir une double vie. Mon travail « alimentaire » m’a permis une liberté dans l’expression de ma pratique artistique. PR : Souhaites-tu te poser une question ? DD : Je ne suis pas trop dans les mots. Mes tableaux en disent déjà beaucoup … Mal de cadre - David DECOBERT (pastel) Interview du pastelliste David DECOBERT par Pierre Raffanel pour la revue POST’ART # 229 - juin 2025
- Laure CHEVALIER : entre code et couleur, entre logique et lumière
Cette rencontre avec Laure CHEVALIER fut en ce jour du 29 juin 2025 au pavillon du Verdurier, en plein cœur de Limoges, une véritable bouffée régénérante, un ping-pong d’échanges vivifiants. Je vous transcris nos propos sous la forme d’une prose en liberté à l’image de cette artiste qui ne cherche ni la ligne droite ni la conformité et où l’on perçoit immédiatement que rien, chez elle, n’est tiède ni convenu. Cropped logo (digital art) ©Laure CHEVALIER Science et peinture : le grand écart fertile Elle est de ces profils rares, difficilement résumables. Biologiste de formation, informaticienne de métier, peintre par nécessité intérieure, Laure Chevalier incarne une sorte de tension féconde entre rigueur rationnelle et créativité débridée. Depuis 2003, elle évolue dans l’univers structuré de la Banque Postale. Son CV est une spirale ascendante dans l’univers des technologies : ingénieure Software développement, chargée de mission – application repository manager – ScrumMaster junior, cheffe de projet monétique, jusqu’à son rôle actuel de responsable 3DS pour les paiements en ligne. Un poste exigeant, minutieux, exigeant de la précision dans chaque décision, du calme dans la tempête. Mais en parallèle, un autre monde s’agite. Un monde silencieux, intérieur, souvent tenu secret pendant des années, qu’elle révèle peu à peu. Ce monde-là est peint, esquissé, rêvé ; un subtil mélange d’art digital et de peinture à l’huile. Une vocation contenue Gamine déjà, elle dessinait. Plein de gribouillis sur les murs de sa chambre. Tellement que ses parents ont dû retapisser. Il y a chez elle ce geste qui ne demande pas d’autorisation, ce besoin de tracer, de représenter, de s’exprimer — sans autre médiation que le crayon levé. Un souvenir de dernière année d’école maternelle flotte, celui d’un professeur d’arts plastiques. Mais ensuite ? Aucun encouragement, aucun signal. Une filière scientifique choisie par raison. Elle parle aujourd’hui, sans amertume mais avec lucidité, de ces phrases entendues trop souvent : « T’en feras rien. » « Faut faire quelque chose de sérieux. » Des phrases qui sonnent encore, longtemps après. Le résultat ? Un jardin secret, un monde intérieur resté en jachère trop longtemps. Elle confie aujourd’hui quelques regrets de ne pas avoir osé, de ne pas avoir intégré une école d’art plus tôt, de ne pas s’être opposée à certaines injonctions. Mais aujourd’hui, elle peint. Et elle parle. Elle se dit « esprit Renaissance » , curieuse insatiable, toujours entre deux mondes. Le seuil (huile) ©Laure CHEVALIER 2015 : l’année du basculement À l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Limoges, elle suit des cours en parallèle de sa vie professionnelle. Romain Larbre l’aide à sortir de sa « zone de confort créative ». Sa première immersion dans un atelier public de peinture à l’huile, en 2015, est une épiphanie : « Jamais je ne me suis sentie autant à ma place, en phase. Instinctivement je savais quoi faire. » Il ne s’agissait pas d’apprendre, mais de retrouver quelque chose, une mémoire sensorielle peut-être, un geste enfoui, une connexion … Avant cela, pendant une dizaine d’années, elle crée déjà, en bénévole des visuels pour l’association EnDanse, des flyers, des affiches, des supports numériques. Le digital, elle continue à l’utiliser, pas en œuvre finale mais en traitements intermédiaires, en prémaquettes comme travail préparatoire. Elle y revient quand le temps manque, quand l’huile demande cette lenteur qu’impose son séchage. « Quand t’es pas sûr de ton idée, plutôt que d’investir dans du matériel, le numérique est bien pratique. » Le digital lui permet de maintenir le fil, de ne pas perdre le souffle créatif entre deux temps de vie, entre deux obligations professionnelles. Mais pour l’œuvre finale, c’est bien à la peinture qu’elle revient : cette matière vivante, indocile, profonde. Un univers pictural fait de seuils, de décalages, d’énergies contradictoires Des récurrences dans son discours pictural : passage, transition, changement d’état. Il y a dans ses toiles un monde en perpétuel basculement. Des seuils franchis. Cette captation de moments où l’ombre passe à la lumière et réciproquement : « Chaque moment est un lieu et chaque lieu est un moment. » Ses œuvres saturées de couleurs primaires explosent d’énergie, comme une réponse à l’austérité du quotidien. Cadrages dynamiques, souvent proches de l’instant capturé. Licornes, symboles d’espoir, de réenchantement. Boxeuses tendres serrant des peluches. Des interprétations non-manichéennes où elle « fuit comme la peste les idées tranchées », les « émotions brutes », elle préfère instiller dans ses réalisations de subtils détails, parler de l’humain dans sa normalité, dans ses nuances. Sa technique picturale la pousse vers un réalisme poussé, ses tableaux flirtent avec l’hyperréalisme. Elle admire ces artistes qu’elle appelle des « imprimantes sur pattes », mais sourit en disant que ses verres progressifs l’empêchent d’atteindre ce niveau de technique ! Elle cite Magritte, Pollock, Frida Kahlo et aussi Boulet, le dessinateur-blogueur, pour l’humour et la tendresse du quotidien. Une œuvre en mouvement, une parole qui s’affirme L’artiste oscille encore, comme une aiguille entre deux pôles : faut-il faire des œuvres esthétiques, lisibles, reconnaissables, faciles à identifier ? Ou au contraire, se laisser porter par l’instinct, au risque de la dispersion ? Elle sait ce qu’on lui conseille : faire « des œuvres de la même veine », reconnaissables. Mais elle n’en a pas envie. Dans sa série des « Invisibles », des personnages sans tête, elle cherche à transmettre l’universalité, à effacer les identités trop marquées. Le mouvement fonctionne, dit-elle, mais les vêtements trahissent encore les genres. Rien n’est simple. Elle refuse en bloc le cliché de l’artiste maudit : « Est artiste celui ou celle qui accepte de mourir de faim ? » Son credo est à l’opposé : « Chaque être humain porte en lui un minimum de créativité. » Créer n’est pas un privilège, c’est une faculté humaine. Pas besoin d’autorisation pour créer. Pas besoin d’étiquette. Pas besoin de permission pour peindre ce qui déborde. Laure Chevalier est à la fois femme de chiffres, peintre instinctive et singulière, funambule entre ombre et lumière. Interview de Laure Chevalier par Pierre Raffanel - juin 2025 « Déesses contemporaines » Tiamat - Badhbh - Lethe - Lamasthu - Yavanna - So childish 2 - So childish "Hug me we're humans" - Nehalennia la boxeuse- Zeleia ( huiles) ©Laure CHEVALIER Une série picturale de Laure Chevalier librement inspirée de mises en scène photographiques réalisées avec de proches amies. Cette série de portraits réinvente les figures mythologiques féminines à travers une relecture contemporaine, intime et engagée. Le travail de l’artiste mêle technique picturale, exploration des textures et regards croisés entre Histoire, mythe et vécu personnel. Dans cette galerie de « déesses contemporaines », chaque figure convoquée — qu’elle provienne des panthéons anciens (babylonien, grec, celte, mésopotamien) ou d’univers fictionnels (Tolkien) — devient le support d’un questionnement sur la représentation féminine, le pouvoir, la mémoire et la résistance. Ici, les femmes ne sont plus muses, objets, ou simples symboles : elles sont actrices, puissantes, parfois monstrueuses, toujours souveraines. « Les dés sont pipés depuis des millénaires », affirme l’artiste. À la croisée du féminisme, du mythe et de l’expression plastique, ses « Déesses contemporaines » proposent une relecture puissante et poétique des archétypes féminins, comme autant de contre-récits face aux silences de l’Histoire. TIAMAT , matrice originelle et chaos sacré, mère de tous les dieux, déesse babylonienne, personnification des eaux primordiales. BADHBH , déesse corneille de la guerre celte. YAVANNA , nourricière fictive et Reine de la Terre. LETHE , déesse grecque, allégorie de l’oubli et du passage. LAMASHTU , démone mésopotamienne des douleurs occultées. NEHALENNIA , divinité maritime protectrice : chacune devient figure-totem, incarnation d’un combat, d’un souvenir ou d’une émotion partagée. ZELEIA , cité oubliée de la Troade. En contrepoint, SO CHILDISH , première huile de l’artiste, s’élève comme un manifeste. Née de la stupeur et de l’indignation face à la première élection de Donald Trump, la boxeuse tend ses bras : « Hug me, we’re humans » — « Serre-moi dans tes bras, nous sommes des humains ».Une invitation à la tendresse, mais aussi à la lutte. Une fragilité armée. « Les invisibles » La dame aux couleurs - Spirits in the sky - Le banc - Breaking - L'année venait à peine de commencer - Anaérobie - Prochaine séance ( huiles) ©Laure CHEVALIER
- Visites virtuelles du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie
©49 Salon libre national à l' espace culturel chapelle St-Memmie à Saint-Memmie et abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne Retour en visites immersives 3D du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie et découvrez en "réalité virtuelle" 110 œuvres. 📍 Du 25 mai au 2 juin 2024 , 110 œuvres ont été exposées avec 100 artistes adhérent(e)s des 13 associations régionales de la fédération nationale de la Société Artistique de La Poste Groupe et Orange 🎨 Une exposition collective simultanément sur 2 sites d’exception : l’abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne et à l’espace culturel la Chapelle St-Memmie à Saint-Memmie. ☀ Cette édition a permis une fois de plus de rendre visible les réalisations des artistes postiers, des échanges entre artistes « amateurs » et professionnels, et au plus grand nombre d’accéder à la création artistique. Ces 2 visites virtuelles sont une première pour la fédération nationale créée en 1902. Elles vous permettront sans nul doute de parcourir en autonomie, de revivre et/ou d'approfondir cette exposition collective, « contextualisée » par le biais de cette immersion 3D. Laissez-vous surprendre par ces parcours artistiques sur vos écrans (téléphone, tablette, ordinateur), parcourez-les tout simplement par curiosité et venez admirer virtuellement ces 110 œuvres exposées dans ces 2 lieux patrimoniaux du département de la Marne. 👏 Un grand merci aux partenaires pour leur soutien dans la réalisation de ce 49 Salon libre national : COGAS de La Poste, département de la Marne, mairie de Châlons-en-Champagne, mairie de Saint-Memmie et le champagne Jean Baptiste Martin. 🤝 Curation nationale Pierre Raffanel curation régionale François Vigneron pour la SA Champagne Ardenne et réalisation des visites virtuelles Carlos Ansiaes. Post de Pierre Raffanel le 20 août 2024
- Poussant la porte du musée de La Poste
Rencontre avec Guillaume Goy, directeur du Musée de La Poste, nouvellement nommé à la tête de cette institution le 6 janvier 2025. Interview de Pierre Raffanel pour la revue Post'Art 229 - juin 2025 Guillaume GOY - directeur du musée de La Poste ©2025 photo Patrick Lazic Pierre Raffanel : Vous avez été tout à tour au sein du groupe La Poste, facteur, chargé de clientèle, conseiller financier, conseiller en patrimoine, directeur d’établissement, directeur de territoire puis directeur de marché à la direction du réseau Outre-mer, pourquoi avoir choisi de vous orienter vers ce poste de directeur de musée ? Guillaume Goy : De façon naturelle, c’est une continuité de ma carrière. Ce poste vient compléter mon parcours managérial au sein du groupe La Poste et me permet de retrouver les racines de mon cursus universitaire : DEA en littérature et médiation culturelle, diplôme en muséographie. PR : Ce choix a-t-il dérouté vos collègues postiers ? GG : Ce choix a surpris quelques collègues postiers qui ont une vision teintée d’une certaine forme de nostalgie de ce musée et même une méconnaissance de son existence et de ses actions culturelles. Je suis très content d’en être le directeur car c’est un lieu plein de vie, un espace de libre expression où nous avons une grande responsabilité vis-àvis de l’histoire postale, de l’Adn du groupe La Poste. Nos actions futures vont tenter d’améliorer sa notoriété et la communication des projets à venir. PR : Quelles sont vos motivations à renouer les liens avec les associations postales, les philatélistes, les collectionneurs ? GG : Mes motivations sont multiples. Mon intention première est que ce musée soit attractif, qu’il soit une vitrine du groupe La Poste mais également de nos partenaires : les collectionneurs, les postiers retraités, les artistes inspirés par l’environnement postal et bien sûr tout l’écosystème lié à la philatélie. Dans les années 70, le musée ne s’est-il pas appelé musée de la Philatélie ! En résumé, je souhaite que ce musée ait les portes grandes ouvertes à un public le plus large possible, qu’il soit un espace engagé pour la parité, l’inclusivité et la diversité. PR : Rechercher de nouveaux partenariats pour le musée de La Poste est-il également une perspective envisageable ? GG : Oui bien sûr, il est intéressant de capter de nouveaux partenariats mais, actuellement, nous allons d’abord réinstaller, stabiliser, pérenniser ceux déjà existants depuis plusieurs années et les rendre concrets par le biais d’actions communes. Puis dans un deuxième temps, nous rechercherons des partenaires pour insuffler de la nouveauté. PR : Les territoires français dénombrent quelques 1200 musées de France, 600 musées de société et de très nombreux musées d’entreprise. Le musée de La Poste est-il le seul en France à détenir ces 3 appellations ? GG : A ma connaissance, c’est la seule institution en France à détenir cette triple identité. Le fait d’aborder les expositions par ces trois prismes différents font de ce musée sa singularité et son extrême richesse. Il véhicule l’évolution sociétale, l’histoire et les valeurs de La Poste sur plusieurs siècles au travers de ses collections (plus d’un million de pièces philatéliques, historiques et artistiques). PR : Le musée de La Poste est-il uniquement financé par le Groupe La Poste et bénéficiez-vous d’abattements fiscaux spécifiques liés aux activités culturelles du Musée ? GG : Le musée de La Poste fonctionne exclusivement grâce aux financements du groupe La Poste mais il serait intéressant de mener une réflexion pour ouvrir une possibilité éventuelle au mécénat. PR : Quelles sont les prérogatives de l’appellation « musée de France » et celle-ci vous permet-elle d’être subventionné par le ministère de la culture ? GG : Pas de subvention directe mais une attention particulière du ministère de la Culture. Nous bénéficions d’aides, de formations, d’accompagnements pour des demandes de financements ou des montages de dossier : exemple, la future célébration du Bicentenaire de la photographie sous toutes ses formes et sur l’ensemble du territoire de septembre 2026 à septembre 2027. PR : Le musée de La Poste est structuré en plusieurs directions (patrimoine et expositions, attractivité, service des publics, commerciale, secrétariat général). Ce musée a-t-il un fonctionnement spécifique par rapport aux institutions similaires ? GG : Depuis la création du musée de La Poste, sa structuration a évolué. A une époque, il y a eu une direction du développement. Peu ou prou, son fonctionnement est similaire à d’autres musées. Certains ont une direction de projets éditoriaux, une direction des privatisations et du mécénat… Exposition permanente « Des femmes, des hommes et des métiers » au niveau 3 ©2025 Musée de La Poste- photo Pierre Raffanel PR : Quelle place tient l’art contemporain au sein des collections permanentes de l’histoire postale, de la philatélie française ? GG : Une place importante mais pas plus, pas moins que les collections historiques, que la photographie…L’art contemporain est présent à travers l’art postal et via les projets artistiques de la série artistique philatélique. En 1961, La Poste émet quatre timbres es artistes de renom : Braque, Matisse, Cézanne et La Fresnaye. A partir de 1974, il ne s’agit plus de reproduire sur un timbre une oeuvre existante mais de faire du timbre-poste un support de création artistique : commande est faite à Joan Miró, puis ce seront Agam, Pierre Alechinsky, Jean Dewasne, Alfred Manessier…Une autre dimension de l’art contemporain peut être liée aux propositions d’expositions avec un dialogue de nos collections historiques et des artistes invités tels Laurent Pernot, Olga Kisseleva et ce, avec une juste mesure, car ce musée doit conserver son identité postale, celle de l’histoire de La Poste et de ses valeurs, de son évolution auprès des Français depuis 600 ans, de ses innovations digitales, numériques…L’art contemporain doit venir en regard de cet univers postal, de ce patrimoine philatélique, historique et artistique et ne doit pas être notre orientation principale. PR : Justement, quel type de public fréquente le musée de La Poste ? GG : Le musée de La Poste est un musée populaire, généraliste et nous avons prévu, prochainement une étude de nos publics. Cela nous permettra de réaliser une analyse factuelle de notre visitorat. PR : Ce musée détient-il un fonds d’art contemporain d’artistes postiers ? GG : Essentiellement de l’art posté et de l’art postal. A ma connaissance, nous n’avons que quelques oeuvres d’artistes postiers. Dans les années à venir, mon souhait serait d’avoir une attention particulière à verser dans les collections du musée quelques réalisations qualitatives et respectant les exigences de valorisation patrimoniale. PR : Vous avez à coeur de mettre en valeur les artistes postiers. Un Salon national organisé en partenariat avec la fédération La Société Artistique avait lieu jusqu’en 2013 dans la galerie du Messager (actuellement dénommée galerie des expositions temporaires). Voulez-vous renouveler cette expérience ou avez-vous d’autres projets ? GG : Plusieurs projets importants sont en préparation : un premier en lien avec le monde philatélique et le deuxième serait effectivement d’inviter des artistes postiers de manière le plus large possible à exposer dans certains espaces du musée de La Poste. Je suis convaincu que nous allons faire des découvertes incroyables d’où l’idée d’organiser très prochainement un projet de mise en valeur d’une sélection d’artistes postiers. PR : Parallèlement à votre carrière postale, vous vous êtes impliqué dans la vie locale comme Conseiller municipal, chargé de la culture et du patrimoine à Avon de 2014 à 2020 ? Qu’avez-vous retenu de cette expérience et avez-vous l’intention de la renouve-ler ? GG : Ma priorité est le musée de La Poste et j’y consacre tout mon temps. L’expérience d’élu m’a permis de travailler en connexion avec des associations artistiques, des artistes, d’être commissaire d’expositions. J’ai également eu l’opportunité de créer une association dédiée à la préservation du patrimoine maraîcher. PR : J’ai cru lire que vous avez été également engagé dans d’autres projets culturels ? lesquels ? GG : J’ai été metteur en scène pendant 10 ans d’une troupe de comédies musicales qui organisait des spectacles vivants : au début des reprises (Starmania, Le Roi Soleil, les Misérables…), les trois dernières années, des créations en collaboration : dialogues, compositions musicales, costumes… Nous étions une troupe semiprofessionnelle de 80 personnes, gérée par l’association Musiques et Spectacles en Montois : adolescents et adultes bénévoles, musiciens en live, ingénieurs et techniciens du son, quelques interprètes professionnels et quelque cinq mille spectateurs dans une grande salle des fêtes de Montereau-Fault-Yonne. De mes 25 ans dans le domaine culturel, ce fut une de mes plus belles expériences. PR : Avez-vous l’intention d’organiser des résidences d’artistes in situ, en complément des « Cartes blanches » du musée ? GG : Oui pourquoi pas mais avec une temporalité et des modalités qui restent à définir. Le musée Jean-Jacques Henner en a fait l’expérience et cela a été plutôt probant en termes de visitorat et de notoriété. Vue de l’exposition temporaire « La Fabrique du temps » (Commissaire d’exposition Céline Neveux et conseiller technique Etienne Klein). En premier plan photo à gauche, horloge électrique à 3 cadrans qui se trouvait dans les années 1920 à l’hôtel des Postes du Louvre © 2025 Musée de La Poste - photo Pierre Raffanel PR : Pouvez-vous nous dire quelques mots de l’exposition temporaire en cours « La fabrique du Temps » ? GG : C’est une exposition réussie, inspirante, qualitative. La commissaire Céline Neveux a réalisé un bon équilibre entre la valorisation de nos collections historiques : marcophilie, photographies et le dialogue avec des oeuvres contemporaines. Cette exposition est très appréciée des visiteurs, qui la trouvent esthétique, scientifique, interrogative. PR : Quelle sera le thème de l’exposition temporaire en 2026 ? GG : Elle débutera début avril 2026 et aura pour thème « le vêtement professionnel » comme miroir de nos identités, ce vêtement professionnel qui nous accompagne au quotidien à La Poste et dans les grandes entreprises : Sncf, Ratp, la Gendarmerie…Seront également évoqués les liens du vêtement professionnel avec la mode. Cette exposition permettra de mettre en lumière notre magnifique collection de textiles, l’une des plus quantitative et qualitative, à l’instar du Palais Galliera ou du musée de Bretagne. PR : En 2026 quels évènements sont prévus pour l’anniversaire des 80 ans du Musée ? GG : Surprise ! C’est encore un peu tôt pour dévoiler la programmation. Un travail de co-construction avec les équipes du musée est en cours. Il y aura certainement le 4 juin 2025, jour anniversaire du musée, un évènement spécifique et notre programmation habituelle sera ponctuée en 2026, aux couleurs des 80 ans du musée. Façade du musée de la Poste agrémentée d’une oeuvre du sculpteur Robert Juvin composée de cinq panneaux décoratifs en béton moulé ©2019 Musée de La Poste - photo Thierry Debonnaire Le Musée de La Poste en quelques dates (musée d’entreprise, de société et musée de France) 1946 : ouverture du musée postal, consacré à l'histoire postale et à la philatélie française, à l’Hôtel de Choiseul-Praslin (hôtel particulier du XVIIIe) dans le 6e arrondissement de Paris, propriété de la Caisse Nationale d’Epargne, qui va s’avérer trop petit pour abriter ses collections. 1966 : l’administration postale choisit comme nouveau lieu, le siège de la Compagnie Générale de Radiologie, 34 boulevard de Vaugirard. Cet hôtel est détruit en 1970 et le nouveau musée de La Poste est construit à son emplacement 1973 : installation au 34 boulevard de Vaugirard 75015 Paris dans un bâtiment conçu par l’architecte André Chatelin (Premier Grand Prix de Rome et architecte des PTT - courant emblématique de l’architecture de béton des années 1970 dite « brutaliste »). La façade est agrémentée d’une oeuvre du sculpteur Robert Juvin composée de 5 panneaux décoratifs en béton moulé. 2015 à 2019 : travaux pour une entière restructuration par l’atelier Jung Architectures (Architecte : Frédéric Jung et scénographes : Claudine Dreyfus et Isabelle Devin) et mise en valeur à l’intérieur du bâtiment de la structure alvéolaire des figures géométriques en relief du sculpteur Robert Juvin pour qu’elles soient visibles « en creux » (2700 petits prismes évoquant la surface des timbres-poste gravés en tailledouce comme vue au microscope). 23 novembre 2019 : réouverture et obtention de l’appellation « Musée de France » par le ministère de la Culture. 9 août 2022 : distinction « label Architecture contemporaine remarquable » délivrée par le ministère de la Culture . Interview de Pierre Raffanel pour la revue Post'Art 229
- Street For Kids 9 édition
Street For Kids - Musée en Herbe & ICART À l’occasion de cette 9ème édition de la vente aux enchères STREET FOR KIDS , nous avons particulièrement été heureux de rencontrer lors d’une soirée privée de nombreux artistes à l'hôtel Mona Bismarck au 34 avenue de New York dans le 16e arrondissement, un lieu magique en plein cœur de Paris. L’artiste CHANOIR a réalisé une performance en direct et dédicaces. Dédicace et performance Chanoir - STREET FOR KIDS - Musée en Herbe & ICART L’artiste NASTY a réalisé un print au profit du Musée en herbe et dédicaces. Dédicace Nasty - STREET FOR KIDS - Musée en Herbe & ICART Dans le cadre de leur projet de fin d'année, les étudiants du MBA Spécialisé Marché International de l’Art de l' ’ ICART ont organisé cette 9ème édition de la vente aux enchères caritative d’art urbain et contemporain, au profit du Musée en Herbe et ce, dans les locaux de l’ École Bilingue Chardin . Plus d'une centaine d'œuvres majeures d'art urbain étaient exposées, un « line-up » exceptionnel d’artistes : AKTE ONE - ALBEN - ALBER - ALBERTO RUCE - ALEXÖNE - AMSTED - ANNABELLE TATTU - ARDIF - ARDPG - BANKSY- BASTO - BAULT - BLO - BOM.K - CHANOIR - CLEON PETERSON - CLET - CODEX URBANUS - CORBZE - CREN - CREY132 - DA CRUZ - DACO - DAN WITZ - YSEULT YZ DIGAN - DARK - DOK - DRAN - ELPHEGE - ENSEMBLE RÉEL - EPSYLON - ËRELL - ERIC LACAN - EVAZÉSIR - EVOL - FENX - FRANCK NOTO - FUTURA 2000 - GREGOS - GRIS ONE - GUY DENNING - ICY & SOT -IN THE WOUP - INVADER - JANA & JS - JEAN FAUCHEUR - JEF AÉROSOL - JÉRÉMY VATUTIN - JÉRÔME G. DEMUTH - JÉRÔME MESNAGER & PZK - JÉROME THOMAS - JM ROBERT - JO LITTLE - JOACHIM ROMAIN - JONONE - JORDANE SAGET - KATRE - KOUKA - KRAKEN - LADY M - LA ROUILLE - L’ATLAS - LE CYKLOP - LEK - LEVALET - LUDO - MADAME - MAHN KLOIX - MARK ZWIRNER - MARKO93 - MAXIME DROUET - M.CHAT - MIGUEL CHEVALIER - MISS.TIC - MONSTA - MOSKO - NASTY - NATHANAËL KOFFI - NOTY AROZ - OAKOAK - OLIVIA DE BONA - ONEMIZER - PETITE POISSONE - PHILIPPE HÉRARD - PURE EVIL - QUIK - RERO & ELSA DUAULT - ROUGE HARTLEY - SETH - SHEPARD FAIREY - STEW - SUN7 - TANC - THÉO LOPEZ - THIRSTY BSTRD - TILT - TIM ZDEY - VICTOR VASARELY - VINCENT BARGIS - WXYZ -YAZE - ZEKO
- Fresque d'HOPARE à Argenteuil
©HOPARE - La barque des rêves partagés ©2024 Photo Nicolas Giquel Fresque d'Hopare classée 13e du concours mondial Best of 2024 - Street art Cities Dans le cadre de l’anniversaire des 150 ans de l’impressionnisme initié par le Musée d’Orsay, la ville d’Argenteuil, berceau de l’impressionnisme et le bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat a diffusé un appel à projets pour la réalisation d’une œuvre d’art urbain sur le pignon monumental de 317 m2 de la résidence du 98 avenue Maurice Utrillo dans le quartier Val-d’Argent-Sud d’Argenteuil. La ville d’Argenteuil réaffirme ainsi l'importance de la culture pour favoriser la cohésion sociale et l’attractivité du territoire en se donnant comme priorité le développement de l'art sur son territoire. La réalisation de fresques murales constitue ainsi « un Musée à ciel ouvert » en offrant des œuvres accessibles à tous grâce à l’investissement artistique qualitatif de l’espace urbain : plus de 20 fresques de street art, de tailles et d’esthétiques diverses, d’artistes tels que Zloty ( Gérard Zlotykamien) , C215 (Christian Guémy - voir Post’Art n°5), Kan, Hydrane Lo, Sébastien Preschoux, Dark, Jérome Mesnager, Bonus, Corey Pane, Nexer, Seb Toussaint, Hugues de Vendôme, Ecraz, Bears, Junky, Vinnie Graffiti, Edouard Pignon, Blo, collectif Onoff, Hafiz Pakzad, Le Mec Blasé, Michael Barek, Théo Haggai, Wryaeyes, Xare … « Work in progress » de la fresque sur le pignon du 98 avenue Maurice Utrillo (Toit et Joie – Poste Habitat) à Argenteuil ©2024 Photo Nicolas GIQUEL Le groupe Poste Habitat a fait le choix depuis plusieurs années de faire entrer la culture au cœur de son organisation et de son action quotidienne pour développer avec ses locataires des projets artistiques en pied d’immeuble (voir article Post’Art n°227). Cette fresque à l’esprit impressionniste s’inscrit dans le cadre de la charte « 1 immeuble, 1 œuvre ». Cette oeuvre a été conçue en étroite concertation avec les habitants, qui ont partagé leurs récits et leurs rêves lors de rencontres avec l’artiste. Grâce à ce processus participatif, cette création s'imprègne de l’esprit du quartier et des envies des habitants. La barque symbolise l’entraide et la cohésion et la représentation des habitants du quartier Val d'Argent Sud rende cette fresque à la fois personnelle et collective. R eprésentant notre fédération La Société Artistique et le Groupe La Poste, j’ai eu le privilège d’être un des membres du jury de comité de sélection. Plus d’une soixantaine d’artistes et de collectifs d’artistes ont postulé et c’est l’artiste Alexandre Monteiro, alias Hopare, figure de l’art urbain de renommée internationale, qui a été choisi. Plusieurs étapes ont jalonné ce projet participatif en coordination partagée avec Warren et Elliot Buisson d’Urban Signature qui ont contribué à la médiation. Début juillet, plusieurs rencontres ont été organisées en présence de l’artiste et des habitants et des enfants du quartier pour recueillir leurs « impressions » suite à un questionnaire qui leur avait été proposé. Ces différents échanges ont fait émerger des symboles forts, des idées qui représentent véritablement l’esprit du quartier et de son histoire : le savoir-vivre ensemble, Claude Monet et la culture maraîchère. Puis l’artiste a proposé deux maquettes qui ont été soumis aux votes des riverains. Réunion d’échanges avec les habitants du quartier Val d’Argent d’Argenteuil avec HOPARE et Warren Buisson d’ Urban Signature ©2024 photo Pierre Raffanel Hopare nous confie dans l’interview de Michael Tixador pour la ville d’Argenteuil : « J’ai repris la barque et les berges de Monet, qui est un tableau classique de lui, les coquelicots. Ensuite j’ai positionné des personnes du quartier qui étaient en arc de cercle avec un enfant central. Et du coup je pense qu’on a réussi tous ensemble à regrouper toutes les idées que l’on avait eues dans cette fresque, qui est assez colorée. On a repris pour le cadre le bleu de Sèvres, justement en référence au logo de la ville d’Argenteuil. Et le fait que les gens soient dedans avec moi sur la fresque, ça me permettait de moi raconter une histoire, mais eux aussi allaient pouvoir raconter leur histoire. Et je pense aujourd’hui qu’ils sont fiers parce qu’ils peuvent dire « ça c’est mon idée » « là c’est moi qui est représenté ». Je trouve que c’est intéressant quand on vient de réaliser une fresque dans des quartiers populaires comme celui-ci, d’avoir des vraies interactions avec les gens. Parce que du coup, c’est eux qui vont vivre tous les jours avec ; l’intérêt c’est qu’ils soient fiers de leur fresque. Le graffiti ou l’art urbain, on l’appelle comme on a envie ou le street art, ça reste un art populaire et ça doit rester un art qui doit rester accessible à tous. » Inauguration le 14 septembre 2024 de la fresque avec Hopare, Georges Mothron ( maire d’Argenteuil) , Chantal Juglard (adjointe à la culture et au patrimoine) et Melody Tonolli ( directrice de la communication de Poste Habitat-Toit et Joie et adjointe à la mairie de Paris) ©2024 photo Pierre Raffanel Contraction de "Hope", signifiant "espoir" et "art", Hopare a la conviction que la création et l'art peuvent encore changer le monde . Il réalise ainsi sa plus grande fresque pérenne en France. Le 16 mai 2024, formidable coup de projecteur pour cet artiste, une de ses toiles « O Re » (le « roi » en portugais) représentant Pelé, légende du football a été acquise par Kylian Mbappe pour une somme très « rondelette » dans le cadre d’une vente de charité organisée par Artcurial au profit de « PSG For Communities » et de « Naked Heart France » ! Hopare est reconnu pour ses visages aux lignes entrelacées, peint des fresques murales gigantesques dans le monde entier : Los Angeles, Hong Kong, Paris, Tahiti...en partenariat avec l’ONU, l’Alliance française… Si l’envie vous prend de passer par Argenteuil, surtout venez voguer sur la « Barque des rêves partagés ». Alexandre Monteiro HOPARE signant « en bleu de Sèvres » sa fresque ©2024 Photo Nicolas GIQUEL
- Christophe LEGUIADER in situ
Atelier de Christophe Leguiader Post et interview de Pierre Raffanel - Revue Post'Art #228 Pierre Raffanel : Quand as-tu commencé à peindre ? Christophe Leguiader : Jeune, je dessinais à Falaise dans le Calvados. Mes premières influences artistiques furent celles d’ André Dangoisse , mon grand-père photographe, autodidacte, passionné et émérite. Ses centaines de clichés d’après 1945 au cœur du Pays de Falaise lui vaudront même le surnom du « Doisneau du Bocage ». Quelques années après la mort prématurée à 54 ans de mon grand-père, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie fera son éloge; s’ensuivra la numérisation par les Musées de Normandie d’une grande partie de ses tirages photographiques. « Je décide à ce moment-là que d’une manière ou d’une autre, je ferais de l’art, même collectionneur… mais encore plus important était mon attrait pour les arts circassiens : je voulais être clown ». À douze ans, le décès de ma grand-mère m’affecte énormément, je tombe malade. Le médecin de famille venu à mon chevet découvre avec étonnement ma chambre entièrement décorée d’affiches de cirque et me met en contact avec notre pharmacien, ami des Fratellini. Je rencontre un des membres de leur famille et je m’inscris à l’école du cirque située à la halle aux cuirs de la Villette à Pari s . Tous les mercredis et samedis, pendant 2 ans, j’ai suivi des cours avec Annie Fratellini. PR : Cet apprentissage a-t-il eu un impact pour la suite de ton parcours d’artiste ? CL : Primordial car ces cours m’ont appris la discipline. « En matière artistique, on peut faire ce que l’on veut, mais il faut d’abord beaucoup travailler». Essentiel, car mon apprentissage au sein de la famille du cirque m’a transmis le respect du public. « Sans le public, l’artiste n’existe pas ! ». PR : Et après ? CL : Je faisais de l’écriture, j’écrivais des poèmes sans trop savoir ce que j’allais faire…J’ai alors commencé un CAP de pâtissier à Paris, puis suis revenu à Falaise pour passer mon baccalauréat en 1981. Parallèlement je peignais, je réalisais des collages façon Prévert, à la manière surréaliste, comme un amusement. Ensuite, pour remonter à Paris, je passe un concours des PTT pour avoir un emploi alimentaire mais je suis nommé à Évreux en 1983 ! Du coup Je décide de reprendre des études de littérature à l'université de Rouen où je vais faire la rencontre de la médiéviste Françoise Ferrand. Parallèlement je participe à une exposition caritative à la Maison des Arts où je présente des dessins appréciés par les visiteurs. Cette expérience m’amène à la conclusion qu’à cette époque-là, il était plus facile pour un artiste peintre d’exposer, que pour un écrivain de se faire éditer ou pour un musicien de trouver une salle de concert… PR : Quel style de dessins as-tu exposé lors de cette exposition ? CL : C’était ma première période créative : des dessins lavés. Une technique assez simple : « Si je ratais un dessin, je le passais sous la douche. Sur le papier, apparaissait alors quelque chose de nouveau ! ». En même temps, je continue mon travail d’écriture à la faculté, et ma professeur et médiéviste Françoise Ferrand m'invite à effectuer une étude comparative entre les Grands Chants courtois des trouvères et l'architecture des cathédrales gothiques. De fil d'or et d'argent - Christophe Leguiader ( brou de noix, liant acrylique, collage, encre, feuilles d'or et d'argent) PR : Pourquoi, pour qui étaient créées ces chansons d’amour au XIIe siècle ? CL : C’était un art au service des puissants, Princes, Rois ou au service de l’Église. Jusqu’au XIIe siècle, tout se déroulait dans les campagnes, puis les villes ont commencé à prendre de l’importance. Création des premières communes où les artistes de l’époque étaient des moines qui, par la suite sont devenus des clercs. Ces premiers chants courtois deviendront « prétextes » à faire émerger un art profane. Notre-Dame, référence à la Vierge Marie, vocable profondément inscrit dans la tradition de l’Église aura par la suite un second vocable : Notre-Dame de Beauté, patronne de tous les artistes… PR : Les artistes de cette époque ne travaillaient que sur commande ? CL : Effectivement, à cette époque, les artistes sont des artisans – peintres, musiciens – qui réalisent leurs œuvres uniquement sur commande. « C’est une notion très importante pour moi, l’art est avant tout un métier ; l’art est utile. » PR : Justement j’aborde ce thème dans l’édito de ce 228e Post’Art, peux-tu m’en dire plus ? CL : Sans conteste, « l’art est utile » fût mon postulat de base dès mes premières réalisations. Une autre réflexion me taraudait : « Pourquoi quand on rentre dans une église romane cistercienne où il n’y a rien, se dégage une impression de beauté. » Comme cet ouvrage de Pierre Guyotat où il n’y a rien. Je considère que la littérature est primordiale dans mon processus de création. PR : C’est pour cela que ton atelier est rempli de bouquins ? CL : Mon atelier est d’abord une bibliothèque et je trouve fondamentale la pensée cistercienne de Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux : « Je le dis pour les simples, qui ne savent pas distinguer la couleur de la forme : la forme est essentielle à l'être ». Mais la musique est également importante pour moi. J’ai d’ailleurs appris la trompette lors de mon apprentissage en école du cirque. PR : Y-a-t-il eu des moments charnières ? Y-a-t-il eu une évolution dans ton cheminement artistique ? CL : En 1986, j’ai arrêté d’exposer. Je ne trouvais plus de sens, des questionnements sans réponse m’ont poussé à cette pause... Puis les aléas de la vie m’ont amené à Lille en 1991, progressivement je recommence à envisager un cheminement artistique et en 1995 je recommence à exposer : une série à base de brou de noix avec pour la première fois, la capacité à présenter un ensemble cohérent et homogène. Ce fût un succès d’estime, les encouragements de peintres lillois notoires et cela m’a permis de faire une rencontre, certainement, la plus importante de ma vie avec Suzy Maes. Elle possédait deux espaces à Bruxelles : une galerie spécialisée dans le meuble-sculpture et une autre dédiée à la location. Puis elle n’a conservé qu’une seule galerie - avenue Brugmann dans le quartier résidentiel des Sablons - avec quelques artistes dont je faisais partie, avec entre autres Speedy Graphito. Elle me prodiguait moultes conseils avisés, sans être directive et m’encourageait avec bienveillance vers une exigence de qualité. Pendant 15 ans, ce ne furent qu’expériences gratifiantes, constructives et productives. Sans titre (papier) - Christophe Leguiader ( brou de noix, liant acrylique, collage, encre) PR : Et ta rencontre avec notre association La Société Artistique ? CL : En 2002 lors d’une rencontre pendant un salon du peintre Julien Le Strugeon qui était membre adhérent de la Société Artistique depuis les années 50. À l’époque, il n’y avait déjà plus d’atelier : un problème électrique du four avait provoqué un incendie dans le local prêté par France Télécom. Avec un petit groupe d’artistes postiers, nous avons organisé un salon à Wattrelos où Julien prodiguait des cours. Puis en 2011, nous avons organisé en synergie avec la fédération, le Salon libre national à la salle des Célestines, une très belle cave voutée à Lille. Nous participions également aux salons nationaux organisés par la fédération jusqu’en 2013, cela nous permettait d’exposer à Paris avec un droit d’accrochage très peu onéreux. Notre Cercle Amical de Lille a été content de voir que, depuis ton arrivée à la fédération, cet événement fondateur et historique de la Société Artistique ait repris à partir de 2021. PR : Est-ce que le questionnement que tes œuvres provoquent d’emblée sur nous, regardeurs, est un choix, une volonté délibérée de ta part ? CL : C’est un peu délicat de répondre à cette interrogation… Les visiteurs sont souvent ébahis, mais surtout interloqués par les aspects techniques de mes œuvres : ce fameux vernis qui ressemble à de la laque, la petite pièce très brillante et quant à mes réalisations sur papier, c’est l’aspect « brûlé » qui les interpelle. PR : Justement, peux-tu m’expliquer tes techniques ? CL : Dans mon atelier de taille modeste, il me faut de l’eau, les dernières feuilles de rouleaux de sopalin. Au début j’utilisais l’encre de chine, maintenant le brou de noix à l’instar du peintre Pierre Soulages : c’est un matériau organique, végétal que je trouve chaleureux. Souvent la construction de ma toile se fait au brou de noix avec des traits linéaires, sans courbe ; m’inspirant de l’architecture des cathédrales. Ces traits rectilignes prédéterminent un espace bien défini. Charles Baudelaire ne nous dit-il pas : « Je déteste les courbes qui détruisent les lignes » « Je hais le mouvement qui déplace les lignes ». PR : Pourquoi les dernières feuilles de sopalin ? CL : C’est un aspect purement technique qui me permet, grâce à un lavement doux « d’écraser mon premier dessin » et qui est la deuxième phase dans mes réalisations. Ensuite je reconstruis tout un univers qui parle aux gens. PR : Et l’élément brillant souvent que l’on peut observer sur la majorité de tes toiles ? CL : C’est primordial. Souvent on me dit que » je peins des portes » . Effectivement cet élément s’apparente à un trou de serrure, une invitation pour les regardeurs, une incitation à la fascination. J’aime aussi qualifier mes toiles de « tableaux de porte ». Je conseille souvent de les exposer dans un couloir, un endroit de passage afin que la toile ne soit pas regardée de face, mais en passant pour garder une vision. Mais également pour donner une utilité à la toile, celles de rendre ton trajet agréable et de participer à la vie. Sans titre (papier) - Christophe Leguiader ( brou de noix, liant acrylique, collage, encre) PR : Crois-tu à l’inspiration, à ce souffle créateur qui anime l’artiste ? CL : Pas du tout. Il peut y avoir des choses qui marquent, de légères et courtes fulgurances mais je crois surtout à la valeur travail. En revanche, il est très important d’avoir une mise en condition, une sorte de concentration qui peut durer quelques dizaines de minutes, plusieurs heures ou plus si besoin. PR : Te considères-tu comme un autodidacte ? CL : Je n’ai pas pris de cours de peinture au sens littéral du terme. L’essentiel je l’ai appris par des cours en école du cirque : être rigoureux, travailler, s’entraîner. Cela vaut pour tous les arts, le reste n’est que de la technique qui s’apprend…Ce que j’ai toujours recherché et que je trouve formateur, c’est la rencontre avec d’autres artistes, aller à des expositions, passer du temps dans les musées. Lorsque j’étais à Évreux, j’ai eu la chance d’assister chaque mois à des expositions-conférences avec des artistes tels que Hans Hartung et à Lille, j’échange régulièrement avec le groupe des artistes de Roubaix. PR : Le point de départ de tes créations semblent être de la poésie, un écrit ? CL : Oui à 90%. Exemple de ma dernière exposition personnelle ayant pour motif les fleurs où j’ai pris le poème d' Arthur Rimbaud adressé à Théodore de Banville « Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs » et celui de Louis Aragon « La Rose et le Réséda ». Le point de départ de mes créations peut parfois être un objet. D’ailleurs, pour mon prochain tableau grand format, je vais me servir du papier de soie qui enveloppe habituellement les mandarines. J’ai également une réalisation en cours d’élaboration dont l’inspiration va émaner du manteau de Roger II de Sicile de couleur rouge qui se trouve à Vienne. PR : Quel rôle joue la peinture actuellement ? L’artiste a-t-il une influence sur le monde qui l’entoure ? CL : L’artiste n’existe que s’il y a quelqu’un qui le regarde. L’artiste ne peut pas exister tout seul. L’art est la conjonction de 3 choses : un créateur, un spectateur et une œuvre. La magie réside dans ce principe-là. L’art est un discours, un dialogue… PR : As-tu déjà collaboré avec d’autres artistes ? CL : Oui en 2002. J’ai vécu une expérience très forte, intense mais difficile également, avec deux jeunes artistes Olivier Radonic et Joel Fouquet. L’idée était de créer des œuvres en groupe, signées par le groupe Appart et non par l’artiste individuellement. Nous avons exposé pendant deux ans. PR : Et l’importance de Mozart ? CL : J’écoute plutôt Bach . En revanche, Mozart est pour moi le premier artiste libre, le premier artiste indépendant, le premier artiste freelance… PR : As-tu des projets ? CL : Personnellement, des participations à des expositions collectives. Actuellement je m’investis énormément dans mon rôle de Président de l’association Reliances d’Artistes avec laquelle j’organise différentes manifestations de peinture dans la chapelle d’Hem - véritable chef-d’œuvre de l’art sacré (tapisserie de Georges Rouault, sculptures d’Eugène Dodeigne, immense mur-vitrail d’Alfred Manessier) - pour les Journées du Patrimoine, les ouvertures d’ateliers d’artistes. Nous collaborons également avec le festival Mos’Art d’Hem dédié aux mosaïques contemporaines. Sans titre - Christophe Leguiader ( brou de noix, liant acrylique, collage, encre) Extrait de la revue Post'Art #228 - décembre 2024
- Rétrospective Albert LAUZERO
« Au vent d’Autan » © Albert LAUZERO 172*202cm (huile sur toile) 1974 Du 29 juin au 13 octobre 2024, sous la houlette de Michel Hue et à l’initiative de la fille du peintre, Pascale Lauzero, une rétrospective intitulée « Entre paysage et musique » a mis en lumière 70 tableaux de 1933 aux années 2000 du peintre Albert LAUZERO à l’ église abbatiale de Flaran . Michel Hue, conservateur départemental du patrimoine et des musées du Gers nous explique lors du vernissage : « Dans le cadre de ses activités autour de l’Art contemporain depuis plus de 23 ans, la Conservation départementale du Patrimoine, des musées du Gers et de l’abbaye de Flaran met en avant chaque été un(e) artiste qui incarne les tendances esthétiques de notre époque. » Pour cette exposition, certainement une des plus importantes rétrospectives de cet artiste, c’est également un retour aux sources ; Albert Lauzero (1909-2006) est en effet natif du Gers, plus exactement de Fleurance. L’ensemble architectural de Flaran est un témoin de l’histoire médiévale gersoise et un joyau de l’art cistercien. Depuis les années 80, il accueille un centre d’art qui abrite l’une des plus belles collections d’art au monde, constituée par le philanthrope anglo-saxon Michael Simonow, tombé amoureux de ce cadre remarquable. En quarante ans, il a constitué une collection de chefs-d’œuvre confiés à l’abbaye. Des peintures du XVIe au XXe siècle (Cézanne, Renoir, Matisse, Picasso, Monet, Braque, Tiepolo, Rubens, Courbet, Rodin …) qui se déploient aujourd’hui magnifiquement dans le dortoir des moines (XVIIIe) qui a fait l’objet d’une importante rénovation en 2008 et 2009. Aujourd’hui, la collection Simonow forte de plus de 300 chefs-d’œuvre, unique en son genre dans le Gers et remarquable à l’échelon national, bénéfice d’un écrin à la mesure de son intérêt historique et esthétique. Certains surnomment l’abbaye de Flaran « le Petit Louvre de la Gascogne » et elle est une étape majeure sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Des quatre itinéraires menant de France à Saint-Jacques de Compostelle, la via Podensis part du Puy. Elle traverse le massif d’Aubrac, s’arrête à Conques, Beaulieu, Moissac et passe par Flaran, autant d’étapes dans ce sud-ouest qui voyait se regrouper tous ces « marcheurs de Dieu » en quête de pénitence et d’absolution. « Les grandes orgues » © Albert LAUZERO 147*116cm (huile sur toile) 1972 LAUZERO, une musicalité lumineuse En mars 1974, dans la revue Arts PTT n° 67, Robert Vrinat écrivait : « Notre ami Lauzero et fidèle exposant du Salon des PTT a présenté cet automne un important ensemble de ses œuvres récentes dans les belles et vastes salles de la galerie Durand-Ruel. » Albert Lauzero arrive à Paris en 1927, il a dix-huit ans, dès son arrivée la" lumière" de l'Île de France l'émerveille. Il fait son service militaire à Montpellier et prend conscience de sa vocation d’artiste. Il revient à Paris, tombe malade en 1933, se soignera pendant 5 ans, cessant même de peindre et dessiner. Il reprend sa carrière artistique en 1938, à l’Académie de la Grande Chaumière, sous le professorat d’Othon Friesz, d’Yves Brayer et en tant que graveur dans l’atelier de Paul Bornet. Il est également postier : inspecteur à Montmorency dans l’Oise : à quelle période ? En 1947, sa première exposition particulière Galerie Carmine. Remarqué, il participe au Salon d’Automne, il vit désormais de sa peinture, il multiplie les expositions personnelles ou de groupe et bénéficie de commandes de l’État jusque dans les années 70. Inspiré par les paysages, les bords de Seine et les villages d’Ile-De-France, il se forge très vite un style personnel au sein de l’École de Pontoise (1950) dont il est un des fondateurs avec René Blanc et Charles Pollaci. Il expose abondamment en France et à l’étranger et voyage tout autant. En 1957, il se tourne vers des expérimentations artistiques en atelier, naviguant entre le figuratif et l’abstrait, découvre la baie de Somme et inscrit désormais le thème de la musique dans ses toiles. Il est également membre de la Société Artistique PTT dès juin 1957 grâce au secrétaire général de la Fédération, Gaston Penavayre et à l’entremise de Georges Massié, directeur adjoint des Beaux-arts de la ville de Paris. Dans les années 1970, il retrouve la lumière gasconne et se consacre à une production dense et marquante, affinant son style. En 1983, il devient un des membres fondateurs du groupe « 109 », groupe d’artistes professionnels qui expose en Biennale au Grand Palais. En 1987, Montmorency lui rend un important hommage dans le cadre de son salon et organisera une rétrospective en 2005. « Lever de soleil sur les vignes » © Albert LAUZERO 82*101cm (huile sur toile) 1972 Quand Albert Lauzero est en région parisienne, il est attiré par les molles boucles de la seine, les toits en bâtière des clochers tapis d’Île de France, les coteaux de Montmorency, les falaises du pays cauchois : « Partant d’une palette réduite, il sait par un mûr et patient travail de la brosse faire vibrer des gris et des bleus, d’une multiple et rare distinction, dans des ciels souvent immenses, et sur un dessin nerveux, que rongent de légères épaisseurs de matière, donner du corps à tous les éléments solides, évoquant plus que représentés, avec une infinité d’ocre en des bruns chauds, quelques rouges, quelques émeraudes et de grands blancs crayeux savamment modelés. » Mais il conservera tout au long de sa vie un attachement particulier à sa terre gasconne, à la lumière de son Gers natal où il effectue des séjours réguliers. Ses œuvres sont souvent musicales. Une vibration, une émotion envoûtante, une vision poétique se dégagent de ces toiles où l’on ressent également une volonté affirmée, une nature discrète et délicate. Un dépouillement de construction qui le conduit aux limites de l’abstrait. Sa tendance à structurer les surfaces en formes géométriques, en prismes de lumière, en verticales qui s’élèvent, évoque une certaine spiritualité. Présentation de la rétrospective Albert Lauzero par Michel Hue et en présence de Pascale Lauzero lors du vernissage ©2024 Photo Pierre Raffanel
- Olympiade culturelle "Fête du sport"
Nageuse (aquarelle) François Bonharme Gernez & Réalisation Fabiola Lheureux A l 'occasion des “jeux olympiques et paralympiques” qui ont lieu du 26 juillet au 8 septembre 2024 en France, la fédération de la Société Artistique à l'initiative de Pierre Raffanel a proposé à ses artistes adhérent(e)s une animation dans le cadre de cette olympiade culturelle JO Paris2024. "Rien à gagner, ni à perdre, juste l’envie de s’amuser, de participer et de montrer des créations sur le thème du SPORT " Post de Pierre Raffanel (septembre 2024)











