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- Éternel MUCHA
Chronique de Marie BUENO - mars 2023 - Revue Post'Art n°11 Exposition "Eternel MUCHA" au Grand Palais immersif ©2023 Photo Pierre Raffanel En mars 2023 le Grand Palais immersif a accueilli une superbe exposition pleine de poésie, de douceur et d’émotions qui retrace le parcours d’un immense artiste européen, emblématique du XXe siècle : Alphonse Mucha, également connu sous le nom d'Alfons Mucha. Artiste prodigue et engagé qui semble avoir vécu cent vies à la fois : illustrateur virtuose, affichiste, graphiste, peintre monumental, architecte d’intérieur, décorateur et professeur d’art, surtout connu pour son style artistique distinctif, qui est devenu synonyme de l'Art Nouveau. La scénographie de cette exposition, d’une grande intelligence, nous permet une immersion exceptionnelle et époustouflante dans la vie de ce peintre. Dès l’entrée dans une salle grande dimension, assis ou allongé sur de grands poufs, on assiste à une projection triptyque grandiose (non sans rappeler les projections de l’Atelier des lumières) : des explosions de couleurs et de formes, une bande musicale très prenante, on en prend plein les yeux et les oreilles ! Les œuvres de l’artiste se prêtent parfaitement à ce concept d’immersion. Une balade de salle en salle nous plonge dans la vie de cet artiste humaniste, son parcours, ses techniques, sans oublier la mise en perspective avec tous les artistes influencés par Mucha. Une exposition originale qui fourmille de détails utilisant des animations variées qui rendent l’interactivité pertinente, un hologramme avec la voix originale de Mucha, le côté ludique des petits écrans qui permettent au visiteur de créer sa propre œuvre, voire de se prendre pour Mucha. Une véritable expérience sensorielle visuelle, auditive et même olfactive - une sorte de voyage à la fois intemporel et magique ! Publicité JOB - Alphonse MUCHA © Mucha Trust Mucha né en pleine renaissance nationale tchèque le 24 juillet 1860 à Ivancice, en Moravie (aujourd'hui République tchèque), passionné par le dessin dès son enfance, montre un talent artistique précoce. Il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Munich, en Allemagne, période où il peint des décors de théâtre avant de s'installer à Paris à 27 ans en 1887. En 1889 il poursuit ses études à l’Académie Julian et à l’Académie Colarossi. Un riche mécène l’aide le temps de sa formation mais il doit ensuite travailler comme illustrateur publicitaire pour des magazines et des journaux. Le tournant dans sa carrière : à la veille de Noël, encore peu connu, il fait un remplacement en 1894 chez l’imprimeur Lemercier et reçoit une commande urgente qui va transformer sa vie : Sarah Bernhard fait appel à lui pour l’affiche de la pièce de théâtre Gismonda. Tombant littéralement sous le charme du style original de Mucha elle signe avec lui un contrat de six ans. Elle devient sa muse et son amie proche. C’est le début du succès. Mucha devient alors l’illustrateur et dessinateur de sa génération : décors de théâtre, affiches publicitaires qui recouvrent les murs et colonnes Morris de tout Paris : Lorenzaccio, Rêverie et Automne… En 1900, tout le monde « se l’arrache », l’Art nouveau est à son apogée, Mucha devient l’artiste le plus recherché de ce style. Trois portraits d’Alphonse MUCHA - Exposition "Éternel Mucha" ©2023 Photo Pierre Raffanel L’originalité de son style surprend à plusieurs égards : Sarah Bernhardt sensuelle, quasiment en grandeur nature, femme magnifiée presque idéalisée avec des tons doux et pastels qui contrastent avec les couleurs criardes et/ou éclatantes utilisées par les autres affichistes de l’époque (Jules Chéret et Toulouse-Lautrec). Le message, le texte informatif subtilement intégré dans les plis de la robe de Gismonda… il réitèrera la stylisation et les figures isolées dans de nombreuses autres affiches. Il transforme l’affiche descriptive en affiche séductrice qui capte tous les passants. L’affiche publicitaire devient un Art à part entière ! Bref, ces affiches pour le théâtre Bernhardt ont été très populaires dans toute l’Europe, ont contribué à la célébrité internationale de Mucha et ont popularisé le style de l'Art Nouveau. Des œuvres caractérisées par des femmes élégantes et gracieuses, souvent entourées de motifs floraux et organiques. L'utilisation de couleurs vives, de lignes courbes et harmonieuses et grand nombre de petits détails qui fourmillent pour créer des compositions harmonieuses et esthétiques. Éternel Mucha © 2023 Maxime Chermat pour Grand Palais Immersif À l’occasion de l’Exposition Universelle il participe à de nombreux projets. On lui confie les décors du pavillon de la Bosnie-Herzégovine où il présente La Nature, un buste en bronze orné de malachite représentant l’idéal féminin de l’époque. En 1901, la bijouterie Fouquet (rue Royale) lui commande la réalisation des décors de sa boutique parisienne (reconstituée au sein des collections permanentes du musée Carnavalet). Il collabore avec plusieurs marques comme Lefèvre-Utile (les célèbres biscuiteries Lu), les champagnes Ruinart ou Moët & Chandon ou encore des parfums de renom. Dans cette exposition, on peut admirer une série de panneaux décoratifs intitulée "Les Quatre Saisons" représentant une saison différente et une scène féminine dans un paysage correspondant. Ces œuvres sont très appréciées pour leur beauté et leur symbolisme. En cette fin de XIXe siècle, le développement des techniques de lithographie en couleur favorise l’essor des affiches publicitaires et donc la popularité de Mucha. Pour lui, les affiches permettent d’offrir de l’art dans les rues aux personnes qui n’ont pas les moyens d’aller dans les musées. L'exposition se concentre sur son influence permanente, du mouvement pacifiste "Flower Power", des années soixante aux mangas japonais, en passant par les super-héros, les comics, les artistes de rue et même l'art du tatouage. Son style innovant et fascinant est même transposé à de nombreuses œuvres et appliqué à divers objets qui ornent les maisons des amateurs d’art dans le monde entier ! L’atelier de MUCHA - Exposition « éternel MUCHA » © Mucha Trust ©2023 Photo Pierre Raffanel En 1904 Mucha s’installe aux États-Unis et enseigne dans plusieurs universités. Dans le monde entier, il influence de nombreux artistes. Adulé au Japon (résonnance entre l’art de l’affiche de Mucha et la tradition de l’estampe ukiyo-e), il est aussi reconnu comme le précurseur des mangas (muchamania au Japon dès 1970). En 1910, après avoir obtenu un grand succès à Paris, Mucha revient à Prague en Tchécoslovaquie où il poursuit ses projets artistiques tout en agissant également dans le mouvement national en France. Le "style Mucha" a fasciné les amateurs du monde entier, en tant que peintre que ce soit dans ses toiles mais aussi dans ses œuvres monumentales, comme l'Épopée slave mais aussi en tant qu'illustrateur et designer lorsqu'il s'agit de l’ornement des objets de toutes sortes, ses créations de peintures, d'illustrations, de sculptures et de bijoux, ses décorations de bouteilles de champagne, flacons de parfum...Mucha a également réalisé des peintures qui reflétaient ses intérêts pour la spiritualité, la mythologie et la nature. Ces œuvres sont souvent caractérisées par des formes serpentines aux ancrages d’or ou d’argent et des symboles mystiques. Il a également créé des illustrations pour des livres, des magazines et des calendriers. Il est un artiste engagé, peintre philosophe et grand humaniste qui place l’homme au centre de ses préoccupations. Il entre en 1898 au Grand Orient de France et dans l’esprit de la franc-maçonnerie qui prône « l’amélioration de l’humanité et la conscience de la liberté », il souhaite contribuer au progrès de l’humanité à travers son art. Il rêve de réaliser un projet d’envergure retraçant la mythologie slave riche de symboles, « L’Épopée slave » un ensemble de vingt tableaux qui raconte l’histoire de ces hommes du IIIe au XXe siècle et qui développe une vision de l’histoire comme modèle pacifiste du monde. En 1901 Mucha est même nommé chevalier de La Légion d’Honneur. Entre 1904 et 1909, il fera plusieurs séjours aux États-Unis pour chercher les fonds nécessaires à l’accomplissement de ce projet, c’est finalement l’industriel Charles Richard Crane qui acceptera de le financer. En 1912, il rentre dans son pays natal et se consacre à la peinture. En 1919, l’indépendance du nouvel état de Tchécoslovaquie est confirmée par le traité de Versailles. L’artiste est persuadé que l’art peut aider les peuples à s’unir et à maintenir la paix. Malheureusement à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, en 1938, la Tchécoslovaquie perd d’importantes régions et en 1939, l’entrée à Prague des Allemands signe la fin de l’indépendance acquise seulement vingt ans plus tôt. Mucha fait partie des premières personnalités arrêtées par la Gestapo. Peu de temps après sa libération, Mucha décède d’une pneumonie à le 14 juillet 1939 (à Prague). L'œuvre de Mucha est extrêmement influente et contribue à la redéfinition de l'art de l'époque. Son style unique a été largement imité et inspiré de nombreux artistes de l'Art Nouveau. Mucha a lui-même continué à travailler jusqu'à la fin de ses jours mais son travail a été quelque peu oublié après sa mort. Cependant et heureusement, dans les années 1960, il est lié à un regain d'intérêt et est de nouveau considéré. «Bières de la Meuse » Alphonse Mucha © Mucha Trust "Éternel Mucha" : un visiteur crée sa propre œuvre à l’aide d’un écran tactile ©2023 Photo Marie Bueno Chronique de Marie BUENO - mars 2023 - Revue Post'Art n°11 #Mucha #PalaisImmersif
- Les coulisses d’un jury d’art contemporain
Post de Pierre Raffanel - mars 2026 Dessin d'un jury d'art contemporain ©2025 Gemini ©Post Pierre Raffanel Passer de l'autre côté du miroir et troquer son regard de visiteur contre celui de jury d’une exposition d’art est une expérience aussi gratifiante que complexe. C’est un exercice d’équilibre entre sensibilité personnelle, rigueur technique et responsabilité éthique. Être membre d’un jury, ce n’est pas simplement désigner ce qui est "beau". C'est avant tout savoir articuler pourquoi une œuvre mérite d’être distinguée. C’est transformer une émotion subjective en un argumentaire construit. Le jury cherche la "voix" de l'artiste. On ne recherche pas la perfection technique pure qui peut parfois paraître froide, mais cette étincelle de singularité : l’intention de l’artiste et la cohérence de sa réalisation par le choix de matériaux et de la composition. Le plus grand défi reste l’impartialité : mettre de côté ses a priori, faire fi de parti-pris. Un juré peut détester l'art abstrait mais reconnaître qu'une toile non-figurative est magistralement exécutée. L'objectif est de juger l'œuvre le plus objectivement possible et non selon ses goûts personnels. Si l'art contemporain semble parfois éthéré, les coulisses d'un jury sont un mélange de passion brute, de politique culturelle et de logistique pure. Bien que chaque exposition ait son propre thème, les jurys définissent en amont des critères de sélection qui s'appuient généralement sur trois piliers : la maîtrise technique (gestion des médiums, de la lumière, de la perspective et de la finition ), l’originalité (capacité à s'éloigner des clichés et à proposer une vision neuve) et l’impact émotionnel (la force de l'œuvre à arrêter le regard et à susciter une réaction) . La délibération, c’est souvent le moment le plus intense : un dialogue de regards des membres du jury composé de profils variés : galeristes, critiques, collectionneurs ou autres artistes. Cette diversité est essentielle car elle permet de croiser les perspectives. Le débat au sein d'un jury est un laboratoire d'idées. Une œuvre que l'on avait ignorée au premier tour peut soudainement s'illuminer grâce à l'analyse d'un collègue. Le consensus n'est pas toujours immédiat, et c'est là que réside la beauté de l'exercice : la défense passionnée d'un talent qui mérite d'être mis en lumière. Enfin, être jury, c’est avoir conscience de l’impact de ses décisions. Pour un artiste, un prix ou une sélection peut être un catalyseur de carrière, un boost de confiance ou une porte ouverte vers de nouvelles opportunités. C’est un rôle de passeur de lumière. En fin de compte, le jury ne crée pas le talent, il le révèle au public. C'est un hommage au travail passionné des créateurs et un engagement envers la vitalité de la scène artistique. 28 mars 2026 à la MDDA à Maromme sélection des oeuvres pour le 34 Salon de Peinture avec Annie-Claude Ferrando près des chevalets (présidente de l'association "Les amis du Salon de Peinture de Maromme" ) ©2026 photo Pierre Raffanel J’ai eu le plaisir depuis quelques années de passer de l’autre côté de la toile, de la scène en rejoignant différents jurys. Le dernier en date où j’ai été convié : le jury du 34 ème Salon de Peinture et de Sculpture qui aura lieu du 2 au 17 mai 2026 à l’Espace Culturel Beaumarchais à Maromme, aux environs de Rouen. Je vais vous relater les rouages de son organisation. Annie-Claude Ferrando, présidente de l’association « Les amis du Salon de Peinture de Maromme » choisit l’invité d’honneur qui peut à son tour inviter d’autres artistes. En 2026, l’invité d’honneur et céramiste Laurent Levillain a décidé de convier les enfants des écoles avec qui il avait réalisé des sculptures. Sont également invités par le comité de l’association les neuf lauréats de l’année précédente et quelques artistes découverts dans différents salons. Les exposant.e.s ont postulé et participent en s’exonérant d’un droit d’accrochage. Leurs contributions permettent de financer les frais d’organisation du Salon. Leurs œuvres sont déposées la veille de l’organisation du jury. Le comité de l’association propose à tous les artistes invités au Salon de faire partie du jury (22 en 2026). Avec une jauge à neuf personnes, ce jury est composé de celles et ceux qui volontairement se proposent pour en être membres. Le jury est renouvelé à chaque nouvelle édition. Cette 34 édition revêt une dimension symbolique toute particulière pour l'association organisatrice "Les amis du Salon de Peinture et de Sculpture de Maromme". Soucieux d'assurer la pérennité de l'évènement, les membres du bureau actuel ont décidé d'anticiper la passation de pouvoir et choisi d'amorcer une transition sereine à horizon 2027-2028. C'est dans cet esprit de partage et dans un souci d'anticipation de transmission des savoir-faire et de préservation de l'identité créative de ce Salon, qu' ils ont invité la future présidente Emma Poppy et 3 personnes de son équipe à être observatrices des sélections. Les actuels membres du bureau de l'association "Les amis du Salon de Peinture de Maromme" en présence d' Emma Poppy et de son équipe, en prévision d'une future passation de pouvoir à horizon 2027-2028 ©2026 photo Marie Bueno Journal de bord du samedi 28 mars 2026 : MDDA à Maromme. Les 7 membres du jury sont, à 9h00 pétantes, prêts à débuter la sélection des œuvres in situ. Jean-Luc Feron, vice-président et trésorier fait les présentations et nous explique les tenants et aboutissants de cette journée. La présidente Annie-Claude Ferrando anime la session et nous suggère l’objectif simple mais exigeant de ces sélections : « Prendre ce qui est bon ! » Les 4 membres du comité ( Jocelyne Paumelle, Françoise Angot- Lacoste, Joelle Genty, Cyrille Boulet) sont également présentes et garantes de la rigueur administrative : suivi et conformité des inscriptions ; vérification des informations concernant les postulant.e.s, des titres des œuvres et du respect des dimensions des œuvres (stipulées par le règlement de ce 34 e Salon). Bénévolement, Claude Ferrando, Pierre Genty, François Liroy, Laurence Blondel veillent également au bon déroulé de l’organisation : transport et installation des œuvres sur 2 chevalets par des bénévoles de l’association, mise au « purgatoire » des tableaux et sculptures non retenues par le jury. La matinée se déroule dans une atmosphère d’échanges feutrés, constructifs. Le duel des narratifs, diversité des regards : à tour de rôle les membres du jury défendent leurs points de vue, confrontent leurs avis avec impartialité. Bref une franche bonne humeur, de très bons moments de partage, parfois amusants. Pause déjeuner sur place. La sélection d’œuvres s’enchaîne sans discontinuité : une centaine d’artistes… Quelques œuvres créent discussions, hésitations…un pastel des falaises d’Etretat fait débat… Annie-Claude en chef d’orchestre instille de temps en temps aux membres du jury quelques conseils avisés… L’organisation est rondement menée par l’équipe des bénévoles, avec efficacité et bienveillance. Fin de la session du jury : 16h45. Plus de 135 œuvres sélectionnées, prêtes à être exposées aux cimaises du 34 e Salon qui s’annonce comme une édition de belle qualité à l’Espace culturel Beaumarchais de Maromme. Dans les prochains jours, deux étapes importantes : Françoise Angot et Joelle Genty procèderont à la restitution des œuvres non sélectionnées aux artistes idoines. Annie-Claude et Claude Ferrando, Jocelyne Paumelle, Sylviane Leygonye réaliseront une relecture des fiches pour l'élaboration et l'impression du catalogue du 34 Salon. 28 mars 2026 : l'antichambre des sélections où sont stockées les oeuvres avant leur passage devant le jury ©2026 photo Pierre Raffanel Jean-Luc Féron expliquant les rouages de l'organisation du 34 Salon de peinture de Maromme ©2026 photo Marie Bueno Afiiche du 34 Salon de Peinture de Maromme - mai 2026 ©Mairie Maromme -service communication Historique de mes participations à un jury : · 1997 avril / Tremplin Rock / NECC Maisons-Alfort · 1998 mai / Tremplin Rock / NECC Maisons-Alfort · 2001 juin / Tremplin Rock / NECC Maisons-Alfort · 2002 juin / Tremplin Rock / NECC Maisons-Alfort · 2020 à 2025 / Expositions thématiques Fédération Société Artistique La Poste / « Paysages et territoires » « Fruits et légumes ou la gourmandise » « Le vert dans tous ses états » « Dites-le avec des fleurs » « Fête du sport – Olympiades 2024 » Paris 13 – Paris 14 – Paris 15 -Maisons Alfort - Gentilly · 2021 déc. / 93 e Salon national Fédération Société Artistique La Poste (110 artistes) / Bastille Design Center - Paris · 2021-2022-2023 Concours national Lettr’Art – challenge d’art posté (mail art) avec 40 artistes · 2022 juin / 48 e Salon national Fédération Société Artistique La Poste (90 artistes) / Tour de la Défense et Greniers du Roy - Villemur-sur-Tarn · 2023 juillet / 94 e Salon national Fédération Société Artistique La Poste (100 artistes) / Bastille Design Center - Paris · 2024 mai / 49 e Salon national Fédération Société Artistique La Poste (90 artistes) / Abbaye de Vinetz Châlons-en-Champagne et espace culturel – chapelle – Saint-Memmie · 2024 janvier /Appel à projets de Poste Habitat – Bailleur Toit et Joie : « Prendre place » / Saint-Denis / artistes sélectionnées : Anouck Lemarquis et Anaïs Leroy · 2024 mars / Casting des musiciens du métro – Maison de la RATP / Paris · 2024 mai /Appel à projets de Poste Habitat – Bailleur Toit et Joie « Fresque 150 ans impressionnisme » / Argenteuil / artiste sélectionné : HOPARE Alexandre Monteiro / Fresque « La barque des rêves partagés » classée 13 e du concours mondial Best of 2024 - Street art Cities : · 2025 mars - Concours national Lettr’Art – challenge d’art posté avec 35 artistes (thème « Je m’intègre au décor » en partenariat avec Philapostel / Arzon · 2025 mars /Appel à projets de Poste Habitat – Bailleur Toit et Joie « Au-delà du réel » / Champigny sur Marne / artiste sélectionné : compagnie MKCD · 2026 mars / 34 ème Salon de Peinture et de Sculpture / Maromme / 100 artistes sélectionnés · 2026 juin - Concours national Lettr’Art – challenge d’art posté (thème « Regards sur la nature» en partenariat avec Philapostel / Lacanau
- Interview de Georg HALLENSLEBEN, illustrateur et peintre
Post de Pierre Raffanel L’artiste aux 2 facettes ou lorsque l’illustration devient peinture ... Georg Hallensleben © 2021 Photo GH Son parcours Né en 1958 en Allemagne, il s’initie au dessin dès son plus jeune âge, s’inscrit dans une Académie d’Art à Cologne. Puis part à Rome où il peint, dessine sans relâche pendant près de vingt ans. Il fait ses premières expositions dans des galeries en Suisse et en Autriche. Actuellement il réside à Paris où il se consacre à l’illustration jeunesse et à des « séries et variations » de peinture. Ses rencontres et « moments charnières » Adolescent, il conçoit et dessine son premier livre jeunesse. Plus tard, lors de la foire internationale du livre jeunesse de Bologne, il remodèlera cette première maquette à base de successions d’images et Pauline paraîtra en 1999. A Rome, il sympathise avec l’américaine Kate Banks assistante de l’éditrice new-yorkaise Frances Foster, ensemble ils collaborent à l’histoire de Baboon publié en 1996 chez Gallimard . Le célèbre collectionneur allemand d’art contemporain Hans Van der Grinten , mettra en scène avec passion dessins et aquarelles de l’artiste dans le musée de Kranenburg. Sa rencontre avec Pierre Marchand créateur du secteur jeunesse chez Gallimard fut primordiale. C’est là que Georg travaille avec la maquettiste Anne Gutman sur des livres illustrés écrits par Kate Banks. Petit à petit, une belle connivence naîtra, amènera Anne à l’écriture. Ce sera le point de départ de moultes collaborations et continuera quand, en 1999 Pierre Marchand deviendra directeur de création au groupe Hachette. Les personnages Gaspard et Lisa créés avec Anne, sont des icônes au Japon et ont même une « ville » dans un parc d’attraction au pied du mont Fuji. Les livres à tirettes ou à effets sonores de Pénélope mettent avec humour l’enfant au cœur des histoires souvent drôles. Plus récemment le roman Les Couzinzines raconte les tribulations d’Achille avec sa famille et ses cousins avec, une fois n’est pas coutume, des dessins à la plume. « A Paris » Gaspard et Lisa avec Hello Kitty (Hachette Livre 2014) ©Georg Hallensleben ©photo pierre raffanel Son atelier Il est au cœur de l’appartement familial, niché au centre de Paris, avec un air de campagne et une ambiance de dolce vita. Georg et son épouse Anne Gutman travaillent énormément : il peint les images et elle écrit les histoires, fait la mise en page…l’échange est permanent ! Leurs trois enfants sont leurs premiers lecteurs. Vue d'atelier ©Georg Hallensleben Ses inspirations Paysages glanés au cours de ballades à pied ou à bicyclette en Suisse italienne et en Italie : le mélange des rochers, montagnes avec des éléments béton aux sorties des tunnels, du métal des garde-fous et des panneaux de signalisation… Souvenirs de Milan, Rome, du lac de Cöme, de Gênes et ses autoroutes, du viaduc Morandi, du petit village de Guadagnolo… Ses techniques Au commencement, des dessins à foison, des travaux monochromes…L’artiste aime les « séries » avec des variations : des séries grises à la gouache noire et des déclinaisons dans les tons marron. Les couleurs de sa palette très réduite (jaune, rouge clair et foncé, bleu cobalt et cyan, violet et blanc) nourrissent ses peintures à l’huile. Georg compare ses « séries » aux variations d’un thème musical. Il cite les variations de Jean Sébastien Bach et les interprétations à chaque fois revisitées de Bob Dylan lors de ces concerts. Il joue ses « accords » en modulant ses tonalités et en déclinant un même thème en plusieurs œuvres ...Il aime parler de tension entre la profondeur et la surface plane du tableau ! Ses illustrations : après la gouache de ses débuts et à part un petit détour par l’acrylique, il peint à l’huile des pleines pages aux douces couleurs chatoyantes qui décrivent l’aspect concret et le quotidien de la vie des enfants. Des œuvres d’atmosphères tout en légèreté ! « Comme Bonnard, Hallensleben goûte les couleurs de la vie, la prouesse technique sous l'apparente facilité » (Florence Noiville - Le Monde - février 2000). Illustration extraite de Gaspard et la Tour Eiffel (Hachette Livre 2014) ©Georg Hallensleben Ses projets De nouvelles illustrations et histoires de Gaspard et Lisa , de Pénélope , une série pour les petits appelée Mon chaton, un projet de BD (une histoire de fantômes) avec Anne Gutman… De nouvelles « séries variations » de peintures inspirées d’images de street view et de caméras de surveillance avec différents stades de transformations, en différentes tonalités. La ville de Gaspard et Lisa dans le parc d’attractions Fuji-Q Highland au Japon © Georg Hallensleben Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art - juin 2020
- Cheval, un facteur inspirant
Post de Sébastien RICHEZ , docteur en histoire contemporaine Comité pour l'histoire de La Poste Propos recueillies par Pierre Raffanel Retour sur le plus célèbre employé des Postes, qui consacra plus de trois décennies à la construction de son Palais Idéal dans la Drôme. Une œuvre monumentale sans équivalent, admirée par Picasso, Gaudi ou Niki de Saint Phalle... © COCO peintre du Facteur Cheval au Palais Idéal © 2012 Arimaj - Creative Commons Attribution. Dans le cadre de l'Exposition "Cent Regards d'Artistes" organisée à Hauterives à l'occasion du Centenaire de la fin de construction du Palais Idéal. En 1912, le facteur Cheval pose la dernière pierre de son Palais idéal. Il achève une œuvre de « 10 000 journées, 93 000 heures, 33 ans d’épreuves », comme il l’inscrit sur la façade Est du monument. Inhabitable, l’édifice du facteur Cheval est peuplé d’animaux de toutes sortes : pieuvre, caïman, ours, biche, éléphant, pélican… Mais aussi de créatures imaginaires ou mythologiques comme des géants et de fées. Pour créer ce fantastique bestiaire, le facteur Cheval a puisé son inspiration dans différents supports : cartes postales, photographies ou illustrations tirées de journaux comme Le Magasin pittoresque ou la Revue illustrée. Le « travail d’un seul homme », et modestement celui d’un « fils de paysan » précise-t-il, se défendant en tout cas de son vivant de toute qualité d’artiste. Né le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l’Herbasse (Drôme), Joseph Ferdinand Cheval, issu d’un milieu paysan, quitte l’école à l’âge de douze ans pour aider son père aux champs. Orphelin à dix-sept ans, il devient boulanger puis agriculteur. Le 12 juillet 1867, entre dans l’administration des Postes comme facteur. Affecté à Hauterives, il est chargé de la tournée de Tersanne, point de départ de son histoire. En avril 1879, il bute sur ce qu’il nommera sa « pierre d’achoppement ». Acte anodin, qui lui donne l’idée de créer son palais. Repérant les pierres durant ces trente kilomètres de tournée quotidienne, il retourne les ramasser une fois achevée [en effet, il lui est théoriquement interdit d’en transporter quand il s’occupe du courrier], parfois dans sa brouette. Il meurt le 19 août 1924 et est enterré à Hauterives (Drôme) dans la tombe monumentale qu’il s’était lui-même construite après avoir achevé son Palais idéal. En 1969, André Malraux, ouvert au surréalisme par sa pensée artistique et humaniste, se résout enfin à classer l’œuvre de Cheval à l’inventaire des monuments historiques : il aura fallu un article de Jean Dutourd dans Le Figaro en 1968 sur la singularité de l’art naïf venant couronner les relances du jeune ministre des PTT Jacques Marette (1962-67) pesant dans la balance. Couronnement majeur ou reconnaissance intime pour Cheval, qui n’aurait de toute façon jamais pu imaginer cela de son vivant ? Son Palais est déjà devenu un socle de réflexion à des courants naissants, tout comme une source féconde d’inspirations créatrices. A l’opposé des poncifs de l’art classique ou à la mode, sont recensées les « qualités » qui avaient déjà mis Cheval au pinacle des courants du surréalisme, de l’art brut et de l’art naïf. Facteur Ferdinand Cheval avec sa seconde épouse Marie-Philomène Richaud et sa fille Alice (photo prise en 1884 ou 1885) © auteur inconnu - Droit Public André Breton (1896-1966), principal théoricien et animateur du surréalisme, y rallie en premier Cheval quand en 1931 il découvre le Palais, dont la photo figurera dans Les Vases Communiquants, puis en 1932 en lui dédiant un texte du genre dans son recueil Le révolver aux cheveux blancs. Ensuite le peintre Jean Dubuffet, lorsqu’il définit les principes de « l’art brut » en 1945 comme réaction spontanée contre l'art intellectuel, contre la beauté, privilèges de quelques-uns, cite en exemplarité l'art du facteur Cheval. Surtout, quand la critique fait du peintre Henri Rousseau (1844-1910), aussi appelé « Le Douanier » Rousseau, de son vivant, le chantre de l’art naïf, le Palais idéal est cité comme œuvre architecturale cofondatrice réalisée en parallèle. Depuis cette phase d’identification, des artistes majeurs du XXe siècle ont toutes et tous créé une œuvre sur Cheval ou exprimé une admiration au non-artiste et profane fonctionnaire des Postes. Il faut citer Pablo Picasso, cofondateur du cubisme avec Georges Braque et compagnon d'art du surréalisme, Jean Tinguely, créateur du « nouveau réalisme » prônant la récupération de matériaux et le détournement d’usage, ou encore Niki de Saint Phalle, membre des nouveaux réalistes nourris par l’art brut. Il faut aussi rappeler l’ancrage fait par la presse artistique, d’Antoni Gaudi (1852-1924) et son esprit créatif baroque, à son contemporain Cheval par son extravagance ornementale, aussi comme un des influenceurs de Salvadore Dali (1904-1989). A tel point que, avec beaucoup d’à-propos humoristique et d’infini respect pour ce groupe de personnalités évocateur, Josette Rasle, la commissaire d’une exposition consacrée au facteur dans les murs du musée de La Poste en 2007, s’était permise de tous les considérer comme « des poulains… de Cheval ». Des héritiers spirituels, Cheval en a aussi inspiré à la Poste. Comme l’ex-receveuse des PTT, Jeanne Devidal (1908-2008), surnommée « la folle de Saint-Lunaire », dont la maison faite de bric et de broc a nourri l’image de la postière sœur artistique de Cheval. Ou encore Jules Mougin (1912-2010), surnommé le « facteur-poète » parlant aux oiseaux, ou « le facteur Cheval des mots et des incroyables crayonnages », rallié à l'art brut d’inspiration troglodytique, se qualifiant humblement lui-même de « petit garçon à côté de Cheval ». Depuis 1959, par l’activité de la commission du programme philatélique, la Poste contribue à un courant de « patrimonialisation » des trésors de toutes natures. Déjà en 1984, pour le soixantième anniversaire de sa mort, les PTT avaient émis un timbre bizarre, sans figuration du facteur, oublié au profit de son imposant palais achevé en… 1912. Devait-on y voir là un maladroit appel du pied de l’administration, qui deviendra entreprise publique en 1991, lorgnant le site pour en faire acquisition et soulager ainsi la collectivité locale ? La Poste avait dû renoncé à cette audace culturelle et touristique qui aurait bouleversé son profil, pour des « raisons financières ». Timbre de 2024 émis par Philaposte représentant le Facteur Cheval et son Palais idéal. Création et gravure Sophie Beaujard d'après photo portrait © Bridgeman Images Pour 2024, ce timbre est l’expression d’un singulier lignage à entrées multiples, autant culturel que professionnel, qui ne s’est pas éteint avec le temps. Son essence a même alimenté d’autres sphères culturelles. Une bande dessinée aux éditions Glénat (2006), « Rêves de Pierres », a permis de donner de l’ampleur au monument de Cheval. Des artistes de la chanson populaire, comme Michel Fugain ou L’Affaire Louis Trio, ont interprété au milieu des années 1990 de touchants textes mettant en avant la poésie émanant de Cheval. Le Palais idéal se fait régulièrement la scène de compositions musicales internationales, de créations éphémères ou de spectacles. Le 7e art a accueilli Cheval en 2019 sous les traits de Jacques Gamblin dans un film biographique réalisé par Nils Tavernier. Affiche du film "L'incroyable histoire du Facteur Cheval" de Nils TAVERNIER ©2019 Sébastien Richez est un historien reconnu, notamment pour son travail au sein du Comité pour l'histoire de La Poste. Sa démarche historiographique se distingue par une volonté de concilier l'histoire institutionnelle, l'histoire sociale et l'évolution des techniques. Sa démarche s’inscrit dans une histoire totale, mêlant économie, sociologie, aménagement du territoire et mutations technologiques. Découvrez son parcours > Affiche "Le facteur Cheval" Bernard Rancillac (acrylique sur papier 50x30 ©2006 Adagp) de l'exposition au musée de La Poste en 2007 - commissaire d'exposition Josette Rasle
- Interview de Coline FABRE, créatrice de vitraux contemporains
Coline FABRE dans son atelier à Tusson ©photo Marie Bueno Pierre Raffanel : Comment vous définiriez-vous : maître verrier ? peintre ? Y a-t-il une terminologie féminine pour désigner votre profession ? Coline Fabre : Ah, alors là ! (sourire) C’est une question d’actualité, c’est vrai ! Je me définis comme une créatrice de vitraux. Le terme exact serait maître verrier ou verrier, mais maître verrier c’est aussi celui qui souffle…Or pour la réalisation d’un vitrail, j’utilise généralement du verre soufflé déjà coloré. Certains disent vitrailliste, je l’abhorre. Pourtant cela ne me choque pas si cela concerne la mosaïque de dire mosaïste ! Pour la féminisation de la terminologie, on aurait pu dire maîtresse verrière mais définitivement je préfère le terme «créatrice de vitraux ».Il y a aussi les verriers restaurateurs qui font de la conservation de vitraux. PR : Quelle a été votre formation ? Coline : Au départ, l’École des Métiers d’Art dans le XVe arrondissement de Paris, plus exactement l’ENSAAMA (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art) où j’ai obtenu mon diplôme en 1980. J’ai ensuite travaillé dans divers ateliers durant les vacances d’été et les deux ans qui suivirent, années pendant lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler chez Jean-Jacques Grüber. Cette rencontre fût primordiale puisqu’elle m’a permis de devenir l’assistante de sa fille Jeannette Weiss-Grüber, artiste spécialisée dans la création de vitraux contemporains autour de vitraux anciens. PR : Fréquenter la famille Grüber fut certainement riche d’enseignements ? Coline : Oui l’expérience fut formidable, Jeannette étant la petite-fille du célèbre Jacques Grüber – grande figure du vitrail Art nouveau (École de Nancy) – et son oncle étant le peintre expressionniste Francis Grüber, mort jeune, ami d’Yves Tanguy et de Pierre Tal Coat. Le père de Jeannette, Jean-Jacques Grüber aurait certainement été célèbre s’il avait été historien de l’Art du Vitrail mais il a dû reprendre l’atelier à la mort de son père Jacques ! PR : Peut-on parler de dynastie dans l’Art du Vitrail ? Coline : Oui, la famille Gruber faisait partie d’une « dynastie » créée en 1900 par Jacques Gruber. La plus ancienne de ces dynasties est l’atelier Simon-Marq à Reims, cela remonte au XVIIe siècle. À ce jour une des seules qui subsiste est l’atelier Duchemin dans le XIVe arrondissement de Paris., repris par leurs filles Marie et Charlotte . PR : Existe-t-il des courants, des écoles en région ? Coline : Il y a eu des courants, qui toujours étaient en rapport avec l’évolution de la peinture et des autres arts visuels. Comme par exemple l’école de Nancy. PR : Combien de temps êtes-vous restée dans l’atelier de Jeannette Weiss-Grüber ? Coline : Mon expérience avec Jeannette a duré dix ans puis elle a fermé son atelier et nul n’a repris dans sa famille. Atelier de l'artiste à Tusson - Maquette d’un vitrail ©photo marie bueno PR : Aurait-elle pu vous transmettre son atelier ? Coline : Non, parce qu’entretemps, les Monuments Historiques m’avaient confié mon premier ouvrage dans le cadre des chantiers d’été de l’association « Le Club Marpen » à Tusson. À partir de 1985, chaque année, je m’éclipsais de son atelier pendant trois ou quatre mois pour réaliser la création des quinze baies de l’église abbatiale de Marcillac-Lanville, un édifice majeur des Charentes. J’avais établi mon atelier dans l’église même pour m’imprégner le plus possible de l’atmosphère du lieu, je peignais les vitraux dans les fenêtres et pouvais observer le jeu changeant de la lumière au gré des heures. En 1990 j’ai acheté mon atelier à Tusson, près de Ruffec et d’Angoulême et m’y suis installée. J’intervenais régulièrement comme professionnelle et encadrais des stagiaires sur les chantiers d’été organisés par le « réseau Rempart ». PR : Qu’est-ce que le réseau Rempart ? Coline : C’est une union d’associations œuvrant pour la sauvegarde du patrimoine et qui a pour objectif principal de conduire des actions de réhabilitation et de mettre en valeur des patrimoines architecturaux, archéologiques... Leur devise « Restaurer les édifices en restaurant les humains ». PR : Votre apprentissage est-il venu d’une vocation ? Coline : Enfant, juste une envie de dessiner, souvent recroquevillée sur mon cahier. Quelquefois à l’école on me disait « Va finir ton heure en salle de dessin ! ». Plus tard, à l’École des Métiers d’Art, je m’imaginais faisant de l’illustration pour enfants, de la publicité… PR : Du figuratif. Pourtant vos choix se sont portés vers l’abstraction ? Coline : L’idée a commencé à germer…à Grimaud lors de vacances familiales dans les années 70… j’ai fait la rencontre d’un ami de la famille qui créait des bijoux en verre tout à fait extraordinaires. « Un jour - la seule fois dans sa vie - il a réalisé les vitraux d’une église en utilisant du gemmail : il mettait du verre concassé dans la résine, ça avait une allure sympathique et assez contemporaine ». Et je me suis dit : « Tiens, le vitrail contemporain ça existe ! ». PR : La lumière tient un rôle important dans vos œuvres ? Coline : Oui, primordial. Au travers des vitraux il faut tendre vers une résultante blanche à l’aide d’un équilibre de couleurs. Les reflets peuvent être colorés mais je ne veux pas qu’on ait la sensation d’être dans un aquarium avec des visages à l’aspect bleuté. Les vitraux anciens très colorés de la cathédrale de Chartres en sont un bel exemple ! A contrario, si on regarde des vitraux du XIXe siècle, la lumière résultante est souvent jaunâtre, pisseuse ! PR : Je vais être un tantinet provocateur… pourquoi la blancheur serait-elle plus opérante ? Coline : Ah ! Effectivement pourquoi ça serait mieux ? Cette lumière blanche me permet de ne pas dénaturer l’édifice lui-même. PR : Si je reprends vos propos dans l’article « Imaginaire et Inconscient », extraits de la revue l’Esprit du temps, l’idée serait que « le vitrail est un voile tendu entre deux blocs de pierre massifs qui ont toujours été là ». Ce qui signifierait que le vitrail sous-tendrait une structure existante, servirait de lien au patrimoine et que cette lumière blanche diffusée par le vitrail serait plus opportune à révéler et magnifier le lieu ? Coline : Tout à fait…et d’ailleurs j’ai fait beaucoup de vitraux jaunes et blancs, j’ai recommencé de multiples fois ma première fenêtre et me suis aperçue que les tons ocres et jaunes s’associaient magnifiquement à des fresques anciennes. PR : Effectivement dans l’église de Chavenat ou celle d’Artiguevieille, vous avez réalisé des vitraux dans les tons jaunes assez lumineux et blancs… Coline : J’ai mis longtemps à comprendre qu’il faut plus de verre blanc que de verre jaune. Mes premiers vitraux, je les ai réalisés à l’ancienne, c’est à dire que le blanc-blanc n’existait pas, le blanc c’était toujours du verdâtre. J’ai voulu créer des parallèles, des équivalents avec mes créations contemporaines. J’ai longtemps cherché et recommencé mes ouvrages ! Prieuré de Marcillac-Lanville (Charente) Réalisation 2018-2020 ©Coline Fabre ©photo pierre raffanel PR : Justement, cette recherche de la résultante de blanc, l’avez-vous obtenue uniquement de manière empirique ou revêt-elle des aspects purement techniques et mathématiques ? Coline : En fait c’est mathématique et pourtant je ne m’explique pas pourquoi à la Chapelle du Rosaire de Saint Paul de Vence (vitraux d’Henri Matisse et de son maître-verrier attitré Paul Bony) , il n’y a pas une once de blanc, pourtant la résultante est blanche à partir de verres jaunes, bleus, verts. PR : Votre processus d’inspiration ? Est-il une vision fulgurante ou une émanation du vide ? Coline : Après avoir chassé toutes les idées parasites, mon processus de création naît du vide pourtant rempli de l’édifice qui lui, est bel et bien présent. D’ailleurs à Milly-la-Forêt il y a une chapelle peinte par Jean Cocteau où se trouve un petit écriteau avec cette pensée qui semble évidente au premier abord : « A Milly-la-Forêt, j’ai trouvé un cadre ». Effectivement, « le lieu existe, tu n’as pas à le choisir, le format de tes peintures est là ! ». PR : Vous avez besoin d’une immersion totale du lieu, mais la vision émanant de l’édifice n’est-elle pas trop prégnante ? N’êtes-vous pas happée par l’endroit ? Coline : Non, je ne me laisse pas happer, ça serait beau si c’était ça ! Au début, sur mes premières créations, c’était un peu compliqué, je procédais de manière empirique. Puis, au fur et à mesure de la trentaine de chantiers que j’ai pu réaliser, une vision jaillit, s’impose et en même temps il se passe souvent un laps de temps assez long où il ne se passe rien. Heureusement les dates butoirs entre les appels d’offres et le démarrage des réalisations permettent de laisser mûrir l’inspiration. PR : La plupart de vos créations de vitraux sont situées dans des églises et chapelles romanes, principalement en Charente et en Bourgogne ? Coline : Il y a beaucoup d’églises romanes en Charente et c’est la raison pour laquelle je m’y suis installée. J’adore cette architecture qui m’autorise à être « bien contemporaine» en étant moins connotée que le style gothique. De plus elles ont pour moi une dimension plus abordable qui me permet de rentrer dans un univers et de vraiment développer une écriture personnelle en résonance avec l’architecture du lieu. Ma préoccupation première est d’intégrer des vitraux contemporains dans ces monuments historiques… Prieuré de Marcillac-Lanville (Charente) Réalisation 2018-2020 ©Coline Fabre PR : Faut-il être croyante pour réaliser des œuvres dans des lieux de culte ? Coline : Oui j’adorerais être croyante mais je ne le suis toujours pas ! Un jour un évêque m’a dit lors d’une inauguration dans une petite église : « Vous devez avoir une foi très profonde pour faire d’aussi beaux vitraux ! ». Ma réponse fut : « Écoutez, je ne suis pas pratiquante mais je suis contente que mes vitraux soient praticables ! » J’aime ces lieux qui sont propices à la contemplation et à la méditation. « Je dirais que je me sens, à travers ces édifices, dépositaire, non de la croyance des anciens, mais de ce que celle-ci a éveillé en eux : le désir de créer. Cette quête de chaque jour. » PR : Peut-on dire qu’il y a de la spiritualité dans vos œuvres ? Coline : Je pense qu’à partir du moment où je suis dans une architecture sacrée, je vais aller dans le sens de l’édifice et me couler dans l’atmosphère qu’il dégage. Je vais être réceptive à son caractère unique et mes créations vont s’imprégner de la spiritualité du lieu. PR : Pourquoi votre choix de l’abstraction au lieu d’une figuration que vous nommez « réalisme illusionniste qu’a laissé le XIXe siècle » ? Coline : L’abstraction est plus évocatrice et les vitraux peuvent s’épanouir pleinement, dans la simplicité que nécessite une église romane. Ce qui m’embête c’est quand, dans une fenêtre, à partir du moment où « ce voile tendu entre deux blocs » te propose une espèce de volume, une perspective, des choses derrière : ce n’est plus du tout « un voile tendu ». C’est là que se dégage un faux volume, une chose qui n’existe pas et qui fait semblant d’exister; et cela ne me plaît pas du tout ! PR : Avez-vous eu des collaborations avec d’autres artistes ? Coline : Non, car mon statut d’artiste (Maison des artistes) ne me permet pas de réaliser de vitraux d’un autre artiste, il faudrait que je sois artisan et que je prenne des assurances spécifiques… « J’œuvre seule » et je suis toujours celle qui intervient en dernier sur les chantiers après les couvreurs, les maçons… PR : Avez-vous d’autres projets ? Coline : Oui j’ai eu la chance qu’on me propose de créer un ensemble de mobilier liturgique... Post de Pierre RAFFANEL Extrait de la revue Post Art 6 - juillet 2021 - La Société Artistique "Pictograf" Vitrail de Coline FABRE Couverture originale de la revue POST'ART n°6
- Laque européenne : techniques et procédés
Techniques et procédés par Yolande MICHELON Reportage de Pierre Raffanel Réalisé dans l'atelier de Yolande MICHELON " LACtelier" à Fleury La Vallée dans l'Yonne L' atelier de Yolande MICHELON baptisée : LACtelier à Fleury La Vallée © 2023 photo Pierre Raffanel L e mot laque est utilisé au féminin lorsqu’il s’agit du produit et au masculin lorsqu’il s’agit de l’œuvre d’art. La laque est un suc naturel d’un arbre poussant en Asie « arbre à laque » (Rhus Vernicifera). Cette laque dite végétale est peu utilisée en Europe pour des raisons climatiques. En 1730, les frères Martin mettent au point une laque à base de Copal, mais vers le milieu du XIX e , les progrès de la chimie permettent la mise au point de vernis de meilleure qualité. Les artisans européens cherchèrent à imiter la technique « ancestrale » et sa matière jusqu’à inventer un style purement occidental qui ne cessera dès lors d’évoluer. La période Art Déco, avec en particulier Jean Dunand, a vu l’émergence d’un style parfaitement lisible dans l’univers décoratif. Aujourd’hui les artistes s’expriment au moyen de vernis synthétiques bénéficiant des innovations technologiques de l’industrie chimique : laque cellulosique, polyuréthane et polyester (dite laque européenne). La laque est aujourd’hui en constante évolution et ne cesse de s’enrichir de nouvelles expressions qui métissent les techniques traditionnelles et modernes pour faire émerger un art à part entière. La laque Européenne dans sa vision contemporaine existe pour elle-même et non plus pour servir à recouvrir des meubles. Entoilage du support bois avec de la tarlatane ©2023 photo Pierre Raffanel Technique : Les supports : bois, fer, terre… Entoilage du support : tarlatane et colle de peau Plusieurs couches de blanc d’apprêt Couleurs : pigments broyés Liant : vernis, térébenthine Couche de blanc de Meudon et de liant (vernis + térébenthine) © 2023 photo Marie Bueno L’oxydation : On utilise la propriété d’oxydation qu’offrent le cuivre et l’argent. La métallisation : Grâce à des feuilles d’or, de cuivre, d’argent collées sur le fond ou sur le motif. Ajout de poudre métal : cuivre, or, argent, aventurine… L’incrustation (noyée ou rapportée) : Le support est recouvert de matériaux très minces (coquille d’œuf, nacre) ou de morceaux épais taillés (écaille, ivoire) et enchâssés dans des cuvettes creusées à leurs mesures. Décors : Inclusion de couleurs : superposition de plusieurs couleurs en couches plus ou moins régulières. Après ponçage ces couleurs réapparaissent incrustées les unes dans les autres. Ponçage à sec © 2023 photo Pierre Raffanel Le ponçage Travailler par enlèvement. Le ponçage consiste en enlever partiellement les couches de peinture, pour retrouver le tracé du décor composé en amont. C’est également enlever toutes les traces de pinceaux et des impacts de poussière. Ponçage à l’eau et nettoyage au fur et à mesure à l’éponge © 2023 photo Pierre Raffanel Le lustrage Tout se révèle par le lustrage : la brillance, la profondeur, les merveilles mais aussi la moindre imperfection. C’est le moment de vérité qui sanctionne des mois de travail. La finition peut-être brillante, satinée ou mate Lustrage...et lustrage © 2023 photo Pierre Raffanel Technique d’incrustation de coquilles d’oeuf © 2023 photo Pierre Raffanel Les différentes étapes de la technique de la laque sur un même support © 2023 photo Marie Bueno Divers papiers pour le ponçage à sec et à l’eau ©2023 photo Pierre Raffanel De la nacre ©2023 photo Pierre Raffanel
- La culture en pied d’immeubles
Rencontre avec Patricia Guérin, Directrice de la culture du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat. Interview et article de Pierre Raffanel © Patricia Guérin - Directrice de la culture Toit et Joie - Poste habitat Pierre Raffanel : Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre rôle de Directrice de la culture au sein du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat (1) ? Patricia Guérin : Mon rôle est d’animer cette direction de la culture et de mener à bien avec mes collègues une trentaine de projets par an que nous réalisons dans nos résidences avec nos habitants. Ces projets au long cours durent de 6 mois à 2 ans et sont réalisés en co-création avec des compagnies artistiques professionnelles et nos locataires. Cette direction de la culture a pour but d’aller au-delà des missions premières du bailleur social qui est de loger les habitants, de les accompagner et de les amener dans un imaginaire, dans une découverte de cultures variées, tout en étant à l’écoute des cultures émanant de chaque habitant. PR : Quelles raisons motivent un bailleur social à mener des actions culturelles ? PG : Cette direction de la culture a trois objectifs. Le premier est le bien-vivre ensemble. Ces actions culturelles sur un temps long favorisent des moments conviviaux et permettent l’organisation d’ateliers. Ces rencontres génèrent du lien entre les résidents, atténuant par anticipation des frictions éventuelles. Ces projets culturels in situ permettent au bailleur d’avoir une présence accrue sur le « terrain », d’améliorer les échanges avec les locataires, d’être plus à l’écoute et de placer les relations humaines au premier plan. Le deuxième est l’accès à la culture par l’expérience, ou plus exactement d’aventures culturelles avec des compagnies artistiques qui vont venir régulièrement dans les résidences, permettant aux locataires de voir l’artiste dans son processus de création, d’être dans les coulisses du processus créatif. Ce qui est unique ; habituellement c’est le public qui se déplace voir des spectacles, dans nos projets ce sont les artistes qui vont vers le public. PR : Un peu à l’image du facteur postier qui vient amener le courrier à domicile… PG : Tout à fait. Ces projets rendent les artistes plus accessibles permettant une proximité à la culture, un partage moins élitiste. Le troisième objectif est de porter un autre regard sur les quartiers populaires. Les médias relaient souvent des informations négatives. Nos projets permettent d’apporter un autre regard plus constructif sur les quartiers. « Le Lion des Genêts » rebaptisé par les jeunes «Chelsea B’Gem » (2020, placage bois sur structure acier) . Cette sculpture monumentale est devenue l’emblème du quartier des Genêts. Cette œuvre collective a été réalisée dans le cadre de la réhabilitation de la résidence Toit et Joie - Poste Habitat à Saint–Michel-sur -Orge avec La Lisière (centre de création pour l’espace public) et deux artistes plasticiens Anton et Teurk. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme 1 Immeuble 1 Œuvre et a été mis à l’honneur fin 2023 dans le hors-série Connaissance des Arts. © Toit et Joie - Poste Habitat PR : Depuis combien de temps ces projets culturels en pied d’immeubles existent-ils et s’agit-il d’une politique culturelle à proprement parler ? PG : Sept ans. Cette direction de la culture a été créée par Michèle Attar, Directrice générale de Poste Habitat. Depuis son départ à la retraite, Sylvie Vandenberghe a pris le relais en continuant à soutenir ces projets culturels pour promouvoir le bailleur en harmonie avec toutes les Directions de Toit et Joie - Poste Habitat. PR : Le budget alloué à votre direction de la culture est-il uniquement corrélé à l’abattement de la taxe foncière sur les propriétés bâties ? PG : Il y a plusieurs sources financières. En premier lieu, les fonds propres de Poste Habitat, puis la TFPB - abattement de la taxe foncière sur les propriétés bâties - qui va financer des projets uniquement en quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ensuite ce sont des financements essentiellement du secteur culturel : ministère de la Culture notamment la DRAC île-de-France et pour des projets ponctuels, d’autres financeurs comme le Centre National du Livre, la Fondation de La Poste, le fonds de dotation agnès b…Depuis peu, nous nous orientons également vers des financements dans la construction : Groupe Angevin, Groupe Legendre… PR : Vos actions culturelles sont-elles bien accueillies par les locataires ? PG : Globalement oui, dans la mesure où nous faisons cette démarche avec la complicité des locataires depuis sept ans. Pour assurer le succès de nos projets nous avons établi un mode opératoire constitué de plusieurs étapes : réunions de concertation, lancements de projets pour expliquer notre démarche pour rendre les projets moins abstraits. Ces temps de médiation et de « moments conviviaux » sont indispensables pour obtenir une bonne participation et adhésion des résidents. Réalisation de Cécile Jaillard, La Nature et les jardins (Résidence à Villiers-Le-Bel) © Toit et Joie - Poste Habitat, photo : Patricia Guérin Ministère de la Culture - Le Prix 1 immeuble 1 œuvre 2023 PR : Quel est le rôle des gardiennes, gardiens d’immeubles ? PG : Primordial. Ils sont de véritables ambassadeurs de nos projets et jouent un rôle majeur dans le lien avec les locataires : affichage, aide pour du porte-à-porte, coups de main pour l'organisation des goûters, rôle d’alerteur… Quelquefois ils peuvent être à l’initiative de certains projets. PR : La direction de la culture a-t-elle de réelles interactions avec le comité de direction du bailleur social ? PG : Oui, nous avons une bonne coordination et encore plus s’il y a des opérations de démolition-reconstruction. L’exemple de la résidence de L’Haÿ-les-Roses où nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Direction de la maîtrise d’ouvrage de Toit et Joie – Poste Habitat pour la réalisation du livre avec le photographe Patrick Zachmann est assez emblématique. Nous avons également de multiples interactions avec la Direction du patrimoine et de la politique de la ville, le service de la communication ou encore le service RH. De plus la direction de la culture siégeant au Comité de Direction avec les autres directions, cela nous permet d’avoir connaissance de tous les projets en cours. D’autre part un journal interne diffusé à l’ensemble du Groupe et à ses partenaires ainsi qu’une revue envoyée à nos locataires assurent une communication autour de nos différentes actions. PR : Combien de résidences d’artistes sont organisées annuellement ? PG : Environ une trentaine de projets et autant de compagnies artistiques. PR : Plutôt impressionnant quantitativement ? PG : Effectivement. Avant de contractualiser avec les compagnies artistiques, nous redéfinissons en amont le contexte de nos projets de manière à ce que les artistes s’approprient nos missions, qu’ils puissent réaliser du sur-mesure. Il arrive parfois qu’ils réécrivent le projet qu’ils avaient imaginé au départ. PR : Des appels à projets sont-ils systématiquement mis en place ? PG : Un par an, exceptionnellement deux en 2024. Ces appels à projets nous permettent de renouveler nos réseaux d’artistes et de nous faire connaître de manière plus large comme opérateur culturel. Réalisation de Claire Courdavault « Le temps des Andelys » fresque monumentale à l’échelle de la ville et de son architecture accompagnée par l’ association Quartier Monde dans le quartier des Friches, à Maurepas © Toit et Joie - Poste Habitat PR : J’ai eu le privilège au mois de février d’être un des huit membres du jury du dernier appel à projets Poste Habitat « Prendre place » pour une résidence de création partagée dans la ville de Saint-Denis. Les artistes que nous avons choisies ont fait consensus de manière quasi-unanime, est-ce le cas habituellement ? PG : Oui, plutôt. PR : Les résidences d’artistes sont-elles destinées uniquement à des artistes d’arts visuels ? PG : Non, nous abordons toutes les disciplines artistiques : photographie, cinéma, littérature, arts graphiques, BD, théâtre, arts graphiques, musique…en essayant de « tordre le cou » à cette idée reçue qu’il n’y aurait que de l’art urbain en banlieue. PR : Est-ce que ces projets culturels génèrent du lien social entre artistes et locataires ? Peut-on d’une certaine façon le quantifier ? PG : Nous l’appréhendons entre autres par les réactions des gardiens, des résidents qui nous sollicitent suite à un premier projet pour renouveler une autre action l’année suivante. C’est plutôt du ressenti ! Nous avons la volonté avec la Directrice générale Sylvie Vandenberghe de mener une étude plus approfondie avec l’Observatoire des politiques culturelles. Cette étude durera une année et s’effectuera sur un échantillon de nos projets. Elle permettra d’évaluer l’impact de nos actions sur les locataires mais également nos relations avec les acteurs culturels du territoire, les partenaires locaux (médiathèques, villes, maisons de quartier…). Par ailleurs, nous avons été honorés en 2023 du prix 1 immeuble 1 œuvre par l’ex-ministre de la Culture Rima Abdul-Malak, ce qui montre la part d’intérêt et de confiance que ce ministère porte à nos actions. PR : Les artistes étant parfois « égocentrés », sont-ils toutes et tous appétent(e)s à ce genre de propositions culturelles ? PG : Effectivement nos projets vont plutôt se réaliser avec des artistes qui ont le souhait de se confronter à un public éclectique avec un désir de « sortir de leur zone de confort ». Certaines compagnies artistiques cherchent ce type de projets comme matière première pour la création de leurs œuvres : par exemple des artistes travaillant sur l’écriture d’une pièce de théâtre peuvent avoir besoin de confronter leur texte grâce à l’interprétation de jeunes résidents (insertion de termes argotiques ou de témoignages de mémoire pour étayer un sujet…). Les artistes vont ainsi « nourrir leur art » et les résidents vont pouvoir s’initier au processus de création, prendre part à un projet en commun, performer, se sentir fiers de leur participation durant l’élaboration créative et lors de la restitution en public des projets. Pendant la période du Covid, les artistes ont été privés de leur public. Beaucoup ont eu à cœur désormais d’aller vers le public et de sortir des lieux culturels traditionnels. De plus, les professionnels de la culture ont pris conscience que dans les grandes institutions, au théâtre par exemple, c’est souvent les mêmes personnes qui se déplacent et du coup, nos actions leur permettent de s’ouvrir à de nouveaux publics. PR : Comment s’organisent les résidences d’artistes ? Ont-elles un protocole prédéfini en amont et une récurrence dans leur déroulement ? PG : Les artistes établissent le format, le calendrier de leurs interventions dans la résidence et de notre côté, nous leur signifions qu’une récurrence de leur présence est primordiale au bon déroulement de nos projets. Des étapes essentielles et identiques pour chaque action menée : présentation, lancement, développement et restitution avec des points d’orgue durant le projet. PR : L’ancrage territorial du bailleur social Poste Habitat se concentre essentiellement sur l’île-de-France, est-ce que des projets artistiques sont en cours dans les résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence ? PG : Nos activités sont effectivement concentrées sur l’île-de-France et nos résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence sont assez récentes, une quinzaine d’années. Depuis 2023, nous portons un nouveau projet pour chaque région et cette année, nous allons intégrer ces projets dans notre festival « Au-delà des toits ». PR : Actuellement les institutions culturelles ont-elles une réelle volonté à chercher de nouvelles manières d’attirer de nouveaux publics ? PG : Oui, c’est réellement tangible. Nous le voyons au travers de nos récentes et nouvelles collaborations : INRAP, centre Pompidou (dispositif 1 jour 1 œuvre ), musée de La Poste, Scène nationale de l’Essonne, pourparlers avec le musée du Louvre, le Palais de Tokyo ou encore Chaillot… PR : Peut-on considérer que ces actions culturelles permettent d’avoir un accès à la culture moins consumériste ? PG : Oui sans conteste. J’ai pour exemple un projet d’une série dont un épisode a été réalisé dans la ville des Ulis avec La Compagnie L’œil du Baobab qui a permis à une locataire retraitée de se découvrir une vocation d’actrice ; elle a été récemment recrutée comme figurante dans une série à gros budget tournée à La Défense. PR : Votre parcours professionnel est et a été résolument lié au secteur culturel (École du Louvre, DEA d’histoire contemporaine sur les relations entre la télévision et l’art, centre d’archives « musiques électro-acoustiques » de Pierre Schaeffer, maison d’édition Images modernes fondée par Bernard Picasso, Alliance Française à Toronto, comité d’entreprise de la Ratp), si vous deviez ne retenir qu’une de vos expériences, laquelle choisiriez-vous ? PG : Peut-être une expérience qui fait le lien avec tout mon parcours culturel, ma rencontre avec François Morel. Lorsque j’étais Directrice de la culture de l’Alliance Française à Toronto, je l’ai invité pour une présentation de son parcours d’acteur et pour l’enregistrement d’un billet France Inter à Radio-Canada. À mon retour en France, j’étais alors responsable du centre culturel de la Ratp, François m’a sollicitée pour une recherche d’orchestre qui pourrait l’accompagner pour sa dernière date de tournée de chant à l’Olympia. Je lui ai proposé l’orchestre des agents de la Ratp et ce fût un magnifique moment de partages artistiques. Ce même orchestre de la Ratp a joué avec l’orchestre du Club Musical de La Poste pour la première date du festival Au-delà des toits en 2022 dans notre résidence de Bagneux : la boucle était bouclée ! PR : Comment est né le festival des arts visuels « Au-delà des toits » ? PG : Dès la création de cette Direction de la culture. Ce festival met en valeur les projets grâce à ces restitutions et permet aux locataires de performer. PR : Quand aura lieu le prochain festival ? Sa programmation nous réserve-t-elle des surprises ? Sera-t-il parrainé ? PG : En 2023, le festival « Au-delà des toits » a duré 1 mois et proposait 16 manifestations. Cette année, le festival 2024 se déroulera sur une période plus longue : du 15 mai au 29 juin avec 22 manifestations dont 3 en régions. Deux partenariats importants ont été établis pour ajouter un concert à chaque manifestation : concerts classiques avec le festival OuVERTures et musiques actuelles avec les Musiciens du Métro de la Ratp. Pour la première fois, le festival aura un parrain : Jack Lang. Nous sommes très heureux et honorés de ce parrainage ! Festival 2024 « Au-delà des toits » © Toit et Joie - Poste Habitat Retrouvez l'interview de Jack Lang, Président de l’Institut du Monde Arabe, ancien ministre de la Culture et parrain du 7e festival Au-delà des toits. (1) Toit et Joie - Poste Habitat a été créée en 1957 à l’initiative d’Eugène Thomas, secrétaire d’état aux PTT, pour fournir de nouvelles possibilités d’habitation aux personnels des Postes et de Télécommunications qui ne bénéficiaient pas, à l’époque des contributions patronales du logement. Aujourd’hui, au sein du groupe La Poste , la SA Hlm Toit et Joie perpétue les valeurs qui ont présidé à sa création. Les missions de Poste Habitat poursuivent un objectif inchangé, à savoir loger prioritairement les postiers. Cependant, Poste Habitat n’a de cesse de se réinventer pour approfondir sa vocation initiale. C’est ainsi que le groupe a repensé son territoire d’intervention, originellement réservé à l’Ile-de-France (Toit et Joie –Poste Habitat – 15.000 logements annuels) et désormais étendu à la région Rhône-Alpes (800 logements), à la Provence (800 logements) et à la Normandie (600 logements). Article de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 227 (mai 2024)
- Visites virtuelles du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie
©49 Salon libre national à l' abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne ©photo Pierre Raffanel ©49 Salon libre national à l' espace culturel chapelle St-Memmie à Saint-Memmie ©photo Pierre Raffanel Retour en visites immersives 3D du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie et découvrez en "réalité virtuelle" 110 œuvres. 📍 Du 25 mai au 2 juin 2024 , 110 œuvres ont été exposées avec 100 artistes adhérent(e)s des 13 associations régionales de la fédération nationale de la Société Artistique de La Poste Groupe et Orange 🎨 Une exposition collective simultanément sur 2 sites d’exception : l’abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne et à l’espace culturel la Chapelle St-Memmie à Saint-Memmie. ☀ Cette édition a permis une fois de plus de rendre visible les réalisations des artistes postiers, des échanges entre artistes « amateurs » et professionnels, et au plus grand nombre d’accéder à la création artistique. Ces 2 visites virtuelles sont une première pour la fédération nationale créée en 1902. Elles vous permettront sans nul doute de parcourir en autonomie, de revivre et/ou d'approfondir cette exposition collective, « contextualisée » par le biais de cette immersion 3D. Laissez-vous surprendre par ces parcours artistiques sur vos écrans (téléphone, tablette, ordinateur), parcourez-les tout simplement par curiosité et venez admirer virtuellement ces 110 œuvres exposées dans ces 2 lieux patrimoniaux du département de la Marne. 👏 Un grand merci aux partenaires pour leur soutien dans la réalisation de ce 49 Salon libre national : COGAS de La Poste, département de la Marne, mairie de Châlons-en-Champagne, mairie de Saint-Memmie et le champagne Jean Baptiste Martin. 🤝 Curation nationale Pierre Raffanel curation régionale François Vigneron pour la SA Champagne Ardenne et réalisation des visites virtuelles Carlos Ansiaes. Post de Pierre Raffanel le 20 août 2024 Partenaires du 49 Salon libre national :
- « Éternelle Notre-Dame », l’expédition immersive en réalité virtuelle
Post de Pierre Raffanel ©Orange © Amaclio Productions © Emissive « Éternelle Notre-Dame » est une expérience inédite de visite de la cathédrale proposée et produite par Orange et Amaclio Productions. Équipés d’un dispositif immersif, les visiteurs peuvent explorer Notre-Dame de Paris totalement recréée numériquement, dans un espace de plus de 500 m2 . Ils peuvent ainsi vivre un véritable voyage à travers les secrets du monument, tout en (re)découvrant les événements et personnages historiques qui ont marqué son histoire. Réalisée par Emissive, sur un scénario de Bruno Seillier, Éternelle Notre-Dame est un défi technologique qui permet au public de plonger au cœur de l’histoire de la cathédrale, depuis sa construction au Moyen Âge jusqu’au chantier actuel de restauration, grâce à la réalité virtuelle. En se joignant à cette aventure, le public participe au financement des travaux : chaque visiteur devient donateur, Orange reversant une partie des revenus lui revenant au titre de l’exploitation de cette expérience à la Fondation Notre Dame pour le financement du programme d’aménagement intérieur de la cathédrale, à l’établissement public pour les travaux de restauration de la cathédrale et à la Ville de Paris, pour le financement du projet de réaménagement des abords du monument. Renseignements et réservations sur eternellenotredame.com à l’Espace Grande Arche de la Défense © Amaclio Productions © Emissive ©Orange ©Photo 1 Pierre Raffanel
- Des architectes inspirés par Notre-Dame de Paris...
Post de Pierre Raffanel ©UMA Ulf Mejergren Architects Le 15 avril 2019, un violent incendie touche au cœur Notre-Dame, cathédrale de Paris depuis près de 850 ans, icône du patrimoine français et monument le plus fréquenté d’Europe. Sa charpente en bois, édifiée en grande partie au XIIIe siècle, et sa flèche, construite par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, ont été détruites, emportant dans leur chute une partie des voûtes. Le soir-même de l’incendie, le président de la République annonce l'ouverture d'une souscription nationale pour reconstruire Notre-Dame de Paris, puis fixe l'objectif de rouvrir la cathédrale en 2024. Un élan de générosité sans précédent permet de financer l'ensemble des travaux. Une loi votée à l’été 2019 prévoit la création d'un établissement public, mis en place le 1er décembre de la même année. Sa mission première est d’assurer la restauration de la cathédrale. Un vaste chantier s'ouvre alors, mobilisant artisans et compagnons venus de toute la France. Sous la conduite des équipes de l'établissement public maître d’ouvrage et des architectes en chef des monuments historiques maîtres d'œuvre, tous sont à pied d'œuvre pour sauvegarder puis restaurer l'édifice. Notre-Dame de Paris retrouvera son architecture disparue dans l'incendie, sa flèche, sa charpente et ses voûtes, dans le respect de ces matériaux d'origine. De plus, grâce aux restaurations et nettoyages intérieurs, les visiteurs et les fidèles du monde entier redécouvriront en 2024 la beauté de ces pierres, de ses décors et de son mobilier d'art. Au lendemain de l'incendie, plusieurs agences d'architectes ont spontanément fait des propositions pour remplacer la flèche et la toiture disparues. Ces projets témoignent de l'inventivité des architectes contemporains. Néanmoins, ces choix de restauration auraient été contraires aux préceptes fondateurs de la restauration des monuments historiques, et c'est donc la restauration à l'identique qui a été privilégiée. ©UMA Ulf Mejergren Architects © ABH architectes ©Godart + Roussel architectes ©Mathieu Lehanneur ©Massimiliano e Doriana Fuksas Studio Fuksas ©Alex Nerovnya Architecture Studio ©Clement Willemin Architecture Landscape Design A partir du 15 février 2023, au Palais de Chaillot - Paris XVIe : Exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » coproduite par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
- NOTRE-DAME de Paris, un chantier hors du commun
Post et photos de Pierre Raffanel (conférence de presse du 14 février 2023) Exposition augmentée de Notre-Dame de Paris © Histovery © Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris © L'Oréal Groupe Une Exposition… Augmentée ! La Réalité Augmentée vous embarque pour un voyage immersif à travers 850 ans d’histoire de Notre-Dame de Paris. HistoPad en main, franchissez les portes du temps pour revivre l’extraordinaire épopée de la cathédrale, des bâtisseurs du Moyen-Âge au chantier actuel de sa restauration. Des fondations médiévales au chantier de restauration actuel en passant par le sacre de Napoléon ou le mariage d’Henri IV, revivez les plus riches heures de la cathédrale qui ont contribué à son statut emblématique de patrimoine mondial de l’Humanité. Avec la tablette HistoPad remise à l'entrée de l'exposition, scannez chacune des vingt-une portes du temps qui jalonnent le parcours de visite. Découvrez alors, grâce à la Réalité Augmentée, l'histoire presque millénaire de la cathédrale la plus visitée au monde. Découvrez une sélection non exhaustive de sept moments-clé qui ont contribué à faire de Notre-Dame de Paris ce trésor du patrimoine mondial de l'humanité. Entrée Expo "Des bâtisseurs aux restaurateurs" et unes de la presse mondiale lors de l'incendie ©photos Pierre Raffanel Exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » à partir du 15 février 2023 au Palais de Chaillot , coproduite par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Conférence presse - Catherine Chevillot, présidente de la Cité de l'architecture et du patrimoine et Philippe Jost, directeur général délégué de l'Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale © Photo Pierre Raffanel A deux ans de la réouverture de la cathédrale, cette exposition nous plonge au cœur de ce chantier hors-norme, du "chantier du siècle" et de ces bâtisseurs et constructeurs qui œuvrent à la restauration de l’édifice sur tout le territoire français : compagnons, artisans, architectes, ingénieurs, chercheurs… Equipements sur le chantier de restauration - Pierre de taille, agrafes métalliques datant du Moyen-Age © Photo Pierre Raffanel Le 19 avril 2019, « Notre-Dame brûle ! », ce terrible incendie provoque une immense émotion, qui va au-delà de nos frontières… A la suite de cette catastrophe, un élan de générosité de plus 340000 donateurs issus de 150 pays va permettre la mise en place du chantier de restauration qui sera placé dès le 1er décembre 2019 sous la responsabilité d’un établissement public dédié qui va en assurer la maîtrise d’ouvrage. Dès le lendemain du drame, la Cité de l’architecture et du patrimoine a « hébergé » quelques-uns des vestiges de la cathédrale : la statue du coq tombé de la flèche, les statues en cuivre des 12 apôtres et des 4 évangélistes placées par Eugène Viollet-le Duc en 1857 sur la flèche de Notre-Dame et déposées quelques jours avant l’incendie pour être restaurées. Parce qu’elle accueillait ses œuvres et parce qu’elle a pour mission de conserver et de valoriser le patrimoine français, la Cité de l’architecture et du patrimoine a souhaité présenter cette exposition : « Cela s’est imposé comme une évidence. Par ailleurs le lieu conserve une riche collection de moulages et abrite le fonds Viollet-le Duc. » nous confie Catherine Chevillot, présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Cette exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » permet une immersion totale au cœur du chantier, de cette aventure exceptionnelle qui se déroule au cœur de Paris et dans de nombreux ateliers partout en France avec ces hommes et ces femmes qui s’inscrivent dans la longue lignée des bâtisseurs qui ont façonné l’histoire de ce patrimoine mondial de l’humanité. Elle offre un lien privilégié avec l’édifice pour le moment inaccessible au public et permet de découvrir le savoir-faire des compagnons et artisans d’art qui œuvrent à rendre la cathédrale au culte et à la visite en 2024. Statues en cuivre des apôtres et évangélistes placées par Eugène Viollet-le-Duc Statues en cuivre des apôtres, évangélistes, ange St Mathieu et maquette de la flèche, © Photos Pierre Raffanel Vues panaromiques de l'exposition au Palais de Chaillot © Photos Pierre Raffanel Vue de la flèche de la cathédrale Notre-Dame (Charles Marville vers 1860), la flèche en cours de construction (Frères Bisson vers 1860) et détails de peintures murales (Maurice Ouradou vers 1870) © Photos Pierre Raffanel Coq de la flèche - entreprise Monduit d'après un modèle d'Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume 1854, restauration d'un des vitraux, demi-écoinçons ornés de rinceaux - portail Saint Anne vers 1140 © Photos Pierre Raffanel Tuyaux provenant du grand orgue de Notre-Dame de Paris - XVIIe et XIXe siècle - installation d'Olivier Chevron, facteur d'orgues et le tableau "Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés" Carle Van Loo 1743 DRAC Île de France © Photos Pierre Raffanel Affiche : Projet pour la restauration de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste Lassus,1843, dessin à l’aquarelle sur papier, fac-similé ©Médiathèque du patrimoine et de l’architecture/ Dist.RMN- Grand Palais
- Quand Barbara s’habille de pop et d’électro
Post et photos de Pierre Raffanel L'accordéoniste Roland ROMANELLI et Christophe MALI lors du concert hommage à Barbara "Musiques plissées" ©2026 photo Pierre Raffanel – Paris, le 19 mars 2026 – À l’invitation de la Sacem et de Sacem Université, l’auditorium Debussy-Ravel a accueilli hier soir « Musiques plissées – Génération Barbara », un concert hommage exceptionnel dédié à Barbara. Véritable manifeste pour la transmission culturelle, cet événement a marqué la rencontre entre une figure historique de la chanson française et la nouvelle garde de la création musicale. Il est des rencontres qui marquent une vie. En 2019, lors d'un déjeuner suite à une présentation de spectacles au Théâtre Raspail, Roland Romanelli me partageait avec passion ses souvenirs et moultes anecdotes aux côtés de Barbara. Sa fidélité à l'instrument, ce "piano à bretelles" si cher à l'artiste, laissait déjà présager que l’histoire n’était pas finie. Sous l’impulsion de la stratégie événementielle de la Sacem, la soirée a célébré l’hybridation des genres. Roland Romanelli, compagnon de route historique de Barbara, s’est associé à l’accordéoniste Sébastien Farge ainsi qu’aux jeunes talents du collectif Pulse Nation, dirigé par Stanislas. Ensemble, ils ont offert une relecture audacieuse du répertoire de la « Dame en noir », transportant l’accordéon — instrument symbole de nostalgie — vers des territoires pop, électro et lounge. Le point d’orgue de cette soirée, animée par Christophe Mali en maître de cérémonie pour l’occasion, fut la présentation d’une œuvre inédite : « Instants volés ». Cette chanson inachevée de Barbara a été finalisée et arrangée par les élèves de Pulse Nation, illustrant parfaitement la mission de la Sacem : faire vivre le patrimoine en le confiant aux créateurs de demain. Chanson inachevée de Barbara "Instants volés" avec Roland ROMANELLI et les élèves du collectif PULSE NATION ©2026 photo Pierre Raffanel Concert hommage à Barbara "Musiques plissées" avec les élèves du collectif PULSE NATION ©2026 photo Pierre Raffanel Ce rendez-vous souligne l’engagement de la Sacem et de sa branche Université dans l'accompagnement des nouveaux talents et la préservation dynamique des œuvres. En brisant les frontières entre les époques, « Musiques plissées » démontre que le patrimoine musical français reste une matière organique, capable de se métamorphoser au contact des technologies et des esthétiques contemporaines. Ce concert est un magnifique symbole de transmission ; un pont nécessaire entre l’histoire de notre répertoire et l’innovation qui définit la création actuelle. #Sacem #Musique #Innovation #Barbara #RolandRomanelli #PulseNation #Accordéon #Patrimoine #Culture Auditorium Debussy- Ravel au siège de la SACEM avent la soirée hommage à Barbara "Musiques plissées" ©2026 photo Pierre Raffanel











