@ l’ère numérique avec Florence LAFONT
- Pierre RAFFANEL

- il y a 21 heures
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Post de Pierre Raffanel - mai 2026
« Quand l’écran s’allume elle peint sur sa tablette
Toutes les couleurs sans pinceau qu’elle dit avec ses doigts. »
Inspiré par le travail créatif de Florence Lafont, J'ai tapé sur mon clavier ces quelques vers du texte de Jean-René Mariani, légèrement adaptés pour la circonstance.
J'aurais pu aussi intituler ce post : "Quand l'humanité flirte avec la créativité. "

Notre entrevue aurait pu être n’importe où… L’atelier de Florence est un nomade technologique. Le worshop de l’artiste numérique se déplace très facilement puisqu’il suffit d’un ordinateur portable, d’un logiciel de peinture numérique, d’une tablette et d’un stylet …Nul besoin d’une pièce dédiée, de chevalets, de pinceaux, de palettes, de tubes de peinture, de fixatifs …. L’ADN commun au « peintre traditionnel » et à l’artiste numérique c’est bien évidemment une bonne dose d’inspiration et de créativité.
Il y a vingt-sept ans, Florence était enquêtrice à la Sofres et lors de remplissages « fastidieux » de questionnaires elle a commencé à griffonner des dessins « pour rompre la monotonie ». Ensuite Florence a été recrutée guichetière à la Poste, au back-office puis au middle-office de l’agence télévente du 3634 à Noisy-le-Grand. Courant 2020 elle a souhaité quitter la région parisienne pour changer de rythme de vie, se rapprocher de la nature et s’installe alors dans le Beaujolais. Aujourd’hui encore, Florence est chargée de clientèle à Fleurie dans une maison France Services hébergée par La Poste où elle s’épanouit pleinement. Comme elle le dit si bien : « Je suis attachée à l'esprit de service, je chéris l'humain humaniste et priorise toujours l'échange, le partage et le dialogue. »

Mais revenons au chant lexical de la passion de Florence : calques, pixels, stencil , palette d’outils, tablette Wacom Bamboo, logiciel ArtRage, stylet, écran, souris…tous ces termes qui définissent l’univers de la peintre numérique. Mais aussi d’autres mots plus habituels au monde pictural comme feutre, pastel, aquarelle, huile, dessin…car la pratique numérique n’a pas de réelle limite. Toutes les techniques « traditionnelles » de peinture peuvent être reproduites. On peut aussi, me suggère Florence, utiliser un dessin réalisé au crayon, le scanner pour l’importer dans le logiciel adéquat puis le transformer à loisir et à satiété, en superposant des « calques » que l’on pourrait définir comme des couches superposées ou des pochoirs. Ainsi les éventuelles corrections ou changements se font plus facilement que sur une « vraie toile » : la liberté de l’erreur en quelque sorte !

Florence puise son inspiration dans son quotidien ; quelquefois même au bureau elle crayonne des ébauches de futures œuvres. Suite à un drame personnel, Florence a eu l’idée de concevoir des « cartes de deuil périnatal » pour faciliter l’envoi d’un message de soutien aux parents ayant vécu la mort précoce d’un nouveau-né…Ses réalisations deviennent alors œuvres sociales, un art thérapeutique offrant des mots et des images là où le silence est souvent trop lourd. Un art comme passerelle vers ce qu’on n’ose pas dire, un médiateur discret entre ce que l’on ressent et les non-dits.
Son double parcours est une magnifique illustration de la citation de Ralph Waldo Emerson qu'elle affectionne : « N'allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace. »





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