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  • 16 Biennale de Lyon - Musée GUIMET

    Post, photos de Pierre Raffanel (visite du 3 novembre 2022) 16 Biennale de Lyon - Manifesto of fragility - Musée GUIMET La Biennale d’art contemporain ouvre ses portes après deux ans et demi de recherches et de préparations approfondies avec 40 partenaires institutionnels, à Lyon et à l’international. Les expositions sont présentées dans 12 lieux de la métropole lyonnaise, dont plusieurs musées, ainsi que dans des sites abandonnés tels le bâtiment de l’ancien musée Guimet , qui ouvre à nouveau ses portes au public après 15 années d’inoccupation. Au total, 202 artistes de plus de 40 pays, dont les œuvres s’échelonnent sur deux millénaires, participent à manifesto of fragility . 16 Biennale de Lyon - Manifesto of fragility - Musée GUIMET 2022 ©Photos Pierre Raffanel Sam Bardaouil et Till Fellrath, commissaires de la 16e Biennale de Lyon, ont précisé : «Le titre de la Biennale, manifesto of fragility (Manifeste de la fragilité), traduit un sentiment actuel universellement partagé, qu’il s’agisse des craintes liées aux changements climatiques, aux destructions consécutives aux guerres, aux bouleversements engendrés par les maladies et les pandémies, ou aux situations de précarité des personnes marginalisées dans notre société. La fragilité est également formellement et conceptuellement au cœur de la création artistique et constitue le fil conducteur de toutes les expositions et des artistes participants. Constituant un rendez-vous important qui rassemble les différents acteur·rice·s du monde de l’art, les artistes comme les visiteur·rice·s, la Biennale propose un manifeste collectif qui affirme la fragilité comme intrinsèquement liée à une forme de résistance, qui nous permet de ré-imaginer notre avenir». Artistes ©ugo schiavi ©nadine labaki et khaled mouzanar ©lucile boiron ©clement cogitore ©daniel de paula ©kennedy+swan ©evita vasiljeva ©leyla cardenas ©mohammad al faraj ©puck verkade ©raed yassin ©tarik kiswanson ©zhang yunyao **2022©Photos Pierre Raffanel Le Musée Guimet Le musée Guimet a été fondé par Émile Guimet - industriel, chimiste, philanthrope et expert amateur de l’histoire des religions - au retour d’un voyage en Extrême-Orient. Inauguré en 1879, le bâtiment de l’architecte Jules Chatron met en valeur la collection d’art personnelle de Guimet et abrite une bibliothèque ainsi qu’un institut de recherche et d’enseignement. Le projet ne suscite cependant que peu d’intérêt de la part des étudiants ou de la ville de Lyon, ce qui incite Guimet à transférer sa collection dans un nouveau lieu, construit à l’identique, à Paris. Transformé en brasserie, en théâtre, puis en patinoire, le bâtiment lyonnais est finalement acquis par la Ville de Lyon, qui y transfère en 1913 les collections municipales du muséum d’histoire naturelle. Le musée ferme définitivement en 2007 et demeure depuis inexploité. En 2014, ses collections sont transférées au musée des Confluences, conçu par Coop Himmelb(l)au. Les périodes de prospérité et de déclin de ce musée et de son bâtiment abandonné incarnent des cycles de fragilité et de résistance qui font écho aux thèmes centraux de la 16e Biennale de Lyon.

  • Jouez, postez ! Rencontre de l'imaginaire postal avec l'univers du jeu.

    Post et photos de Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 novembre 2022 Venez vivre l'émotion d'un voyage en enfance grâce à cette rétrospective au doux parfum d'antan ! (Entrée de l'expo - Tricycle à pédales ©Musée La Poste ©Photos Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 -11- 2022) Avec plus de 250 pièces issues essentiellement des collections du musée et une scénographie immersive et ludique, directement inspirée des jeux de construction, cette exposition est une véritable déambulation dans un centre-ville intemporel et coloré (école, église, gare, mairie...et bureau de poste), clin d'oeil à la tournée du facteur. (©Musée de La Poste ©Photos Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 -11- 2022) Le parcours de visite se décline en quatre thèmes. La Poste, un sujet à l’école Tout au long du XXe siècle, La Poste et ses innovations ont figuré en bonne place dans nos programmes scolaires. Des manuels pédagogiques aux inoubliables « bons points » distribués par la maîtresse, remontez le temps et prenez place sur les bancs de l’école. De l’image à la boîte de jeux L’invention de la chromolithographie et le perfectionnement des techniques d’impression ont permis le développement de l’imagerie enfantine dans les années 1890. Rapidement, les vignettes à collectionner connaissent un succès considérable et sont reprises par un grand nombre de marques. Les jeux de société leur emboiteront bientôt le pas, déclinant à l’envi jeux de plateaux et jeux pédagogiques autour de l’univers postal. Quand je serai grand… L'enfant appréhende mieux le monde des adultes lorsqu'il est ramené à son échelle. Déguisements, bureaux de poste miniatures, voitures et trains mécaniques ont nourri bien des imaginaires et fait naître bien des vocations. Des héros sur papier, sur scène ou la télévision Le facteur et ses péripéties, La Poste et tout ce qu’elle évoque, sont au cœur d’un grand nombre d’aventures qui ont bercé notre enfance. L’exposition propose aux visiteurs de redécouvrir ces « madeleines de Proust » : des anciens imagiers destinés aux tout-petits à la littérature enfantine, du théâtre de Guignol au petit écran et ses personnages emblématiques tels que les héros de Bonne nuit les petits ! ou encore le facteur de l’ Île aux enfants. (©Collection du Musée de La Poste ©Photos Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 -11- 2022) La visite s’achèvera en apothéose avec… le Secrétariat du Père Noël ! Créé en 1962, il célèbre cette année son soixantième anniversaire. Bon nombre d’entre nous lui ont écrit leur première lettre, une expérience dont chacun garde un heureux souvenir. À l’issue de leur visite, les plus jeunes de nos visiteurs seront invités à écrire eux aussi leur lettre au Père Noël ! Première carte-réponse du Père Noêl, René Chagnard dit Chag et Françoise Dolto - 1963 - Carte postale © Collection Musée La Poste - Paris (©Photos Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 novembre 2022) Post et photos de Pierre Raffanel lors de l'inauguration le 30 novembre 2022

  • LAUZERO, une musicalité lumineuse

    Post et photos de Pierre Raffanel du 28 janvier 2023 Exposition « Un hymne à la Lumière » LAUZERO du 27 janvier au 6 février à l’Espace Lucie Aubrac à Montmorency Exposition "Un hymne à la lumière" Hommage à Albert LAUZERO Né à Fleurance dans le Gers, ce peintre est davantage attiré par les molles boucles de la Seine, les toits en bâtière des clochers tapis d’Île de France, les coteaux de Montmorency que par les sites de sa Gascogne natale… « Partant d’une palette réduite, il sait par un mûr et patient travail de la brosse faire vibrer des gris et des bleus, d’une multiple et rare distinction, dans des ciels souvent immenses, et sur un dessin nerveux, que rongent de légères épaisseurs de matière, donner du corps à tous les éléments solides, évoquant plus que représentés, avec une infinité d’ocre en des bruns chauds, quelques rouges, quelques émeraudes et de grands blancs crayeux savamment modelés. » Ces œuvres sont souvent musicales. Une vibration, une émotion envoûtante, une vision poétique se dégagent de ces toiles où l’on ressent également une volonté affirmée, une nature discrète et délicate, un dépouillement de construction qui conduit l’artiste aux limites de l’abstrait. Sa tendance à structurer les surfaces en formes géométriques, en prismes de lumière, en verticales qui s’élèvent, évoque une certaine spiritualité. Vernissage en présence de la fille du peintre Pascale Lauzero, du Maire de Montmorency Maxime Thory ,de l’adjoint à la culture Éric Sauray et en partenariat avec l’association Nature & culture en vallée de Montmorency ©Photos Pierre Raffanel ©NEIGE (1963) albert LAUZERO ©Royal Festival Hall 1970 albert LAUZERO Albert LAUZERO en quelques dates : - Arrive à Paris en 1927,dès son arrivée la" lumière" de l'Île de France l'émerveille - Fait son service militaire à Montpellier et prend conscience de sa vocation d’artiste - Retour à Paris - Tombe malade en 1933, se soignera pendant 5 ans, cessant même de peindre et dessiner · 1ère exposition particulière Galerie Carmine en 1947 · Un des fondateurs avec René Blanc et Charles Pollaci de l’école de Pontoise · Membre de la Société Artistique PTT dès juin 1957 grâce au secrétaire général Gaston Penavayre et à l’entremise de Georges Massié, directeur adjoint des Beaux-arts de la ville de Paris · Un des membres fondateurs du groupe 109 en 1982

  • Iconique et audacieuse Notre-Dame : au cœur du chantier

    Post et photos de Pierre Raffanel lors de la conférence de presse le 6 mars. Fresque illustrée autour du chantier de restauration de la cathédrale © photo Pierre Raffanel Mardi 7 mars 2023 : jour d’ouverture du nouvel Espace Notre-Dame sous le parvis de la cathédrale en accès libre et gratuit. Plus de 6 mois de travaux ont été nécessaires pour transformer l’ancien parking en un véritable lieu d’accueil et de découverte dédié à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Conférence de presse du 6 mars - A droite de la photo, Lisa Bergugnat ©photo Pierre Raffanel Cette exposition est au cœur des missions de valorisation du chantier et des métiers qui concourent à la restauration de la cathédrale. Elle met en lumière des savoir-faire multiples, certains d’entre eux ont même permis de renouer avec des « gestes ancestraux ». Pour mieux comprendre les enjeux du chantier, une grande maquette pédagogique présente quatre focus - la forêt de Notre-Dame, les voûtes, le beffroi nord et la charpente de la flèche - ainsi que deux opérations de la restauration, sous forme de films d’animation : la restauration des chapelles et la restauration de la croisée du transept. Un film immersif nous plonge au cœur du chantier, retraçant l’évolution des travaux de sécurisation et restauration depuis le 15 avril 2019 à aujourd’hui. Chacun des huit îlots thématiques se polarise sur une opération spécifique, à travers des œuvres d’art, des vestiges, des schémas, des films d’animation et capsules vidéo : la couverture et ses ornements, les peintures et les vitraux, les voûtes et les éléments sculptés, la charpente, le grand orgue et les cloches… Maquette pédagogique à l’échelle 1/55e de la cathédrale pour appréhender 6 opérations clefs de la restauration © Pierre Raffanel Restauration des peintures et des vitraux. Vitrail issu du cloître de la sacristie représentant la légende de sainte Geneviève, patronne de la ville de Paris © Pierre Raffanel Restauration de la charpente et de ses ornements avec l’exemple d’un grand-duc qui ornait la flèche © Pierre Raffanel Reconstruction de la charpente : maquettes pédagogiques de l’élaboration d’une ferme de charpente © Pierre Raffanel Restauration du grand orgue, un mannequin d’orgue miniature est exposé et peut être manipulé © Pierre Raffanel Fresque des métiers présentant toute l’étendue des savoir-faire mobilisés sur le chantier © Pierre Raffanel Vue extérieure de la cathédrale - Fresque illustrée de Adjim Danngar © Pierre Raffanel Informations pratiques : « Notre-Dame de Paris : au cœur du chantier » , la Maison du chantier et des métiers Espace Notre-Dame - Parvis de la cathédrale (entrée face au 6 rue de la Cité) – 75004 Paris Du mardi au dimanche, de 10h à 20h Accès libre et gratuit, sans réservation Plus d’informations sur : rebatirnotredamedeparis.fr

  • Avant-première ART PARIS 2023

    Post et photos de Pierre Raffanel le mercredi 29 mars 2023 © ART PARIS 2023 © Photo Pierre Raffanel En visite en avant-première de la 25e édition d’Art Paris le 29 mars, ma déambulation m’a mené dans la partie « Solo show » de l’exposition et m’a permis de découvrir, de redécouvrir les œuvres d’ artistes qui ont eu un lien avec l’association La Société Artistique de La Poste Groupe et d’Orange. En effet Jean Dewasne et Louise Barbu ont respectivement en 1984 et 1993 réalisé la couverture de la revue Post’Art (Arts PTT) et Vincent Bioulès a fait l’objet d’une chronique d’Alain Assémat dans la rubrique « Poussant la porte du musée Fabre à Montpellier » en novembre 2020. J’ai été particulièrement sensible à l’initiative de la Galerie Françoise Livinec de rendre hommage à la peinture de Louise Barbu, à ces représentations de l’inconscient révélant des formes élastiques en lévitation. Au premier coup d’œil on reconnaît les toiles de cette artiste : « Nous nous sommes approchés d’une intimité. Nous contemplons une solitude métaphysique. Non pas celle que l’on trouve chez Ernst ou Alechinsky. Car la solitude ici est heureuse. Les formes sont entre elles. Elles abritent une lumière qui monte à travers leur épiderme et répand sur elles avec livéralité, sa brûlante blancheur. » (Henri Raynal). Un esthétisme rondement sensuel… © Louise Barbu / galerie Françoise Livinec ART PARIS 2023 © Photo Pierre Raffanel   © Jean Dewasne / galerie Patrice Trigano ART PARIS 2023  © Photo Pierre Raffanel  © Vincent Bioulès / galerie La Forest DIvonne ART PARIS 2023 © Photo Pierre Raffanel   © Jean Dewasne / galerie Patrice Trigano ART PARIS 2023  © Photo Pierre Raffanel

  • 75 ans de Pif le chien

    Post et photos de Pierre Raffanel © Pif le chien et le chat Hercule © Mircea Arapu - Arnal © Vaillant Ça se fête en grand au Musée en herbe : * l’artiste Pop Art Benjamin Capdevielle et son œuvre taquin originale en 100 cubes ** la dédicace du nouvel album PIF par Mircea Arapu ***le chanteur Ycare ! ****le nouveau timbre officiel de Pif : le premier strip du monde Pif le chien a 75 ans. Né sous le crayon d’Arnal, le 28 mars 1948, le petit chien des français est bien vivant. Il séduit aujourd’hui les plus jeunes lecteurs et va retrouver le chemin de l’animation… © le strip le plus long © photo Pierre Raffanel YCARE lors du vernissage avec Pierre Raffanel © photo Marie Bueno © dédicace de Mircea Arapu © photo Pierre Raffanel Happy PIF birthday © Vaillant © photo Pierre Raffanel © Oeuvre taquin de Benjamin Capdevielle © photo Pierre Raffanel

  • Une leçon de peinture avec Jean- Claude Gérodez

    Vous croisant lors d’un de vos ateliers , j’ai pu assister « à chaud » à une leçon de peinture, conviviale mais néanmoins studieuse, et vous ai proposé de relater nos échanges au travers de cette interview. Pierre Raffanel : Tout d’abord, merci pour votre disponibilité et votre accueil bienveillant. Dans votre ouvrage « La leçon de peinture » (éditions Eyrolles) vous nous dites qu’il s’adresse à des « amateurs éclairés », curieux d’approcher le « beau métier » ? Qu’en est-il ? JcG : La grande affaire de mon parcours se résume en deux versants : mon travail individuel d’artiste peintre et graveur tout d’abord puis le rapport aux ateliers, l’envie de transmettre et de partager mon savoir et mon vécu…l’art comme aventure et comme « métier »… Séance atelier avec Jean Claude Gérodez et ses élèves © 2023 Pierre Raffanel PR : quid de l’enseignement artistique ouvert au plus grand nombre ? JcG : Notre civilisation des loisirs qui se targue depuis nombre d’années de surconsommations diverses, de divertissements factices a engendré des activités culturelles multiformes démocratiques et nécessaires : « le tout est possible pour tout le monde » ! Mais pour que toutes les démarches soient défendables, elles doivent être exigeantes, humbles, et connaître les éléments fondamentaux des techniques du dessin et de la peinture : dans l’idée de monstration, c’est la moindre des politesses ! Au cours des ateliers une solidité de pensée se forge, authentique, un réel travail de recherches, d’études en lien direct avec l’histoire de l’art. PR : faut-il être artiste pour enseigner efficacement ? JcG : je crois que les grands artistes ne sont pas et n’ont pas toujours été de grands pédagogues, et inversement des artistes de moindre talent peuvent être d’excellents enseignants. L’artiste-professeur, pour être authentique dans sa démarche, doit être immergé dans « l’aventure » au quotidien : physiquement, moralement, spirituellement proche des histoires de l’art planétaire. PR : inversement, serait-il possible d’enseigner sans pratiquer la peinture ? JcG : pas à ma connaissance. Le transmetteur a souvent une « personnalité », une authenticité, une générosité; et fondamentalement place l’art au sommet de la pyramide. Tant que nous n’aurons pas saisi que dans l’éducatif, l’Art sous toutes ses formes n’est pas la périphérie mais le centre de nos préoccupations éducatives, alors on n’aura rien changé de nos systèmes sociaux, politiques et existentiels ! PR : quelles sont les premières notions que vous transmettez à vos élèves ? JcG : Pour mon enseignement, je propose des exercices divers que nous corrigeons ensemble par de nombreuses analyses partagées. L’apprentissage artistique est avant tout un dépassement de soi, une manière de laisser paraître une sensibilité fine pour la recherche de son propre langage. Solidité technique et réalisation de sa propre vision de la peinture. Séance atelier au Musée du Louvre avec Jean Claude Gérodez avec ses élèves pour une analyse partagée d’un croquis « sur le motif » © 2023 Pierre Raffanel PR : quelle est le rôle de la matière dans l’apprentissage ? JcG : essentielle et fondamentale. La clé de la technique en peinture est de transmuter la matière picturale, le pigment en pure poétique. La peinture commence lorsque l’image s’efface. Or la problématique aujourd’hui, est que l’on fabrique des images, alors que nous pourrions probablement accomplir une diète salutaire ! L’image est un leurre puisque tout se joue dans la vibration de la matière picturale. PR : est-il indispensable que l’élève se confronte à un maximum de techniques : graphite, fusain, encre, lavis, gouache, pastel sec et à l’huile, peinture à l’huile et acrylique ? JcG : oui car tout artiste a et doit avoir une palette extrêmement étendue. Pourquoi ? Parce qu’un matériau, un pigment vont tellement faire signe et vont engager une ouverture le plus souvent, insoupçonnée… PR : quelle place donnez-vous au vide dans l’art et quels sont les notions fondamentales de l’apprentissage ? JcG : aussi importante qu’est le silence en musique. Ce vide qui provoque cette curiosité, cette lucidité de ce qu’est un espace à peindre c’est-à-dire ce travail idéal entre les pleins et les vides qui va rythmer la structure d’une toile. Ensuite se jouent les éléments clés : l’espace, le trait, les lignes, les rythmes, le mouvement, la lumière, la couleur … PR : vous semblez très attaché à donner une dimension poétique à la peinture ? JcG : oui car l’artiste a une responsabilité sociale que l’on pourrait qualifier de poético-politique, cela me paraît fondamental « d’habiter le monde en poète ». PR : le déroulé de chacune de vos séances est-il toujours identique ? JcG : oui et non. Cela dépend des ateliers, des participants. Le fondement est le même : une exigence technique. Durant une séance je fais des propositions de temps plus ou moins longs par des croquis rapides, des études d’une heure ou deux, des explorations de techniques mixtes, de modelage de la terre, de gravure…La structure de fond reste la même et peut, en fonction de ce qui se déroule dans leur travail, évoluer et se moduler. PR : l’art oscille entre représentation du réel et pensée abstraite, quelle est votre méthode pour guider l’élève dans ses choix ? JcG : pour la dite réalité, nous avons en atelier le goût absolu et constant de l’observation du monde, d’un portrait, d’une nature morte, d’un paysage « sur le motif »… Comme disait Goethe : « On ne voit bien que ce que l’on a dessiné ». Il faut apprendre à voir et non regarder. Une peinture repose sur une architecture solide, une conception alliant géométrie et érotisme. On travaille à développer notre imagination. Nous nous appuyons sur toute la littérature, ouvrages importants d’historiens d’art comme Daniel Arrasse par exemple… Pour ce qui est de l’abstraction, il n’y pas de clivage avec la figuration : chez Nicolas Poussin, figuratif, résonne néanmoins la pensée abstraite... Chez Poliakoff, non- figuratif se tient la figuration parce qu’il emploie des matériaux, une toile qui sont figuratifs ! Je préfère le terme de peinture non figurative pour désigner l’abstraction. PR : pourquoi le « nu » est-il si formateur ? JcG : parce que ça s’adresse à ce que nous sommes : le corps. Les artistes ont manipulé le corps humain jusqu’à en donner une vague apparence, creusant dans nos réalités physiques, nos esthétismes. La beauté existe dans des modèles très différents, de tous âges. PR : une connaissance de l’histoire de l’art et de ces divers courants artistiques sont-ils des passages obligés pour l’apprentissage ? JcG : indispensable. Séance atelier avec Jean Claude Gérodez et ses élèves © 2023 Pierre Raffanel PR : peindre semble plutôt un acte solitaire . Pour autant, l’atelier est-il un espace de partage et de transmission ? JcG : oui, l’atelier est une chance inouïe de partager toutes nos différences, nos diverses conceptions. Mon rôle est d’accompagner l’élève dans toutes les directions. PR : l’apprentissage de la peinture permet-il de nous « grandir humainement » ? JcG : chaque démarche artistique nous permet d'être plus haut avec nous-mêmes et par conséquent plus juste avec les autres, plus accueillants plus authentiques. Chaque démarche artistique nous élève, plus curieux du mondes et des autres. C'est une nourriture indispensable et une fête de l'esprit. (chronique de Pierre Raffanel dans la revue Post'Art 10 - juin 2023) Séance atelier au Musée du Louvre (cour Marly - aile Richelieu) avec Jean Claude Gérodez en plein échange avec ses élèves pour une analyse partagée d’un croquis « sur le motif » © 2023 Pierre Raffanel

  • Autochromes en Pays Basque

    Affiche de l’exposition « Le Pays Basque en couleurs. Autochromes, 1907-1935 » © photo Antonin Personnaz "Attelage de boeufs vers Villefranque ©Collection Société française de photographie L’exposition « Le Pays Basque en couleurs. Autochromes, 1907-1935 », est à voir au Musée basque et de l’histoire de Bayonne jusqu’au 14 janvier 2024. On y découvre un Pays Basque quasi ethnographique grâce aux 225 clichés exposés, représentatifs des paysages et mœurs du territoire, dans les premières décennies du XXe siècle. La technique de l’autochrome, procédé trichrome sur plaque de verre inventé en 1903 par les Frères Lumière fût le premier procédé de photographies en couleur et nous permet une déambulation colorisée étonnante dans le passé au travers de ces images, comme autant de témoignages d’une époque. Jacques Battesti, attaché de conservation pour l’institution bayonnaise, a conçu le commissariat avec le Musée basque de Bilbao et en partenariat avec le Musée départemental Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt. Fruit d’un minutieux travail de recherche, cette sélection d’autochromes est fascinante et nous témoigne des périodes de transformation du territoire basque : modes de vie traditionnels, encore largement dominants, nouvelles pratiques des loisirs, croissance des villes et déploiement exponentiel de la modernisation… Ces photographies sont quelquefois de belles images comme celles d’Antonin Personnaz, un Bayonnais, ami de Léon Bonnat et des peintres impressionnistes que l’on qualifie de pictorialistes ; d’autres mémorielles, comme les clichés sur la vie quotidienne d’Eulalia Abaitua, photographe de Bilbao et enfin les images à usage documentaire comme celles d’Auguste Léon, un des opérateurs des Archives de la planète. Par deux fois en 1924 il est venu au Pays basque, s’intéressant aux modes de vie, à l’architecture sous l’impulsion du géographe humaniste Jean Brunhes. Le Musée Basque de Bilbao actuellement fermé au public pour cause de rénovation accueillera dès sa réouverture cette exposition dans les nouveaux espaces de cet édifice du XVIIe, anciennement église et collège San Andrés de la Compagnie de Jésus, niché au cœur du centre ancien de Bilbao…à suivre sur www.euskalmuseoa.eus Vue de l'exposition : photos de ©1912 Charles Adrien ©1928Auguste Léon ©1907 Antonin Personnaz ©2023 photos Pierre Raffanel Vue de l'exposition et photos de Biarritz par ©1912 Charles Adrien ©1928Auguste Léon ©1907 Antonin Personnaz ©2023 photo Pierre Raffanel

  • Fresque de Roger PENDARIèS

    Fresque de Roger Pendariès - tryptique situé au Crec Toulouse ©2025 photo Pierre Raffanel ¶ Patrimoine postal ¶ Clin d’œil à la fresque de Roger Pendariès lors d’une visite impromptue du Centre de Relation et Expertise Client de Toulouse, rue Palaprat lors des Journées du Patrimoine 2025. Ravi de constater la préservation de cette fresque lors des travaux de réfection de la cantine du Crec grâce à l’action concertée de Jean François Bessoles et à la mobilisation de l’association Société Artistique Midi-Pyrénées et d’Alain Aost. Le Centre régional des services financiers de Toulouse fut créé en 1956 par l’architecte toulousain, Paul de Noyers. Dès 2015 la Banque Postale lance une refonte et une restructuration de ses centres financiers qui seront renommés Centre de Relation et d’Expertise Client.   ¶ Historique de la réalisation de la fresque ¶ Trois maquettes proposées par l'artiste dans les années 70 : les abords de la Garonne au cœur de Toulouse, un paysage des Pyrénées Orientales et celle choisie par le directeur des Chèques postaux : plage de Saint Cyprien / Argelès-sur-Mer . Description de la fresque : tryptique (6.84m -2.88x3- sur 1,6m) – huile sur panneau composite bois – réalisée par le peintre postier Roger Pendariès sur une période de 3 mois. ¶ Parcours de l’artiste postier Roger Pendariès ¶ Roger Pendariès, authentique toulousain et peintre de la « couleur et du chant de la vie ». En 1943, à 14 ans, après son certificat d’études il entre dans l’administration postale comme télégraphiste. Dans les années 70, commandes par les PTT de grandes fresques : Chèques Postaux de Toulouse et les Télécoms d’Albi. En 1980 il réalise avec René Bonnefont la décoration de l’Office National des Annuaires à Bordeaux. En 1986 et 2005, invité d’honneur au Salon National de la Société Artistique au Musée de la Poste à Paris. Fêtera bientôt ses 97 ans… En savoir plus > chronique de Pierre Raffanel - revue Post’Art – mai 2022 Tryptique de Roger Pendariès - restaurant d'entreprise - Crec Toulouse La Poste - La Banque Postale ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 1 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 2 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 3 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel

  • Interview TV Patrol TFC news

    Interview de Pierre Raffanel pour un reportage de TV Patrol TFC news - Diffusion TV aux Philippines Un reportage sur les artistes philippins. Diffusion TV Patrol TFC news aux Philippines. Interviews du curateur Pierre Raffanel, de l'assistante curateur Marie Bueno et de l'artiste Djorella lors du 94 Salon national d'art contemporain au Bastille Design Center à Paris.

  • Olympiade culturelle "Fête du sport"

    Nageuse (aquarelle) François Bonharme Gernez & Réalisation Fabiola Lheureux A l 'occasion des “jeux olympiques et paralympiques” qui ont lieu du 26 juillet au 8 septembre 2024 en France, la fédération de la Société Artistique à l'initiative de Pierre Raffanel a proposé à ses artistes adhérent(e)s une animation dans le cadre de cette olympiade culturelle JO Paris2024. "Rien à gagner, ni à perdre, juste l’envie de s’amuser, de participer et de montrer des créations sur le thème du SPORT " Post de Pierre Raffanel (septembre 2024)

  • La galerie associative : Corrèz'Art à Tulle

    Post de Pierre Raffanel - Parution revue Post'Art décembre 2023 Reportage réalisé en juillet 2023 Une des salles d’exposition de la galerie associative Corrèz’Art à Tulle © 2023 photo Pierre Raffanel Et si les vrais amateurs d’art étaient ceux qui dépensaient quelques centaines d’euros pour acquérir une toile ? Et si, sur notre route, nous faisions une halte en spectateur privilégié, au sein de la galerie associative Corrèz’Art située à Tulle qui, au fil du temps et des collaborations artistiques, a noué de belles synergies avec les artistes locaux amateurs et essaimé un réseau culturel sur la Creuse et les départements limitrophes. On a tendance à l'oublier, mais le mot « amateur » vient du verbe aimer . L’objectif avoué de cette galerie associative : rapprocher les artistes et leur public, découvrir de nouveaux talents et suivre leur progression, assurer à des artistes dits « amateurs » une visibilité certaine et assidue. La démarche artistique prime sur le reste, l’essentiel étant de transmettre des émotions et de rendre l’Art plus accessible. En mettant en avant la galerie Corrèz’Art à Tulle, j’ai voulu signifier l'importance de ces "poumons culturels" locaux qui font battre le cœur de nos régions. Ces galeries associatives sont avant tout des vecteurs d’émotion, de lien social et d’une certaine façon d’une démocratisation de l’acquisition d’une œuvre. La force de ce type de structure réside dans leur capacité à briser la glace entre le créateur et le regardeur.     Corrèz’Art à Tulle avec Gérard Dupuch, son Président et fondateur © 2023 photo Pierre Raffanel Pierre Raffanel : Quand la galerie associative Corrèz’Art a-t-elle été créée ? Gérard Dupuch (Président et fondateur de Corrèz’Art ) : Depuis 2010, nous sommes une galerie associative qui est généraliste, ouverte toute l’année avec des artistes adhérents permanents et d’autres artistes invités au fil de nos expositions. PR : Lors de la création de votre galerie associative en 2010, des galeries d’art dites « professionnelles » avaient-elles pignon sur rue à Tulle ? GD : Oui, quelques-unes en 2010 et puis en 2013, elles ont fermé progressivement. Celle de Brive a même migré à Arcachon, puis à Cannes, Megève…bref, dans des endroits plus touristiques et avec une clientèle plus huppée. PR : Pourquoi avoir ouvert une galerie associative ? GD : Au départ, ce fût à l’initiative d’un groupe d’artistes amis qui souhaitaient montrer leur travail avec un rayonnement régional et avec le désir de mélanger des artistes amateurs et professionnels. Pour nous, la qualité des œuvres ne dépend pas du « statut » du créateur, le professionnel étant celle ou celui qui désire vivre de son art et en faire son métier tandis que l’amateur pourrait se qualifier « de peintre du dimanche » n’ayant pas pour activité principale la peinture. En revanche, nous avons été vigilants au fait que ces artistes amateurs soient en règle avec la législation, fiscalité etc…   PR : Le prix des œuvres est-il le même en galerie associative que dans les galeries d’art ? GD : Tout dépend des galeries et surtout des artistes qui exposent. Les galeries qui ont ce que j’appelle « des signatures » vendent plus cher. Ces artistes « côtés » ont des prix en conséquence… PR : Donc, il y aurait plusieurs catégories d’artistes ? GD : Il y aurait, pour moi, 3 niveaux pour ce « marché » de l’art. Le 1 e  niveau serait le nôtre : amateurs et petits professionnels avec un petit cercle de clientèle ; le 2 e  niveau serait des artistes avec une côte intéressante, un réseau et travaillant avec des galeries et des agents avec une clientèle plus ciblée et le 3  e  niveau serait celui de la spéculation avec des prix qui « explosent » ! PR : Corrèz’Art a-t-elle des collaborations avec d’autres associations artistiques et sous quelles formes se concrétisent-elles ? GD : Oui, quasiment toutes celles de la région, en Corrèze et aux alentours…les artistes souvent « voletant » d’une association à une autre ! Nos collaborations sont des occasions d’expositions en commun, d’autres fois cela donne la possibilité de mutualisation de matériel. Mais nous avons des difficultés grandissantes à opérer des synergies car les associations artistiques sont confrontées au vieillissement de leurs instances dirigeantes et elles ne trouvent pas de successeur. Les adhérent(e)s artistes sont de moins en moins acteurs des associations et de plus en plus consuméristes. PR : Corrèz’Art a-t-elle de futurs projets ? Oui l’organisation d’expositions hors les murs dans le but de faire connaître l’association en dehors de la Corrèze : bassin d’Arcachon, Lot et Garonne et également faire grandir nos ateliers de dessin et peinture ; et continuer notre sympathique et fructueux partenariat avec la résidence séniors « Les Lucioles » à Tulle. Une des salles d’exposition de la galerie associative Corrèz’Art à Tulle © 2023 photo Pierre Raffanel Post-scriptum : La galerie associative Corrèz’Art a baissé le rideau en décembre 2025. Elle réalise désormais des expositions ponctuelles ici et là. Quatre expositions sont prévues en cette année 2026, Naves, Cosnac, Limoges et enfin Tulle…

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