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  • Laque européenne : techniques et procédés

    Techniques et procédés par Yolande MICHELON Reportage de Pierre Raffanel Réalisé dans l'atelier de Yolande MICHELON " LACtelier" à Fleury La Vallée dans l'Yonne L' atelier de Yolande MICHELON baptisée : LACtelier à Fleury La Vallée © 2023 photo Pierre Raffanel L e mot laque   est utilisé au féminin lorsqu’il s’agit du produit et au masculin lorsqu’il s’agit de l’œuvre d’art. La laque est un suc naturel d’un arbre poussant en Asie « arbre à laque » (Rhus Vernicifera). Cette laque dite végétale est peu utilisée en Europe pour des raisons climatiques. En 1730, les frères Martin mettent au point une laque à base de Copal, mais vers le milieu du XIX e , les progrès de la chimie permettent la mise au point de vernis de meilleure qualité. Les artisans européens cherchèrent à imiter la technique « ancestrale » et sa matière jusqu’à inventer un style purement occidental qui ne cessera dès lors d’évoluer. La période Art Déco, avec en particulier Jean Dunand, a vu l’émergence d’un style parfaitement lisible dans l’univers décoratif. Aujourd’hui les artistes s’expriment au moyen de vernis synthétiques bénéficiant des innovations technologiques de l’industrie chimique : laque cellulosique, polyuréthane et polyester (dite laque européenne). La laque est aujourd’hui en constante évolution et ne cesse de s’enrichir de nouvelles expressions qui métissent les techniques traditionnelles et modernes pour faire émerger un art à part entière. La laque Européenne dans sa vision contemporaine existe pour elle-même et non plus pour servir à recouvrir des meubles. Entoilage du support bois avec de la tarlatane  ©2023 photo Pierre Raffanel   Technique : Les supports : bois, fer, terre… Entoilage du support : tarlatane et colle de peau Plusieurs couches de blanc d’apprêt Couleurs : pigments broyés Liant : vernis, térébenthine Couche de blanc de Meudon et de liant (vernis + térébenthine) © 2023 photo Marie Bueno   L’oxydation : On utilise la propriété d’oxydation qu’offrent le cuivre et l’argent.   La métallisation : Grâce à des feuilles d’or, de cuivre, d’argent collées sur le fond ou sur le motif. Ajout de poudre métal : cuivre, or, argent, aventurine… L’incrustation (noyée ou rapportée) : Le support est recouvert de matériaux très minces (coquille d’œuf, nacre) ou de morceaux épais taillés (écaille, ivoire) et enchâssés dans des cuvettes creusées à leurs mesures.   Décors : Inclusion de couleurs : superposition de plusieurs couleurs en couches plus ou moins régulières. Après ponçage ces couleurs réapparaissent incrustées les unes dans les autres. Ponçage à sec © 2023 photo Pierre Raffanel   Le ponçage Travailler par enlèvement. Le ponçage consiste en enlever partiellement les couches de peinture, pour retrouver le tracé du décor composé en amont. C’est également enlever toutes les traces de pinceaux et des impacts de poussière. Ponçage à l’eau et nettoyage au fur et à mesure à l’éponge  © 2023 photo Pierre Raffanel Le lustrage Tout se révèle par le lustrage : la brillance, la profondeur, les merveilles mais aussi la moindre imperfection. C’est le moment de vérité qui sanctionne des mois de travail. La finition peut-être brillante, satinée ou mate Lustrage...et lustrage © 2023 photo Pierre Raffanel     Technique d’incrustation de coquilles d’oeuf © 2023 photo Pierre Raffanel   Les différentes étapes de la technique de la laque sur un même support  © 2023 photo Marie Bueno Divers papiers pour le ponçage à sec et à l’eau ©2023 photo Pierre Raffanel De la nacre ©2023 photo Pierre Raffanel

  • La culture en pied d’immeubles

    Rencontre avec Patricia Guérin, Directrice de la culture du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat. Interview et article de Pierre Raffanel   © Patricia Guérin  - Directrice de la culture Toit et Joie - Poste habitat Pierre Raffanel : Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre rôle de Directrice de la culture au sein du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat (1) ? Patricia Guérin : Mon rôle est d’animer cette direction de la culture et de mener à bien avec mes collègues une trentaine de projets par an que nous réalisons dans nos résidences avec nos habitants. Ces projets au long cours durent de 6 mois à 2 ans et sont réalisés en co-création avec des compagnies artistiques professionnelles et nos locataires. Cette direction de la culture a pour but d’aller au-delà des missions premières du bailleur social qui est de loger les habitants, de les accompagner et de les amener dans un imaginaire, dans une découverte de cultures variées, tout en étant à l’écoute des cultures émanant de chaque habitant.   PR : Quelles raisons motivent un bailleur social à mener des actions culturelles ? PG : Cette direction de la culture a trois objectifs. Le premier est le bien-vivre ensemble. Ces actions culturelles sur un temps long favorisent des moments conviviaux et permettent l’organisation d’ateliers. Ces rencontres génèrent du lien entre les résidents, atténuant par anticipation des frictions éventuelles. Ces projets culturels in situ permettent au bailleur d’avoir une présence accrue sur le « terrain », d’améliorer les échanges avec les locataires, d’être plus à l’écoute et de placer les relations humaines au premier plan. Le deuxième est l’accès à la culture par l’expérience, ou plus exactement d’aventures culturelles avec des compagnies artistiques qui vont venir régulièrement dans les résidences, permettant aux locataires de voir l’artiste dans son processus de création, d’être dans les coulisses du processus créatif. Ce qui est unique ; habituellement c’est le public qui se déplace voir des spectacles, dans nos projets ce sont les artistes qui vont vers le public.   PR : Un peu à l’image du facteur postier qui vient amener le courrier à domicile… PG : Tout à fait. Ces projets rendent les artistes plus accessibles permettant une proximité à la culture,  un partage moins élitiste. Le troisième objectif est de porter un autre regard sur les quartiers populaires. Les médias relaient souvent des informations négatives. Nos projets permettent d’apporter un autre regard plus constructif sur les quartiers. « Le Lion des Genêts » rebaptisé par les jeunes «Chelsea B’Gem » (2020, placage bois sur structure acier) . Cette sculpture monumentale est devenue l’emblème du quartier des Genêts. Cette œuvre collective a été réalisée dans le cadre de la réhabilitation de la résidence Toit et Joie - Poste Habitat à Saint–Michel-sur -Orge avec La Lisière (centre de création pour l’espace public) et deux artistes plasticiens Anton et Teurk. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme 1 Immeuble 1 Œuvre et a été mis à l’honneur fin 2023 dans le hors-série Connaissance des Arts.  © Toit et Joie - Poste Habitat   PR : Depuis combien de temps ces projets culturels en pied d’immeubles existent-ils et s’agit-il d’une politique culturelle à proprement parler ? PG :  Sept ans. Cette direction de la culture a été créée par Michèle Attar, Directrice générale de Poste Habitat. Depuis son départ à la retraite, Sylvie Vandenberghe a pris le relais en continuant à soutenir ces projets culturels pour promouvoir le bailleur en harmonie avec toutes les Directions de Toit et Joie - Poste Habitat.   PR : Le budget alloué à votre direction de la culture est-il uniquement corrélé à l’abattement   de la taxe foncière sur les propriétés bâties ? PG : Il y a plusieurs sources financières. En premier lieu, les fonds propres de Poste Habitat, puis la TFPB - abattement   de la taxe foncière sur les propriétés bâties - qui va financer des projets uniquement en quartiers prioritaires de la  politique de la ville. Ensuite ce sont des financements  essentiellement du secteur culturel : ministère de la Culture notamment la DRAC île-de-France et pour des projets ponctuels, d’autres financeurs comme le Centre National du Livre, la Fondation de La Poste, le fonds de dotation agnès b…Depuis peu, nous nous orientons également vers des financements dans la construction : Groupe Angevin, Groupe Legendre…   PR : Vos actions culturelles sont-elles bien accueillies par les locataires ? PG :  Globalement oui, dans la mesure où nous faisons cette démarche avec la complicité des locataires depuis sept ans. Pour assurer  le succès de nos projets nous avons établi un mode opératoire constitué de plusieurs étapes : réunions de concertation, lancements de projets pour expliquer notre démarche pour rendre les projets moins abstraits. Ces temps de médiation et de « moments conviviaux » sont indispensables pour obtenir une bonne participation et adhésion des résidents. Réalisation de Cécile Jaillard, La Nature et les jardins  (Résidence à Villiers-Le-Bel) © Toit et Joie - Poste Habitat, photo : Patricia Guérin Ministère de la Culture  - Le Prix 1 immeuble 1 œuvre 2023   PR : Quel est le rôle des gardiennes, gardiens d’immeubles ? PG :  Primordial. Ils sont de véritables ambassadeurs de nos projets et jouent un rôle majeur dans le lien avec les locataires : affichage, aide pour du porte-à-porte, coups de main pour l'organisation des goûters, rôle d’alerteur… Quelquefois ils peuvent être à l’initiative de certains projets.   PR : La direction de la culture a-t-elle de réelles interactions avec le comité de direction du bailleur social ? PG :  Oui, nous avons une bonne coordination et encore plus s’il y a des opérations de démolition-reconstruction. L’exemple de la résidence de L’Haÿ-les-Roses où nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Direction de la maîtrise d’ouvrage de Toit et Joie – Poste Habitat pour la réalisation du livre avec le photographe Patrick Zachmann est assez emblématique. Nous avons également de multiples interactions avec la Direction du patrimoine et de la politique de la ville, le service de la communication ou encore le service RH. De plus la direction de la culture siégeant au Comité de Direction avec les autres directions, cela nous permet d’avoir connaissance de tous les projets en cours. D’autre part un journal interne diffusé à l’ensemble du Groupe et à ses partenaires ainsi qu’une revue envoyée à nos locataires assurent une communication autour de nos différentes actions.   PR : Combien de résidences d’artistes sont organisées annuellement ? PG :  Environ une trentaine de projets et autant de compagnies artistiques.   PR : Plutôt impressionnant quantitativement ? PG :  Effectivement. Avant de contractualiser avec les compagnies artistiques, nous redéfinissons en amont le contexte de nos projets de manière à ce que les artistes s’approprient nos missions, qu’ils puissent réaliser du sur-mesure. Il arrive parfois qu’ils réécrivent le projet qu’ils avaient imaginé au départ.   PR : Des appels à projets sont-ils systématiquement mis en place ? PG :  Un par an, exceptionnellement deux en 2024. Ces appels à projets nous permettent de renouveler nos réseaux d’artistes et de nous faire connaître de manière plus large comme opérateur culturel. Réalisation de Claire Courdavault  « Le temps des Andelys » fresque monumentale à l’échelle de la ville et de son architecture accompagnée par l’ association Quartier Monde   dans le quartier des Friches, à Maurepas © Toit et Joie - Poste Habitat   PR : J’ai eu le privilège au mois de février d’être un des  huit membres du jury du dernier appel à projets Poste Habitat « Prendre place » pour une résidence de création partagée dans la ville de Saint-Denis. Les artistes que nous avons choisies ont fait consensus de manière quasi-unanime, est-ce le cas habituellement ? PG :  Oui, plutôt.   PR : Les résidences d’artistes sont-elles destinées uniquement à des artistes d’arts visuels ?   PG :  Non, nous abordons toutes les disciplines artistiques : photographie, cinéma, littérature, arts graphiques, BD, théâtre, arts graphiques, musique…en essayant de « tordre le cou » à cette idée reçue qu’il n’y aurait que de l’art urbain en banlieue.   PR : Est-ce que ces projets culturels génèrent du lien social entre artistes et locataires ? Peut-on d’une certaine façon le quantifier ? PG :  Nous l’appréhendons entre autres par les réactions des gardiens, des résidents qui nous sollicitent suite à un premier projet pour renouveler une autre action l’année suivante. C’est plutôt du ressenti ! Nous avons la volonté avec la Directrice générale Sylvie Vandenberghe de mener une étude plus approfondie avec l’Observatoire des politiques culturelles. Cette étude durera une année et s’effectuera sur un échantillon de nos projets. Elle permettra d’évaluer l’impact de nos actions sur les locataires mais également nos relations avec les acteurs culturels du territoire, les partenaires locaux (médiathèques, villes, maisons de quartier…). Par ailleurs, nous avons été honorés en 2023 du prix 1 immeuble 1 œuvre  par l’ex-ministre de la Culture Rima Abdul-Malak, ce qui montre la part d’intérêt et de confiance que ce ministère porte à nos actions.   PR : Les artistes étant parfois « égocentrés », sont-ils toutes et tous appétent(e)s à ce genre de propositions culturelles ? PG :  Effectivement nos projets vont plutôt se réaliser avec des artistes qui ont le souhait de se confronter à un public éclectique avec un désir de « sortir de leur zone de confort ». Certaines compagnies artistiques cherchent ce type de projets comme matière première pour la création de leurs œuvres : par exemple des artistes travaillant sur l’écriture d’une pièce de théâtre peuvent avoir besoin de confronter leur texte grâce à l’interprétation de jeunes résidents (insertion de termes argotiques ou de témoignages de mémoire pour étayer un sujet…). Les artistes vont ainsi « nourrir leur art » et les résidents vont pouvoir s’initier au processus de création, prendre part à un projet en commun, performer, se sentir fiers de leur participation durant l’élaboration créative et lors de la restitution en public des projets. Pendant la période du Covid, les artistes ont été privés de leur public. Beaucoup ont eu à cœur désormais d’aller vers le public et de sortir des lieux culturels traditionnels. De plus, les professionnels de la culture ont pris conscience que dans les grandes institutions, au théâtre par exemple, c’est souvent les mêmes personnes qui se déplacent et du coup, nos actions leur permettent de s’ouvrir à de nouveaux publics.   PR : Comment s’organisent les résidences d’artistes ? Ont-elles un protocole prédéfini en amont et une récurrence dans leur déroulement ? PG :  Les artistes établissent le format, le calendrier de leurs interventions dans la résidence et de notre côté, nous leur signifions qu’une récurrence de leur présence est primordiale au bon déroulement de nos projets. Des étapes essentielles et identiques pour chaque action menée : présentation, lancement, développement et restitution avec des points d’orgue durant le projet.   PR : L’ancrage territorial du bailleur social Poste Habitat se concentre essentiellement sur l’île-de-France, est-ce que des projets artistiques sont en cours dans les résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence ?   PG :  Nos activités sont effectivement concentrées sur l’île-de-France et nos résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence sont assez récentes, une quinzaine d’années. Depuis 2023, nous portons un nouveau projet pour chaque région et cette année, nous allons intégrer ces projets dans notre festival « Au-delà des toits ».   PR : Actuellement les institutions culturelles ont-elles une réelle volonté à chercher de nouvelles manières d’attirer de nouveaux publics ? PG :  Oui, c’est réellement tangible. Nous le voyons au travers de nos récentes et nouvelles collaborations : INRAP, centre Pompidou (dispositif 1 jour 1 œuvre ), musée de La Poste, Scène nationale de l’Essonne, pourparlers avec le musée du Louvre, le Palais de Tokyo ou encore Chaillot…   PR : Peut-on considérer que ces actions culturelles permettent d’avoir un accès à la culture moins consumériste ? PG :  Oui sans conteste. J’ai pour exemple un projet d’une série dont un épisode a été réalisé dans la ville des Ulis avec La Compagnie L’œil du Baobab qui a permis à une locataire retraitée de se découvrir une vocation d’actrice ; elle a été récemment recrutée comme figurante dans une série à gros budget tournée à La Défense.     PR : Votre parcours professionnel est et a été résolument lié au secteur culturel  (École du Louvre, DEA d’histoire contemporaine sur les relations entre la télévision et l’art, centre d’archives « musiques électro-acoustiques » de Pierre Schaeffer, maison d’édition Images modernes fondée par Bernard Picasso, Alliance Française à Toronto, comité d’entreprise de la Ratp),   si vous deviez ne retenir qu’une de vos expériences, laquelle choisiriez-vous ? PG :  Peut-être une expérience qui fait le lien avec tout mon parcours culturel, ma rencontre avec François Morel. Lorsque j’étais Directrice de la culture de l’Alliance Française à Toronto, je l’ai invité pour une présentation de son parcours d’acteur et pour l’enregistrement d’un billet  France Inter à Radio-Canada. À mon retour en France, j’étais alors responsable du centre culturel de la Ratp, François m’a sollicitée pour une recherche d’orchestre qui pourrait l’accompagner pour sa dernière date de tournée de chant à l’Olympia. Je lui ai proposé l’orchestre des agents de la Ratp et ce fût un magnifique moment de partages artistiques. Ce même orchestre de la Ratp a joué avec l’orchestre du Club Musical de La Poste pour la première date du festival Au-delà des toits en 2022 dans notre résidence de Bagneux : la boucle était bouclée !   PR : Comment est né le festival des arts visuels « Au-delà des toits » ? PG :  Dès la création de cette Direction de la culture. Ce festival met en valeur les projets grâce à ces restitutions et permet aux locataires de performer.   PR :   Quand aura lieu le prochain festival ? Sa programmation nous réserve-t-elle des surprises ? Sera-t-il parrainé ? PG  : En 2023, le festival « Au-delà des toits » a duré 1 mois et proposait 16 manifestations. Cette année, le festival 2024 se déroulera sur une période plus longue : du 15 mai au 29 juin avec 22 manifestations dont 3 en régions. Deux partenariats importants ont été établis pour ajouter un concert à chaque manifestation : concerts classiques avec le festival OuVERTures et musiques actuelles avec les Musiciens du Métro de la Ratp. Pour la première fois, le festival aura un parrain : Jack Lang. Nous sommes très heureux et honorés de ce parrainage ! Festival 2024 « Au-delà des toits » © Toit et Joie - Poste Habitat Retrouvez l'interview de Jack Lang, Président de l’Institut du Monde Arabe, ancien ministre de la Culture et parrain du 7e festival Au-delà des toits.   (1)  Toit et Joie   - Poste Habitat a été créée en 1957 à l’initiative d’Eugène Thomas, secrétaire d’état aux PTT, pour fournir de nouvelles possibilités d’habitation aux personnels des Postes et de Télécommunications qui ne bénéficiaient pas, à l’époque des contributions patronales du logement. Aujourd’hui, au sein du groupe  La Poste , la SA Hlm Toit et Joie perpétue les valeurs qui ont présidé à sa création.   Les missions de Poste Habitat  poursuivent un objectif inchangé, à savoir loger prioritairement les postiers. Cependant, Poste Habitat n’a de cesse de se réinventer pour approfondir sa vocation initiale. C’est ainsi que le groupe a repensé son territoire d’intervention, originellement réservé à l’Ile-de-France (Toit et Joie –Poste Habitat – 15.000 logements annuels) et désormais étendu à la région Rhône-Alpes (800 logements), à la Provence (800 logements) et à la Normandie (600 logements).   Article de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 227 (mai 2024)

  • Visites virtuelles du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie

    ©49 Salon libre national à l' abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne ©photo Pierre Raffanel ©49 Salon libre national à l' espace culturel chapelle St-Memmie à Saint-Memmie ©photo Pierre Raffanel Retour en visites immersives 3D du 49 Salon libre national de la Société Artistique en Châlonnie et découvrez en "réalité virtuelle" 110 œuvres. 📍 Du 25 mai au 2 juin 2024 , 110 œuvres ont été exposées avec 100 artistes adhérent(e)s des 13 associations régionales de la fédération nationale de la Société Artistique de La Poste Groupe et Orange   🎨 Une exposition collective simultanément sur 2 sites d’exception : l’abbaye de Vinetz à Châlons-en-Champagne et à l’espace culturel la Chapelle St-Memmie à Saint-Memmie. ☀ Cette édition a permis une fois de plus de rendre visible les réalisations des artistes postiers, des échanges entre artistes « amateurs » et professionnels, et au plus grand nombre d’accéder à la création artistique. Ces 2 visites virtuelles sont une première pour la fédération nationale créée en 1902. Elles vous permettront sans nul doute de parcourir en autonomie, de revivre et/ou d'approfondir cette exposition collective, « contextualisée » par le biais de cette immersion 3D. Laissez-vous surprendre par ces parcours artistiques sur vos écrans (téléphone, tablette, ordinateur), parcourez-les tout simplement par curiosité et venez admirer virtuellement ces 110 œuvres  exposées dans ces 2 lieux patrimoniaux du département de la Marne.    👏 Un grand merci aux partenaires pour leur soutien dans la réalisation de ce 49 Salon libre national : COGAS de La Poste, département de la Marne, mairie de Châlons-en-Champagne, mairie de Saint-Memmie et le champagne Jean Baptiste Martin. 🤝 Curation nationale Pierre Raffanel curation régionale François Vigneron pour la SA Champagne Ardenne et réalisation des visites virtuelles Carlos Ansiaes. Post de Pierre Raffanel le 20 août 2024 Partenaires du 49 Salon libre national :

  • Des architectes inspirés par Notre-Dame de Paris...

    Post de Pierre Raffanel ©UMA Ulf Mejergren Architects Le 15 avril 2019, un violent incendie touche au cœur Notre-Dame, cathédrale de Paris depuis près de 850 ans, icône du patrimoine français et monument le plus fréquenté d’Europe. Sa charpente en bois, édifiée en grande partie au XIIIe siècle, et sa flèche, construite par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, ont été détruites, emportant dans leur chute une partie des voûtes. Le soir-même de l’incendie, le président de la République annonce l'ouverture d'une souscription nationale pour reconstruire Notre-Dame de Paris, puis fixe l'objectif de rouvrir la cathédrale en 2024. Un élan de générosité sans précédent permet de financer l'ensemble des travaux. Une loi votée à l’été 2019 prévoit la création d'un établissement public, mis en place le 1er décembre de la même année. Sa mission première est d’assurer la restauration de la cathédrale. Un vaste chantier s'ouvre alors, mobilisant artisans et compagnons venus de toute la France. Sous la conduite des équipes de l'établissement public maître d’ouvrage et des architectes en chef des monuments historiques maîtres d'œuvre, tous sont à pied d'œuvre pour sauvegarder puis restaurer l'édifice. Notre-Dame de Paris retrouvera son architecture disparue dans l'incendie, sa flèche, sa charpente et ses voûtes, dans le respect de ces matériaux d'origine. De plus, grâce aux restaurations et nettoyages intérieurs, les visiteurs et les fidèles du monde entier redécouvriront en 2024 la beauté de ces pierres, de ses décors et de son mobilier d'art. Au lendemain de l'incendie, plusieurs agences d'architectes ont spontanément fait des propositions pour remplacer la flèche et la toiture disparues. Ces projets témoignent de l'inventivité des architectes contemporains. Néanmoins, ces choix de restauration auraient été contraires aux préceptes fondateurs de la restauration des monuments historiques, et c'est donc la restauration à l'identique qui a été privilégiée. ©UMA Ulf Mejergren Architects © ABH architectes ©Godart + Roussel architectes ©Mathieu Lehanneur ©Massimiliano e Doriana Fuksas Studio Fuksas ©Alex Nerovnya Architecture Studio ©Clement Willemin Architecture Landscape Design A partir du 15 février 2023, au Palais de Chaillot - Paris XVIe : Exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » coproduite par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

  • NOTRE-DAME de Paris, un chantier hors du commun

    Post et photos de Pierre Raffanel (conférence de presse du 14 février 2023) Exposition augmentée de Notre-Dame de Paris © Histovery  © Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris © L'Oréal Groupe Une Exposition… Augmentée ! La Réalité Augmentée vous embarque pour un voyage immersif à travers 850 ans d’histoire de Notre-Dame de Paris. HistoPad en main, franchissez les portes du temps pour revivre l’extraordinaire épopée de la cathédrale, des bâtisseurs du Moyen-Âge au chantier actuel de sa restauration. Des fondations médiévales au chantier de restauration actuel en passant par le sacre de Napoléon ou le mariage d’Henri IV, revivez les plus riches heures de la cathédrale qui ont contribué à son statut emblématique de patrimoine mondial de l’Humanité. Avec la tablette HistoPad remise à l'entrée de l'exposition, scannez chacune des vingt-une portes du temps qui jalonnent le parcours de visite. Découvrez alors, grâce à la Réalité Augmentée, l'histoire presque millénaire de la cathédrale la plus visitée au monde. Découvrez une sélection non exhaustive de sept moments-clé qui ont contribué à faire de Notre-Dame de Paris ce trésor du patrimoine mondial de l'humanité. Entrée Expo "Des bâtisseurs aux restaurateurs" et unes de la presse mondiale lors de l'incendie ©photos Pierre Raffanel Exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » à partir du 15 février 2023 au Palais de Chaillot , coproduite par la Cité de l’architecture et du patrimoine et l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Conférence presse - Catherine Chevillot, présidente de la Cité de l'architecture et du patrimoine et Philippe Jost, directeur général délégué de l'Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale © Photo Pierre Raffanel A deux ans de la réouverture de la cathédrale, cette exposition nous plonge au cœur de ce chantier hors-norme, du "chantier du siècle" et de ces bâtisseurs et constructeurs qui œuvrent à la restauration de l’édifice sur tout le territoire français : compagnons, artisans, architectes, ingénieurs, chercheurs… Equipements sur le chantier de restauration - Pierre de taille, agrafes métalliques datant du Moyen-Age © Photo Pierre Raffanel Le 19 avril 2019, « Notre-Dame brûle ! », ce terrible incendie provoque une immense émotion, qui va au-delà de nos frontières… A la suite de cette catastrophe, un élan de générosité de plus 340000 donateurs issus de 150 pays va permettre la mise en place du chantier de restauration qui sera placé dès le 1er décembre 2019 sous la responsabilité d’un établissement public dédié qui va en assurer la maîtrise d’ouvrage. Dès le lendemain du drame, la Cité de l’architecture et du patrimoine a « hébergé » quelques-uns des vestiges de la cathédrale : la statue du coq tombé de la flèche, les statues en cuivre des 12 apôtres et des 4 évangélistes placées par Eugène Viollet-le Duc en 1857 sur la flèche de Notre-Dame et déposées quelques jours avant l’incendie pour être restaurées. Parce qu’elle accueillait ses œuvres et parce qu’elle a pour mission de conserver et de valoriser le patrimoine français, la Cité de l’architecture et du patrimoine a souhaité présenter cette exposition : « Cela s’est imposé comme une évidence. Par ailleurs le lieu conserve une riche collection de moulages et abrite le fonds Viollet-le Duc. » nous confie Catherine Chevillot, présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Cette exposition « Des bâtisseurs aux restaurateurs » permet une immersion totale au cœur du chantier, de cette aventure exceptionnelle qui se déroule au cœur de Paris et dans de nombreux ateliers partout en France avec ces hommes et ces femmes qui s’inscrivent dans la longue lignée des bâtisseurs qui ont façonné l’histoire de ce patrimoine mondial de l’humanité. Elle offre un lien privilégié avec l’édifice pour le moment inaccessible au public et permet de découvrir le savoir-faire des compagnons et artisans d’art qui œuvrent à rendre la cathédrale au culte et à la visite en 2024. Statues en cuivre des apôtres et évangélistes placées par Eugène Viollet-le-Duc Statues en cuivre des apôtres, évangélistes, ange St Mathieu et maquette de la flèche, © Photos Pierre Raffanel Vues panaromiques de l'exposition au Palais de Chaillot © Photos Pierre Raffanel Vue de la flèche de la cathédrale Notre-Dame (Charles Marville vers 1860), la flèche en cours de construction (Frères Bisson vers 1860) et détails de peintures murales (Maurice Ouradou vers 1870) © Photos Pierre Raffanel Coq de la flèche - entreprise Monduit d'après un modèle d'Adolphe Victor Geoffroy-Dechaume 1854, restauration d'un des vitraux, demi-écoinçons ornés de rinceaux - portail Saint Anne vers 1140 © Photos Pierre Raffanel Tuyaux provenant du grand orgue de Notre-Dame de Paris - XVIIe et XIXe siècle - installation d'Olivier Chevron, facteur d'orgues et le tableau "Saint Charles Borromée donnant la communion aux pestiférés" Carle Van Loo 1743 DRAC Île de France © Photos Pierre Raffanel Affiche : Projet pour la restauration de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste Lassus,1843, dessin à l’aquarelle sur papier, fac-similé ©Médiathèque du patrimoine et de l’architecture/ Dist.RMN- Grand Palais

  • Quand Barbara s’habille de pop et d’électro

    Post et photos de Pierre Raffanel L'accordéoniste Roland ROMANELLI et Christophe MALI lors du concert hommage à Barbara "Musiques plissées" ©2026 photo Pierre Raffanel – Paris, le 19 mars 2026 – À l’invitation de la Sacem et de Sacem Université, l’auditorium Debussy-Ravel a accueilli hier soir « Musiques plissées – Génération Barbara », un concert hommage exceptionnel dédié à Barbara. Véritable manifeste pour la transmission culturelle, cet événement a marqué la rencontre entre une figure historique de la chanson française et la nouvelle garde de la création musicale. Il est des rencontres qui marquent une vie. En 2019, lors d'un déjeuner suite à une présentation de spectacles au Théâtre Raspail, Roland Romanelli me partageait avec passion ses souvenirs et moultes anecdotes aux côtés de Barbara. Sa fidélité à l'instrument, ce "piano à bretelles" si cher à l'artiste, laissait déjà présager que l’histoire n’était pas finie. Sous l’impulsion de la stratégie événementielle de la Sacem, la soirée a célébré l’hybridation des genres. Roland Romanelli, compagnon de route historique de Barbara, s’est associé à l’accordéoniste Sébastien Farge ainsi qu’aux jeunes talents du collectif Pulse Nation, dirigé par Stanislas. Ensemble, ils ont offert une relecture audacieuse du répertoire de la « Dame en noir », transportant l’accordéon — instrument symbole de nostalgie — vers des territoires pop, électro et lounge. Le point d’orgue de cette soirée, animée par Christophe Mali en maître de cérémonie pour l’occasion, fut la présentation d’une œuvre inédite : « Instants volés ». Cette chanson inachevée de Barbara a été finalisée et arrangée par les élèves de Pulse Nation, illustrant parfaitement la mission de la Sacem : faire vivre le patrimoine en le confiant aux créateurs de demain. Chanson inachevée de Barbara "Instants volés" avec Roland ROMANELLI et les élèves du collectif PULSE NATION ©2026 photo Pierre Raffanel Concert hommage à Barbara "Musiques plissées" avec les élèves du collectif PULSE NATION ©2026 photo Pierre Raffanel Ce rendez-vous souligne l’engagement de la Sacem et de sa branche Université dans l'accompagnement des nouveaux talents et la préservation dynamique des œuvres. En brisant les frontières entre les époques, « Musiques plissées » démontre que le patrimoine musical français reste une matière organique, capable de se métamorphoser au contact des technologies et des esthétiques contemporaines. Ce concert est un magnifique symbole de transmission ; un pont nécessaire entre l’histoire de notre répertoire et l’innovation qui définit la création actuelle.   #Sacem #Musique #Innovation #Barbara #RolandRomanelli #PulseNation #Accordéon #Patrimoine #Culture Auditorium Debussy- Ravel au siège de la SACEM avent la soirée hommage à Barbara "Musiques plissées" ©2026 photo Pierre Raffanel

  • Le peintre Yves DEGORRE in situ

    Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 7 - décembre 2021 - La Société Artistique Atmosphère d’atelier du peintre Yves DEGORRE à Wallers, près de la "trouée d'Arenberg" dans le Nord. Yves DEGORRE et son épouse Eva © Photo Marie Bueno Une fois n’est pas coutume, ce ne sont pas les personnages singuliers des tableaux d’Yves Degorre qui vont nous regarder légèrement pensifs, mais nous qui allons nous pencher dans l’atmosphère de création de l’artiste, jeter un œil sur sa table de travail, scruter cette pièce jaune style art déco où ont été créés ses « Gilles », ses courbes féminines, ses formes fantasmagoriques... L’atelier de l’artiste est situé à Wallers, à quelques encablures de la « Trouée d’Arenberg » secteur pavé de 2400 mètres et passage mythique de la course cycliste « Paris-Roubaix » dans la maison de l’ancien garde-chasse du Prince d’Arenberg ! Dehors le temps est à la pluie, dedans nous sommes accueillis par le sourire d’enfant, la tendre bonhommie d’Yves et l’humour charmant de son épouse Eva dans cette demeure toute jonchée des œuvres des différentes périodes artistiques de l’artiste et de sa fille Corinne. Nous sommes venus essayer de percer le « mystère » des œuvres de l’artiste. C’est dans le caractère d’Yves Degorre sans nul doute que se définit sa peinture qui évoque tour à tour la fluidité, la douceur, le paradoxe, l’évanescence. Le champ lexical de ses créations : attendrissantes, oniriques, circassiennes, féminines, inquiétantes, ondulantes, énigmatiques, délicates, grinçantes… Yves DEGORRE (technique mixte) C’est son mariage avec Eva qui sera le déclencheur de sa passion. Nous sommes alors en 1971 et Yves est âgé de 27 ans. A dix-huit ans, il aurait voulu entrer au Beaux-arts, mais ses parents ont refusé. Il est alors entré à la Poste comme guichetier à Roubaix. S’ensuivra vingt-huit mois de service militaire en Algérie, à son retour en France il sera nommé à Valenciennes, puis continuera sa carrière pendant une quinzaine d’années au centre de tri de Valenciennes en horaires de nuit pour pouvoir peindre en journée. Sa technique : sur la toile, il dépose des aplats de couleurs, puis se profilent petit à petit des contours de personnages qui peuvent changer au fur et à mesure de son inspiration, du hasard. « Quelquefois, je traîne, je ne trouve pas…alors je remets de la couleur, j’efface, je ponce, j’applique du modeling paste si besoin… ». Pour obtenir un effet de fluidité entre les différentes couleurs de peinture, de quasi-superposition, de transparence, il met de la couleur sur du sopalin, tapotant plus ou moins pour avoir un peu d’épaisseur. On dirait presque du pastel. Souvent des journaux des magazines lui servent de palette. Les tons utilisés sont « pastels » : jaune, gris bleuté, jaune-vert, rouge pâle, bleu ciel, rose… Yves DEGORRE (technique mixte) De prime abord une œuvre de Degorre peut paraître contradictoire, car à la fois accessible et absconse, puis peu à peu son univers fantastique aux douces couleurs tout empreint de visions, de rêves suggérés s’immisce dans les méandres de notre inconscient et nous emmène vers une sorte de paradis perdu. Le Petit Prince de Saint Exupéry nous dessine un mouton ; le Petit Prince Yves « d’Arenberg » des clowns, pantins, poupées, marionnettes, des apparitions ! l'atelier "jaune" d'Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel Lui dit : « La peinture est avant tout un jeu, un plaisir ! » Pourtant primé et médaillé à maintes reprises, présenté par les galeries et salons les plus prestigieux, Yves Degorre tient à son autonomie d’artiste, reste éloigné des modes du marché de l’Art. Elle, son épouse Eva, nous suggère avec une pointe d’humour non dissimulée : «T’es dans le flou, minou ! ». Mon royaume pour un cheval (technique. mixte) ©Yves DEGORRE   © Photo Pierre Raffanel Eclaircissons ce « flou artistique » au travers de ce portrait chinois ! Yves, si tu étais… Un peintre ? Klimt Un animal ? Un chat Un paysage ? Un parc fleuri Une fleur ? Une rose Une couleur ? Bleu ou rouge Un pays ? La France Un instrument de musique ? Une guitare Un musicien ? Brel et Brassens Une phrase ? « Ce qui compte c’est la santé ». Yves Degorre et son univers pictural nous inspirent deux autres maximes : « La gaîté est la moitié de la santé » et « l’humilité est le contrepoison de l’orgueil ». Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 7 - décembre 2021 - La Société Artistique Mes frangines - Yves DEGORRE © 2021 Photo Pierre Raffanel Des objets collectés en préparation de réalisations d'Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel

  • Art postal et Mail art

    Post de Pierre Raffanel - janvier 2020 (DP musée de La Poste)  Enveloppe illustrée réalisée par Frédéric Pioche, postier, adressée à Alphonse Perrault, gouache et aquarelle sur papier (© Musée de La Poste – La Poste, 1905/ Thierry Débonnaire, 2019) L’histoire postale est aussi une histoire de l’art qui traverse les courants artistiques. Ainsi, au XIXe siècle, l’essor de la correspondance voit l’émergence d’un espace de création tant pour les particuliers que pour les artistes « reconnus ». A travers l’envoi d’une lettre ou d’une carte postale, les expéditeurs de toute sorte se sont amusés avec les codes de l’administration, de l’agrément d’une enveloppe à la subversion d’un réseau d’artistes engagés. La Poste a su, parfois bien malgré elle, être le vecteur de créations s’affranchissant de ses conventions et une source d’inspiration unique pour les artistes détournant boîtes aux lettres ou sacs postaux.   De l’art par La Poste, les enveloppes décorées La correspondance en France connaît un plein essor au milieu du XIX e siècle avec la naissance du timbre en 1849 et l’apparition des enveloppes manufacturées. Jusqu’alors les lettres étaient pliées et cachetées par l’expéditeur et leur acheminement coûteux. Le papier se démocratise et l’alphabétisation permet l’accès à l’écrit d’une grande partie de la population. Les échanges se multiplient et les expéditeurs ne se privent pas d’illustrer leurs envois : dessin, gouache, aquarelle … Le postier Frédéric Pioche  a ainsi peint de nombreuses enveloppes au début du XX e  siècle, intégrant de manière facétieuse l’adresse de son correspondant à des scénettes illustrées. Des artistes actuelles comme Chris Besser ou Sylvie Graindorge ont également intégré à leur pratique l’enveloppe peinte ou détournée.   La carte postale Née à Vienne en 1869, la carte postale explose réellement en France lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900. Des milliers d’exemplaires de cartes y sont vendus. Très diffusée grâce aux progrès techniques de l’impression, la carte postale connaît un véritable engouement populaire. Les artistes s’en emparent et en font un objet d’avant-garde : expressionnistes, futuristes, dadaïstes et surréalistes ont utilisé la carte postale comme support dans le premier quart du XX e  siècle. Paul Eluard en fit la collection et se livra à des montages fantaisistes et poétiques. Après la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 puis la Seconde Guerre mondiale, la carte postale est en déclin et apparaît démodée face à l’accélération tout au long du siècle des télécommunications. Ce mode d’échange, associé aux vacances, garde cependant son aura nostalgique et reste un support artistique.    Artistes en correspondance Dans les années 1960, années contestataires, apparaissent des réseaux d’artistes utilisant la voie postale comme espace d’expression libre, affranchie du marché de l’art. Ce sont les débuts du Mail Art, mouvement fondé à New York par l’artiste Ray Johnson en 1962. Il crée la « New-York Correspondance School of Art » et multiplie les actions, en postant des lettres collages recouvertes d’images insolites dessinées ou découpées dans des magazines, invitations à des rendez-vous réels ou fictifs. Il les expédie à l’attention de personnalités en vue ou alors à de parfaits inconnus choisis au hasard dans les pages de l’annuaire. Selon Johnson : « le Mail Art appartient à tous, il doit être l’affaire de tous et non pas d’un seul ». Il fixe les règles suivantes « not for sale, no copyright » : (pas à vendre, pas de droit de reproduction), « no fee, no jury, no technic and size free » : (pas de droit d’inscription, pas de jury, pas de technique et dimension libre). Très vite apparaissent des réseaux (ou « networks ») d’artistes à travers le monde, la plupart engagés politiquement et correspondant avec des pays soumis à la dictature, en Amérique du Sud ou en Europe de l’Est, contournant la censure pour défendre les droits humains. Ces réseaux mouvants détournant timbres et tampons, utilisant tous supports, seront très actifs jusqu’à la fin des années 1980. L’artiste japonais Ryosuke Cohen en propose une synthèse dans son œuvre collective Brain Cell  (cellule cérébrale) commencée en 1985. A partir des timbres et des tampons créés et envoyés par son réseau (des milliers de membres à travers plus de 80 pays), l’artiste compose des sérigraphies sur papier aussi denses et variées que le tissu cérébral humain. Chaque participant en reçoit une copie avec la liste des contributeurs.  Le mouvement disparaît peu à peu dans les années 1990 au profit d’Internet, qui devient le moyen d’expression privilégié des Mail Artistes. Des « Mail Art call » ou « appels d’Art Postal » sont lancés quotidiennement sur des thématiques variées. Des forums et des galeries en ligne sont également proposés.  Le Mail Art, mouvement libre, échappe encore à toute définition trop figée et permet de repenser l’art sous le prisme de l’échange, du don et de la réciprocité. Robe de bal en timbres-poste de 1947 dans la vitrine (plateau 3) (© Hervé Abbadie  2019 © Musée de La Poste – La Poste 2019)     L’Art Postal L’Art Postal s’inspire d’une manière très générale de l’institution postale et de son univers matériel en le détournant de sa fonction première. Son champ d’action est vaste, allant de la création graphique sur enveloppe ou tout autre objet de corres-pondance jusqu’à l’objet postal revisité.  Ainsi, la boîte aux lettres a été le support de nombreuses inspirations artistiques, de la facétieuse Boîte alerte  de Marcel Duchamp et Mimi Parent réalisée en 1959-1960 comme catalogue-objet de l’Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS), aux œuvres de Street Artistes actuels.  Citons parmi d’autres, l’artiste Skall qui crée la Boîte de lumière , série de boîtes aux lettres recouvertes de peinture à paillettes (1995) ou encore C215 qui les métamorphose avec ses portraits au pochoir : interview de C215 : en savoir > Thibaud Guilet La marquise de Sévigné : envoi contemporain fantaisiste—Aquarelle sur carton, ficelle, plume et timbre-poste (©Musée de La Poste - La Poste, 1996 / Thierry Débonnaire, 2019 / Tous droits réservés)

  • Le peintre Daniel BIGARÉ in situ

    Atmosphère d’atelier Le Nergone  de Daniel BIGARÉ à Ecury s/ Coole, petit village près de Châlons en Champagne. Daniel BIGARE dans son atelier le jour de l'interview ©2020 Photo Pierre Raffanel « Tu ne sais pas où tu vas arriver, c’est la toile qui t’emmène ». Les spys - Daniel BIGARE Nous y sommes, le décor est planté : le clapotis de la rivière Coole au fond de la cour, l’ambiance chaleureuse de cette maison champenoise restaurée avec une bande de « potes », de grosses poutres de bois et un escalier qui nous mène à ce bel atelier de 80 m2 …et oh! surprise, juste à côté, une galerie constituée de 120 mètres linéaires pour accrocher les toiles du « Big ». C’est Ginette, son épouse, qui nous accueille, bienveillante et attentive, on sent immédiatement une complicité entre ces deux-là ! Noir et blanc - Daniel BIGARE ©2020 Photo Pierre Raffanel L’atelier est un cocon style loft avec une luminosité idéale et propice à la création. Très structuré, ordonné et fonctionnel aussi : le coin travail (grand chevalet, pinceaux, palettes, pots …), la mini-cuisine, le coin rangement (ordinateur, classification des œuvres de l’artiste…), et un coin pour refaire le monde et boire un coup avec les copains : un canapé, une guitare, une collection de pipes et de cafetières… Justement, un de ces copains d’enfance : Jean Cabut. Ils sont nés à quatre jours d’intervalle, à Châlons en Champagne et fréquenteront les mêmes bancs d’école. Daniel, voyant que Cabu est un as du dessin « capable même de faire un croquis dos tourné, les mains dans les poches » préfère s’orienter vers la « gribouille ». Dédicaces de Cabu et Goscinny à l'attention de Daniel ©2020 Photo Pierre Raffanel Pendant les premières années, sa peinture est dans la grisaille : des tons gris, marron, vert. Puis s’inspirant du « bleu » de Nicolas de Staël, il créera au fil du temps sa palette de « blue note » personnelle. Puis il « monte en gammes de couleurs » Le vert, lui, a presque complétement disparu. Les couleurs sont à l’épicentre de toute l’œuvre de Daniel Bigaré. La couleur est structurante, point d’ancrage de son inspiration, le dessin lui vient dans un deuxième temps. Ses personnages bougent en une verticalité rythmée, heureuse et dynamique. Rien n’est statique ! Ses tableaux sont vivants, empreints d’humanité et de voyages : marines, ports méditerranéens, marchés au Burkina Faso, souks, paysages bretons, ambiances urbaines, New-Orléans et jazzmen new-yorkais. D’ailleurs, John Coltrane est son musicien préféré. Jazz à Juan Les PIns - Daniel BIGARE Cabu lui insufflera l’idée de changer son paraphe d’artiste, « trop inspirée de Bernard Buffet ». La liberté de ton de Daniel Bigaré viendra lors d’une exposition de La Société Artistique : « J’arrive, je vois Pierre Lonchamp en débardeur, rouge vif. Son allure m’a scotché, son attitude nonchalante m’a impressionné. Un véritable déclic qui m’a libéré. » C’est le départ du style Bigaré, à mi-chemin entre le figuratif et le non figuratif. D’autres peintres postiers l’inspireront : Albert Gorra peintre figuratif de Châlons, Augustin Memin, Claude Frégère, Gaston Sébire , Pierre Ambriogiani, Yves Degorre … avec tous, le même dénominateur commun, la passion de leur art ! Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 5 - novembre 2020 - La Société Artistique Jeune fille au chapeau - Daniel BIGARE Le Grau du Roi - Daniel BIGARE Marée basse © Daniel BIGARE New Orleans Canal Street - Daniel BIGARE - couverture inversée de la revue POST'ART

  • Le peintre Roger PENDARIÈS in situ

    Roger PENDARIES dans son atelier © 2022 Photo Pierre Raffanel Atmosphère d’atelier du peintre Roger Pendariès à Saint-Jean, près de Toulouse. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que je me retrouve en ma terre natale à la rencontre de Roger Pendariès, authentique toulousain et peintre de la « couleur et du chant de la vie ». Son atelier se situe à l’écart de sa maison dans une vaste pelouse bordée de chênes et de parterres de fleurs. Ses débuts : son père qui pratique l’art en amateur l’encourage…à l’école il aime dessiner et se passionne également pour le sport, surtout la bicyclette. C’est le rugby qui lui permettra de rester à Toulouse après son service militaire, et une hernie discale qui stoppera net toute pratique sportive. En 1943, à 14 ans, après son certificat d’études il entre dans l’administration postale comme télégraphiste et se met à faire des croquis, des portraits à la gouache recopiant des cartes postales ! Ensuite c’est au « bureau-gare » où il travaille, dans les années 52-53 qu’il rencontre René Bonnefont qui lui transmet l’envie de peindre, lui permettra de connaître la Société Artistique et son responsable Edmond Sahuguède. Plus tard les encouragements répétés de Gaston Penavayre et un esprit d’émulation avec les peintres Joseph Mistou, Darcourt, Nougaillon ! Son apprentissage : en autodidacte, par une pratique sans relâche, au jour le jour, en se confrontant ave le milieu artistique local et en puisant l’inspiration dans les paysages des Pyrénées Orientales, de l’Aude… Il participe dès 1960 à de nombreux salons régionaux. En 1972, première exposition personnelle avant d’étendre sa participation à d’autres galeries et salons en France et à l’étranger. Il obtient de nombreux prix pour ses huiles et ses pastels. Des encouragements des PTT par des commandes importantes, de grandes fresques pour les Chèques Postaux de Toulouse et les Télécoms d’Albi. En 1980 il réalise avec René Bonnefont la décoration de l’Office National des Annuaires à Bordeaux. En 1986 et 2005 il est invité d’honneur au Salon National de la Société Artistique au Musée de la Poste à Paris. Eté en Lauraguais (huile) de Roger Pendariès © DR Photo Sa technique : au début du figuratif, puis petit à petit il élargit sa toile, « ce qui l’intéresse ce sont la couleur et l’atmosphère ». Il travaille à la truelle (« arrangée par ses soins pour qu’elle soit assez souple »), pose sa couleur en à-plat de manière fine tandis que des monticules de peinture à l’huile séchée, s’amoncellent sur sa palette, se sert de « petits cernes pour faire monter la touche ». Ensuite il faut de la patience, attendre que ça sèche, mettre 3 ou 4 épaisseurs de peinture « sinon ça craquelle, du coup, une toile commencée à l’automne il l’a finie au printemps ». Souvent il peint en amont un pastel pour élaborer sa composition…Cette technique personnelle, ce travail de patience, cette recherche amoureuse de la couleur (du levant sur l’étang de Thau ou des couleurs du désert) traduisent au plus juste sa vision. « Pour lui le sujet importe peu, seule la couleur est là pour apporter l’émotion ressentie devant le paysage, mais du combat on ne garde que la victoire, victoire de la ligne, de la couleur, victoire de la création et du temps, la toile s’élabore aussi lorsqu’elle attend juste le moment où elle sera Camargue, Andalousie, Tunisie, Sibérie, nuit ou jour. Elle sera émotion, elle sera vie pure et palpitante ou centre même de la couleur, au spectateur de ralentir le pas et de s’en imprégner. » Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 8 - mai 2022 - La Société Artistique Champ de coquelicots (huile) de Roger Pendariès © DR Photo

  • Le Skate support d'expression artistique...

    Post et photos de Pierre Raffanel - Sept. 2022 L'exposition The art of skate au Centre d'Art urbain FLUCTUART - pont des Invalides à Paris jusqu'au 14 octobre 2022. Art of skate - Post "le skate support d'expression artistique " et photo de Pierre Raffanel -  Sept. 2022 Plus de 120 planches exposées venant des 4 coins du monde, un voyage haut en couleurs, un tour d'horizon de cette pratique urbaine née dans les années 50 aux Etats-Unis, une mise en perspective de la pratique et de la culture du skateboard par le biais de son appropriation par des artistes, 0,17m 2 de surface de la face externe d'une planche où sont apposés les blazes, logos, oeuvres et réalisations de 80 créateurs : Jaune, JR, Jonone, Jo di Bona, Felipe Pantone, Barry Mc Gee, Margaret Kilgallen, Larry Clark, Ludo, Futura 2000 & Martha Cooper, Shepard Fairey, André, Delta, James Joyce, Theo Lopez, Phase 2, Kenny Scharf, Julien Bechet, Cope2, Madsaki, Cleon Peterson, Lee Quinones, Stash, Wesr, Martin Wong, Kevin Lyons, Retrofuturism, Eddie Colla, Denial, Cyrcle, 1UP, MadC, Melissa Villaseno, Joseph Martinez, Ed Templeton, Larry Clark, Joe Iurato, Ron English, Craig Stecyk, Tilt, Guerilla Girls… une contre-culture, un lifestyle... Art of skate - Post "le skate support d'expression artistique" et photos de Pierre Raffanel - Sept. 2022

  • La Pétroleuse vaincue de Ginotti entre au musée d'Orsay grâce au mécénat du Groupe Lavazza...

    Post de Pierre Raffanel (d'après le dossier de presse) Giacomo Ginotti (1844-1897) La Pétroleuse vaincue, 1887 Bronze Sans socle 65 x 54 x 34 cm Paris, musée d’Orsay © photo Pierre Raffanel Paris, 15 septembre 2022 – En ayant rendu possible l’acquisition du chef-d’œuvre du sculpteur italien Giacomo Ginotti (1844-1897) la Pétroleuse vaincue pour les collections du musée d’Orsay, le Groupe Lavazza rejoint la communauté des mécènes du musée parisien et réaffirme ainsi son engagement dans le monde de l’art. Christophe Leribault (Président des musées d'Orsay et de l'Orangerie), la Pétroleuse vaincue et Francesca Lavazza dans le fumoir du musée d’Orsay ©photo Pierre Raffanel - 15 sept 2022 La Pétroleuse vaincue est un buste de femme présenté pour la première fois par Ginotti en 1881 dans une version en marbre à l’Exposition Nationale des Beaux-Arts de Milan. La version acquise par le musée d’Orsay est un bronze exécuté par l’artiste en 1887 et fondu par la fonderie Mazzola à Turin. Ce buste représente une femme du peuple au regard fier, entravée par des cordes qui lui enserrent les épaules et la poitrine. Le sujet prend son inspiration dans le rôle joué par les Parisiennes lors de la Commune de Paris en 1871. Pendant cette révolte où de nombreux bâtiments de la capitale furent incendiés, l’on accusa les communardes d’avoir utilisé du pétrole pour allumer des incendies. Naît à cette occasion le mythe populaire des « pétroleuses ». Le bronze de la Pétroleuse vaincue, jusqu’ici resté en mains privées en Italie, est une œuvre exceptionnelle qui se pose en témoin de l’histoire de la France et de ses réactions dans le monde de l’art européen. Bien que ses sculptures aient été largement diffusées à travers l’Europe de son vivant, Giacomo Ginotti et son œuvre demeurent encore méconnus en France. Or, ce buste trouve ses origines dans une œuvre célèbre de Jean-Baptiste Carpeaux, Pourquoi naître esclave, réalisée en 1872 (musée d’Orsay). Cet hommage à l’un des plus importants sculpteurs français de l’époque, et fondamentalement abolitionniste, rend d’autant plus essentielle son entrée au musée. La Pétroleuse vaincue, probablement l’œuvre la plus extraordinaire de Giacomo Ginotti, vient ainsi compléter les collections nationalesfrançaises et apporter au sculpteur italien, ainsi qu’au mouvement du vérisme social qu’il incarne, la reconnaissance qu’ils méritent dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Au-delà du caractère exceptionnel de l’œuvre, cette acquisition s’inscrit dans la continuité du lien historique qui unit le musée d’Orsay et l’Italie. Le musée doit notamment son aménagement unique à la célèbre architecte et designer italienne Gae Aulenti. En outre, les visiteurs italiens constituent depuis toujours une part importante de la fréquentation des musées d’Orsay et de l’Orangerie. En parallèle, l’acquisition de la Pétroleuse vaincue grâce au soutien de Lavazza marque la volonté de l’entreprise turinoise de poursuivre ses engagements pour la promotion culturelle dans un pays clé. La France est en effet le deuxième marché le plus important pour le Groupe, derrière l’Italie. « Le soutien au monde de l’art est dans l’ADN du Groupe Lavazza depuis toujours. C’est donc tout naturellement que nous avons choisi de nouer ce partenariat avec le musée d’Orsay, véritable symbole parisien et monument emblématique de France, un pays qui est cher à Lavazza. Le choix de l’œuvre de Ginotti, conçue à la fonderie Mazzola à Turin, berceau historique du Groupe Lavazza, était une évidence pour nous » déclare Francesca Lavazza, Membre du Conseil d’Administration du Groupe Lavazza. « Un lien indéfectible unit le musée d’Orsay à l’Italie depuis sa création, et nous avons à cœur de continuer à le nourrir à travers une programmation riche, célébrant les artistes italiens et leur talent. Grâce au soutien du Groupe Lavazza, nos collections s’enrichissent aujourd’hui d’une œuvre majeure de l’art italien du XIXe siècle, qui rappelle le rôle des femmes dans la Commune de Paris et rend un vibrant hommage à Jean-Baptiste Carpeaux » ajoute Christophe Leribault, Président de l’Établissement Public des musées d’Orsay et de l’Orangerie. L’acquisition de la Pétroleuse vaincue témoigne de l’engagement de longue date du Groupe Lavazza dans la promotion artistique et culturelle. L'Italie étant le berceau de la culture européenne, Lavazza dispose naturellement d’une sensibilité et d’une attention particulières envers les arts. Un amour qui, au fil des ans, a conduit à la mise en place de grands projets artistiques, de collaborations avec certains des plus grands photographes contemporains du monde dans le cadre du Calendrier annuel Lavazza et au parrainage d’expositions internationales et de programmes culturels uniques. Le rôle de Lavazza en tant que mécène du musée d’Orsay s’inscrit dans la continuité de ces activités. Giacomo Ginotti (1844-1897) La Pétroleuse vaincue, 1887 Bronze Sans socle 65 x 54 x 34 cm Paris, musée d’Orsay ©photo Pierre Raffanel À propos de Giacomo Ginotti : Giacomo Ginotti (1845-1897) est un sculpteur italien qui connut une renommée à travers toute l’Europe dans les années 1880. Très jeune, il émigre en France et y demeure quelques années. Mais son goût pour la sculpture le pousse à revenir en Italie, et à s’inscrire à l’Academia Albertina de Turin. Il y suit des cours d’ornement, de sculpture et de dessin de figures. Ginotti se distingue alors comme l’un des élèves les plus doués de sa génération et remporte plusieurs prix. Ginotti lance sa carrière en 1873 à Rome et connait le succès immédiat avec ses premières œuvres telles que le Jeune homme dispersant ses fleurs. En 1877, il en vient à ouvrir son propre atelier. Puis sa popularité triomphe avec sa deuxième œuvre, L’Esclave, qui obtient la médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1878 et est achetée par le roi Victor-Emmanuel II. Son travail attire l’attention de la critique parce qu’il arrive à réunir les qualités alors demandées à la sculpture : le naturalisme mêlant tension et sensualité. Retourné à Turin en 1886, il réalise la fontaine monumentale du Palais Martini et Rossi, et en 1887, devient membre de l’Academia Albertina. Mais c’est avec la Pétroleuse Vaincue que Ginotti va créer en 1887 son œuvre la plus étonnante et sans doute la plus moderne.

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