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- Le peintre Yves DEGORRE in situ
Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 7 - décembre 2021 - La Société Artistique Atmosphère d’atelier du peintre Yves DEGORRE à Wallers, près de la "trouée d'Arenberg" dans le Nord. Yves DEGORRE et son épouse Eva © Photo Marie Bueno Une fois n’est pas coutume, ce ne sont pas les personnages singuliers des tableaux d’Yves Degorre qui vont nous regarder légèrement pensifs, mais nous qui allons nous pencher dans l’atmosphère de création de l’artiste, jeter un œil sur sa table de travail, scruter cette pièce jaune style art déco où ont été créés ses « Gilles », ses courbes féminines, ses formes fantasmagoriques... L’atelier de l’artiste est situé à Wallers, à quelques encablures de la « Trouée d’Arenberg » secteur pavé de 2400 mètres et passage mythique de la course cycliste « Paris-Roubaix » dans la maison de l’ancien garde-chasse du Prince d’Arenberg ! Dehors le temps est à la pluie, dedans nous sommes accueillis par le sourire d’enfant, la tendre bonhommie d’Yves et l’humour charmant de son épouse Eva dans cette demeure toute jonchée des œuvres des différentes périodes artistiques de l’artiste et de sa fille Corinne. Nous sommes venus essayer de percer le « mystère » des œuvres de l’artiste. C’est dans le caractère d’Yves Degorre sans nul doute que se définit sa peinture qui évoque tour à tour la fluidité, la douceur, le paradoxe, l’évanescence. Le champ lexical de ses créations : attendrissantes, oniriques, circassiennes, féminines, inquiétantes, ondulantes, énigmatiques, délicates, grinçantes… Yves DEGORRE (technique mixte) C’est son mariage avec Eva qui sera le déclencheur de sa passion. Nous sommes alors en 1971 et Yves est âgé de 27 ans. A dix-huit ans, il aurait voulu entrer au Beaux-arts, mais ses parents ont refusé. Il est alors entré à la Poste comme guichetier à Roubaix. S’ensuivra vingt-huit mois de service militaire en Algérie, à son retour en France il sera nommé à Valenciennes, puis continuera sa carrière pendant une quinzaine d’années au centre de tri de Valenciennes en horaires de nuit pour pouvoir peindre en journée. Sa technique : sur la toile, il dépose des aplats de couleurs, puis se profilent petit à petit des contours de personnages qui peuvent changer au fur et à mesure de son inspiration, du hasard. « Quelquefois, je traîne, je ne trouve pas…alors je remets de la couleur, j’efface, je ponce, j’applique du modeling paste si besoin… ». Pour obtenir un effet de fluidité entre les différentes couleurs de peinture, de quasi-superposition, de transparence, il met de la couleur sur du sopalin, tapotant plus ou moins pour avoir un peu d’épaisseur. On dirait presque du pastel. Souvent des journaux des magazines lui servent de palette. Les tons utilisés sont « pastels » : jaune, gris bleuté, jaune-vert, rouge pâle, bleu ciel, rose… Yves DEGORRE (technique mixte) De prime abord une œuvre de Degorre peut paraître contradictoire, car à la fois accessible et absconse, puis peu à peu son univers fantastique aux douces couleurs tout empreint de visions, de rêves suggérés s’immisce dans les méandres de notre inconscient et nous emmène vers une sorte de paradis perdu. Le Petit Prince de Saint Exupéry nous dessine un mouton ; le Petit Prince Yves « d’Arenberg » des clowns, pantins, poupées, marionnettes, des apparitions ! l'atelier "jaune" d'Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel Lui dit : « La peinture est avant tout un jeu, un plaisir ! » Pourtant primé et médaillé à maintes reprises, présenté par les galeries et salons les plus prestigieux, Yves Degorre tient à son autonomie d’artiste, reste éloigné des modes du marché de l’Art. Elle, son épouse Eva, nous suggère avec une pointe d’humour non dissimulée : «T’es dans le flou, minou ! ». Mon royaume pour un cheval (technique. mixte) ©Yves DEGORRE © Photo Pierre Raffanel Eclaircissons ce « flou artistique » au travers de ce portrait chinois ! Yves, si tu étais… Un peintre ? Klimt Un animal ? Un chat Un paysage ? Un parc fleuri Une fleur ? Une rose Une couleur ? Bleu ou rouge Un pays ? La France Un instrument de musique ? Une guitare Un musicien ? Brel et Brassens Une phrase ? « Ce qui compte c’est la santé ». Yves Degorre et son univers pictural nous inspirent deux autres maximes : « La gaîté est la moitié de la santé » et « l’humilité est le contrepoison de l’orgueil ». Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 7 - décembre 2021 - La Société Artistique Mes frangines - Yves DEGORRE © 2021 Photo Pierre Raffanel Des objets collectés en préparation de réalisations d'Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel Yves DEGORRE ©photo Pierre Raffanel
- Art postal et Mail art
Post de Pierre Raffanel - janvier 2020 (DP musée de La Poste) Enveloppe illustrée réalisée par Frédéric Pioche, postier, adressée à Alphonse Perrault, gouache et aquarelle sur papier (© Musée de La Poste – La Poste, 1905/ Thierry Débonnaire, 2019) L’histoire postale est aussi une histoire de l’art qui traverse les courants artistiques. Ainsi, au XIXe siècle, l’essor de la correspondance voit l’émergence d’un espace de création tant pour les particuliers que pour les artistes « reconnus ». A travers l’envoi d’une lettre ou d’une carte postale, les expéditeurs de toute sorte se sont amusés avec les codes de l’administration, de l’agrément d’une enveloppe à la subversion d’un réseau d’artistes engagés. La Poste a su, parfois bien malgré elle, être le vecteur de créations s’affranchissant de ses conventions et une source d’inspiration unique pour les artistes détournant boîtes aux lettres ou sacs postaux. De l’art par La Poste, les enveloppes décorées La correspondance en France connaît un plein essor au milieu du XIX e siècle avec la naissance du timbre en 1849 et l’apparition des enveloppes manufacturées. Jusqu’alors les lettres étaient pliées et cachetées par l’expéditeur et leur acheminement coûteux. Le papier se démocratise et l’alphabétisation permet l’accès à l’écrit d’une grande partie de la population. Les échanges se multiplient et les expéditeurs ne se privent pas d’illustrer leurs envois : dessin, gouache, aquarelle … Le postier Frédéric Pioche a ainsi peint de nombreuses enveloppes au début du XX e siècle, intégrant de manière facétieuse l’adresse de son correspondant à des scénettes illustrées. Des artistes actuelles comme Chris Besser ou Sylvie Graindorge ont également intégré à leur pratique l’enveloppe peinte ou détournée. La carte postale Née à Vienne en 1869, la carte postale explose réellement en France lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900. Des milliers d’exemplaires de cartes y sont vendus. Très diffusée grâce aux progrès techniques de l’impression, la carte postale connaît un véritable engouement populaire. Les artistes s’en emparent et en font un objet d’avant-garde : expressionnistes, futuristes, dadaïstes et surréalistes ont utilisé la carte postale comme support dans le premier quart du XX e siècle. Paul Eluard en fit la collection et se livra à des montages fantaisistes et poétiques. Après la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 puis la Seconde Guerre mondiale, la carte postale est en déclin et apparaît démodée face à l’accélération tout au long du siècle des télécommunications. Ce mode d’échange, associé aux vacances, garde cependant son aura nostalgique et reste un support artistique. Artistes en correspondance Dans les années 1960, années contestataires, apparaissent des réseaux d’artistes utilisant la voie postale comme espace d’expression libre, affranchie du marché de l’art. Ce sont les débuts du Mail Art, mouvement fondé à New York par l’artiste Ray Johnson en 1962. Il crée la « New-York Correspondance School of Art » et multiplie les actions, en postant des lettres collages recouvertes d’images insolites dessinées ou découpées dans des magazines, invitations à des rendez-vous réels ou fictifs. Il les expédie à l’attention de personnalités en vue ou alors à de parfaits inconnus choisis au hasard dans les pages de l’annuaire. Selon Johnson : « le Mail Art appartient à tous, il doit être l’affaire de tous et non pas d’un seul ». Il fixe les règles suivantes « not for sale, no copyright » : (pas à vendre, pas de droit de reproduction), « no fee, no jury, no technic and size free » : (pas de droit d’inscription, pas de jury, pas de technique et dimension libre). Très vite apparaissent des réseaux (ou « networks ») d’artistes à travers le monde, la plupart engagés politiquement et correspondant avec des pays soumis à la dictature, en Amérique du Sud ou en Europe de l’Est, contournant la censure pour défendre les droits humains. Ces réseaux mouvants détournant timbres et tampons, utilisant tous supports, seront très actifs jusqu’à la fin des années 1980. L’artiste japonais Ryosuke Cohen en propose une synthèse dans son œuvre collective Brain Cell (cellule cérébrale) commencée en 1985. A partir des timbres et des tampons créés et envoyés par son réseau (des milliers de membres à travers plus de 80 pays), l’artiste compose des sérigraphies sur papier aussi denses et variées que le tissu cérébral humain. Chaque participant en reçoit une copie avec la liste des contributeurs. Le mouvement disparaît peu à peu dans les années 1990 au profit d’Internet, qui devient le moyen d’expression privilégié des Mail Artistes. Des « Mail Art call » ou « appels d’Art Postal » sont lancés quotidiennement sur des thématiques variées. Des forums et des galeries en ligne sont également proposés. Le Mail Art, mouvement libre, échappe encore à toute définition trop figée et permet de repenser l’art sous le prisme de l’échange, du don et de la réciprocité. Robe de bal en timbres-poste de 1947 dans la vitrine (plateau 3) (© Hervé Abbadie 2019 © Musée de La Poste – La Poste 2019) L’Art Postal L’Art Postal s’inspire d’une manière très générale de l’institution postale et de son univers matériel en le détournant de sa fonction première. Son champ d’action est vaste, allant de la création graphique sur enveloppe ou tout autre objet de corres-pondance jusqu’à l’objet postal revisité. Ainsi, la boîte aux lettres a été le support de nombreuses inspirations artistiques, de la facétieuse Boîte alerte de Marcel Duchamp et Mimi Parent réalisée en 1959-1960 comme catalogue-objet de l’Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme (EROS), aux œuvres de Street Artistes actuels. Citons parmi d’autres, l’artiste Skall qui crée la Boîte de lumière , série de boîtes aux lettres recouvertes de peinture à paillettes (1995) ou encore C215 qui les métamorphose avec ses portraits au pochoir : interview de C215 : en savoir > Thibaud Guilet La marquise de Sévigné : envoi contemporain fantaisiste—Aquarelle sur carton, ficelle, plume et timbre-poste (©Musée de La Poste - La Poste, 1996 / Thierry Débonnaire, 2019 / Tous droits réservés)
- Le peintre Daniel BIGARÉ in situ
Atmosphère d’atelier Le Nergone de Daniel BIGARÉ à Ecury s/ Coole, petit village près de Châlons en Champagne. Daniel BIGARE dans son atelier le jour de l'interview ©2020 Photo Pierre Raffanel « Tu ne sais pas où tu vas arriver, c’est la toile qui t’emmène ». Les spys - Daniel BIGARE Nous y sommes, le décor est planté : le clapotis de la rivière Coole au fond de la cour, l’ambiance chaleureuse de cette maison champenoise restaurée avec une bande de « potes », de grosses poutres de bois et un escalier qui nous mène à ce bel atelier de 80 m2 …et oh! surprise, juste à côté, une galerie constituée de 120 mètres linéaires pour accrocher les toiles du « Big ». C’est Ginette, son épouse, qui nous accueille, bienveillante et attentive, on sent immédiatement une complicité entre ces deux-là ! Noir et blanc - Daniel BIGARE ©2020 Photo Pierre Raffanel L’atelier est un cocon style loft avec une luminosité idéale et propice à la création. Très structuré, ordonné et fonctionnel aussi : le coin travail (grand chevalet, pinceaux, palettes, pots …), la mini-cuisine, le coin rangement (ordinateur, classification des œuvres de l’artiste…), et un coin pour refaire le monde et boire un coup avec les copains : un canapé, une guitare, une collection de pipes et de cafetières… Justement, un de ces copains d’enfance : Jean Cabut. Ils sont nés à quatre jours d’intervalle, à Châlons en Champagne et fréquenteront les mêmes bancs d’école. Daniel, voyant que Cabu est un as du dessin « capable même de faire un croquis dos tourné, les mains dans les poches » préfère s’orienter vers la « gribouille ». Dédicaces de Cabu et Goscinny à l'attention de Daniel ©2020 Photo Pierre Raffanel Pendant les premières années, sa peinture est dans la grisaille : des tons gris, marron, vert. Puis s’inspirant du « bleu » de Nicolas de Staël, il créera au fil du temps sa palette de « blue note » personnelle. Puis il « monte en gammes de couleurs » Le vert, lui, a presque complétement disparu. Les couleurs sont à l’épicentre de toute l’œuvre de Daniel Bigaré. La couleur est structurante, point d’ancrage de son inspiration, le dessin lui vient dans un deuxième temps. Ses personnages bougent en une verticalité rythmée, heureuse et dynamique. Rien n’est statique ! Ses tableaux sont vivants, empreints d’humanité et de voyages : marines, ports méditerranéens, marchés au Burkina Faso, souks, paysages bretons, ambiances urbaines, New-Orléans et jazzmen new-yorkais. D’ailleurs, John Coltrane est son musicien préféré. Jazz à Juan Les PIns - Daniel BIGARE Cabu lui insufflera l’idée de changer son paraphe d’artiste, « trop inspirée de Bernard Buffet ». La liberté de ton de Daniel Bigaré viendra lors d’une exposition de La Société Artistique : « J’arrive, je vois Pierre Lonchamp en débardeur, rouge vif. Son allure m’a scotché, son attitude nonchalante m’a impressionné. Un véritable déclic qui m’a libéré. » C’est le départ du style Bigaré, à mi-chemin entre le figuratif et le non figuratif. D’autres peintres postiers l’inspireront : Albert Gorra peintre figuratif de Châlons, Augustin Memin, Claude Frégère, Gaston Sébire , Pierre Ambriogiani, Yves Degorre … avec tous, le même dénominateur commun, la passion de leur art ! Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 5 - novembre 2020 - La Société Artistique Jeune fille au chapeau - Daniel BIGARE Le Grau du Roi - Daniel BIGARE Marée basse © Daniel BIGARE New Orleans Canal Street - Daniel BIGARE - couverture inversée de la revue POST'ART
- Le peintre Roger PENDARIÈS in situ
Roger PENDARIES dans son atelier © 2022 Photo Pierre Raffanel Atmosphère d’atelier du peintre Roger Pendariès à Saint-Jean, près de Toulouse. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que je me retrouve en ma terre natale à la rencontre de Roger Pendariès, authentique toulousain et peintre de la « couleur et du chant de la vie ». Son atelier se situe à l’écart de sa maison dans une vaste pelouse bordée de chênes et de parterres de fleurs. Ses débuts : son père qui pratique l’art en amateur l’encourage…à l’école il aime dessiner et se passionne également pour le sport, surtout la bicyclette. C’est le rugby qui lui permettra de rester à Toulouse après son service militaire, et une hernie discale qui stoppera net toute pratique sportive. En 1943, à 14 ans, après son certificat d’études il entre dans l’administration postale comme télégraphiste et se met à faire des croquis, des portraits à la gouache recopiant des cartes postales ! Ensuite c’est au « bureau-gare » où il travaille, dans les années 52-53 qu’il rencontre René Bonnefont qui lui transmet l’envie de peindre, lui permettra de connaître la Société Artistique et son responsable Edmond Sahuguède. Plus tard les encouragements répétés de Gaston Penavayre et un esprit d’émulation avec les peintres Joseph Mistou, Darcourt, Nougaillon ! Son apprentissage : en autodidacte, par une pratique sans relâche, au jour le jour, en se confrontant ave le milieu artistique local et en puisant l’inspiration dans les paysages des Pyrénées Orientales, de l’Aude… Il participe dès 1960 à de nombreux salons régionaux. En 1972, première exposition personnelle avant d’étendre sa participation à d’autres galeries et salons en France et à l’étranger. Il obtient de nombreux prix pour ses huiles et ses pastels. Des encouragements des PTT par des commandes importantes, de grandes fresques pour les Chèques Postaux de Toulouse et les Télécoms d’Albi. En 1980 il réalise avec René Bonnefont la décoration de l’Office National des Annuaires à Bordeaux. En 1986 et 2005 il est invité d’honneur au Salon National de la Société Artistique au Musée de la Poste à Paris. Eté en Lauraguais (huile) de Roger Pendariès © DR Photo Sa technique : au début du figuratif, puis petit à petit il élargit sa toile, « ce qui l’intéresse ce sont la couleur et l’atmosphère ». Il travaille à la truelle (« arrangée par ses soins pour qu’elle soit assez souple »), pose sa couleur en à-plat de manière fine tandis que des monticules de peinture à l’huile séchée, s’amoncellent sur sa palette, se sert de « petits cernes pour faire monter la touche ». Ensuite il faut de la patience, attendre que ça sèche, mettre 3 ou 4 épaisseurs de peinture « sinon ça craquelle, du coup, une toile commencée à l’automne il l’a finie au printemps ». Souvent il peint en amont un pastel pour élaborer sa composition…Cette technique personnelle, ce travail de patience, cette recherche amoureuse de la couleur (du levant sur l’étang de Thau ou des couleurs du désert) traduisent au plus juste sa vision. « Pour lui le sujet importe peu, seule la couleur est là pour apporter l’émotion ressentie devant le paysage, mais du combat on ne garde que la victoire, victoire de la ligne, de la couleur, victoire de la création et du temps, la toile s’élabore aussi lorsqu’elle attend juste le moment où elle sera Camargue, Andalousie, Tunisie, Sibérie, nuit ou jour. Elle sera émotion, elle sera vie pure et palpitante ou centre même de la couleur, au spectateur de ralentir le pas et de s’en imprégner. » Post de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 8 - mai 2022 - La Société Artistique Champ de coquelicots (huile) de Roger Pendariès © DR Photo
- Musée Basque / Léon BONNAT, peintre il y a cent ans
Post de Pierre Raffanel - août 2022 pour la revue Post'Art 9 - La Société Artistique Musée basque et de l'histoire de Bayonne ©Photo Pierre Raffanel J’ai découvert avec ravissement le 7 juillet, veille de l’ouverture, l’exposition évènement consacrée à Léon Bonnat pour marquer le centenaire de sa mort et rendre hommage à cet artiste – peintre, graveur, collectionneur, professeur- qui légua à sa cité natale, Bayonne, une collection d’œuvres d’art parmi les plus estimées de France dont un ensemble conséquent d’œuvres de Bonnat lui-même. Le Ministère de la Culture a même "estampillé" cette manifestation qui dure six mois, du label exposition d’intérêt général . Sabine Cazenave, Directrice du Musée Basque et commissaire de cette exposition nous confie que " c’est la première fois qu’autant d’œuvres de Léon Bonnat sont réunies et que ce fût une gageure car les espaces de cette maison du début XVIIe – le Musée Basque - ne sont pas forcément adaptés à des œuvres de grands formats." Pas moins de 84 œuvres, issues des collections du Musée Bonnat-Helleu de la ville de Bayonne et d’autres prêtées par les Musée du Louvre, d’Orsay, du Petit Palais, du Château de Versailles…et de collections privées. L’exposition retrace chronologiquement la riche carrière de l’artiste, montrant l’évolution de son style, la diversité de ses influences et la pluralité de ses thématiques, des premiers succès de peintre d’histoire à ses oeuvres orientalistes, sa production paysagiste et ses grands décors. Mais surtout, ce qui l’a rendu célèbre et lui a ouvert les portes de l’Académie : ses portraits. Portraitiste de personnalités des Arts, des Sciences et de la Politique comme Louis Pasteur, Dominique Ingres, Léon Gambetta, Jules Ferry, Ernest Renan, Henri Germain, Emile Loubet, Aramand Fallières ou Adolphe Thiers… Son tableau le plus célèbre, nous le connaissons tous ! Nous l’avons observé sur les bancs d’école, dans un magazine et pourtant, souvent nous ignorons que cette œuvre est de Léon Bonnat : le portrait de Victor Hugo , d’ailleurs frontispice de l’affiche, peint seulement avec du blanc et un dégradé de brun. Cette attention portée sur le travail de la matière, de la lumière et un fond souvent sombre se retrouve sur nombre de ces œuvres. Cette exposition permet sans nul doute de réhabiliter cet artiste en montrant toute l’étendue et la multiplicité de son talent. Benjamin Couilleux, Directeur du Musée Bonnat-Helleu et commissaire de cette exposition nous dit : "Trop injustement et longtemps oublié, ce peintre mérite largement d’être reconnu ! Egalement bienfaiteur, il a énormément contribué au rayonnement culturel bayonnais." ©Léon Bonnat (1833–1922). Autoportrait. 1855, huile sur toile marouflée sur bois, Paris, Musée d’Orsay. Né en 1933 à Bayonne, Léon Bonnat s’établira à Madrid avec son père et suivra de 1846 à 1853 sa première formation à l'atelier de Federico et José Madrazo à la Real Academia de Bella Artes de San Fernando. Revenu dans sa ville natale suite au décès de son père, il partira grâce à une bourse de la ville de Bayonne à Paris en 1854 pour parfaire son apprentissage dans l'atelier de Léon Cogniet à l'école des Beaux-Arts. Ces séjours permettront au jeune artiste de forger son style vigoureusement réaliste, nourri par la tradition de la peinture française comme espagnole. En témoigne ce premier Autoportrait (1855), une huile sur toile marouflée sur bois présentant un Léon Bonnat jeune, beau garçon, loin des standards de l'époque. Une oeuvre déjà résolument moderne et très "ressemblante". Presque à l'égale d'une photographie ! ©Madame Pasca. 1874, huile sur toile, Paris, Musée d’Orsay. En 1857, au Prix de Rome, sa "Résurrection de Lazare" ne lui valut qu'un deuxième prix mais une aide financière de Bayonne lui permettra de séjourner trois années en Italie dans la ville aux sept collines. Le peintre gardera durant toute sa vie des liens très étroits avec sa ville natale. "C'est un homme qui tout au long de sa carrière, y compris au moment de sa plus grande gloire parisienne, n'a jamais oublié d'où il venait. Il revenait fréquemment à Bayonne mais aussi à Saint-Jean-de Luz." dixit le Maire de Bayonne, Jean René Etchegaray. Les décennies 1860-1870 verront l'artiste progressivement s'imposer sur la scène parisienne, il expose au Salon de grandes compositions religieuses frappantes par leur mélange de naturalisme et de théâtralité, tout en s'inscrivant dans la tradition des maîtres du passé par leurs inflexions renaissantes et baroques. Son tableau "Le Christ en croix" , commande de l'Etat en 1874, à l'époque d'un impressionisme naissant, provoque un scandale par son "cruel réalisme" : cette oeuvre majeure marquera un tournant qui sera considéré comme naturaliste.Dans les années 1870, l’atelier de son hôtel particulier verra défiler hommes politiques les plus en vue, artistes, écrivains, actrices célèbres tels Victor Hugo, le cardinal Lavigerie, le duc d’Aumale, auxquels s’ajoutent la jet set américaine (Astor, Vanderbilt...), le cercle des familles israélites et moultes personnalités aisées à l’instar de « Madame Pasca » (1874) . Devenu riche et célèbre, le peintre et maître acquiert une collection extraordinaire de chefs-d’œuvre composée d’esquisses de Rubens, de dessins de Léonard de Vinci, de Raphaël et de Michel Ange…et deviendra un collectionneur d’art français de haut rang. Nommé Grand-Croix de la Légion d’Honneur le 14 octobre 1900, Bonnat dirige les Musées nationaux jusqu’à sa mort. Nommé directeur de l’école des Beaux-Arts de Paris en 1905, ce grand admirateur de Diego Velasquez enseignera toute sa carrière à de nombreux élèves français et étrangers : citons Henri de Toulouse-Lautrec, Thomas Eakins ou Raoul Dufy…mais également à des jeunes talents originaires de Bayonne et du Pays Basque. Le rôle de Bonnat s’avèrera essentiel pour l’émergence, à la fin du XIXe , d’une véritable école picturale bayonnaise. La plupart des artistes s’illustreront à leurs débuts dans des sujets historiques et prendront toutefois une voix singulière, sans renier l’héritage du maître. Seule femme du groupe, Marie Garay sera très attachée à l’identité culturelle de sa région natale. ©Pays Basque en 1898 - Léon Bonnat - Paris, Musée d'Orsay - dépôt Musée Basque et de l'histoire de Bayonne À son décès en 1922 à Monchy-Saint-Éloi et sans descendance, Léon Bonnat se souviendra des aides octroyées naguère par sa ville natale et lui léguera sa collection exceptionnelle. Célèbre et célébré de son vivant, Léon Bonnat se verra injustement éclipsé par les courants modernes du début du XXe comme l’expressionnisme, le cubisme, le surréalisme. Pourtant, ses portraits devenus pour certains iconiques, son style complexe nourri par les maître anciens et sa fidélité à un naturalisme singulier en font l’un des maîtres les plus originaux de l’art français de la IIIe République. Benjamin Couilleaux / Sabine Cazenave (vernissage) ©Photos Pierre Raffanel A voir : Le programme exhaustif de l’exposition : A paraître : au mois d’août à la boutique du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne Le catalogue de l’exposition « Léon Bonnat peintre (1833-1922) du Pays Basque à Victor Hugo », Ed. Faton, sous la direction de Sabine Cazenave et Benjamin Couilleaux à l’automne 2022 Le second volume du catalogue raisonné intitulé "Léon Bonnat - Au-delà des portraits" de Guy Saigne - Ed. Mare et Martin Arts, par bon de souscription.
- Le Skate support d'expression artistique...
Post et photos de Pierre Raffanel - Sept. 2022 L'exposition The art of skate au Centre d'Art urbain FLUCTUART - pont des Invalides à Paris jusqu'au 14 octobre 2022. Art of skate - Post "le skate support d'expression artistique " et photo de Pierre Raffanel - Sept. 2022 Plus de 120 planches exposées venant des 4 coins du monde, un voyage haut en couleurs, un tour d'horizon de cette pratique urbaine née dans les années 50 aux Etats-Unis, une mise en perspective de la pratique et de la culture du skateboard par le biais de son appropriation par des artistes, 0,17m 2 de surface de la face externe d'une planche où sont apposés les blazes, logos, oeuvres et réalisations de 80 créateurs : Jaune, JR, Jonone, Jo di Bona, Felipe Pantone, Barry Mc Gee, Margaret Kilgallen, Larry Clark, Ludo, Futura 2000 & Martha Cooper, Shepard Fairey, André, Delta, James Joyce, Theo Lopez, Phase 2, Kenny Scharf, Julien Bechet, Cope2, Madsaki, Cleon Peterson, Lee Quinones, Stash, Wesr, Martin Wong, Kevin Lyons, Retrofuturism, Eddie Colla, Denial, Cyrcle, 1UP, MadC, Melissa Villaseno, Joseph Martinez, Ed Templeton, Larry Clark, Joe Iurato, Ron English, Craig Stecyk, Tilt, Guerilla Girls… une contre-culture, un lifestyle... Art of skate - Post "le skate support d'expression artistique" et photos de Pierre Raffanel - Sept. 2022
- La Pétroleuse vaincue de Ginotti entre au musée d'Orsay grâce au mécénat du Groupe Lavazza...
Post de Pierre Raffanel (d'après le dossier de presse) Giacomo Ginotti (1844-1897) La Pétroleuse vaincue, 1887 Bronze Sans socle 65 x 54 x 34 cm Paris, musée d’Orsay © photo Pierre Raffanel Paris, 15 septembre 2022 – En ayant rendu possible l’acquisition du chef-d’œuvre du sculpteur italien Giacomo Ginotti (1844-1897) la Pétroleuse vaincue pour les collections du musée d’Orsay, le Groupe Lavazza rejoint la communauté des mécènes du musée parisien et réaffirme ainsi son engagement dans le monde de l’art. Christophe Leribault (Président des musées d'Orsay et de l'Orangerie), la Pétroleuse vaincue et Francesca Lavazza dans le fumoir du musée d’Orsay ©photo Pierre Raffanel - 15 sept 2022 La Pétroleuse vaincue est un buste de femme présenté pour la première fois par Ginotti en 1881 dans une version en marbre à l’Exposition Nationale des Beaux-Arts de Milan. La version acquise par le musée d’Orsay est un bronze exécuté par l’artiste en 1887 et fondu par la fonderie Mazzola à Turin. Ce buste représente une femme du peuple au regard fier, entravée par des cordes qui lui enserrent les épaules et la poitrine. Le sujet prend son inspiration dans le rôle joué par les Parisiennes lors de la Commune de Paris en 1871. Pendant cette révolte où de nombreux bâtiments de la capitale furent incendiés, l’on accusa les communardes d’avoir utilisé du pétrole pour allumer des incendies. Naît à cette occasion le mythe populaire des « pétroleuses ». Le bronze de la Pétroleuse vaincue, jusqu’ici resté en mains privées en Italie, est une œuvre exceptionnelle qui se pose en témoin de l’histoire de la France et de ses réactions dans le monde de l’art européen. Bien que ses sculptures aient été largement diffusées à travers l’Europe de son vivant, Giacomo Ginotti et son œuvre demeurent encore méconnus en France. Or, ce buste trouve ses origines dans une œuvre célèbre de Jean-Baptiste Carpeaux, Pourquoi naître esclave, réalisée en 1872 (musée d’Orsay). Cet hommage à l’un des plus importants sculpteurs français de l’époque, et fondamentalement abolitionniste, rend d’autant plus essentielle son entrée au musée. La Pétroleuse vaincue, probablement l’œuvre la plus extraordinaire de Giacomo Ginotti, vient ainsi compléter les collections nationalesfrançaises et apporter au sculpteur italien, ainsi qu’au mouvement du vérisme social qu’il incarne, la reconnaissance qu’ils méritent dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Au-delà du caractère exceptionnel de l’œuvre, cette acquisition s’inscrit dans la continuité du lien historique qui unit le musée d’Orsay et l’Italie. Le musée doit notamment son aménagement unique à la célèbre architecte et designer italienne Gae Aulenti. En outre, les visiteurs italiens constituent depuis toujours une part importante de la fréquentation des musées d’Orsay et de l’Orangerie. En parallèle, l’acquisition de la Pétroleuse vaincue grâce au soutien de Lavazza marque la volonté de l’entreprise turinoise de poursuivre ses engagements pour la promotion culturelle dans un pays clé. La France est en effet le deuxième marché le plus important pour le Groupe, derrière l’Italie. « Le soutien au monde de l’art est dans l’ADN du Groupe Lavazza depuis toujours. C’est donc tout naturellement que nous avons choisi de nouer ce partenariat avec le musée d’Orsay, véritable symbole parisien et monument emblématique de France, un pays qui est cher à Lavazza. Le choix de l’œuvre de Ginotti, conçue à la fonderie Mazzola à Turin, berceau historique du Groupe Lavazza, était une évidence pour nous » déclare Francesca Lavazza, Membre du Conseil d’Administration du Groupe Lavazza. « Un lien indéfectible unit le musée d’Orsay à l’Italie depuis sa création, et nous avons à cœur de continuer à le nourrir à travers une programmation riche, célébrant les artistes italiens et leur talent. Grâce au soutien du Groupe Lavazza, nos collections s’enrichissent aujourd’hui d’une œuvre majeure de l’art italien du XIXe siècle, qui rappelle le rôle des femmes dans la Commune de Paris et rend un vibrant hommage à Jean-Baptiste Carpeaux » ajoute Christophe Leribault, Président de l’Établissement Public des musées d’Orsay et de l’Orangerie. L’acquisition de la Pétroleuse vaincue témoigne de l’engagement de longue date du Groupe Lavazza dans la promotion artistique et culturelle. L'Italie étant le berceau de la culture européenne, Lavazza dispose naturellement d’une sensibilité et d’une attention particulières envers les arts. Un amour qui, au fil des ans, a conduit à la mise en place de grands projets artistiques, de collaborations avec certains des plus grands photographes contemporains du monde dans le cadre du Calendrier annuel Lavazza et au parrainage d’expositions internationales et de programmes culturels uniques. Le rôle de Lavazza en tant que mécène du musée d’Orsay s’inscrit dans la continuité de ces activités. Giacomo Ginotti (1844-1897) La Pétroleuse vaincue, 1887 Bronze Sans socle 65 x 54 x 34 cm Paris, musée d’Orsay ©photo Pierre Raffanel À propos de Giacomo Ginotti : Giacomo Ginotti (1845-1897) est un sculpteur italien qui connut une renommée à travers toute l’Europe dans les années 1880. Très jeune, il émigre en France et y demeure quelques années. Mais son goût pour la sculpture le pousse à revenir en Italie, et à s’inscrire à l’Academia Albertina de Turin. Il y suit des cours d’ornement, de sculpture et de dessin de figures. Ginotti se distingue alors comme l’un des élèves les plus doués de sa génération et remporte plusieurs prix. Ginotti lance sa carrière en 1873 à Rome et connait le succès immédiat avec ses premières œuvres telles que le Jeune homme dispersant ses fleurs. En 1877, il en vient à ouvrir son propre atelier. Puis sa popularité triomphe avec sa deuxième œuvre, L’Esclave, qui obtient la médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1878 et est achetée par le roi Victor-Emmanuel II. Son travail attire l’attention de la critique parce qu’il arrive à réunir les qualités alors demandées à la sculpture : le naturalisme mêlant tension et sensualité. Retourné à Turin en 1886, il réalise la fontaine monumentale du Palais Martini et Rossi, et en 1887, devient membre de l’Academia Albertina. Mais c’est avec la Pétroleuse Vaincue que Ginotti va créer en 1887 son œuvre la plus étonnante et sans doute la plus moderne.
- Dédicace avec SPEEDY GRAPHITO
Le 8 octobre 2022, Speedy Graphito nous a dédicacé avec bonhomie, posca en main son livre-jeux « Mondes imaginaires » au Musée en Herbe dans le 1er arrondissement parisien ! Ce fut l’occasion de se plonger dans l’univers haut en couleur de ce pionnier du street-art, de cet artiste protéiforme au milieu de ces œuvres mêlant références à l’histoire de l’Art, la bande dessinée, les dessins animés, le consumérisme et l’écologie. Un voyage initiatique et poétique au cœur de l’imaginaire de l’artiste autour d’une quarantaine de ses réalisations. La chambre aux mille trésors : une poupée à l’effigie de Speedy Graphito entourée des héros qui ont marqué notre enfance La cité des énigmes : des œuvres mélangeant pixels, jeux vidéos, écrans d’ordinateurs, télévisions, téléphones soulignant notre addiction aux nouvelles technologies et à la culture numérique. Le musée dans les nuages : de nombreuses références à l’histoire de l’art, notamment des peintres surréalistes qui nous ouvrent les portes d’un mode imaginaire et poétique. Le tunnel spatiotemporel : une installation lumineuse et totalement immersive qui nous propulse dans un monde parallèle où se mêlent science-fiction et consumérisme. Le jardin fantastique : une déambulation dans un jardin labyrinthique, un univers féérique où se côtoient créatures mystiques, mythologiques, tribales et fantastiques ! ©Speedy Graphito / ADAGP-Paris ©2022photos Pierre Raffanel Speedy Graphito en quelques dates : 1975-80 / décors de théâtre pour la « Lyrique » de l’Isle-Adam 1975-78 / études au lycée d’arts appliqués «Rue madame» Paris 1978-80 / études supérieures à «l’École Estienne» Paris 1983/ premier mur peint 1984 / première exposition en galerie 1985/ création de l’affiche pour «La ruée vers l’art» Ministère de la Culture 1987 / “You are the world” création d’une ligne de T-shirts “Speedo” création du journal des fans de Speedy 1989/ projections pour le concert de JM. Jarre 1993/ emblème de la mission spatiale Altaïr-CNES Identité visuelle de “La Halle St-Pierre” Paris 2014 / ”Ainsi soit Lapinture” co-réalisation du film documentaire long métrage 2015 / ”La plus grande fresque d’Europe” Festival International de Street Art 2016 / première rétrospective au Musée du Touquet Paris-plage
- De toi à moi à la Fondation Fiminco
Carte blanche à Jennifer Flay Post et photos de Pierre Raffanel (visite commentée le 6 novembre 2022) Lors de l'exposition à la Fondation Fiminco du 15 octobre au 27 novembre 2022 De toi à moi à la Fondation Fiminco Un collectif de dix artistes : Elsa Werth, Liv Schulman, Sara Sadik, Myriam Mihindou, Randa Maroufi, Tirdad Hashemi et Soufia Erfanian, Neila Czermak Ichti, Mégane Brauer et Bianca Bondi. Des œuvres associant dessin, peinture et collage, sculpture et assemblage, installations vidéo et sonores, films, performances, interventions in situ, écriture et éditions. Des univers singuliers…questionnant sur l’identité au sens large, sur le langage et sa place dans l’expression plastique; une critique du système monétaire mondial, allant jusqu’à la parodie, la mise en abyme et l’effondrement ; une évocation de la problématique des frontières géographiques et immatérielles, physiques et psychologiques, incorporant la notion d’échange et de transfert. ©Jennifer Flay et Katharina Scriba, Directrice de la Fondation Fiminco ©Jennifer Flay © 2022 photo Marie Bueno « Le titre De Toi à Moi traduit cette notion de partage et de transmission et évoque l’existence sociale originelle d’une œuvre d’art ; sa place dans le monde qui résulte du passage d’un artiste à son public, au terme de l’acte solitaire de la création. Les artistes, elles vivent et travaillent en France. Pays de naissance, pays d’adoption ou pays d’accueil, venant d’ici ou d’ailleurs, même d’ici et ailleurs, toutes entretiennent une relation forte avec cet ancrage. Sur l’invitation de l’exposition une formule ancestrale s’affiche, reprise sur une image d’époque d’une banderole fièrement arborée lors d’une manifestation de suffragettes au début du 20ème siècle. We rise or fall together. De toi à moi, elle sonne toujours aussi vraie. » Jennifer Flay , commissaire invitée. Jennifer Flay a effectué pour cette exposition un travail de pré-sélection d’artistes pour les conservateurs du National Museum of Women’s Art (Washington, U.S.A) à la demande des Amies du National Museum of Women’s Art en France, et en vue d’une exposition qui aura lieu lors de l’inauguration des locaux rénovés du musée en 2024. ©myriam mihindou © bianca bondi ©bianca bondi ©photos Pierre Raffanel De toi à moi à la Fondation Fiminco La Fondation Fiminco Elle réinvestit une ancienne friche industrielle hors-norme à Romainville, accessible par le métro, aux portes de Paris, affin d’en faire un lieu de ressources au service des artistes et ouvert à tous les publics. Déployé actuellement sur 11000 m2 et prochainement sur plus de 46000 m2, ce nouveau quartier culturel rassemble en un seul et même lieu tous les ingrédients nécessaires à la constitution d’un véritable écosystème de la création contemporaine : une résidence d’artistes, des espaces d’exposition et de médiation, des galeries, des associations, et réunira bientôt des structures du spectacle vivant, des artisans d’art ainsi qu’une salle de spectacle.
- Escarboucle du timbre de Françoise PETROVITCH
Post de Pierre Raffanel - octobre 2022 - Musée de La Poste Timbre : création de Françoise Pétrovitch, 2022, huile sur toile, 100x81cm ©Photo Pierre Raffanel 📺 Dépose de l'oeuvre originale de Françoise Pétrovitch le 11 octobre 2022 au Musée de La Poste en présence de Philippe Wahl, PDG du Groupe La Poste, d'Anne Nicolas directrice du Musée de La Poste et de Gille Livchitz directeur de Philaposte pour le timbre de la série artistique 2022. Remise de l'escarboucle du timbre à Françoise Pétrovitch par Philippe Wahl et en présence d'Anne Nicolas ©Photos Pierre Raffanel « Françoise Pétrovitch est une artiste plasticienne française. Elle vit et travaille à Cachan et enseigne à l’école supérieure Estienne, à Paris. Son œuvre est foisonnante et s’exprime à travers des supports et techniques très variés : peinture, céramique, verre, lavis, gravure ou vidéo. Cependant, le dessin y tient une place privilégiée et sert de ligne de force à l’ensemble de sa production. Son trait est simplifié, précis, assuré. Elle le conjugue librement à des aplats ou des transparences de couleurs lumineuses et fraîches. L’entre-deux et l’adolescence sont essentiels dans son œuvre. Les personnages ne nous regardent pas, ils détournent le regard, baissent les yeux, ou même se cachent le visage derrière leurs mains. Ils font partie d’un récit qui n’est pourtant pas narré. L’artiste ne laisse voir qu’une partie du sujet, quelque chose déborde toujours hors-champ, hors de la vision, et devient insaisissable. L’animal, est un motif récurrent dans sa création. Dans certaines œuvres elle décrit la rencontre entre l’animal et l’humain : des oiseaux se posent sur les doigts d’une jeune fille, un lézard s’agrippe au vêtement d’un petit garçon… L’enjeu y réside d’abord dans le regard que l’enfant pose sur l’animal, sur une forme de vie qui lui est extérieure et véritablement inaccessible. Mais il est aussi question de la fragilité et des rapports de force que les protagonistes peuvent entretenir. Les mains qui protègent peuvent également blesser ou tuer et, réciproquement, l’animal peut se révéler dangereux. Pour le timbre l’artiste a peint deux figures, un garçon et un lézard et à travers eux, le grand et le petit, le moi et l’autre. Le visage du jeune homme dont les paupières sont baissées conduit à un monde intérieur. Les figures sont concentrées, comme isolées dans le silence. Cependant, l’échange, le dialogue entre les deux êtres demeure possible. » Musée de La Poste
- Expo : En avant la musique ! Ce langage universel facteur de lien social.
Du 17 novembre au 21 mai 2023, le Musée en Herbe et les producteurs du Syndicat national de l’édition phonographique se mettent au diapason pour célébrer 150 ans de musique enregistrée : un voyage initiatique et interactif au cœur de la musique enregistrée, son évolution, ses acteurs et sa place dans notre société. Dans cette exposition, art et musique se côtoient : pochettes de vinyles réalisées par des artistes (Keith Haring, Salvador Dalí, Invader, Joan Miró, Pablo Picasso ou Victor Vasarely, etc.), sculpture des Daft Punk de Xavier Veilhan, œuvre musicale de Jean Pierre Müller ou encore les « Mistape » de Djeff. Exposition "En avant la musique" ©Joan Miro ©Bernard Buffet ©sculptures Daft Punk ©photos Pierre Raffanel En compagnie d’inventeurs visionnaires qui conçoivent d’étranges machines nous faisant rêver et au milieu des cylindres et des phonographes, les visiteurs découvrent les tout premiers enregistrements, comme la voix de Gustave Eiffel lors de l’Exposition Universelle de 1889, et les premiers tourne-disques. Le royaume du disque et de la musique nomade. Le XXème siècle est celui de l’industrialisation de la musique enregistrée qui s’installe dans l’espace domestique et se nomadise : apparition du disque sous toutes ses formes, puis de la cassette et du CD. À travers la reconstitution de plusieurs scénettes, les visiteurs s’immergent dans l’univers du disque des années 20 aux années 80 et retrouvent de nombreuses pochettes emblématiques Un studio d’enregistrement reconstitué par des experts passionnés avec une table de mixage que l’on peut manipuler. Des vidéos d’artistes en séances d’enregistrement permettent de s’immerger dans les coulisses de la création musicale. De nombreuses manipulations autour du son et de la musique permettent au public de jouer avec leur voix et de « sampler », pour mieux appréhender l’innovation dans l’écoute et la production de musique. Post et photos de Pierre Raffanel (visite en avant-première le 16 novembre 2022) Exposition "En avant la musique" Musée en herbe
- 16 Biennale de Lyon - Usines FAGOR
Biennale Lyon 2022 Les Usines Fagor, ce site abandonné de 29 000 m2 est le lieu d’exposition principal de cette 16e édition de la Biennale d’art contemporain, intitulée manifesto of fragility (manifeste de la fragilité) parmi les 12 lieux de la ville où se rassemble une foule de pratiques créatives de 202 artistes provenant de 40 pays. Entrée Usines Fagor - Biennale ©2022Photo Pierre Raffanel Un monde d’une promesse infinie : que ce soit à travers les problèmes qu’elles abordent ou les matériaux qu’elles utilisent, les diverses approches de ces artistes représentent des compréhensions variées de notre état actuel d’incertitude mondiale et ont le potentiel d’éclairer notre réflexion sur les voies génératives de résistance. En reconnaissant que les artistes, passés et présents, sont souvent parmi les voix les plus vulnérables de nos sociétés, l’exposition rassemble également des œuvres d’art et des objets couvrant des millénaires qui dévoilent leurs cicatrices et leurs difformités, partagent des récits oubliés de troubles et attirent l’attention sur les traces indélébiles du temps. Et c’est précisément là, au cœur de leur fragilité, que commence la promesse d’un monde véritablement changé. 66 nouvelles commandes sont réalisées pour l’occasion, parmi lesquelles de nombreuses installations immersives, conçues spécialement pour l’évènement, dialoguant avec l’architecture et l’histoire des lieux d’expositions. Isabelle Bertolotti, directrice artistique de la Biennale, a déclaré : « C’est avec un grand plaisir que nous inaugurons aujourd’hui la 16e Biennale de Lyon. Nous sommes extrêmement reconnaissant·e·s à tous nos soutiens publics, ainsi qu’aux nombreux·ses donateur·rice·s privé·e·s, organisations à but non lucratif et partenaires internationaux, pour leurs contributions si généreuses et leur enthousiasme. Il y a une véritable attente et nous sommes impatients de partager avec notre public le travail que nous avons accompli au cours des 3 dernières années. » Post et photos de Pierre Raffanel (visite du 2 novembre 2022) Artistes ©Kim Simonsson ©Annika Kahrs ©Marcus Schinwald ©Nadia Kaabi-Linke ©Marcus Schinwald ©Hans Op de Beeck ©Daniel Otero Torres ©Lucia Tallova ©Mohammed Kazem ©Eva Fabregas // commissaires d'expostion Sam Bardaouil et Till Fellrath ©2022Photos Pierre Raffanel Usines Fagor Ancien fleuron de l’industrie au cœur de l’histoire ouvrière lyonnaise, l’usine d’électroménager Fagor- Brandt, située dans le quartier de Gerland à Lyon, s’étendait sur un site de 4,5 hectares aujourd’hui partiellement en réhabilitation. Si, au début des années 1980, l’usine employait encore 1 800 ouvriers, ils étaient un peu moins de 400 dans les années 2000. La production a été progressivement délocalisée à partir de 2005 et l’usine a été revendue à SITL, puis à Centro Motors en 2010. Alors que débutait sa reconversion dans la production de voitures électriques, l’usine a périclité jusqu’à sa fermeture en 2015. Ce site accueille des événements culturels depuis 2017 et jusqu’en 2023. Les Usines Fagor seront ensuite réaffectées à d’autres usages.











