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- 75 ans de Pif le chien
Post et photos de Pierre Raffanel © Pif le chien et le chat Hercule © Mircea Arapu - Arnal © Vaillant Ça se fête en grand au Musée en herbe : * l’artiste Pop Art Benjamin Capdevielle et son œuvre taquin originale en 100 cubes ** la dédicace du nouvel album PIF par Mircea Arapu ***le chanteur Ycare ! ****le nouveau timbre officiel de Pif : le premier strip du monde Pif le chien a 75 ans. Né sous le crayon d’Arnal, le 28 mars 1948, le petit chien des français est bien vivant. Il séduit aujourd’hui les plus jeunes lecteurs et va retrouver le chemin de l’animation… © le strip le plus long © photo Pierre Raffanel YCARE lors du vernissage avec Pierre Raffanel © photo Marie Bueno © dédicace de Mircea Arapu © photo Pierre Raffanel Happy PIF birthday © Vaillant © photo Pierre Raffanel © Oeuvre taquin de Benjamin Capdevielle © photo Pierre Raffanel
- Éternel MUCHA
Chronique de Marie BUENO - mars 2023 - Revue Post'Art n°11 Exposition "Eternel MUCHA" au Grand Palais immersif ©2023 Photo Pierre Raffanel D epuis le 22 mars 2023 le Grand Palais immersif accueille une superbe exposition pleine de poésie, de douceur et d’émotions qui retrace le parcours d’un immense artiste européen, emblématique du XXe siècle : Alphonse Mucha, également connu sous le nom d'Alfons Mucha. Artiste prodigue et engagé qui semble avoir vécu cent vies à la fois : illustrateur virtuose, affichiste, graphiste, peintre monumental, architecte d’intérieur, décorateur et professeur d’art, surtout connu pour son style artistique distinctif, qui est devenu synonyme de l'Art Nouveau. La scénographie de cette exposition, d’une grande intelligence, nous permet une immersion exceptionnelle et époustouflante dans la vie de ce peintre. Dès l’entrée dans une salle grande dimension, assis ou allongé sur de grands poufs, on assiste à une projection triptyque grandiose (non sans rappeler les projections de l’Atelier des lumières) : des explosions de couleurs et de formes, une bande musicale très prenante, on en prend plein les yeux et les oreilles ! Les œuvres de l’artiste se prêtent parfaitement à ce concept d’immersion. Une balade de salle en salle nous plonge dans la vie de cet artiste humaniste, son parcours, ses techniques, sans oublier la mise en perspective avec tous les artistes influencés par Mucha. Une exposition originale qui fourmille de détails utilisant des animations variées qui rendent l’interactivité pertinente, un hologramme avec la voix originale de Mucha, le côté ludique des petits écrans qui permettent au visiteur de créer sa propre œuvre, voire de se prendre pour Mucha. Une véritable expérience sensorielle visuelle, auditive et même olfactive - une sorte de voyage à la fois intemporel et magique ! M ucha né en pleine renaissance nationale tchèque le 24 juillet 1860 à Ivancice, en Moravie (aujourd'hui République tchèque), passionné par le dessin dès son enfance, montre un talent artistique précoce. Il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Munich, en Allemagne, période où il peint des décors de théâtre avant de s'installer à Paris à 27 ans en 1887. En 1889 il poursuit ses études à l’Académie Julian et à l’Académie Colarossi. Un riche mécène l’aide le temps de sa formation mais il doit ensuite travailler comme illustrateur publicitaire pour des magazines et des journaux. Le tournant dans sa carrière : à la veille de Noël, encore peu connu, il fait un remplacement en 1894 chez l’imprimeur Lemercier et reçoit une commande urgente qui va transformer sa vie : Sarah Bernhard fait appel à lui pour l’affiche de la pièce de théâtre Gismonda . Tombant littéralement sous le charme du style original de Mucha elle signe avec lui un contrat de six ans. Elle devient sa muse et son amie proche. C’est le début du succès. Mucha devient alors l’illustrateur et dessinateur de sa génération : décors de théâtre, affiches publicitaires qui recouvrent les murs et colonnes Morris de tout Paris : Lorenzaccio, Rêverie et Automne… En 1900, tout le monde « se l’arrache », l’Art nouveau est à son apogée, Mucha devient l’artiste le plus recherché de ce style. Trois portraits d’Alphonse MUCHA - Exposition "Éternel Mucha" ©2023 Photo Pierre Raffanel L’originalité de son style surprend à plusieurs égards : Sarah Bernhardt sensuelle, quasiment en grandeur nature, femme magnifiée presque idéalisée avec des tons doux et pastels qui contrastent avec les couleurs criardes et/ou éclatantes utilisées par les autres affichistes de l’époque (Jules Chéret et Toulouse-Lautrec) . Le message, le texte informatif subtilement intégré dans les plis de la robe de Gismonda … il réitèrera la stylisation et les figures isolées dans de nombreuses autres affiches. Il transforme l’affiche descriptive en affiche séductrice qui capte tous les passants. L’affiche publicitaire devient un Art à part entière ! Bref, ces affiches pour le théâtre Bernhardt ont été très populaires dans toute l’Europe, ont contribué à la célébrité internationale de Mucha et ont popularisé le style de l'Art Nouveau. Des œuvres caractérisées par des femmes élégantes et gracieuses, souvent entourées de motifs floraux et organiques. L'utilisation de couleurs vives, de lignes courbes et harmonieuses et grand nombre de petits détails qui fourmillent pour créer des compositions harmonieuses et esthétiques. À l’occasion de l’Exposition Universelle il participe à de nombreux projets. On lui confie les décors du pavillon de la Bosnie-Herzégovine où il présente La Nature , un buste en bronze orné de malachite représentant l’idéal féminin de l’époque. En 1901, la bijouterie Fouquet (rue Royale) lui commande la réalisation des décors de sa boutique parisienne (reconstituée au sein des collections permanentes du musée Carnavalet). Il collabore avec plusieurs marques comme Lefèvre-Utile (les célèbres biscuiteries Lu), les champagnes Ruinart ou Moët & Chandon ou encore des parfums de renom. Dans cette exposition, on peut admirer une série de panneaux décoratifs intitulée "Les Quatre Saisons" représentant une saison différente et une scène féminine dans un paysage correspondant. Ces œuvres sont très appréciées pour leur beauté et leur symbolisme. En cette fin de XIX e siècle, le développement des techniques de lithographie en couleur favorise l’essor des affiches publicitaires et donc la popularité de Mucha. Pour lui, les affiches permettent d’offrir de l’art dans les rues aux personnes qui n’ont pas les moyens d’aller dans les musées. L'exposition se concentre sur son influence permanente, du mouvement pacifiste "Flower Power", des années soixante aux mangas japonais, en passant par les super-héros, les comics, les artistes de rue et même l'art du tatouage. Son style innovant et fascinant est même transposé à de nombreuses œuvres et appliqué à divers objets qui ornent les maisons des amateurs d’art dans le monde entier ! L’atelier de MUCHA - Exposition « éternel MUCHA » © Mucha Trust ©2023 Photo Pierre Raffanel En 1904 Mucha s’installe aux États-Unis et enseigne dans plusieurs universités. Dans le monde entier, il influence de nombreux artistes. Adulé au Japon (résonnance entre l’art de l’affiche de Mucha et la tradition de l’estampe ukiyo-e) , il est aussi reconnu comme le précurseur des mangas (muchamania au Japon dès 1970) . En 1910, après avoir obtenu un grand succès à Paris, Mucha revient à Prague en Tchécoslovaquie où il poursuit ses projets artistiques tout en agissant également dans le mouvement national en France. L e "style Mucha" a fasciné les amateurs du monde entier, en tant que peintre que ce soit dans ses toiles mais aussi dans ses œuvres monumentales, comme l'Épopée slave mais aussi en tant qu'illustrateur et designer lorsqu'il s'agit de l’ornement des objets de toutes sortes, ses créations de peintures, d'illustrations, de sculptures et de bijoux, ses décorations de bouteilles de champagne, flacons de parfum...Mucha a également réalisé des peintures qui reflétaient ses intérêts pour la spiritualité, la mythologie et la nature. Ces œuvres sont souvent caractérisées par des formes serpentines aux ancrages d’or ou d’argent et des symboles mystiques. Il a également créé des illustrations pour des livres, des magazines et des calendriers. Il est un artiste engagé, peintre philosophe et grand humaniste qui place l’homme au centre de ses préoccupations. Il entre en 1898 au Grand Orient de France et dans l’esprit de la franc-maçonnerie qui prône « l’amélioration de l’humanité et la conscience de la liberté », il souhaite contribuer au progrès de l’humanité à travers son art. Il rêve de réaliser un projet d’envergure retraçant la mythologie slave riche de symboles, « L’Épopée slave » un ensemble de vingt tableaux qui raconte l’histoire de ces hommes du IIIe au XXe siècle et qui développe une vision de l’histoire comme modèle pacifiste du monde. En 1901 Mucha est même nommé chevalier de La Légion d’Honneur. Entre 1904 et 1909, il fera plusieurs séjours aux États-Unis pour chercher les fonds nécessaires à l’accomplissement de ce projet, c’est finalement l’industriel Charles Richard Crane qui acceptera de le financer. En 1912, il rentre dans son pays natal et se consacre à la peinture. En 1919, l’indépendance du nouvel état de Tchécoslovaquie est confirmée par le traité de Versailles. L’artiste est persuadé que l’art peut aider les peuples à s’unir et à maintenir la paix. Malheureusement à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, en 1938, la Tchécoslovaquie perd d’importantes régions et en 1939, l’entrée à Prague des Allemands signe la fin de l’indépendance acquise seulement vingt ans plus tôt. Mucha fait partie des premières personnalités arrêtées par la Gestapo. Peu de temps après sa libération, Mucha décède d’une pneumonie à le 14 juillet 1939 (à Prague ). L'œuvre de Mucha est extrêmement influente et contribue à la redéfinition de l'art de l'époque. Son style unique a été largement imité et inspiré de nombreux artistes de l'Art Nouveau. Mucha a lui-même continué à travailler jusqu'à la fin de ses jours mais son travail a été quelque peu oublié après sa mort. Cependant et heureusement, dans les années 1960, il est lié à un regain d'intérêt et est de nouveau considéré. "Éternel Mucha" : un visiteur crée sa propre œuvre à l’aide d’un écran tactile ©2023 Photo Marie Bueno
- Une leçon de peinture avec Jean- Claude Gérodez
Vous croisant lors d’un de vos ateliers , j’ai pu assister « à chaud » à une leçon de peinture, conviviale mais néanmoins studieuse, et vous ai proposé de relater nos échanges au travers de cette interview. Pierre Raffanel : Tout d’abord, merci pour votre disponibilité et votre accueil bienveillant. Dans votre ouvrage « La leçon de peinture » (éditions Eyrolles) vous nous dites qu’il s’adresse à des « amateurs éclairés », curieux d’approcher le « beau métier » ? Qu’en est-il ? JcG : La grande affaire de mon parcours se résume en deux versants : mon travail individuel d’artiste peintre et graveur tout d’abord puis le rapport aux ateliers, l’envie de transmettre et de partager mon savoir et mon vécu…l’art comme aventure et comme « métier »… Séance atelier avec Jean Claude Gérodez et ses élèves © 2023 Pierre Raffanel PR : quid de l’enseignement artistique ouvert au plus grand nombre ? JcG : Notre civilisation des loisirs qui se targue depuis nombre d’années de surconsommations diverses, de divertissements factices a engendré des activités culturelles multiformes démocratiques et nécessaires : « le tout est possible pour tout le monde » ! Mais pour que toutes les démarches soient défendables, elles doivent être exigeantes, humbles, et connaître les éléments fondamentaux des techniques du dessin et de la peinture : dans l’idée de monstration, c’est la moindre des politesses ! Au cours des ateliers une solidité de pensée se forge, authentique, un réel travail de recherches, d’études en lien direct avec l’histoire de l’art. PR : faut-il être artiste pour enseigner efficacement ? JcG : je crois que les grands artistes ne sont pas et n’ont pas toujours été de grands pédagogues, et inversement des artistes de moindre talent peuvent être d’excellents enseignants. L’artiste-professeur, pour être authentique dans sa démarche, doit être immergé dans « l’aventure » au quotidien : physiquement, moralement, spirituellement proche des histoires de l’art planétaire. PR : inversement, serait-il possible d’enseigner sans pratiquer la peinture ? JcG : pas à ma connaissance. Le transmetteur a souvent une « personnalité », une authenticité, une générosité; et fondamentalement place l’art au sommet de la pyramide. Tant que nous n’aurons pas saisi que dans l’éducatif, l’Art sous toutes ses formes n’est pas la périphérie mais le centre de nos préoccupations éducatives, alors on n’aura rien changé de nos systèmes sociaux, politiques et existentiels ! PR : quelles sont les premières notions que vous transmettez à vos élèves ? JcG : Pour mon enseignement, je propose des exercices divers que nous corrigeons ensemble par de nombreuses analyses partagées. L’apprentissage artistique est avant tout un dépassement de soi, une manière de laisser paraître une sensibilité fine pour la recherche de son propre langage. Solidité technique et réalisation de sa propre vision de la peinture. Séance atelier au Musée du Louvre avec Jean Claude Gérodez avec ses élèves pour une analyse partagée d’un croquis « sur le motif » © 2023 Pierre Raffanel PR : quelle est le rôle de la matière dans l’apprentissage ? JcG : essentielle et fondamentale. La clé de la technique en peinture est de transmuter la matière picturale, le pigment en pure poétique. La peinture commence lorsque l’image s’efface. Or la problématique aujourd’hui, est que l’on fabrique des images, alors que nous pourrions probablement accomplir une diète salutaire ! L’image est un leurre puisque tout se joue dans la vibration de la matière picturale. PR : est-il indispensable que l’élève se confronte à un maximum de techniques : graphite, fusain, encre, lavis, gouache, pastel sec et à l’huile, peinture à l’huile et acrylique ? JcG : oui car tout artiste a et doit avoir une palette extrêmement étendue. Pourquoi ? Parce qu’un matériau, un pigment vont tellement faire signe et vont engager une ouverture le plus souvent, insoupçonnée… PR : quelle place donnez-vous au vide dans l’art et quels sont les notions fondamentales de l’apprentissage ? JcG : aussi importante qu’est le silence en musique. Ce vide qui provoque cette curiosité, cette lucidité de ce qu’est un espace à peindre c’est-à-dire ce travail idéal entre les pleins et les vides qui va rythmer la structure d’une toile. Ensuite se jouent les éléments clés : l’espace, le trait, les lignes, les rythmes, le mouvement, la lumière, la couleur … PR : vous semblez très attaché à donner une dimension poétique à la peinture ? JcG : oui car l’artiste a une responsabilité sociale que l’on pourrait qualifier de poético-politique, cela me paraît fondamental « d’habiter le monde en poète ». PR : le déroulé de chacune de vos séances est-il toujours identique ? JcG : oui et non. Cela dépend des ateliers, des participants. Le fondement est le même : une exigence technique. Durant une séance je fais des propositions de temps plus ou moins longs par des croquis rapides, des études d’une heure ou deux, des explorations de techniques mixtes, de modelage de la terre, de gravure…La structure de fond reste la même et peut, en fonction de ce qui se déroule dans leur travail, évoluer et se moduler. PR : l’art oscille entre représentation du réel et pensée abstraite, quelle est votre méthode pour guider l’élève dans ses choix ? JcG : pour la dite réalité, nous avons en atelier le goût absolu et constant de l’observation du monde, d’un portrait, d’une nature morte, d’un paysage « sur le motif »… Comme disait Goethe : « On ne voit bien que ce que l’on a dessiné ». Il faut apprendre à voir et non regarder. Une peinture repose sur une architecture solide, une conception alliant géométrie et érotisme. On travaille à développer notre imagination. Nous nous appuyons sur toute la littérature, ouvrages importants d’historiens d’art comme Daniel Arrasse par exemple… Pour ce qui est de l’abstraction, il n’y pas de clivage avec la figuration : chez Nicolas Poussin, figuratif, résonne néanmoins la pensée abstraite... Chez Poliakoff, non- figuratif se tient la figuration parce qu’il emploie des matériaux, une toile qui sont figuratifs ! Je préfère le terme de peinture non figurative pour désigner l’abstraction. PR : pourquoi le « nu » est-il si formateur ? JcG : parce que ça s’adresse à ce que nous sommes : le corps. Les artistes ont manipulé le corps humain jusqu’à en donner une vague apparence, creusant dans nos réalités physiques, nos esthétismes. La beauté existe dans des modèles très différents, de tous âges. PR : une connaissance de l’histoire de l’art et de ces divers courants artistiques sont-ils des passages obligés pour l’apprentissage ? JcG : indispensable. Séance atelier avec Jean Claude Gérodez et ses élèves © 2023 Pierre Raffanel PR : peindre semble plutôt un acte solitaire . Pour autant, l’atelier est-il un espace de partage et de transmission ? JcG : oui, l’atelier est une chance inouïe de partager toutes nos différences, nos diverses conceptions. Mon rôle est d’accompagner l’élève dans toutes les directions. PR : l’apprentissage de la peinture permet-il de nous « grandir humainement » ? JcG : chaque démarche artistique nous permet d'être plus haut avec nous-mêmes et par conséquent plus juste avec les autres, plus accueillants plus authentiques. Chaque démarche artistique nous élève, plus curieux du mondes et des autres. C'est une nourriture indispensable et une fête de l'esprit. (chronique de Pierre Raffanel dans la revue Post'Art 10 - juin 2023) Séance atelier au Musée du Louvre (cour Marly - aile Richelieu) avec Jean Claude Gérodez en plein échange avec ses élèves pour une analyse partagée d’un croquis « sur le motif » © 2023 Pierre Raffanel
- Autochromes en Pays Basque
Affiche de l’exposition « Le Pays Basque en couleurs. Autochromes, 1907-1935 » © photo Antonin Personnaz "Attelage de boeufs vers Villefranque ©Collection Société française de photographie L’exposition « Le Pays Basque en couleurs. Autochromes, 1907-1935 », est à voir au Musée basque et de l’histoire de Bayonne jusqu’au 14 janvier 2024. On y découvre un Pays Basque quasi ethnographique grâce aux 225 clichés exposés, représentatifs des paysages et mœurs du territoire, dans les premières décennies du XXe siècle. La technique de l’autochrome, procédé trichrome sur plaque de verre inventé en 1903 par les Frères Lumière fût le premier procédé de photographies en couleur et nous permet une déambulation colorisée étonnante dans le passé au travers de ces images, comme autant de témoignages d’une époque. Jacques Battesti, attaché de conservation pour l’institution bayonnaise, a conçu le commissariat avec le Musée basque de Bilbao et en partenariat avec le Musée départemental Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt. Fruit d’un minutieux travail de recherche, cette sélection d’autochromes est fascinante et nous témoigne des périodes de transformation du territoire basque : modes de vie traditionnels, encore largement dominants, nouvelles pratiques des loisirs, croissance des villes et déploiement exponentiel de la modernisation… Ces photographies sont quelquefois de belles images comme celles d’Antonin Personnaz, un Bayonnais, ami de Léon Bonnat et des peintres impressionnistes que l’on qualifie de pictorialistes ; d’autres mémorielles, comme les clichés sur la vie quotidienne d’Eulalia Abaitua, photographe de Bilbao et enfin les images à usage documentaire comme celles d’Auguste Léon, un des opérateurs des Archives de la planète. Par deux fois en 1924 il est venu au Pays basque, s’intéressant aux modes de vie, à l’architecture sous l’impulsion du géographe humaniste Jean Brunhes. Le Musée Basque de Bilbao actuellement fermé au public pour cause de rénovation accueillera dès sa réouverture cette exposition dans les nouveaux espaces de cet édifice du XVIIe, anciennement église et collège San Andrés de la Compagnie de Jésus, niché au cœur du centre ancien de Bilbao…à suivre sur www.euskalmuseoa.eus Vue de l'exposition : photos de ©1912 Charles Adrien ©1928Auguste Léon ©1907 Antonin Personnaz ©2023 photos Pierre Raffanel Vue de l'exposition et photos de Biarritz par ©1912 Charles Adrien ©1928Auguste Léon ©1907 Antonin Personnaz ©2023 photo Pierre Raffanel
- Fresque de Roger PENDARIèS
Fresque de Roger Pendariès - tryptique situé au Crec Toulouse ©2025 photo Pierre Raffanel ¶ Patrimoine postal ¶ Clin d’œil à la fresque de Roger Pendariès lors d’une visite impromptue du Centre de Relation et Expertise Client de Toulouse, rue Palaprat lors des Journées du Patrimoine 2025. Ravi de constater la préservation de cette fresque lors des travaux de réfection de la cantine du Crec grâce à l’action concertée de Jean François Bessoles et à la mobilisation de l’association Société Artistique Midi-Pyrénées et d’Alain Aost. Le Centre régional des services financiers de Toulouse fut créé en 1956 par l’architecte toulousain, Paul de Noyers. Dès 2015 la Banque Postale lance une refonte et une restructuration de ses centres financiers qui seront renommés Centre de Relation et d’Expertise Client. ¶ Historique de la réalisation de la fresque ¶ Trois maquettes proposées par l'artiste dans les années 70 : les abords de la Garonne au cœur de Toulouse, un paysage des Pyrénées Orientales et celle choisie par le directeur des Chèques postaux : plage de Saint Cyprien / Argelès-sur-Mer . Description de la fresque : tryptique (6.84m -2.88x3- sur 1,6m) – huile sur panneau composite bois – réalisée par le peintre postier Roger Pendariès sur une période de 3 mois. ¶ Parcours de l’artiste postier Roger Pendariès ¶ Roger Pendariès, authentique toulousain et peintre de la « couleur et du chant de la vie ». En 1943, à 14 ans, après son certificat d’études il entre dans l’administration postale comme télégraphiste. Dans les années 70, commandes par les PTT de grandes fresques : Chèques Postaux de Toulouse et les Télécoms d’Albi. En 1980 il réalise avec René Bonnefont la décoration de l’Office National des Annuaires à Bordeaux. En 1986 et 2005, invité d’honneur au Salon National de la Société Artistique au Musée de la Poste à Paris. Fêtera bientôt ses 97 ans… En savoir plus > chronique de Pierre Raffanel - revue Post’Art – mai 2022 Tryptique de Roger Pendariès - restaurant d'entreprise - Crec Toulouse La Poste - La Banque Postale ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 1 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 2 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel Tryptique de Roger Pendariès - 3 panneau ©2025 photo Pierre Raffanel
- Interview TV Patrol TFC news
Interview de Pierre Raffanel pour un reportage de TV Patrol TFC news - Diffusion TV aux Philippines Un reportage sur les artistes philippins. Diffusion TV Patrol TFC news aux Philippines. Interviews du curateur Pierre Raffanel, de l'assistante curateur Marie Bueno et de l'artiste Djorella lors du 94 Salon national d'art contemporain au Bastille Design Center à Paris.
- La culture en pied d’immeubles
Rencontre avec Patricia Guérin, Directrice de la culture du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat. Interview et article de Pierre Raffanel © Patricia Guérin - Directrice de la culture Toit et Joie - Poste habitat Pierre Raffanel : Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre rôle de Directrice de la culture au sein du bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat (1) ? Patricia Guérin : Mon rôle est d’animer cette direction de la culture et de mener à bien avec mes collègues une trentaine de projets par an que nous réalisons dans nos résidences avec nos habitants. Ces projets au long cours durent de 6 mois à 2 ans et sont réalisés en co-création avec des compagnies artistiques professionnelles et nos locataires. Cette direction de la culture a pour but d’aller au-delà des missions premières du bailleur social qui est de loger les habitants, de les accompagner et de les amener dans un imaginaire, dans une découverte de cultures variées, tout en étant à l’écoute des cultures émanant de chaque habitant. PR : Quelles raisons motivent un bailleur social à mener des actions culturelles ? PG : Cette direction de la culture a trois objectifs. Le premier est le bien-vivre ensemble. Ces actions culturelles sur un temps long favorisent des moments conviviaux et permettent l’organisation d’ateliers. Ces rencontres génèrent du lien entre les résidents, atténuant par anticipation des frictions éventuelles. Ces projets culturels in situ permettent au bailleur d’avoir une présence accrue sur le « terrain », d’améliorer les échanges avec les locataires, d’être plus à l’écoute et de placer les relations humaines au premier plan. Le deuxième est l’accès à la culture par l’expérience, ou plus exactement d’aventures culturelles avec des compagnies artistiques qui vont venir régulièrement dans les résidences, permettant aux locataires de voir l’artiste dans son processus de création, d’être dans les coulisses du processus créatif. Ce qui est unique ; habituellement c’est le public qui se déplace voir des spectacles, dans nos projets ce sont les artistes qui vont vers le public. PR : Un peu à l’image du facteur postier qui vient amener le courrier à domicile… PG : Tout à fait. Ces projets rendent les artistes plus accessibles permettant une proximité à la culture, un partage moins élitiste. Le troisième objectif est de porter un autre regard sur les quartiers populaires. Les médias relaient souvent des informations négatives. Nos projets permettent d’apporter un autre regard plus constructif sur les quartiers. « Le Lion des Genêts » rebaptisé par les jeunes «Chelsea B’Gem » (2020, placage bois sur structure acier) . Cette sculpture monumentale est devenue l’emblème du quartier des Genêts. Cette œuvre collective a été réalisée dans le cadre de la réhabilitation de la résidence Toit et Joie - Poste Habitat à Saint–Michel-sur -Orge avec La Lisière (centre de création pour l’espace public) et deux artistes plasticiens Anton et Teurk. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme 1 Immeuble 1 Œuvre et a été mis à l’honneur fin 2023 dans le hors-série Connaissance des Arts. © Toit et Joie - Poste Habitat PR : Depuis combien de temps ces projets culturels en pied d’immeubles existent-ils et s’agit-il d’une politique culturelle à proprement parler ? PG : Sept ans. Cette direction de la culture a été créée par Michèle Attar, Directrice générale de Poste Habitat. Depuis son départ à la retraite, Sylvie Vandenberghe a pris le relais en continuant à soutenir ces projets culturels pour promouvoir le bailleur en harmonie avec toutes les Directions de Toit et Joie - Poste Habitat. PR : Le budget alloué à votre direction de la culture est-il uniquement corrélé à l’abattement de la taxe foncière sur les propriétés bâties ? PG : Il y a plusieurs sources financières. En premier lieu, les fonds propres de Poste Habitat, puis la TFPB - abattement de la taxe foncière sur les propriétés bâties - qui va financer des projets uniquement en quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ensuite ce sont des financements essentiellement du secteur culturel : ministère de la Culture notamment la DRAC île-de-France et pour des projets ponctuels, d’autres financeurs comme le Centre National du Livre, la Fondation de La Poste, le fonds de dotation agnès b…Depuis peu, nous nous orientons également vers des financements dans la construction : Groupe Angevin, Groupe Legendre… PR : Vos actions culturelles sont-elles bien accueillies par les locataires ? PG : Globalement oui, dans la mesure où nous faisons cette démarche avec la complicité des locataires depuis sept ans. Pour assurer le succès de nos projets nous avons établi un mode opératoire constitué de plusieurs étapes : réunions de concertation, lancements de projets pour expliquer notre démarche pour rendre les projets moins abstraits. Ces temps de médiation et de « moments conviviaux » sont indispensables pour obtenir une bonne participation et adhésion des résidents. Réalisation de Cécile Jaillard, La Nature et les jardins (Résidence à Villiers-Le-Bel) © Toit et Joie - Poste Habitat, photo : Patricia Guérin Ministère de la Culture - Le Prix 1 immeuble 1 œuvre 2023 PR : Quel est le rôle des gardiennes, gardiens d’immeubles ? PG : Primordial. Ils sont de véritables ambassadeurs de nos projets et jouent un rôle majeur dans le lien avec les locataires : affichage, aide pour du porte-à-porte, coups de main pour l'organisation des goûters, rôle d’alerteur… Quelquefois ils peuvent être à l’initiative de certains projets. PR : La direction de la culture a-t-elle de réelles interactions avec le comité de direction du bailleur social ? PG : Oui, nous avons une bonne coordination et encore plus s’il y a des opérations de démolition-reconstruction. L’exemple de la résidence de L’Haÿ-les-Roses où nous avons travaillé en étroite collaboration avec la Direction de la maîtrise d’ouvrage de Toit et Joie – Poste Habitat pour la réalisation du livre avec le photographe Patrick Zachmann est assez emblématique. Nous avons également de multiples interactions avec la Direction du patrimoine et de la politique de la ville, le service de la communication ou encore le service RH. De plus la direction de la culture siégeant au Comité de Direction avec les autres directions, cela nous permet d’avoir connaissance de tous les projets en cours. D’autre part un journal interne diffusé à l’ensemble du Groupe et à ses partenaires ainsi qu’une revue envoyée à nos locataires assurent une communication autour de nos différentes actions. PR : Combien de résidences d’artistes sont organisées annuellement ? PG : Environ une trentaine de projets et autant de compagnies artistiques. PR : Plutôt impressionnant quantitativement ? PG : Effectivement. Avant de contractualiser avec les compagnies artistiques, nous redéfinissons en amont le contexte de nos projets de manière à ce que les artistes s’approprient nos missions, qu’ils puissent réaliser du sur-mesure. Il arrive parfois qu’ils réécrivent le projet qu’ils avaient imaginé au départ. PR : Des appels à projets sont-ils systématiquement mis en place ? PG : Un par an, exceptionnellement deux en 2024. Ces appels à projets nous permettent de renouveler nos réseaux d’artistes et de nous faire connaître de manière plus large comme opérateur culturel. Réalisation de Claire Courdavault « Le temps des Andelys » fresque monumentale à l’échelle de la ville et de son architecture accompagnée par l’ association Quartier Monde dans le quartier des Friches, à Maurepas © Toit et Joie - Poste Habitat PR : J’ai eu le privilège au mois de février d’être un des huit membres du jury du dernier appel à projets Poste Habitat « Prendre place » pour une résidence de création partagée dans la ville de Saint-Denis. Les artistes que nous avons choisies ont fait consensus de manière quasi-unanime, est-ce le cas habituellement ? PG : Oui, plutôt. PR : Les résidences d’artistes sont-elles destinées uniquement à des artistes d’arts visuels ? PG : Non, nous abordons toutes les disciplines artistiques : photographie, cinéma, littérature, arts graphiques, BD, théâtre, arts graphiques, musique…en essayant de « tordre le cou » à cette idée reçue qu’il n’y aurait que de l’art urbain en banlieue. PR : Est-ce que ces projets culturels génèrent du lien social entre artistes et locataires ? Peut-on d’une certaine façon le quantifier ? PG : Nous l’appréhendons entre autres par les réactions des gardiens, des résidents qui nous sollicitent suite à un premier projet pour renouveler une autre action l’année suivante. C’est plutôt du ressenti ! Nous avons la volonté avec la Directrice générale Sylvie Vandenberghe de mener une étude plus approfondie avec l’Observatoire des politiques culturelles. Cette étude durera une année et s’effectuera sur un échantillon de nos projets. Elle permettra d’évaluer l’impact de nos actions sur les locataires mais également nos relations avec les acteurs culturels du territoire, les partenaires locaux (médiathèques, villes, maisons de quartier…). Par ailleurs, nous avons été honorés en 2023 du prix 1 immeuble 1 œuvre par l’ex-ministre de la Culture Rima Abdul-Malak, ce qui montre la part d’intérêt et de confiance que ce ministère porte à nos actions. PR : Les artistes étant parfois « égocentrés », sont-ils toutes et tous appétent(e)s à ce genre de propositions culturelles ? PG : Effectivement nos projets vont plutôt se réaliser avec des artistes qui ont le souhait de se confronter à un public éclectique avec un désir de « sortir de leur zone de confort ». Certaines compagnies artistiques cherchent ce type de projets comme matière première pour la création de leurs œuvres : par exemple des artistes travaillant sur l’écriture d’une pièce de théâtre peuvent avoir besoin de confronter leur texte grâce à l’interprétation de jeunes résidents (insertion de termes argotiques ou de témoignages de mémoire pour étayer un sujet…). Les artistes vont ainsi « nourrir leur art » et les résidents vont pouvoir s’initier au processus de création, prendre part à un projet en commun, performer, se sentir fiers de leur participation durant l’élaboration créative et lors de la restitution en public des projets. Pendant la période du Covid, les artistes ont été privés de leur public. Beaucoup ont eu à cœur désormais d’aller vers le public et de sortir des lieux culturels traditionnels. De plus, les professionnels de la culture ont pris conscience que dans les grandes institutions, au théâtre par exemple, c’est souvent les mêmes personnes qui se déplacent et du coup, nos actions leur permettent de s’ouvrir à de nouveaux publics. PR : Comment s’organisent les résidences d’artistes ? Ont-elles un protocole prédéfini en amont et une récurrence dans leur déroulement ? PG : Les artistes établissent le format, le calendrier de leurs interventions dans la résidence et de notre côté, nous leur signifions qu’une récurrence de leur présence est primordiale au bon déroulement de nos projets. Des étapes essentielles et identiques pour chaque action menée : présentation, lancement, développement et restitution avec des points d’orgue durant le projet. PR : L’ancrage territorial du bailleur social Poste Habitat se concentre essentiellement sur l’île-de-France, est-ce que des projets artistiques sont en cours dans les résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence ? PG : Nos activités sont effectivement concentrées sur l’île-de-France et nos résidences en Normandie, Rhône-Alpes et Provence sont assez récentes, une quinzaine d’années. Depuis 2023, nous portons un nouveau projet pour chaque région et cette année, nous allons intégrer ces projets dans notre festival « Au-delà des toits ». PR : Actuellement les institutions culturelles ont-elles une réelle volonté à chercher de nouvelles manières d’attirer de nouveaux publics ? PG : Oui, c’est réellement tangible. Nous le voyons au travers de nos récentes et nouvelles collaborations : INRAP, centre Pompidou (dispositif 1 jour 1 œuvre ), musée de La Poste, Scène nationale de l’Essonne, pourparlers avec le musée du Louvre, le Palais de Tokyo ou encore Chaillot… PR : Peut-on considérer que ces actions culturelles permettent d’avoir un accès à la culture moins consumériste ? PG : Oui sans conteste. J’ai pour exemple un projet d’une série dont un épisode a été réalisé dans la ville des Ulis avec La Compagnie L’œil du Baobab qui a permis à une locataire retraitée de se découvrir une vocation d’actrice ; elle a été récemment recrutée comme figurante dans une série à gros budget tournée à La Défense. PR : Votre parcours professionnel est et a été résolument lié au secteur culturel (École du Louvre, DEA d’histoire contemporaine sur les relations entre la télévision et l’art, centre d’archives « musiques électro-acoustiques » de Pierre Schaeffer, maison d’édition Images modernes fondée par Bernard Picasso, Alliance Française à Toronto, comité d’entreprise de la Ratp), si vous deviez ne retenir qu’une de vos expériences, laquelle choisiriez-vous ? PG : Peut-être une expérience qui fait le lien avec tout mon parcours culturel, ma rencontre avec François Morel. Lorsque j’étais Directrice de la culture de l’Alliance Française à Toronto, je l’ai invité pour une présentation de son parcours d’acteur et pour l’enregistrement d’un billet France Inter à Radio-Canada. À mon retour en France, j’étais alors responsable du centre culturel de la Ratp, François m’a sollicitée pour une recherche d’orchestre qui pourrait l’accompagner pour sa dernière date de tournée de chant à l’Olympia. Je lui ai proposé l’orchestre des agents de la Ratp et ce fût un magnifique moment de partages artistiques. Ce même orchestre de la Ratp a joué avec l’orchestre du Club Musical de La Poste pour la première date du festival Au-delà des toits en 2022 dans notre résidence de Bagneux : la boucle était bouclée ! PR : Comment est né le festival des arts visuels « Au-delà des toits » ? PG : Dès la création de cette Direction de la culture. Ce festival met en valeur les projets grâce à ces restitutions et permet aux locataires de performer. PR : Quand aura lieu le prochain festival ? Sa programmation nous réserve-t-elle des surprises ? Sera-t-il parrainé ? PG : En 2023, le festival « Au-delà des toits » a duré 1 mois et proposait 16 manifestations. Cette année, le festival 2024 se déroulera sur une période plus longue : du 15 mai au 29 juin avec 22 manifestations dont 3 en régions. Deux partenariats importants ont été établis pour ajouter un concert à chaque manifestation : concerts classiques avec le festival OuVERTures et musiques actuelles avec les Musiciens du Métro de la Ratp. Pour la première fois, le festival aura un parrain : Jack Lang. Nous sommes très heureux et honorés de ce parrainage ! Festival 2024 « Au-delà des toits » © Toit et Joie - Poste Habitat Retrouvez l'interview de Jack Lang, Président de l’Institut du Monde Arabe, ancien ministre de la Culture et parrain du 7e festival Au-delà des toits. (1) Toit et Joie - Poste Habitat a été créée en 1957 à l’initiative d’Eugène Thomas, secrétaire d’état aux PTT, pour fournir de nouvelles possibilités d’habitation aux personnels des Postes et de Télécommunications qui ne bénéficiaient pas, à l’époque des contributions patronales du logement. Aujourd’hui, au sein du groupe La Poste , la SA Hlm Toit et Joie perpétue les valeurs qui ont présidé à sa création. Les missions de Poste Habitat poursuivent un objectif inchangé, à savoir loger prioritairement les postiers. Cependant, Poste Habitat n’a de cesse de se réinventer pour approfondir sa vocation initiale. C’est ainsi que le groupe a repensé son territoire d’intervention, originellement réservé à l’Ile-de-France (Toit et Joie –Poste Habitat – 15.000 logements annuels) et désormais étendu à la région Rhône-Alpes (800 logements), à la Provence (800 logements) et à la Normandie (600 logements). Article de Pierre Raffanel Extrait de la revue Post'Art 227 (mai 2024)
- Olympiade culturelle "Fête du sport"
Nageuse (aquarelle) François Bonharme Gernez & Réalisation Fabiola Lheureux A l 'occasion des “jeux olympiques et paralympiques” qui ont lieu du 26 juillet au 8 septembre 2024 en France, la fédération de la Société Artistique à l'initiative de Pierre Raffanel a proposé à ses artistes adhérent(e)s une animation dans le cadre de cette olympiade culturelle JO Paris2024. "Rien à gagner, ni à perdre, juste l’envie de s’amuser, de participer et de montrer des créations sur le thème du SPORT " Post de Pierre Raffanel (septembre 2024)
- La galerie associative : Corrèz'Art à Tulle
Post de Pierre Raffanel - Parution revue Post'Art décembre 2023 Reportage réalisé en juillet 2023 Une des salles d’exposition de la galerie associative Corrèz’Art à Tulle © 2023 photo Pierre Raffanel Et si les vrais amateurs d’art étaient ceux qui dépensaient quelques centaines d’euros pour acquérir une toile ? Et si, sur notre route, nous faisions une halte en spectateur privilégié, au sein de la galerie associative Corrèz’Art située à Tulle qui, au fil du temps et des collaborations artistiques, a noué de belles synergies avec les artistes locaux amateurs et essaimé un réseau culturel sur la Creuse et les départements limitrophes. On a tendance à l'oublier, mais le mot « amateur » vient du verbe aimer . L’objectif avoué de cette galerie associative : rapprocher les artistes et leur public, découvrir de nouveaux talents et suivre leur progression, assurer à des artistes dits « amateurs » une visibilité certaine et assidue. La démarche artistique prime sur le reste, l’essentiel étant de transmettre des émotions et de rendre l’Art plus accessible. En mettant en avant la galerie Corrèz’Art à Tulle, j’ai voulu signifier l'importance de ces "poumons culturels" locaux qui font battre le cœur de nos régions. Ces galeries associatives sont avant tout des vecteurs d’émotion, de lien social et d’une certaine façon d’une démocratisation de l’acquisition d’une œuvre. La force de ce type de structure réside dans leur capacité à briser la glace entre le créateur et le regardeur. Corrèz’Art à Tulle avec Gérard Dupuch, son Président et fondateur © 2023 photo Pierre Raffanel Pierre Raffanel : Quand la galerie associative Corrèz’Art a-t-elle été créée ? Gérard Dupuch (Président et fondateur de Corrèz’Art ) : Depuis 2010, nous sommes une galerie associative qui est généraliste, ouverte toute l’année avec des artistes adhérents permanents et d’autres artistes invités au fil de nos expositions. PR : Lors de la création de votre galerie associative en 2010, des galeries d’art dites « professionnelles » avaient-elles pignon sur rue à Tulle ? GD : Oui, quelques-unes en 2010 et puis en 2013, elles ont fermé progressivement. Celle de Brive a même migré à Arcachon, puis à Cannes, Megève…bref, dans des endroits plus touristiques et avec une clientèle plus huppée. PR : Pourquoi avoir ouvert une galerie associative ? GD : Au départ, ce fût à l’initiative d’un groupe d’artistes amis qui souhaitaient montrer leur travail avec un rayonnement régional et avec le désir de mélanger des artistes amateurs et professionnels. Pour nous, la qualité des œuvres ne dépend pas du « statut » du créateur, le professionnel étant celle ou celui qui désire vivre de son art et en faire son métier tandis que l’amateur pourrait se qualifier « de peintre du dimanche » n’ayant pas pour activité principale la peinture. En revanche, nous avons été vigilants au fait que ces artistes amateurs soient en règle avec la législation, fiscalité etc… PR : Le prix des œuvres est-il le même en galerie associative que dans les galeries d’art ? GD : Tout dépend des galeries et surtout des artistes qui exposent. Les galeries qui ont ce que j’appelle « des signatures » vendent plus cher. Ces artistes « côtés » ont des prix en conséquence… PR : Donc, il y aurait plusieurs catégories d’artistes ? GD : Il y aurait, pour moi, 3 niveaux pour ce « marché » de l’art. Le 1 e niveau serait le nôtre : amateurs et petits professionnels avec un petit cercle de clientèle ; le 2 e niveau serait des artistes avec une côte intéressante, un réseau et travaillant avec des galeries et des agents avec une clientèle plus ciblée et le 3 e niveau serait celui de la spéculation avec des prix qui « explosent » ! PR : Corrèz’Art a-t-elle des collaborations avec d’autres associations artistiques et sous quelles formes se concrétisent-elles ? GD : Oui, quasiment toutes celles de la région, en Corrèze et aux alentours…les artistes souvent « voletant » d’une association à une autre ! Nos collaborations sont des occasions d’expositions en commun, d’autres fois cela donne la possibilité de mutualisation de matériel. Mais nous avons des difficultés grandissantes à opérer des synergies car les associations artistiques sont confrontées au vieillissement de leurs instances dirigeantes et elles ne trouvent pas de successeur. Les adhérent(e)s artistes sont de moins en moins acteurs des associations et de plus en plus consuméristes. PR : Corrèz’Art a-t-elle de futurs projets ? Oui l’organisation d’expositions hors les murs dans le but de faire connaître l’association en dehors de la Corrèze : bassin d’Arcachon, Lot et Garonne et également faire grandir nos ateliers de dessin et peinture ; et continuer notre sympathique et fructueux partenariat avec la résidence séniors « Les Lucioles » à Tulle. Une des salles d’exposition de la galerie associative Corrèz’Art à Tulle © 2023 photo Pierre Raffanel Post-scriptum : La galerie associative Corrèz’Art a baissé le rideau en décembre 2025. Elle réalise désormais des expositions ponctuelles ici et là. Quatre expositions sont prévues en cette année 2026, Naves, Cosnac, Limoges et enfin Tulle…
- Rétrospective Albert LAUZERO
Post de Pierre Raffanel « Au vent d’Autan » © Albert LAUZERO 172*202cm (huile sur toile) 1974 Du 29 juin au 13 octobre 2024, sous la houlette de Michel Hue et à l’initiative de la fille du peintre, Pascale Lauzero, une rétrospective intitulée « Entre paysage et musique » a mis en lumière 70 tableaux de 1933 aux années 2000 du peintre Albert LAUZERO à l’ église abbatiale de Flaran . Michel Hue, conservateur départemental du patrimoine et des musées du Gers nous explique lors du vernissage : « Dans le cadre de ses activités autour de l’Art contemporain depuis plus de 23 ans, la Conservation départementale du Patrimoine, des musées du Gers et de l’abbaye de Flaran met en avant chaque été un(e) artiste qui incarne les tendances esthétiques de notre époque. » Pour cette exposition, certainement une des plus importantes rétrospectives de cet artiste, c’est également un retour aux sources ; Albert Lauzero (1909-2006) est en effet natif du Gers, plus exactement de Fleurance. L’ensemble architectural de Flaran est un témoin de l’histoire médiévale gersoise et un joyau de l’art cistercien. Depuis les années 80, il accueille un centre d’art qui abrite l’une des plus belles collections d’art au monde, constituée par le philanthrope anglo-saxon Michael Simonow, tombé amoureux de ce cadre remarquable. En quarante ans, il a constitué une collection de chefs-d’œuvre confiés à l’abbaye. Des peintures du XVIe au XXe siècle (Cézanne, Renoir, Matisse, Picasso, Monet, Braque, Tiepolo, Rubens, Courbet, Rodin …) qui se déploient aujourd’hui magnifiquement dans le dortoir des moines (XVIIIe) qui a fait l’objet d’une importante rénovation en 2008 et 2009. Aujourd’hui, la collection Simonow forte de plus de 300 chefs-d’œuvre, unique en son genre dans le Gers et remarquable à l’échelon national, bénéfice d’un écrin à la mesure de son intérêt historique et esthétique. Certains surnomment l’abbaye de Flaran « le Petit Louvre de la Gascogne » et elle est une étape majeure sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Des quatre itinéraires menant de France à Saint-Jacques de Compostelle, la via Podensis part du Puy. Elle traverse le massif d’Aubrac, s’arrête à Conques, Beaulieu, Moissac et passe par Flaran, autant d’étapes dans ce sud-ouest qui voyait se regrouper tous ces « marcheurs de Dieu » en quête de pénitence et d’absolution. « Les grandes orgues » © Albert LAUZERO 147*116cm (huile sur toile) 1972 LAUZERO, une musicalité lumineuse En mars 1974, dans la revue Arts PTT n° 67, Robert Vrinat écrivait : « Notre ami Lauzero et fidèle exposant du Salon des PTT a présenté cet automne un important ensemble de ses œuvres récentes dans les belles et vastes salles de la galerie Durand-Ruel. » Albert Lauzero arrive à Paris en 1927, il a dix-huit ans, dès son arrivée la" lumière" de l'Île de France l'émerveille. Il fait son service militaire à Montpellier et prend conscience de sa vocation d’artiste. Il revient à Paris, tombe malade en 1933, se soignera pendant 5 ans, cessant même de peindre et dessiner. Il reprend sa carrière artistique en 1938, à l’Académie de la Grande Chaumière, sous le professorat d’Othon Friesz, d’Yves Brayer et en tant que graveur dans l’atelier de Paul Bornet. Il est également postier : inspecteur à Montmorency dans l’Oise : à quelle période ? En 1947, sa première exposition particulière Galerie Carmine. Remarqué, il participe au Salon d’Automne, il vit désormais de sa peinture, il multiplie les expositions personnelles ou de groupe et bénéficie de commandes de l’État jusque dans les années 70. Inspiré par les paysages, les bords de Seine et les villages d’Ile-De-France, il se forge très vite un style personnel au sein de l’École de Pontoise (1950) dont il est un des fondateurs avec René Blanc et Charles Pollaci. Il expose abondamment en France et à l’étranger et voyage tout autant. En 1957, il se tourne vers des expérimentations artistiques en atelier, naviguant entre le figuratif et l’abstrait, découvre la baie de Somme et inscrit désormais le thème de la musique dans ses toiles. Il est également membre de la Société Artistique PTT dès juin 1957 grâce au secrétaire général de la Fédération, Gaston Penavayre et à l’entremise de Georges Massié, directeur adjoint des Beaux-arts de la ville de Paris. Dans les années 1970, il retrouve la lumière gasconne et se consacre à une production dense et marquante, affinant son style. En 1983, il devient un des membres fondateurs du groupe « 109 », groupe d’artistes professionnels qui expose en Biennale au Grand Palais. En 1987, Montmorency lui rend un important hommage dans le cadre de son salon et organisera une rétrospective en 2005. « Lever de soleil sur les vignes » © Albert LAUZERO 82*101cm (huile sur toile) 1972 Quand Albert Lauzero est en région parisienne, il est attiré par les molles boucles de la seine, les toits en bâtière des clochers tapis d’Île de France, les coteaux de Montmorency, les falaises du pays cauchois : « Partant d’une palette réduite, il sait par un mûr et patient travail de la brosse faire vibrer des gris et des bleus, d’une multiple et rare distinction, dans des ciels souvent immenses, et sur un dessin nerveux, que rongent de légères épaisseurs de matière, donner du corps à tous les éléments solides, évoquant plus que représentés, avec une infinité d’ocre en des bruns chauds, quelques rouges, quelques émeraudes et de grands blancs crayeux savamment modelés. » Mais il conservera tout au long de sa vie un attachement particulier à sa terre gasconne, à la lumière de son Gers natal où il effectue des séjours réguliers. Ses œuvres sont souvent musicales. Une vibration, une émotion envoûtante, une vision poétique se dégagent de ces toiles où l’on ressent également une volonté affirmée, une nature discrète et délicate. Un dépouillement de construction qui le conduit aux limites de l’abstrait. Sa tendance à structurer les surfaces en formes géométriques, en prismes de lumière, en verticales qui s’élèvent, évoque une certaine spiritualité. Présentation de la rétrospective Albert Lauzero par Michel Hue et en présence de Pascale Lauzero lors du vernissage ©2024 Photo Pierre Raffanel Cette visite de l'exposition est guidée par Pascale Lauzero, fille du peintre, qui nous plonge dans la vie intime de son père, révèle les conditions de réalisation des oeuvres majeures exposées, et explique l'évolution de sa peinture. © Studio Papy Nota bene : Fondée en 1151, l’abbaye de Flaran est une abbaye cistercienne située à Valence-sur-Baïse. C'est le monument le plus visité du Gers.
- Fresque d'HOPARE à Argenteuil
©HOPARE - La barque des rêves partagés ©2024 Photo Nicolas Giquel Fresque d'Hopare classée 13e du concours mondial Best of 2024 - Street art Cities Post de Pierre Raffanel Dans le cadre de l’anniversaire des 150 ans de l’impressionnisme initié par le Musée d’Orsay, la ville d’Argenteuil, berceau de l’impressionnisme et le bailleur social Toit et Joie – Poste Habitat a diffusé un appel à projets pour la réalisation d’une œuvre d’art urbain sur le pignon monumental de 317 m2 de la résidence du 98 avenue Maurice Utrillo dans le quartier Val-d’Argent-Sud d’Argenteuil. La ville d’Argenteuil réaffirme ainsi l'importance de la culture pour favoriser la cohésion sociale et l’attractivité du territoire en se donnant comme priorité le développement de l'art sur son territoire. La réalisation de fresques murales constitue ainsi « un Musée à ciel ouvert » en offrant des œuvres accessibles à tous grâce à l’investissement artistique qualitatif de l’espace urbain : plus de 20 fresques de street art, de tailles et d’esthétiques diverses, d’artistes tels que Zloty ( Gérard Zlotykamien) , C215 (Christian Guémy - voir Post’Art n°5), Kan, Hydrane Lo, Sébastien Preschoux, Dark, Jérome Mesnager, Bonus, Corey Pane, Nexer, Seb Toussaint, Hugues de Vendôme, Ecraz, Bears, Junky, Vinnie Graffiti, Edouard Pignon, Blo, collectif Onoff, Hafiz Pakzad, Le Mec Blasé, Michael Barek, Théo Haggai, Wryaeyes, Xare … « Work in progress » de la fresque sur le pignon du 98 avenue Maurice Utrillo (Toit et Joie – Poste Habitat) à Argenteuil ©2024 Photo Nicolas GIQUEL Le groupe Poste Habitat a fait le choix depuis plusieurs années de faire entrer la culture au cœur de son organisation et de son action quotidienne pour développer avec ses locataires des projets artistiques en pied d’immeuble (voir article Post’Art n°227). Cette fresque à l’esprit impressionniste s’inscrit dans le cadre de la charte « 1 immeuble, 1 œuvre ». Cette oeuvre a été conçue en étroite concertation avec les habitants, qui ont partagé leurs récits et leurs rêves lors de rencontres avec l’artiste. Grâce à ce processus participatif, cette création s'imprègne de l’esprit du quartier et des envies des habitants. La barque symbolise l’entraide et la cohésion et la représentation des habitants du quartier Val d'Argent Sud rende cette fresque à la fois personnelle et collective. R eprésentant notre fédération La Société Artistique et le Groupe La Poste, j’ai eu le privilège d’être un des membres du jury de comité de sélection. Plus d’une soixantaine d’artistes et de collectifs d’artistes ont postulé et c’est l’artiste Alexandre Monteiro, alias Hopare, figure de l’art urbain de renommée internationale, qui a été choisi. Plusieurs étapes ont jalonné ce projet participatif en coordination partagée avec Warren et Elliot Buisson d’Urban Signature qui ont contribué à la médiation. Début juillet, plusieurs rencontres ont été organisées en présence de l’artiste et des habitants et des enfants du quartier pour recueillir leurs « impressions » suite à un questionnaire qui leur avait été proposé. Ces différents échanges ont fait émerger des symboles forts, des idées qui représentent véritablement l’esprit du quartier et de son histoire : le savoir-vivre ensemble, Claude Monet et la culture maraîchère. Puis l’artiste a proposé deux maquettes qui ont été soumis aux votes des riverains. Réunion d’échanges avec les habitants du quartier Val d’Argent d’Argenteuil avec HOPARE et Warren Buisson d’ Urban Signature ©2024 photo Pierre Raffanel Hopare nous confie dans l’interview de Michael Tixador pour la ville d’Argenteuil : « J’ai repris la barque et les berges de Monet, qui est un tableau classique de lui, les coquelicots. Ensuite j’ai positionné des personnes du quartier qui étaient en arc de cercle avec un enfant central. Et du coup je pense qu’on a réussi tous ensemble à regrouper toutes les idées que l’on avait eues dans cette fresque, qui est assez colorée. On a repris pour le cadre le bleu de Sèvres, justement en référence au logo de la ville d’Argenteuil. Et le fait que les gens soient dedans avec moi sur la fresque, ça me permettait de moi raconter une histoire, mais eux aussi allaient pouvoir raconter leur histoire. Et je pense aujourd’hui qu’ils sont fiers parce qu’ils peuvent dire « ça c’est mon idée » « là c’est moi qui est représenté ». Je trouve que c’est intéressant quand on vient de réaliser une fresque dans des quartiers populaires comme celui-ci, d’avoir des vraies interactions avec les gens. Parce que du coup, c’est eux qui vont vivre tous les jours avec ; l’intérêt c’est qu’ils soient fiers de leur fresque. Le graffiti ou l’art urbain, on l’appelle comme on a envie ou le street art, ça reste un art populaire et ça doit rester un art qui doit rester accessible à tous. » Inauguration le 14 septembre 2024 de la fresque avec Hopare, Georges Mothron ( maire d’Argenteuil) , Chantal Juglard (adjointe à la culture et au patrimoine) et Melody Tonolli ( directrice de la communication de Poste Habitat-Toit et Joie et adjointe à la mairie de Paris) ©2024 photo Pierre Raffanel Contraction de "Hope", signifiant "espoir" et "art", Hopare a la conviction que la création et l'art peuvent encore changer le monde . Il réalise ainsi sa plus grande fresque pérenne en France. Le 16 mai 2024, formidable coup de projecteur pour cet artiste, une de ses toiles « O Re » (le « roi » en portugais) représentant Pelé, légende du football a été acquise par Kylian Mbappe pour une somme très « rondelette » dans le cadre d’une vente de charité organisée par Artcurial au profit de « PSG For Communities » et de « Naked Heart France » ! Hopare est reconnu pour ses visages aux lignes entrelacées, peint des fresques murales gigantesques dans le monde entier : Los Angeles, Hong Kong, Paris, Tahiti...en partenariat avec l’ONU, l’Alliance française… Si l’envie vous prend de passer par Argenteuil, surtout venez voguer sur la « Barque des rêves partagés ». Alexandre Monteiro HOPARE signant « en bleu de Sèvres » sa fresque ©2024 Photo Nicolas GIQUEL #Hopare #Mbappe #Streetart
- Laque européenne : techniques et procédés
Techniques et procédés par Yolande MICHELON Reportage de Pierre Raffanel Réalisé dans l'atelier de Yolande MICHELON " LACtelier" à Fleury La Vallée dans l'Yonne L' atelier de Yolande MICHELON baptisée : LACtelier à Fleury La Vallée © 2023 photo Pierre Raffanel L e mot laque est utilisé au féminin lorsqu’il s’agit du produit et au masculin lorsqu’il s’agit de l’œuvre d’art. La laque est un suc naturel d’un arbre poussant en Asie « arbre à laque » (Rhus Vernicifera). Cette laque dite végétale est peu utilisée en Europe pour des raisons climatiques. En 1730, les frères Martin mettent au point une laque à base de Copal, mais vers le milieu du XIX e , les progrès de la chimie permettent la mise au point de vernis de meilleure qualité. Les artisans européens cherchèrent à imiter la technique « ancestrale » et sa matière jusqu’à inventer un style purement occidental qui ne cessera dès lors d’évoluer. La période Art Déco, avec en particulier Jean Dunand, a vu l’émergence d’un style parfaitement lisible dans l’univers décoratif. Aujourd’hui les artistes s’expriment au moyen de vernis synthétiques bénéficiant des innovations technologiques de l’industrie chimique : laque cellulosique, polyuréthane et polyester (dite laque européenne). La laque est aujourd’hui en constante évolution et ne cesse de s’enrichir de nouvelles expressions qui métissent les techniques traditionnelles et modernes pour faire émerger un art à part entière. La laque Européenne dans sa vision contemporaine existe pour elle-même et non plus pour servir à recouvrir des meubles. Entoilage du support bois avec de la tarlatane ©2023 photo Pierre Raffanel Technique : Les supports : bois, fer, terre… Entoilage du support : tarlatane et colle de peau Plusieurs couches de blanc d’apprêt Couleurs : pigments broyés Liant : vernis, térébenthine Couche de blanc de Meudon et de liant (vernis + térébenthine) © 2023 photo Marie Bueno L’oxydation : On utilise la propriété d’oxydation qu’offrent le cuivre et l’argent. La métallisation : Grâce à des feuilles d’or, de cuivre, d’argent collées sur le fond ou sur le motif. Ajout de poudre métal : cuivre, or, argent, aventurine… L’incrustation (noyée ou rapportée) : Le support est recouvert de matériaux très minces (coquille d’œuf, nacre) ou de morceaux épais taillés (écaille, ivoire) et enchâssés dans des cuvettes creusées à leurs mesures. Décors : Inclusion de couleurs : superposition de plusieurs couleurs en couches plus ou moins régulières. Après ponçage ces couleurs réapparaissent incrustées les unes dans les autres. Ponçage à sec © 2023 photo Pierre Raffanel Le ponçage Travailler par enlèvement. Le ponçage consiste en enlever partiellement les couches de peinture, pour retrouver le tracé du décor composé en amont. C’est également enlever toutes les traces de pinceaux et des impacts de poussière. Ponçage à l’eau et nettoyage au fur et à mesure à l’éponge © 2023 photo Pierre Raffanel Le lustrage Tout se révèle par le lustrage : la brillance, la profondeur, les merveilles mais aussi la moindre imperfection. C’est le moment de vérité qui sanctionne des mois de travail. La finition peut-être brillante, satinée ou mate Lustrage...et lustrage © 2023 photo Pierre Raffanel Technique d’incrustation de coquilles d’oeuf © 2023 photo Pierre Raffanel Les différentes étapes de la technique de la laque sur un même support © 2023 photo Marie Bueno Divers papiers pour le ponçage à sec et à l’eau ©2023 photo Pierre Raffanel De la nacre ©2023 photo Pierre Raffanel











