Un vendredi soir « À la maison » chez Paul Beuscher avec Marc Perrone

Le 2 octobre 2026, le mythique magasin d’instruments parisien devenait le théâtre d’une soirée pas tout à fait comme les autres. Dans une ambiance intime, chaleureuse et résolument vivante, la nouvelle salle de spectacle Paul Beuscher accueillait la soirée « À la maison », orchestrée autour de la figure emblématique de l'accordéon diatonique : Marc Perrone, entouré d'une poignée d'amis musiciens hors pair.
Ce fût pour nous l'occasion de (re)découvrir cette institution institution parisienne fermée fin 2025. La nouvelle gérante Céline Perrin a relevé le pari de racheter la marque pour transformer ce lieu historique de 2 000 m² en un écosystème musical complet. Avec son profil créatif , un optimisme désarmant et sa phrase leitmotiv qui sonne comme un slogan « Sur un malentendu ça peut le faire », elle est la tête pensante derrière la réouverture du site en juin 2026. Repensé dans un esprit moderne associant salles de test monochromes pour essayer les instruments en toute discrétion, librairie musicale, espace enfants interactif, studios, vente d’instruments et hub de coworking, le site accueille désormais une scène de spectacle de 70 m² aménagée dans l'ancienne salle des pianos. C’est la même que, heureux que nous étions, avons pu assister à un plateau musical d'exception pour cette soirée aux allures de « bal folk ».
Animée de main de maître par le journaliste et ethnomusicologue Philippe Krümm ; mélodies populaires, envolées jazz, improvisations complices ont résonné avec une acoustique de proximité captivante. Virtuosité, générosité étaient à l’honneur sur cette scène avec Myriam Lafargue et Didier Ithursarry à l’accordéon chromatique, Michel Apap au violon, Lina Bossati au piano (fidèle complice et pianiste du grand Marcel Azzola) et Christophe Monniot au saxophone. Quelques notes chantées et égrenées par Marie-Odile Chantran, notamment sur les interprétations des compositions originales de Marc Perrone.

L’esprit de la soirée s’est aussi retrouvé croqué sur le vif par l’illustrateur Michel Bridenne qui nous a confectionné avec malice un dessin poétique. Fidèle à son humour et à sa philosophie de vie, Marc Perrone a gratifié l'assemblée d'un mot de la fin en forme de maxime : « Faut jamais remettre à demain ce que l’on peut faire d’une main. »

L'événement célébrait également un double moment d'émotion : les anniversaires de Marc Perrone et de Lina Bossati, soufflés entourés d'un public conquis.
Tellement conquis que cette soirée nous a inspiré quelques vers de prose :
« Il est rare, Marc
Il est libre, Marc
Pas bégueule pour un sou, Perrone
Paroles, paroles : y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler, Perrone »
Pierre RAFFANEL
Marc Perrone...
Il y a des êtres qui n’ont pas besoin de parler fort pour rayonner.
Marc est de ceux-là.
Un homme de lumière, de gentillesse, de générosité, et d’un talent immense.
Ses mains ne peuvent plus jouer comme autrefois.
Alors, avec deux doigts seulement, il a encore fait naître une musique.
Une petite mélodie, une boîte à musique un peu cassée, un moulin qui tourne encore…
Et lorsque sa femme l’a chantée,
Mes larmes sont venues.
Peut-être parce que la musique de Marc ne s’est jamais vraiment trouvée dans ses mains.
Elle était là, depuis toujours, dans son cœur.
Marc le sait, certaines musiques ne se jouent pas seulement avec les mains.
Elles se jouent avec le cœur...
Marie BUENO
Un, deux, trois… te rappelles-tu, Marc ?
Un, deux, trois…
Au café des Trois Arts, il y avait Marc, son accordéon, ses chansons,
et moi, quelque part.
Quatre, cinq, six…
Je venais l’écouter, presque chaque semaine.
Puis, de musique en musique, nous sommes devenus amis.
Sept, huit, neuf…
T’en souviens-tu, Marc ?
Je rangeais tes affaires,je vendais tes CD,fière, oui, très fière,d’être un petit morceaude ton univers.
Et puis un jour…
Un, deux, trois…
Tu es venu dans ma classe !
Pour un film, pour une histoire, pour quelques images et beaucoup d’émotion.
Mes petits élèves t’attendaient.
Ils étaient curieux, un peu impressionnés peut-être,
de voir arriver devant eux ce grand musicien dans son fauteuil roulant.
Et toi, tu étais là, simplement, avec ton grand sourire, ce sourire qui apaise,
et ta musique.
Sur leurs tables, de petits accordéons peints de mille couleurs, carrément en relief, brillants comme des trésors :des accordéons-cadeaux rien que pour toi.
Et toi, tu es entré, tu as plaisanté, tu as souri…
Oui, toi, le grand musicien, virtuose de l’accordéon diatonique, maître du jazz, celui que j’avais tant écouté…
Et ce jour-là, tu as joué, tu as ri, et pendant tout ce tournage, mes petits loulous, en admiration, sont devenus tes plus jeunes fans.
Un, deux, trois…
Le soufflet respire.
Un, deux, trois…
La musique s’envole.
Un, deux, trois…
Et les années passent.
Mais certaines amitiés restent comme une petite chanson qu’on n’oublie jamais.
Un, deux, trois…
Marc joue encore. Sa musique est toujours là.
Un, deux, trois…
Oui, Marc joue toujours. Et sa musique nous rassemble, encore…
Marie BUENO




Commentaires