La galerie associative : Corrèz'Art à Tulle
- Pierre RAFFANEL

- 31 déc. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Post de Pierre Raffanel - Parution revue Post'Art décembre 2023
Reportage réalisé en juillet 2023

Et si les vrais amateurs d’art étaient ceux qui dépensaient quelques centaines d’euros pour acquérir une toile ? Et si, sur notre route, nous faisions une halte en spectateur privilégié, au sein de la galerie associative Corrèz’Art située à Tulle qui, au fil du temps et des collaborations artistiques, a noué de belles synergies avec les artistes locaux amateurs et essaimé un réseau culturel sur la Creuse et les départements limitrophes.
On a tendance à l'oublier, mais le mot « amateur » vient du verbe aimer.
L’objectif avoué de cette galerie associative : rapprocher les artistes et leur public, découvrir de nouveaux talents et suivre leur progression, assurer à des artistes dits « amateurs » une visibilité certaine et assidue. La démarche artistique prime sur le reste, l’essentiel étant de transmettre des émotions et de rendre l’Art plus accessible.
En mettant en avant la galerie Corrèz’Art à Tulle, j’ai voulu signifier l'importance de ces "poumons culturels" locaux qui font battre le cœur de nos régions. Ces galeries associatives sont avant tout des vecteurs d’émotion, de lien social et d’une certaine façon d’une démocratisation de l’acquisition d’une œuvre. La force de ce type de structure réside dans leur capacité à briser la glace entre le créateur et le regardeur.

Pierre Raffanel : Quand la galerie associative Corrèz’Art a-t-elle été créée ?
Gérard Dupuch (Président et fondateur de Corrèz’Art) : Depuis 2010, nous sommes une galerie associative qui est généraliste, ouverte toute l’année avec des artistes adhérents permanents et d’autres artistes invités au fil de nos expositions.
PR : Lors de la création de votre galerie associative en 2010, des galeries d’art dites « professionnelles » avaient-elles pignon sur rue à Tulle ?
GD : Oui, quelques-unes en 2010 et puis en 2013, elles ont fermé progressivement. Celle de Brive a même migré à Arcachon, puis à Cannes, Megève…bref, dans des endroits plus touristiques et avec une clientèle plus huppée.
PR : Pourquoi avoir ouvert une galerie associative ?
GD : Au départ, ce fût à l’initiative d’un groupe d’artistes amis qui souhaitaient montrer leur travail avec un rayonnement régional et avec le désir de mélanger des artistes amateurs et professionnels. Pour nous, la qualité des œuvres ne dépend pas du « statut » du créateur, le professionnel étant celle ou celui qui désire vivre de son art et en faire son métier tandis que l’amateur pourrait se qualifier « de peintre du dimanche » n’ayant pas pour activité principale la peinture. En revanche, nous avons été vigilants au fait que ces artistes amateurs soient en règle avec la législation, fiscalité etc…
PR : Le prix des œuvres est-il le même en galerie associative que dans les galeries d’art ?
GD : Tout dépend des galeries et surtout des artistes qui exposent. Les galeries qui ont ce que j’appelle « des signatures » vendent plus cher. Ces artistes « côtés » ont des prix en conséquence…
PR : Donc, il y aurait plusieurs catégories d’artistes ?
GD : Il y aurait, pour moi, 3 niveaux pour ce « marché » de l’art. Le 1e niveau serait le nôtre : amateurs et petits professionnels avec un petit cercle de clientèle ; le 2e niveau serait des artistes avec une côte intéressante, un réseau et travaillant avec des galeries et des agents avec une clientèle plus ciblée et le 3 e niveau serait celui de la spéculation avec des prix qui « explosent » !
PR : Corrèz’Art a-t-elle des collaborations avec d’autres associations artistiques et sous quelles formes se concrétisent-elles ?
GD : Oui, quasiment toutes celles de la région, en Corrèze et aux alentours…les artistes souvent « voletant » d’une association à une autre ! Nos collaborations sont des occasions d’expositions en commun, d’autres fois cela donne la possibilité de mutualisation de matériel. Mais nous avons des difficultés grandissantes à opérer des synergies car les associations artistiques sont confrontées au vieillissement de leurs instances dirigeantes et elles ne trouvent pas de successeur. Les adhérent(e)s artistes sont de moins en moins acteurs des associations et de plus en plus consuméristes.
PR : Corrèz’Art a-t-elle de futurs projets ?
Oui l’organisation d’expositions hors les murs dans le but de faire connaître l’association en dehors de la Corrèze : bassin d’Arcachon, Lot et Garonne et également faire grandir nos ateliers de dessin et peinture ; et continuer notre sympathique et fructueux partenariat avec la résidence séniors « Les Lucioles » à Tulle.

Post-scriptum :
La galerie associative Corrèz’Art a baissé le rideau en décembre 2025. Elle réalise désormais des expositions ponctuelles ici et là. Quatre expositions sont prévues en cette année 2026, Naves, Cosnac, Limoges et enfin Tulle…



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