Christian FOUQUET, aquarelliste
- Pierre RAFFANEL

- 30 nov. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
L’Art de l’engagement et la passion du partage

Post de Pierre Raffanel - hommage à Christian Fouquet en 2020
Christian Fouquet nous a quittés en mai 2020. Membre pilier de La Société Artistique Aquitaine pendant plus de 40 ans, il laisse derrière lui le souvenir d’un homme dévoué, d'un artiste accompli et d'un président au grand cœur.
Dès 1984, Christian transmettait déjà sa passion. Que ce soit au Palais Galien à Bordeaux ou au sein de l'Association Artistique des PTT Telecom, il enseignait l'aquarelle avec une maîtrise rare des couleurs et de la lumière. Pour beaucoup, il incarnait « l'œil du Maître », celui qui savait croquer une pinasse du bassin d’Arcachon les yeux fermés ou révéler l'orangé d'un ciel là où d'autres ne voyaient que du bleu. Ses aquarelles, lumineuses et vibrantes, restent aujourd'hui le plus beau témoignage de sa sensibilité. Des quais de Bordeaux aux vignobles girondins, des portraits ridés aux natures mortes, il savait donner vie au papier avec une précision d'instructeur et une humilité d'artisan.

De secrétaire à Président, Christian a tout donné pour faire vivre son association. Derrière une exigence parfois forte — envers lui-même comme envers les autres — se cachait une volonté farouche de maintenir une qualité d'exposition exceptionnelle. Il ne comptait pas ses heures : vérifiant, dirigeant, proposant sans cesse. Son énergie communicative a permis de traverser les époques, des disquettes informatiques aux nouveaux locaux, sans jamais perdre l’essentiel : les valeurs de convivialité, de partage et de respect. Jean-Louis Moiret nous confiait : « Pour Christian, l'attention à l'autre n'était pas un vain mot, mais une véritable obligation morale. »

Évoquer Christian, c’est aussi se souvenir de son atelier personnel, véritable fourre-tout créatif où les pinceaux côtoyaient les derniers ordinateurs. C’est se rappeler son frigo, toujours plein pour accueillir l'ami imprévu et « refaire le monde » autour d'un encas.
Ses amis, Christian Rech et Alain Assémat se souviennent avec émotion de ses rituels : le petit verre de whisky-coca, la cigarette, et ce fameux message sur son répondeur : « Je vous rappellerai dès mon retour ». Ils évoquent leurs fous rires sur les quais, les siestes au Parc de la Tête d'Or et les discussions lors des trajets en train pour les salons de Rouen, Dijon, Amiens.

Homme de terroir, il aimait à cultiver ses tomates géantes, son figuier et contait ses combats épiques avec les oiseaux pour protéger ses cerises.
Fier de son accent du Sud-Ouest, Christian était un homme élégant, « tiré à quatre épingles », mais d'une simplicité désarmante. Que ce soit à Claouey face au bassin d’Arcachon ou lors de ses échanges de tableaux à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse avec l’association artistique toulousaine, il privilégiait toujours le lien humain.
Il a su encourager les vocations, comme celle de Christine Labadie à qui il a donné la confiance nécessaire pour enseigner la peinture à l'huile, ou celle de Claudie Bousquet qu'il a guidée dans les méandres de la gestion associative.

« Je ne peux pas te dire "chapeau l'Artiste" car tu portais la casquette, mais tes aquarelles lumineuses nous guideront sur le petit chemin de la vie. » Marie-Laure Lamontagne.
Christian nous laisse une leçon de finitude et d'impermanence, mais surtout un héritage artistique et humain indélébile. Merci, Christian, pour ces 40 années de couleurs partagées.
Adishatz, l'ami.






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